L’Institut pour la maîtrise des risques (IMdR). est une association loi de 1901 créée en 2002 par quatorze grands groupes industriels : Airbus (groupe) (EADS), Air liquide, Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Centre national d'études spatiales (CNES), Dassault Aviation, Électricité de France (EDF), Ligeron, Groupe PSA, Régie autonome des transports parisiens (RATP), Renault, Société nationale des chemins de fer français (SNCF), TechnicAtome, Thales et Schneider. L'institut est une société savante qui fédère des professionnels, industriels ou universitaires, des étudiants et autres intéressés par la thématique des risques dans le but d'en améliorer les connaissances, de développer des méthodologies d'identification, d'évaluation, d'analyse, de prévention des risques et de sensibiliser le monde industriel sur l’intérêt de développer la maîtrise des risques., la sûreté de fonctionnement et les cindyniques au travers de journées, de formations et de congrès.
Historique L'IMdR a été créé en 2002, sa constitution actuelle provient de la fusion de deux associations en 2006 :
Institut de sûreté de fonctionnement (ISdF) Institut européen des cindyniques. (IEC)
En 1972, la Société des électriciens et des électroniciens(SEE), le Groupement d’industrie d’électronique (GIEL) et la Fédération des industries électriques et électroniques (FIEEL) s’associent pour organiser un congrès (à Perros-Guirec) sur la fiabilité des composants. Après les trois premières éditions (1972, 1974 et 1976), ils sont rejoints en 1978 par le Centre national d’études et de télécommunication (CNET), ancêtre des services d’études et de recherche de France Telecom et le Centre national d'études spatiales (CNES) pour organiser à Paris le congrès de fiabilité et de maintenabilité λμ (λ symbolisant la fiabilité et μ la maintenabilité). L’Agence spatiale européenne (ESA) rejoint les partenaires d’origine en 1982, puis le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) en 1984.
Mais l’histoire de la sûreté de fonctionnement (fiabilité, maintenabilité, disponibilité, sécurité) ne date pas de 1972, ni même de 1978, bien que la première appellation SdF (Sûreté de fonctionnement) date des années 1970. Elle apparaît en France dans les années 1980 sous l’impulsion principalement de Jean-Claude Ligeron, Maurice Lemaire., Alain Desroches, Jean-Claude Laprie, Michel Gondran, Henri Procaccia et Alain Villemeur. Les premiers travaux de fiabilité, attribués à Waloddi Weibull, ont en réalité été publiés vers 1939, même si des travaux plus qualitatifs ou plus expérimentaux ont concerné la fiabilité dans les siècles précédents. Aux États-Unis, cette question était ainsi d’actualité depuis la Seconde Guerre mondiale et le congrès annuel RAMS. (Reliability – Availability – Maintainability – Symposium) fête ses soixante-cinq ans en 2019.
Le plus grand congrès francophone (le congrès λμ.) se tient quant à lui tous les deux ans.
Institut de sûreté de fonctionnement (ISdF) L'Institut de sûreté de fonctionnement, créé en 1989 à la suite du congrès λμ 6 de Strasbourg sous l’impulsion des industriels cités précédemment et avec le concours du Ministère de l’Industrie, a été dirigé par Jean-Gérard Roussel du CNES. Cet institut, rattaché administrativement au Mouvement français pour la qualité (MFQ), sera, dès 1990, associé à l’organisation des congrès λμ. pour en prendre le pilotage à partir de 1998.
Quelques exemples d'accidents : l'explosion d'un nuage de cyclohexane en 1974 à Flixborough, la désintégration de la navette Challenger en où sept astronautes périssent, la catastrophe de Tchernobyl en avril de la même année, le naufrage du sous-marin Koursk en mer de Barents en faisant 118 morts, l’incendie de la plateforme de forage Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique en (11 morts) suivi d'une pollution de grande ampleur ou, plus récemment, en , la catastrophe de Fukushima.
En 2002, quatorze grands industriels. apportent leur soutien à Guy Planchette pour refonder une structure consacrée à la maîtrise des risques. Ainsi naît l’IMdR-SdF qui reprend les activités de l’ISdF en les élargissant à tous les domaines de la maîtrise des risques. industriels de la sûreté de fonctionnement et aux cindyniques.
Ce domaine a continué à s’étendre en prenant en compte les facteurs humains et organisationnels. En effet, des accidents tels que ceux de l’usine chimique de Flixborough, au nord de Londres en (28 morts) – accident qui est à l’origine de l’expression « risque technologique majeur » proposée par Patrick Lagadec –, de la plateforme Piper Alpha en mer du Nord en (167 morts) ou les accidents de l’usine Metaleurop. en (une dizaine de morts) ont clairement fait apparaître le rôle majeur de l’organisation industrielle dans bon nombre d’accidents.
Institut européen des cindyniques (IEC) Parallèlement, Georges-Yves Kervern développait une nouvelle approche des dangers qu’il appelait « cindyniques. », littéralement sciences des dangers, qui permet de comprendre comment des accidents complexes et jugés a priori impossibles à imaginer se produisent. Autour de cette théorie, explicitée dans plusieurs livres dont L’Archipel du danger (publié en 1991), se créait un Institut Européen des Cindyniques. (IEC).
Les systèmes complexes sont des systèmes dont les interactions entre sous-systèmes sont très nombreuses, ce qui rend très difficile de décomposer un problème en sous-problèmes indépendants que l’on pourrait résoudre séparément, d’où une grande difficulté à les modéliser et à les maîtriser.
Les risques à très faible probabilité et à très fort impact concernent des événements rares, généralement dits "imprévisibles", par nature non observés, ce qui rend plus difficile l’utilisation des méthodes classiques. D’autre part, le produit de la probabilité par la gravité des conséquences, qu'on qualifie de criticité, ne constitue plus alors un paramètre permettant de comparer la criticité de risques différents. Ainsi, certains risques peuvent-ils être perçus comme inacceptables, même si leur probabilité est infime.
