Ernest Alby (1809-1868) est un écrivain, auteur de recueils sur la conquête de l'Algérie. Il a publié des romans historiques et est considéré comme le précurseur du roman-feuilleton historique.

Il a été militant saint-simonien, avant de renoncer à cette philosophie. Nommé chevalier de la Légion d'honneur par le ministre de l'instruction publique Salvandy, en 1846.

Ernest Alby était membre du comité de la Société des gens de lettres.

Biographie Repères Ernest Alby est né à Marseille (Bouches-du-Rhône), rue Mazade, le . Son acte de naissance mentionne les prénoms François et AntoineÉtat civil de Marseille, 1809, archives départementales des Bouches-du-Rhône, numérisé.. L'usage littéraire du prénom Ernest semble avoir été un choix arbitraire de la part d'AlbyGeorges d'Heylli, Dictionnaire des pseudonymes (2e éd., entièrement refondue et augmentée), 1869, p. 5..

Son père, Marc François Alby, était négociant dans la capitale phocéenne à la naissance de son fils. Il fit ensuite une carrière de notable à Castres et dans le Tarn dont il était originaire : président du tribunal de commerce, maire de Castres en 1830, député de 1831 à 1834Assemblée nationale, base de données des députés depuis 1789.Marc François Alby meurt à Castres le 12 avril 1853 ; cf. Journal des débats politiques et littéraires, 22 avril 1853..

Ernest Alby fait ses études à Paris, « dans la pension de M. Villaudon, rue Chanteraine »Charles Robin, Galerie des gens de lettres au , Paris, éd. Victor Lecou, 1848, p. 123. puis au collège Louis-le-Grand, et enfin à l'École de Sorèze (Tarn) en 1823; il revient ensuite à Paris pour « faire son droit » en 1828Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, 1865, p. 25..

De 1859 à 1868, Ernest Alby a été propriétaire du château de Vignely, dans le département de Seine-et-MarneDaniel Clément, Ernst Alby et Joanny Maisiat, les grands hommes du petit château de Vignely, Société d'histoire de Claye et de ses environs, 2013..

Il meurt à Paris (9e arrondissement) le État civil de Paris, archives de Paris, numérisé.. Ernest Alby résidait alors au n° 3 de la rue Laffitte. Il était marié à Élisabeth Guillaume.

Parcours et carrière Protestantisme et saint-simonisme Ernest Alby est issu d'une famille protestante qui « avait quitté Marseille durant les massacres de la Terreur blanche en 1815. Pendant ses études à Castres (Tarn), Alby fut converti au saint-simonisme par son ancien professeur BarraultPierre-Ange-Casimir-Émile Barrault (1799-1869), notice biographique, Société des études Saint-Simoniennes., et chargé de la propagande dans le Midi méditerranéen. Après avoir fait l’objet de poursuites, il renonça au saint-simonisme, fut attaché par Guizot au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale et publia de nombreuses œuvres littéraires »Dictionnaire biographique Le Maitron, en ligne, 2009..

C'est au collège de Sorèze qu'Ernest Alby fait connaissance avec les idées saint-simoniennes grâce à son professeur de rhétorique Émile BarraultCharles Robin, Galerie des gens de lettres au XIXe siècle, Paris, éd. Victor Lecou, 1848, p. 124.. Quand il retourne à Paris pour ses études de droit, en 1828, il se lie avec Olinde Rodrigues, Bazard et Prosper Enfantin.

En 1832-1833, Ernest Alby passe six mois à Toulouse « où il propagea les idées de la nouvelle école avec une rare intrépidité ».

Le roman-feuilleton historique

Ernest Alby acquiert sa culture historique quand il est nommé à la Bibliothèque royale par le ministre de l'instruction publique, François Guizot. Il y travaille de 1834 à 1838Charles Robin, Galerie des gens de lettres au , Paris, éd. Victor Lecou, 1848, p. 124-125..

Dans son Dictionnaire des pseudonymes (1869), Georges d'HeylliGeorges d'Heylli, pseudonyme d'Edmond Antoine Poinsot (1833-1902) ; cf. data.bnf., consacre une notice à Ernest Alby, rappelant la renommée qui avait été la sienne : «Célèbre membre du comité de la Société des gens de lettres, romancier estimable, bien qu'un peu oublié de nos jours, et qui a eu jadis sa vogue et sa célébrité. Il a été l'initiateur du roman-feuilleton historiqueSes premiers romans-feuilletons historiques paraissent dans le Moniteur du commerce ; cf. Charles Robin, Galerie des gens de lettres au XIXe siècle, Paris, éd. Victor Lecou, 1848, p. 126., où tant d'autres l'ont suivi et dépassé. Son roman, La Captivité du trompette EscoffierCaptivité du trompette Escoffier et de ses camarades chez Abd el-Kader., a eu autrefois une réputation et un succès immenses».

Le journalisme Il a été collaborateur de plusieurs journaux : le Moniteur du commerce, la Paix, la Charte de 1830, le Messager, le Temps, la PresseCharles Robin, Galerie des gens de lettres au XIXe siècle, Paris, éd. Victor Lecou, 1848, p. 126., mais aussi Le Globe<ref>'[http://www.medias19.org/index.php?id=12386 'Médias19, notice biographique Ernest Alby].</ref>, la France littéraireAugustin Challamel, Souvenirs d'un hugolâtre : la génération de 1830, 1885, p. 261. et la Gazette des tribunaux.

Publications

Les prisonniers d'Abd-el-Kader, ou Cinq mois de captivité chez les Arabes, 1837. Catherine de Navarre, histoire de la Réforme, 1520-1604, 1838. «L'Enfance de Luther», par M. Ernest Alby... Extrait de la France littéraire..., 1840. Des Persécutions contre les Juifs, 1840. Les Brodeuses de la Reine, 1845. Histoire des prisonniers français en Afrique depuis la conquête, 1847. La Captivité du trompette Escoffier, 2 tomes, 1848. Les Vêpres marocaines, ou les Derniers Prisonniers d'Abd-el-Kader, 1853. Les Camisards (1702-1711), 1858. Le Jugement de Pâris, opérette en 1 acte, mêlée de danses et à grand spectacle, paroles de MM. Ernest Alby et Commerson, musique de M. Laurent de Rillé, Paris, Folies-Nouvelles, 11 février 1859. L'Olympe à Paris ou Les dieux en habit noir, 1867.

Bibliographie Charles Robin, Galerie des gens de lettres au '', Paris, éd. Victor Lecou, 1848, p. 121-128. Discours de Jules Simon aux obsèques d'Ernest Alby : L'Europe artiste. Journal général des théâtres, de la musique, de la littérature et des beaux-arts, en France et à l'étranger, 5 juillet 1868.

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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