Le cheval est introduit à La Réunion en 1665. Si la pratique de l'équitation fait partie intégrante de la formation militaire des colons français, le cheval sert aussi aux déplacements et au travail, particulièrement dans les plantations de canne à sucre (canneraies). Son usage s'accroit après l'abolition de l'esclavage, en 1848, car il permet de réaliser une partie du travail effectué jusqu'alors par les esclaves, au point que la population chevaline réunionnaise atteint son apogée durant la seconde moitié du . Depuis cette époque et pendant plus d'un siècle, le sport hippique s'enracine dans l'île au point qu'un hippodrome est créé à La Redoute.

Les usages connaissent une évolution similaire à celle des pays européens. Utilisé comme animal militaire, de travail et de transport jusqu'au milieu du , le cheval devient ensuite un compagnon sportif et de loisirs populaire, notamment pour les concours de saut d'obstacles et le tourisme équestre. La Réunion héberge environ au début du , dont des Mérens. Les pratiques équestres y sont variées et comprennent différents sports équestres dont le saut d'obstacles, ainsi que l'équitation de loisir. L'île a été touchée par la fièvre du Nil occidental en 2000, mais des indices suggèrent une circulation de ce virus bien plus ancienne.

Histoire vignette|gauche|alt=Dessin en couleurs représentant deux hommes en uniforme, celui de gauche monté sur un cheval gris.|Milices de l'île Bourbon, en 1815. Archer monté de la Maréchaussée à gauche, Vétéran-Invalide à droite. Collection Vinkhuijzen, NYPL. La Réunion (historiquement nommée « île Bourbon ») n'a pas de chevaux indigènes. Les premiers chevaux auraient vraisemblablement été importés après l'établissement des premiers colons, en août 1665, par une flotte commandée par Jean-Baptiste Colbert. Le rapport de la Compagnie française des Indes orientales, publié en 1671, fait état de leur bonne adaptation. Ces chevaux, peut-être d'origine bretonne et poitevine, sont destinés au transport des autorités et du gouverneur. Il existe peu d'informations relatives aux animaux présents sur l'île au , mais les informations subséquentes indiquent qu'ils sont issus des cheptels malgache et métropolitain. La diversification des routes commerciales entraîne en parallèle celle des importations de chevaux.

Utilisation des chevaux au La pratique de l'équitation provient de la tradition française, avec celle de l'escrime et du tir, qui font partie de la formation militaire..

Le peuplement de l'île, tout au long du , cantonne tout d'abord les chevaux aux usages aristocratiques, militaires et ecclésiastiques, avant que l'animal se répande parmi toutes les couches de la société. En effet, aux premiers occupants français s'ajoutent progressivement des populations malgaches déplacées pour être réduites en esclavage, puis des populations indiennes et chinoises après l'abolition de l'esclavage en 1848. Les colons les plus riches importent des chevaux de valeur. Les missionnaires utilisent leurs chevaux pour voyager entre les cures et pour rendre visite aux familles noires. Les premiers attelages apparaissent vers 1720, avec la création de routes carrossables. En 1770, Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre relate son voyage à cheval entre Saint-Paul et Saint-Denis. En 1776, un recensement dénombre sur l'île.. Des mesures sont prises pour empêcher les divagations d'animaux à la fin du .

Travail avec les chevaux au vignette|alt=Photographie sépia d'un bâtiment à colonnades en bois donnant sur une vaste place arborée.|Attelage près de la chambre de commerce de Saint-Pierre, vers 1900.

