L'économie de Mayotte est basée essentiellement sur l'agriculture / agroalimentaire, la pêche et l'aquaculture.

Le PIB par habitants progresse quant à lui avec un peu plus de , un des plus élevés des pays voisins () derrière Seychelles et La Réunion.

Histoire

Situation financière Son PIB est de d'euros soit euros courants par habitant en 2016, par rapport à en métropole. Mayotte reste donc une petite région et se place au rang des régions outre-mer quant au PIB par habitanthttps://www.insee.fr/fr/statistiques/3645308. Son PIB est majoritairement porté par la consommation finale des ménages et des administrations (111,7 % du PIB total en 2013), mais est négativement affecté par une balance commerciale déficitaire ( d'euros d'importations pour d'euros d'exportation en 2016)https://www.iedom.fr/IMG/pdf/ra2016_mayotte.pdf.

L'économie mahoraise se caractérise par la prépondérance du secteur public. Les administrations publiques de Mayotte sont ainsi à l'origine de la majorité de la valeur ajoutée créée sur l'île (50,8 % en 2013 contre 17,0 % en métropole), alors que les sociétés, financières ou non, jouent un rôle plus faible dans sa production économique (24,5 % de la valeur ajoutée contre 55,0 %).

L'île bénéficie de fonds structurels de l'État français et de l'Union européenne pour rattraper son retard économique et se mettre à niveau des principales régions françaises.

Secteurs productifs

Secteur primaire Le secteur agricole représente en 2020 2 % des emplois officiels à Mayotte, une proportion sensiblement équivalente au reste du pays (2,2 %). Ce nombre officiel est cependant à considérer avec précaution en raison d'une forte probabilité d'emplois non-déclarés dans ce secteur. On observe par exemple une chute des emplois déclarés entre 2007 ( emplois) et 2012 (415 emplois), ce qui suggère que le secteur a connu un certain degré d'« informalisation » à cette période. Le poids du secteur informel est estimé en 2015 à 90% des ventes par la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF) de Mayotte.

Détail de la production L'agriculture mahoraise est principalement destinée à l'autoconsommation. La plupart des exploitations recensées en 2010 à Mayotte suivent le modèle traditionnel du « jardin mahorais », mêlant production vivrière, maraîchère et arbres fruitiers. Seuls 28,0 % des agriculteurs commercialisent au moins une partie de leur production.

Fruits Mayotte produit un grand nombre de fruits, parmi lesquels on trouve des bananes, des noix de coco, des mangues, des pommes jacques, des fruits à pain, ou encore quelques agrumes.

Manioc L'île produit également du manioc, principalement consommé localement.

Cultures de rentes (vanille et ylang-ylang) Mayotte conserve également de son époque coloniale quelques cultures dites « de rente », comme la vanille ou l'ylang-ylang. Toutefois, ces cultures sont désormais exploitées par des agriculteurs individuels et génèrent peu de revenus, notamment à cause d'un coût de production supérieur à celui des territoires voisins (Madagascar et Comores). L'essence d'ylang-ylang n'est ainsi plus exportée depuis 2013 et on observe un déclin général des deux cultures sur l'île (de 30 à pour la vanille entre 2010 et 2015, de 143 à pour l'ylang-ylang). Il existe toutefois des mesures d'aide directe aux producteurs en raison d'une volonté politique de maintenir cette filière pour des raisons patrimoniales, touristiques et environnementales.

Miel Mayotte produit également de petites quantités de miel, avec un peu plus d'une vingtaine de ruches recensées. Les abeilles sont issues d'une variété locale non-hybridée, mais sont difficiles à domestiquer : elles ne construisent leurs alvéoles qu'à partir de leur propre cire.

Élevage L'élevage à Mayotte est peu développé. On y recense en 2012 bovins répartis dans exploitations, pour une production estimée à de viande en 2015. Cette production est complétée par quelques caprins et ovins, à hauteur de respectivement 35,0 et . Au total, Mayotte produit 8,4% de la boucherie et de la charcuterie qu'elle consomme hors volailles.

La production de viande de volaille est quant à elle extrêmement réduite, avec de production représentant 0,8% de la consommation locale. Au contraire, Mayotte compte poules pondeuses qui assurent avec d’œufs 91,8% de la population locale.

Enfin, Mayotte produit environ 10% des produits laitiers qu'elle consomme, avec en 2015.

La production locale est fortement concurrencée par les importations, notamment en raison de prix élevés comparés à la métropole. Elle est également encore mal suivie (47,0 % des bovins et 20,0 % des ovins sont identifiés), notamment à cause de l'absence d'abattoir et de laiterie.

La filière affiche une augmentation de la taille des exploitations entre 2012 (4,8 animaux par éleveur) et 2015 (8 animaux par éleveurs), mais également une augmentation importante de la demande (5,0 à 10,0 % par an) en particulier concernant la volaille (10,0 à 20,0 % par an).

Pêche et aquaculture La pêche à Mayotte se partage entre une pêche industrielle menée par des armements européens (à hauteur 56,0 % de la production) et une pêche artisanale et locale, principalement destinée au secteur informel (44,0 %).

La pêche industrielle se concentre notamment autour de la pêche au thon, avec trois espèces dont le thon albacore recensées dans la Zone économique exclusive de l'île. La production est assurée par 37 thoniers senneurs, détenus par des capitaux français et espagnols, et a fortement décliné entre 2013 (environ ) et 2015 (), en lien avec la surpêche. La pêche à la senne a par ailleurs été limitée dans certaines zones par arrêté ministériel. En l'absence d'infrastructures adaptées, les navires ne débarquent pas leurs prises à Mayotte qui ne bénéficie donc pas directement de cette pêche industrielle. Toutefois, un accord de 2013 autorise dix navires des Seychelles à pêcher dans les eaux mahoraises en contrepartie d'une redevance.

