est un magazine littéraire basé au Nigeria fondé en 1957 par Ulli Beier, écrivain, éditeur et expatrié allemand. , il a été décrit comme . Son nom provient d'un essai de Jean-Paul Sartre de 1948, Orphée noir, publié en guise de préface du volume Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, sous la direction de Léopold Sédar Senghor. Ce magazine en anglais a été une plateforme pour tous les auteurs modernes panafricains, traduisant les auteurs francophones et publiant les auteurs anglophones. Il a cessé de paraître en 1975.
En 1961, Beier a également fondé The Mbari Club, un centre culturel pour les écrivains africains, étroitement lié à .
Histoire Contexte historique et culturel Après la seconde Guerre mondiale, l'Afrique bénéficie d'un lectorat de magazine important, rassemblant les anciens et les nouveaux publics. Elle ne dispose cependant pas des mêmes ressources technologiques ni des mêmes infrastructures que les médias européens, et après l'indépendance de plusieurs pays dans les années 1950 et 1960, le transport des personnes et du papier d'une région à une autre devient plus compliqué et coûteux.. C'est pourtant dans ce contexte que les apparaissent en Afrique, et cela est dû à deux bouleversements dans la géopolitique et l'ordre économique mondial : la décolonisation et la formation d'un marché mondial du livre..
Un intérêt mutuel se développe : aussi bien les éditeurs britanniques que les auteurs détectent un nouveau marché anglophone, créant une forme de mode pour la littérature du monde post-colonial... Le roman L'Ivrogne dans la brousse d'Amos Tutuola est l'un des premiers à toucher un public occidental : basé sur des contes folkloriques yoruba, il est écrit dans un (mauvais anglais) et est présenté comme une curiosité par les éditeurs. C'est dans ce contexte qu'apparaît le qualificatif (« extraverti », par Eileen Julien) pour désigner un roman produit à un endroit (ici, au Nigeria) mais destiné à être consommé ailleurs (ici, en Angleterre). Cette situation pose le problème suivant : ces ouvrages d'origine africaine ne sont pas disponibles pour la population africaine (que ce soit de par le lieu de publication ou son prix).
C'est dans ce contexte que resurgissent les magazines littéraires en Afrique : tandis que les éditeurs britanniques extravertissent la littérature africaine, est l'un des plus importants et couronnés de succès d'entre eux, avec .
Histoire de Création du magazine Ulli Beier est enseignant de littérature anglaise à Londres avant d'accepter un poste au Nigéria en 1950. S'intéressant de plus en plus à la littérature folklorique yoruba et aux écrivains africains en général, il rencontre le spécialiste Jahnheinz Jahn lors d'un congrès à Paris en 1956. Ils imaginent alors ensemble un magazine consacré à la . Tout comme les futurs directeurs de la publication, ils ne sont pas en mesure d'apporter des financements propres, alors la revue repose sur les subventions d'une agence gouvernementale du ministère de l'éducation (complétées ultérieurement par des subventions d'institutions telles que la Rockefeller Foundation), pour être créée en par Ulli Beier à Ibadan, au Nigeria. Son nom provient d'un essai de Jean-Paul Sartre de 1948, Orphée noir, publié en guise de préface du volume Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, sous la direction de Léopold Sédar Senghor..
Premier numéro et ligne éditoriale se veut un .. Dans l'éditorial du premier numéro, Beier déclare sa mission éditoriale : publier des œuvres de fiction, de poésie et d'arts visuels d'Africains anglophones ; fournir des traductions en anglais des œuvres d'Africains francophones ; et publier des œuvres d'écrivains afro-américains.
