Le secteur de l'énergie en Guinée repose principalement sur trois sources d'énergie : la biomasse, le pétrole et l'hydroélectricité. La biomasse (bois à brûler et charbon de bois) représente la source d'énergie la plus utilisée. Elle est produite localement ; cependant, la Guinée doit importer tout le pétrole qu'elle utilise. Le potentiel hydroélectrique est important mais peu exploité. La moitié des Guinéens n'ont pas accès à l'électricité, et les trois quarts en zone rurale, et l'électricité est disponible par intermittence, même dans la capitale Conakry. La part de l'hydroélectricité dans la puissance installée électrique atteignait 77 % en 2020, et la mise en service du barrage de Souapiti en 2022 augmente fortement cette part.

Production d'énergie primaire En 2018, la production d'énergie primaire de la Guinée s'élevait à , dont 96,4 % de biomasse et 3,6 % d'électricité primaire (hydroélectricité) 2019 Energy Balances - Countries (G-L) (page 139), Division Statistiques des Nations Unies, 2021..

Biomasse La biomasse (bois à brûler et charbon de bois) représente la source d'énergie la plus utilisée.

Pétrole Le pays n'a pas de réserves connues. Ses importations étaient d'environ en 2018.

Consommation d'énergie Consommation intérieure d'énergie primaire La consommation intérieure d'énergie primaire de la Guinée s'élevait en 2018 à , dont 66,3 % de biomasse, 31,3 % de produits pétroliers importés et 2,5 % d'électricité primaire (hydroélectricité).

La consommation par personne en 2012 était inférieure à l'équivalent d'une demi-tonne de pétrole, ce qui se décomposait en 80 % de biomasse, 18 % d'hydrocarbures, et 2 % d'électricité.

Consommation finale d'énergie La consommation finale d'énergie en Guinée s'élevait en 2018 à , dont 58,7 % de bois, 7,8 % de charbon de bois, 28 % de produits pétroliers importés et 3,7 % d'électricité. Elle s'est répartie en 17 % pour l'industrie, 68 % pour les ménages, 13 % pour les transports et 1 % pour le secteur tertiaire.

En 1995, le bois de chauffage était de loin la source d'énergie la plus utilisée, comptant pour environ 85 % du total. En 2008, ce pourcentage était de 89 %. Selon une étude de 2012 du FMI, plus de 74 % des foyers utilisent du bois de chauffage pour la cuisine, et 23 % du charbon de bois.

Électricité

La compagnie de lÉlectricité Nationale de Guinée est chargée de la production et de l'acheminement de l'électricité dans le pays. Cependant, l'électricité est mal distribuée ; même les foyers de la capitale ont de l'électricité moins de 12h par jour. Selon The World Factbook, en 2019 seuls 84 % des foyers en zone urbaine et 24 % des foyers en zone rurale, avaient accès à l'électricité. Il y a aussi une grande disparité entre l'est et l'ouest : à l'ouest de l'axe Ouré-Kaba-Tougué, presque 30 % des foyers ont accès à l'électricité, mais ce chiffre tombe à 5 % à l'est de l'axe.

Production d'électricité La production d'électricité de la Guinée était estimée à en 2019. La puissance installée était estimée à en 2020, dont 77,1 % d'hydroélectricité, 22,2 % de centrales à combustibles fossiles et 0,7 % de solaire.

En 2013, la production d'électricité était de . En 2012, 67,8 % de l'électricité était obtenue à partir d'énergies fossiles, et le reste était de l'hydroélectricité.

Hydroélectricité

Le pays a un très gros potentiel hydroélectrique : environ de capacité, produisant par an, mais n'en exploite qu'un faible pourcentage.

Selon l'''International Hydropower Association (IHA), la puissance installée des centrales hydroélectriques de la Guinée s'élevait à fin 2022, soit 2,9 % du total africain, au en Afrique, loin derrière l'Éthiopie (). En 2022, la Guinée a mis en service le barrage de Souapiti () 2023 World Hydropower Outlook (pages 29, 49-55 et 69-70), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2023..

En 2021, la puissance installée des centrales hydroélectriques guinéennes représentait 1,8 % du total africain, au en Afrique 2022 Hydropower Status Report ( 30-33, 46-47), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2022..