L'administrateur colonial Louis Henri de Saulces de Freycinet (1821-1827) compare la force d'un cheval à celle de huit esclaves. La population équine augmente régulièrement tout au long du , particulièrement pour compenser l'abolition de l'esclavage par la force de travail du cheval. Les chevaux servent alors à la traction, au commerce (et notamment à l'industrie sucrière, pour faire tourner les moulins à canne à sucre), ainsi qu'à la maréchaussée, pour le maintien de l'ordre. Cette époque correspond à l'apogée du nombre de chevaux sur l'île et à leur association avec la notion de prospérité ; elle correspond aussi, pour les colons d'origine européenne, au moment où le cheval acquiert un statut d'animal de prestige. Les bourgeois de l'île se déplacent en calèche dans les rues de Saint-Denis.

Les premiers services de transport public par diligence de La Réunion sont créés en 1855. Le lycée impérial de Saint-Denis propose, d'après une source de 1861, des cours d'équitation à ses élèves.. L'île traverse une crise dans les années 1860, en raison de l'effondrement des prix du sucre et de la mise en service du canal de Suez en 1869, qui met fin à la navigation commerciale par La Réunion. Les premières liaisons par chemin de fer, en 1882, entraînent la disparition progressive des omnibus hippomobiles.

, les importations de chevaux vers l'île proviennent surtout de Perse, du Cap, de Java et de Mascate. Il existe aussi des preuves d'importation de chevaux, d'ânes et de mulets depuis le Poitou, notamment la commune de Romagne.

Développement du sport hippique vignette|gauche|alt=Gravure d'un cavalier dévalant une pente avec des bateaux à l'ancre dans une baie à l'arrière-plan.|Hauteurs de Saint-Paul en 1862. Dessin d'Évremond de Bérard, dans Le Tour du monde. L'origine des courses de chevaux n'est pas connue avec certitude : elle pourrait provenir des coursiers à cheval, qui délivraient les messages écrits, ou bien de la période d'occupation britannique à La Réunion (1810-1814).

Création et organisation des premières courses C'est sous l'influence de l'île Maurice que le , après avoir obtenu l'autorisation militaire de changer une partie de la plaine de La Redoute en hippodrome, les colons bourbonnais organisent la première course de chevaux connue sur l'île. Un est créé par une poignée de colons fortunés quelques semaines plus tard. D'après un chroniqueur local, cette première course rencontre un grand succès.

Des Pur-sangs anglais sont importés depuis l'île Maurice et Madagascar. Un règlement de courses est mis en place peu après, puis un jockey-club. La société des courses est créée en 1849, et cette même année le tour de la piste de course passe à . Les mauvaises performances des chevaux réunionnais, éloignées de celles des Pur-sang, créent initialement un pessimisme quant à l'avenir des courses dans l'île : la société d'encouragement à l'élevage affiche des résultats médiocres. Des courses à pied sont organisées en parallèle aux courses de chevaux.

Période de popularité vignette|Le prince vietnamien Vĩnh San avec un cheval de course pendant son exil à La Réunion, durant l'entre-deux-guerres.|alt=Photo sépia d'un homme asiatique avec un cheval. D'après l'analyse qu'en font Yvan Combeau et son équipe, la création d'équipements sportifs comme l'hippodrome s'inscrit dans les , les normes à La Réunion s'alignant sur celles de la métropole en pleine industrialisation, avec un . Ces habitus incluent l'obligation sociale de se faire remarquer par l'élégance de sa tenue vestimentaire à l'hippodrome le dimanche après-midi. La presse locale fournit des pronostics et diverses informations.

Le pari mutuel est créé en 1868, amenant avec lui un public issu des classes populaires. Les courses deviennent alors un grand évènement populaire, chaque saison (débutant à la mi-octobre pour six jours) attirant des commerçants de toutes sortes et des pique-niqueurs.

La popularité des courses se maintient entre 1914 et 1918, avec des collectes de recettes pour financer les soins aux blessés de guerre. Pendant l'entre-deux-guerres, ces courses restent une distraction très prisée. Les princes vietnamiens Vĩnh San et Vĩnh Chương deviennent les meilleurs jockeys de cette époque. L'une des plus grandes écuries de l'époque est celle d'Antoine Valliamé, à Saint-Denis, propriétaire d'une douzaine de Pur-sangs issus d'élevages sud-africains.

