Jean-Claude-Barthélemy Gallix, dit Claudius Gallix, né le à Saint-Jean-en-Royans (Drôme) et mort le à Saint-Aubin-Épinay (Seine-Inférieure), est un homme de lettres, industriel, militant politique (libéral puis bonapartiste) et fonctionnaire français.
Biographie
Né le 19 nivôse de l'an IX, Jean-Claude-Barthélemy Gallix est le fils de Rosalie Bégot et de Claude-Barthélemy GallixArchives départementales de la Drôme, état civil de Saint-Jean-en-Royans, registre des naissances de l'an IX (vue 123 sur 127)..
Le jeune Gallix n'a que seize ans lorsqu'il fait paraître à Valence un ouvrage didactique de géographie rédigé sous la forme de questions et de réponsesBrun-Durand, ..
Étudiant en droit à Grenoble, il y prend part, le , à une manifestation libérale provoquée par la rumeur de la mort de Louis XVIII, et agite le drapeau tricolore dans les rues de la ville. Facilement réprimée, cette manifestation est sanctionnée par la suppression de la faculté de droit, qui ne sera rétablie que plus de trois ans plus tardRomain Moniez, Paul Fournier, Louis Balleydier et Raoul Busquet, Université de Grenoble. Livre du centenaire de la faculté de droit, Grenoble, 1906, ..
Brouillé avec son père, qui réprouve ses agissements libéraux, Gallix est également en conflit avec le curé Antoine Mouralis, qui l'a empêché d'être le parrain de l'enfant de Mme Duc, une amie de la famille, le . Défendu par Victor Augier, Gallix intente alors un procès au prêtre devant le tribunal correctionnel de Valence, mais celui-ci se déclare incompétentLe Constitutionnel, 22 octobre 1824, ..
Membre actif de la « vente » des « charbonniers » de Valence et organisateur de celle de Romans, Gallix fonde un comité électoral en vue des élections législatives de 1824. Ce comité, premier du genre en France, soutient avec succès la candidature libérale d'Antoine-Laurent Chorier. L'organisation efficace et novatrice du jeune homme sert par conséquent de modèle à la société Aide-toi, le ciel t'aideraMagny, ., qui publie une lettre de Gallix en tête de son Manuel de l'électeur de 1827.
Gallix comptait acheter une étude d'avoué à Valence avant d'apprendre que l'autorisation lui serait refusée en raison de ses activités politiques d'opposant au régime de la Restauration. Il décide donc de s'exiler au Mexique, où il fonde en 1829 une blanchisserie de cire à Tehuantepec. En 1831, il y est élu vice-consul de France par ses compatriotes sur la proposition du baron Deffaudis, ambassadeur de France à Mexico. En 1833 ou 1834, lors des troubles politiques qui ont marqué la fin de la première république fédérale, son établissement est pillé. D'autres ressortissants français ayant été victimes de tels actes, Gallix décide de créer un organe de presse pour y défendre leurs intérêts. Il fonde ainsi à ses frais L'Universel, qui est le premier journal français publié au Mexique.
Finalement contraint de rentrer en France en 1838, à la veille de la Guerre des Pâtisseries, il est récompensé de ses services par la croix de chevalier de la Légion d'honneur, qui lui est décernée le . Cette distinction, accordée à un « homme de lettres » inconnu, lui vaut quelques railleries d'Alphonse Karr, qui prétend que Gallix n'a fait que rédiger des logogriphes pour les petits journaux ou des articles sur des magasins de nouveautés pour un journal de modes sous le pseudonyme de Louisa de BAlphonse Karr, Les Guêpes, mai 1844, , et juin 1844, .. Au cours des années suivantes, Gallix est le directeur-adjoint de la Ligérienne-Tourangelle, compagnie d'assurances mutuelles contre la grêle et la mortalité des bestiauxBulletin des lois, IX série, vol. 31, 1847, ..
Sous la Seconde République, Gallix est lieutenant au sein du bataillon de la légion de la Garde nationale et combat l'insurrection de juin 1848, ce qui lui vaut d'être cité au Moniteur pour son dévouementLe Moniteur universel, 25 août 1848, .. En , il entre au conseil de surveillance de la Société des cités ouvrières dirigée par l'ingénieur civil Joseph-Eugène ChabertLa Presse, 22 avril 1849, . et assiste, à ce titre, à la pose de la première pierre de la future Cité NapoléonLa Presse, 10 mai 1849, ..
Administrateur du journal Le Dix-Décembre, Gallix fonde sous ce même nom une organisation bonapartiste, la Société du Dix-Décembre, qu'il déclare en tant que société de secours mutuel en et dont il devient le directeur avec le titre de « censeur ». Se sentant menacée par cette société, la majorité royaliste de l'Assemblée législative, alors en conflit larvé avec le président Bonaparte, en obtient la dissolution en . Au début de l'année suivante Gallix rédige un ouvrage pour répondre aux attaques du député orléaniste Jules de Lasteyrie contre la société dissoute.
Après le coup d'État du 2 décembre 1851, Gallix est récompensé de ses services en étant nommé inspecteur spécial du ministère de la Police générale à Rennes par décret du Le Moniteur, 25 mars 1852, .. Par la suite, il obtient l'un des postes d'inspecteur général de l'imprimerie et de la librairie au ministère de l'IntérieurJournal des débats, 16 août 1859, .. À ce titre, il est choisi par Persigny pour enquêter sur les menées légitimistes dans les départements de l'Ouest en 1861. Son rapport incite le pouvoir à prendre des mesures contre les conférences de la Société de Saint-Vincent-de-PaulAlbert Foucault, La Société de Saint-Vincent-de-Paul. Histoire de cent ans, Paris, Spes, 1933, ..
En 1865, Gallix est nommé officier de l'ordre de Notre-Dame de Guadalupe par l'empereur du Mexique Maximilien ICourrier de Saône-et-Loire, 15 août 1865, ..
En 1869, il est nommé président de la société de secours des commissionnaires et employés garçons de magasin de ParisLa Presse, 23 juillet 1869, .. Il habite alors au de la rue de Grenelle avec son épouse Anne-Marie, née Vel (1807-1870)Archives de Paris, état civil du 7 arrondissement, registre des décès de 1870, acte (vue 10 sur 31).
Âgé de 77 ans, il meurt le à Saint-Aubin-Épinay, en Seine-MaritimeArchives départementales de Seine-Maritime, état civil de Saint-Aubin-Épinay, registre des décès de 1878, acte (vue 11 sur 12).. Il est inhumé deux jours plus tard au cimetière du Père-Lachaise ( division)Archives de Paris, registres journaliers des inhumations du cimetière du Père-Lachaise, 1878, (vue 11 sur 31)..
Publications Géographie, précédée d'un traité abrégé de la sphère, ainsi que des limites de l'Europe, Valence, Montal, 1817. Lettre à un électeur de Lyon, Valence, 1827. Révélations sur la Société du Dix-Décembre (la vérité vraie), Paris, Ledoyen, 1851. (Avec Guy de l'Hérault) Histoire complète et authentique de Louis-Napoléon Bonaparte, depuis sa naissance jusqu'à ce jour, 2 volumes, Paris, Morel, 1852-1853.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Justin Brun-Durand, Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, t. I (A-G), Grenoble, 1900, . Ludovic de Magny, Le Nobiliaire universel, vol. X, 1868, . Howard C. Payne, The Police State of Louis Napoleon Bonaparte, Seattle, University of Washington Press, 1966, . Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, édition, Paris, Hachette, 1893, .
Liens externes
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