La pêche artisanale est peu professionnelle et reste encore mal connue malgré des progrès. La bonite à ventre rayé est l'espèce la plus pêchée par les barques et les pirogues. De la pêche au poulpe a également été observée.

L'aquaculture, démarrée en 2001 à Mayotte, faisait jusqu'en 2013 de l'île l'un des principaux producteurs de l'Outre-mer français. La filière connait cependant de grandes difficultés depuis la dissolution d'un de ses principaux producteurs (Aquamay) en 2015, à la suite de la suppression des subventions de l'État et du Département. Elle souffre notamment du coût des aliments (70,0 % du coût total de production), mais aussi du manque d'infrastructures et de la pollution des eaux. La filière aquacole est ainsi, à Mayotte, dépendante de l'aide publique.

de poisson d'élevage ont été exportées en 2016.

Potentiel et limites du secteur agricole Mayotte se démarque des autres DROM avec une surface agricole utile équivalente en proportion à celle de la métropole, avec 53% du territoire catégorisé comme tel. La production locale permet ainsi de couvrir environ la moitié des besoins alimentaires de l'île. Cependant, ce taux de couverture alimentaire croît moins vite que la population de Mayotte, ce qui fait craindre une érosion globale de ce taux sur le long-terme. De plus, de grandes disparités existent dans la couverture des différents produits alimentaires. L'île produit la quasi-totalité des œufs qu'elle consomme, ainsi que la majorité de ses fruits et légumes (90 % en 2016) et de ses poissons (77 %). En revanche, elle importe la plupart de ses consommations de lait (75 %) et de viande hors volaille (environ 20 %), en partie à cause du prix élevé des produits locaux (entre 10 et /kg pour la viande bovine, contre /kg en métropole). Pour la viande de volaille, les importations représentent la quasi-totalité de la consommation, comme pour la plupart des autres DROM (la Réunion faisant figure d'exception).

La production agricole à Mayotte est limitée par de nombreux facteurs : la taille limitée des exploitations ; un manque de matériel mécanisé qui conduit à un travail essentiellement manuel ; des difficultés d'accès aux parcelles agricoles, liées à la fois à l'éloignement des lieux d'habitations et au manque d'infrastructures pour les rejoindre (pistes, voiries...). Ce manque de développement est entretenu par les difficultés d'investissement dans la modernisation des partielles. Tout d'abord, la majorité (70,0 %) des terres appartenant au Conseil départemental, seuls 23,0 % des exploitants disposent d'un bail ou d'un titre de propriété, ce qui d'une part crée une insécurité foncière limitant l'incitation à investir dans une parcelle, et qui d'autre part rend impossible l'accès aux aides à la modernisation. De plus, l'incapacité à présenter des garanties et les difficultés pour présenter des bilans comptable et financiers limite également l'accès aux financements bancaires. Il faut également ajouter l'absence de structure de transformation (notamment d'abattoir) et de commercialisation, qui rend l'écoulement de la production difficile, et une forte concurrence en provenance des territoires voisins (Madagascar, Comores... ) où le coût du travail est moindre. En parallèle, l'urbanisation galopante de Mayotte incite les propriétaires à attendre le déclassement des parcelles pour les vendre à un meilleur prix plutôt que de développer leur potentiel agricole. La production elle-même présente une certaine fragilité, que ce soit en raison de ruptures d'approvisionnement, des risques de destruction (par les animaux, les insectes, les aléas climatiques...), et surtout des vols (qui représentent 70,0 % des pertes). Un tiers de la production agricole est ainsi perdu à Mayotte chaque année, principalement parmi les cultures vivrières.

Secteur secondaire

Industrie L'industrie est peu développée à Mayotte malgré un fort potentiel pour sa production de valeur ajoutée (un sixième de la valeur ajoutée de l'île en 2005, pour 5,0 % de l'effectif salarié global en 2012). Elle ne représente au que 6,5 % des entreprises totales enregistrées au Registre de commerce et des sociétés de la Chambre de commerce et d'industrie de Mayotte. Ce nombre est toutefois en légère augmentation, passant de 455 établissements en 2014 à 483 en 2015.

Artisanat L'artisanat représente la majeure partie des entreprises de Mayotte. La chambre des métiers et de l'artisanat y recense entreprises artisanales immatriculées en 2015, un nombre en augmentation progressive (+0,5 % entre 2013 et 2014, +4,1 % de 2014 à 2014). Les métiers du Bâtiment représentent près de la moitié des artisans inscrits (46,7 %), suivi des Services (35,2 %), de la Fabrication (12,6 %), et enfin de l'Alimentation (5,5 %). Cette dernière catégorie a néanmoins connu la plus grande augmentation en 2015 avec 18,1 % d'entreprises de plus qu'en 2014.

Production énergétique Du fait de sa situation insulaire, Mayotte produit l'intégralité de sa consommation électrique. Celle-ci est gérée par un unique opérateur, Électricité de Mayotte (EDM), créé en 1997 et détenue à 50,01% par le Département. EDM emploie 194 personnes en 2016.

La puissance électrique installée à Mayotte est d'environ , dont proviennent de deux centrales thermiques à fuel (centrale des Badamiers, en Petite-Terre, et de Longoni, en Grande-Terre). Les ressources fossiles produisent ainsi la majeure partie de l'électricité de l'île, le reste étant assuré par 74 centrales photovoltaïques.