Guy Planchette., fondateur de l’IMdR-SdF et dernier président de l’IEC., avait perçu les possibilités de cette nouvelle approche et favorisa la fusion de l’IEC et de l’IMdR à l’été 2006, démultipliant ainsi les compétences de l’Institut et élargissant sensiblement le spectre de la nouvelle association ainsi renforcée. Conscient de la difficulté d’utilisation des « cindyniques », il a depuis animé un groupe de travail et de réflexion qui en a simplifié le vocabulaire et les concepts sans les dénaturer, de façon à se concentrer sur le point majeur d’apport : l’identification de risques difficilement repérables par les méthodes classiques et concernant principalement des systèmes complexes comportant un grand nombre d’acteurs, de valeurs, de cultures et d’objectifs différents. Une formation à ces nouveaux outils est maintenant dispensée par l’IMdR.
Fonctionnement
Structure L’IMdR répond de son action devant un conseil d’administration. représentant les divers collèges de membres de l’association. Ce conseil se réunit trimestriellement. L’IMdR a son siège à Cachan (94) et comprend trois salariés, tous les autres membres actifs étant soit des membres des sociétés adhérentes, soit des experts bénévoles soucieux de faire progresser les thèmes sur lesquels travaille l’association.
Commissions
Commission ''Produits'' : elle établit les propositions d'activités : Projets, études techniques, manifestations (journées IMdR et en partenariat, articles de sensibilisations, formations ...), etc. Commission "Réglementation et Normalisation" : elle assure la coordination des actions IMdR liées à la normalisation (participation à l'AFNOR, à l'UTE au BNAE, etc.). Commission des ''GTR'' : elle assure le pilotage et le suivi des groupes de travail et de réflexion. Commission ''Communication'' : elle propose les actions de communication (Lettre d'information, flash info, insertion d'articles dans des revues scientifiques, etc. ….). Commission "Actions à l'International'' : elle propose les actions à mener à l’échelle l'internationale et les partenariats à privilégier
Comités
Comité d'organisation du Lambda Mu : composé des Représentants des 9 partenaires financiers (Air Liquide, CEA, CNES, EDF, PSA Peugeot-Citroën, RATP, RENAULT, SAFRAN, SNCF, Thales), il choisit les thèmes des congrès, veille à leur bonne organisation et en assure le suivi financier. Comité de programme du Lambda Mu : a la charge du contenu scientifique et technique des sessions ''conférences'' et ''interactives'' du congrès, ainsi que des tutoriels, des ateliers et témoignages d'ingénieurs durant la journée des tutoriels.
Présidents ISdF - IMdR ISdFDatePrésidentOrganisme1989 - 1991Jean-Gérard RousselDirecteur qualité CNES1991 - 1997Yves BertrandDirecteur à la DGA1997 - 2002Guy PeyrachePrésident de la SFMIMdR2002 - 2009Guy Planchette.Directeur à la RATP2009 - 2016Jean- Paul Langlois.Directeur au CEA2016 - 2022Philippe Le PoacDirecteur au CEA2022 -Jacques RepussardDirecteur à l'IRSN
Activités
Les groupes de travail et de réflexion (GTR) Les groupes de travail et de réflexion .sont les lieux d’échange et de production. Ils se réunissent en moyenne une fois tous les deux mois sur une thématique donnée (maîtrise des risques et sûreté de fonctionnement, cyber-sécurité et sûreté de fonctionnement des logiciels, cindyniques, méthodes et outils...) et avec un objectif de production clairement identifié, choisi par le GTR lui-même : la préparation d’une journée thématique comme la journée autour de la notion d’interaction dans des approches systémiques pour appréhender la complexité., la rédaction de fiches pédagogiques, d’articles, d’ouvrages ou de guides, la préparation d’ateliers ou de tutoriels pour les congrès λμ., la rédaction d’articles pour Wikipédia, voire d’autres objectifs sous réserve qu’ils soient définis et atteignables dans un délai raisonnable (inférieur à trois ans).
Tout membre d’une société adhérente peut participer aux travaux des GTR. Le lancement d’un nouveau groupe se fait dès lors qu’il existe un sujet susceptible d’intéresser un nombre significatif de participants (de six à trente) et qu’un animateur se porte volontaire pour en assurer la conduite. La première réunion de groupe finalise la fiche d’objectif pour que le groupe se l’approprie et donne son accord. Une fois l’objectif atteint, le GTR évolue en mettant fin à son existence ou en se fixant de nouveaux objectifs et un calendrier pour les atteindre..
Les thèmes de réflexion des groupes évoluent. Certaines thématiques sont très techniques, d’autres plus orientés « facteurs humains et organisationnels ». Plusieurs GTR sont communs avec d’autres entités comme l’Association française de prévention contre les catastrophes naturelles. (AFPCN), l’Association française de mécanique (AFM), l’Association française de génie parasismique. (AFPS) … Ceci permet de marier les compétences de ces structures dans des dialogues très constructifs.
Les projets de recherche mutualisés Lorsque plusieurs sociétés sont intéressées par des travaux de recherche ou de développement sur un même sujet et souhaitent sous-traiter en commun une étude sur le sujet, l’IMdR en coordonne la maîtrise d’ouvrage. L’intérêt pour les adhérents est double : d’une part, ils participent à une équipe de maîtrise d'ouvrage au sein de laquelle les débats concernant les angles d’approche de chacun, les exemples à traiter sont autant d’enrichissement pour chacun des participants, et d’autre part ils mutualisent l’étude qui leur revient ainsi moins chère.