Tandis que le Nigeria a une production littéraire et un marché du magazine bien établis, Beier écrit dans ce même éditorial qu' et insiste sur le fait que les écrivains africains doivent avoir un lectorat africain et vice-versa. En effet, selon lui, les alors il cherche à faire pour la littérature anglophone ce que Présence africaine a fait pour la littérature francophone une dizaine d'années plus tôt, à savoir fournir un espace pour que les auteurs africains et antillais puissent partager avec les lecteurs et autres auteurs africains et antillais ou du reste du monde. Partant du postulat exprimé dans l'éditorial cité ci-dessus, Ulli Beier parvient à s'associer avec des collaborateurs de Présence africaine pour rendre accessible la littérature francophone à ceux qui ne parlent pas français et ainsi obtenir une forme de prestige culturel. devient donc une plate-forme aussi bien pour les auteurs anglophones que francophones..
Sous la direction de Beier, la revue a une ligne éditoriale constante et est connue pour son inclinaison vers le primitivisme dans les arts visuels et le réalisme social dans les fictions.
Vie puis disparition du magazine Les auteurs anglophones et francophones sont régulièrement en désaccord sur les aspects politiques malgré un passé colonial commun, et fait de même, notamment en donnant moins d'importance à la négritude qu'à la littérature elle-même, et en privilégiant des textes créatifs mais accessibles plutôt que des textes trop expérimentaux..
En 1961, Beier fonde également The Mbari Club, un centre culturel pour les écrivains africains, étroitement lié à ..
De plus en plus frustré par les querelles dans le monde littéraire africain, Beier démissionne en 1965. John Pepper Clark et Abiola Irele prennent le magazine en main, et Clark publie un essai, (L'héritage de Caliban), dans lequel il définit la nouvelle direction du magazine, rejetant en bloc la valeur historique de complaire les publics et critiques européens. Selon Peter Benson, vit à ce moment-là à son âge d'or : il est .
Cependant, lors des dix années suivantes, les tensions éditoriales et économiques ont raison de la stabilité du magazine, qui change fréquemment de direction et de collaborateurs. Après avoir acquis la réputation de ., cesse finalement de paraître en 1975..
Influence était révolutionnaire en tant que premier périodique littéraire africain en anglais, publiant de la poésie, de l'art, de la fiction, de la critique littéraire et des opinions.. Le magazine se détachait également grâce à sa couverture mate avec des gravures sur bois de couleurs vives et son papier épais, ainsi que par sa qualité professionnelle dans le rendu intérieur (grandes marges exemptées de publicités, au contraire des publications populaires ou amateurs) .
est considéré comme l'un des magazines littéraires les plus influents du monde au cours de son existence. et a été décrit comme . Le critique littéraire Abiola Irele écrit dans le Journal of Modern African Studies :
Contributeurs Très influent pour le développement de la scène littéraire africaine moderne, compte parmi ses contributeurs ce que Abiola Irele définit comme le .
La revue compte parmi ses principaux éditeurs le prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka et l'auteur sud-africain Es'kia Mphahlele.
se caractérise par sa portée panafricaine et son habileté à attirer des auteurs de renom en publiant aussi des auteurs francophones tels que le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le Guinéen Camara Laye, le Malien Amadou Hampâté Bâ et les Français Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas, ou des auteurs d'autres pays comme le Jamaïcain .
Le magazine a joué un rôle important dans la carrière de nombre de ses auteurs tels que Wole Soyinka, le poète nigérian , l'écrivain nigérian Gabriel Okara, le poète sud-africain Dennis Brutus, le poète ghanéen Kofi Awoonor, Andrew Salkey, Léon-Gontran Damas, l'écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo, l'écrivain nigérian Cyprian Ekwensi, l'écrivain sud-africain Alex La Guma, l'écrivain sud-africain , l'écrivain et poète sénégalais Birago Diop, l'écrivain nigérian , l'écrivain et poète guyanien Wilson Harris, mais aussi des artistes plastiques comme le peintre et sculpteur mozambicain Malangatana et le peintre soudanais Ibrahim el-Salahi.
Par ailleurs, Susanne Wenger, première épouse d'Ulli Beier, a réalisé les couvertures des premiers numéros..
La plupart d'entre eux ont fait partie d'une anthologie de Beier intitulée , publiée à Lagos, Londres, Toronto et New York en 1964..
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie
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Liens externes
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