Déclin et disparition des courses vignette|gauche|alt=Photographie sépia d'une vaste zone gazonnée et d’une foule indistincte.|Vue des tribunes de course à Saint-Denis, vers 1900-1910. La société de courses est mise en sommeil durant les années 1940. Les courses se maintiennent jusque durant les années 1950, avec une fête à l'occasion de leur centenaire en 1952, mais il n'y a parfois que trois chevaux au départ. Des courses d'ânes complètent le programme. La départementalisation de 1946 entraîne des investissements de modernisation agricole, mais aucun n'est consenti pour l'hippodrome. En 1951, quatorze chevaux de course métropolitains sont importés, mais malgré leurs bonnes performances, ils ne suffisent pas à sauver les courses. L'hippodrome devient peu rentable en raison de ses coûts d'entretien et les courses disparaissent en novembre 1954, malgré la résistance des propriétaires de chevaux. Les spectateurs des classes populaires se tournent vers des sports moins onéreux, tels que le football et la course cycliste. Des éleveurs mauriciens acquièrent les meilleurs chevaux de course réunionnais.

Des années 1950 à 1990 En 1936, il ne reste plus que dans l'île, puis 841 en 1941. L'évolution du rapport au cheval à La Réunion est similaire à celle des pays européens après la Seconde Guerre mondiale, qui sont marqués par la mécanisation et la disparition du cheval militaire et agricole ainsi que par la féminisation des pratiques équestres, particulièrement durant les années 1970 et 1980. Des chevaux sont importés de métropole à La Réunion durant les années 1970, grâce aux contacts avec les Haras nationaux. Jusqu'en 1985, les chevaux sont aussi importés depuis l'Afrique du Sud, l'Australie et l'île Maurice ; un embargo sur l'Afrique du Sud est ensuite mis en place par la France pour contenir la peste équine hors de l'île. Certains importateurs font transiter les chevaux sud-africains par Maurice pour contourner l'embargo.

Après qu'un délégué aux Outre-mers a été nommé par la Fédération équestre française en 1979, il déclare lors de sa visite que La Réunion dispose des installations équestres les plus abouties de tous les DOM. L'Association Syndicale des Éleveurs et Propriétaires de Chevaux de La Réunion est créée cette même année afin de fédérer les éleveurs potentiels et de développer l'élevage de chevaux répondant aux besoins locaux. La Ligue équestre de la région Réunion est créée en 1981, pour développer les sports équestres.

Développement des sociétés hippiques Durant les années 1950, l'île compte encore un bon nombre de chevaux de selle, mais leur usage pour les courses, les travaux des champs et le transport disparaît. Les propriétaires de ces chevaux s'orientent alors vers les concours hippiques (devenus concours de saut d'obstacles), sous l'impulsion d'Yves Barau. Après avoir assisté au championnat de France de saut d'obstacles, il fonde en 1954 le club hippique de Bourbon (CHB) afin d'importer cette pratique à La Réunion. Plusieurs notables et industriels de l'île rejoignent ce club, qui est affilié à la Fédération française des sports équestres. Barau invite aussi des champions français de ce sport, notamment Marcel Rozier, mais aussi Pierre Jonquères d'Oriola en 1965, puis Hubert Parot, Michel Robert, Pierre Durand ou encore Frédéric Cottier. D'abord installé au bas de la Rivière Saint-Denis, le CHB est déplacé près de l'aéroport de Gillot en 1965. Il connaît son âge d'or entre les années 1960 et 1980, organisant de nombreuses compétitions et rencontres mondaines. Serge Lecomte arrive à La Réunion en 1972 et anime le CHB pendant un an. Le cavalier Paul-Henri Koenig établit le record de saut en hauteur de La Réunion en 1975 avec son cheval Banco, en sautant .