Le barrage de Garafiri (), sur le fleuve Konkouré, fut construit de 1995 à 1999Guinée : la fin des délestages en 2020 ?, Jeune Afrique, 10 octobre 2018.. Il a été financé par la Caisse française de développement (CFD) à hauteur de 50 millions de dollars (un quart du total), plusieurs fonds arabes, la Banque européenne d'investissement (BEI) et la Coopération canadienneLa Guinée obtient enfin les moyens de relever son défi énergétique, Les Échos, 9 octobre 1996..

Le barrage de Kaléta (), construit en aval de 2012 à 2015 par China International Water and Electric, filiale de China Three Gorges Corporation et financé à 75 % par China Exim Bank, le complèteGuinée : Alpha Condé inaugure le barrage hydroélectrique de Kaléta, Jeune Afrique, 29 septembre 2015.. Mais sa capacité de production se situe plutôt entre pendant la saison sèche, du fait de l’absence de retenue d’eau en amontGuinée : le barrage de Kaléta mal planifié ?, Jeune Afrique, 16 décembre 2016., lacune qui devrait être résolue avec la construction du barrage de Souapiti.

Le barrage de Souapiti est construit par China International Water Electric Corp (CWE) sur le fleuve Konkouré, en amont du barrage de Kaleta ; sa puissance prévue était de et sa mise en service était initialement prévue fin 2019Après Ebola, la Guinée-Conakry repart de l'avant, 20 novembre 2017.. Le 24 juin 2021, la centrale entre en exploitation commerciale après la réception provisoire marquant le transfert de propriété entre le maître d'ouvrage (ministère de l'Énergie et de l'Environnement de la République de Guinée) et l'exploitant : la Société de Gestion et d'Exploitation de Souapiti (SOGES), détenue à 51 % par l’État guinéen et 49 % par l’entrepreneur CWE. Elle produira à terme et portera la production de l'aménagement hydroélectrique de Kaléta, situé en aval, à La Guinée double sa capacité de production hydroélectrique avec la mise en service de la centrale hydroélectrique de Souapiti, Tractebel, 6 septembre 2021.. La mise en service finale a lieu en 2022 ; sa puissance est de .

La construction du barrage d'Amaria (), lancée en janvier 2018 dans la préfecture de Dubréka, à l'aval du fleuve Konkouré, pour une durée prévue de quatre ans, est confiée à la société chinoise Tebian Electric Apparatus Stock Co (TBEA), qui le finance entièrementGuinée : démarrage des travaux du barrage hydroélectrique d'Amaria à Dubreka, Jeune Afrique, 20 janvier 2018. pour satisfaire ses besoins d’énergie pour son projet d’aluminium la zone de Boffa, riche en bauxiteGuinée : l’arrivée du chinois TBEA dans la bauxite relance le projet de barrage d’Amaria, Financial Afrik, 22 juillet 2017.. Le 30 avril 2019 est signée la convention de concession du barrage d'Amaria entre le gouvernement et TBEA GroupPrésidence – Energie : La convention de concession du barrage Amaria signée, guineenews.org, 2 mai 2019.. TBEA compte investir , dont pour la centrale d'Amaria, pour une raffinerie d'alumine de , la mine et les transports (voie ferrée et port en eau profonde)Mines : défi de la transformation de la bauxite en Guinée TBEA porte un projet intégré pour la Guinée, Ministère des mines et de la géologie, 3 mars 2022..

Le projet de barrage hydroélectrique de Koukoutamba (), dans la préfecture de Tougué, sur le fleuve Sénégal, a été contesté par des associations écologistes à cause de son impact sur le parc national du Moyen-Bafing, l’un des derniers espaces de protection des chimpanzés en Afrique de l’OuestEn Guinée, la construction d’un barrage à proximité d’un parc animalier divise les écologistes et la population locale, Equal Times, 17 mars 2021..

Échanges internationaux Le pays est impliqué dans des projets régionaux d'interconnexion comme l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve SénégalGuinea: Poverty Reduction Strategy Paper, , lOrganisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie'', et le Système d’échanges d’énergie électrique ouest africain.

Consommation d'électricité On estime la consommation d'électricité du pays en 2012 à 903 GWh.

Références

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