Asra Quratulain Nomani (née en 1965) est une essayiste, journaliste, militante, auteure américaine et ancienne professeure de l'Université de Georgetown. Elle est connue pour son militantisme pour une réforme de l'islam et du féminisme, pour avoir fondé et animé un cycle de conférences ayant pour thème La liberté des femmes musulmanes (le Muslim Women's Freedom Tour), pour être l'un des membres fondateurs du et avoir rédigé l / Charte musulmane des Droits des femmes dans les mosquées.
Biographie Jeunesse gauche|vignette|320x320px|Mumbai Asra Nomani est née à Bombay (aujourd'hui Mumbai) en Inde dans une famille musulmane sunnite, ayant des attaches avec la ville d'Hyderabad. À l'âge de quatre ans, elle déménage aux États-Unis avec son frère aîné, Mustafa et rejoint ses parents à Piscataway (New Jersey). Son père, Zafar Nomani, y était doctorant pour un Ph.D de l'Université Rutgers. Puis, quand elle a dix ans, sa famille s'installe à Morgantown, en Virginie-Occidentale, où son père est Maître assistant en science de la nutrition. Il publie, sous le nom de M.Z.A Nomani, des études sur les effets du jeûne sur la santé pendant le ramadan et aide également à organiser des mosquées dans le New Jersey et en Virginie-Occidentale.
Formation gauche|vignette|320x320px|Université de Georgetown Après ses études secondaires à la , Asra Nomani est reçue à la West Virginia University, elle y obtient en 1986 un Bachelor of Arts interdisiciplinaire (), puis elle est acceptée à l'American University (Washington D.C.) où elle réussit un Master of Arts en communications internationales en 1990.
Début dans le journalisme Dès son adolescence Asra Nomani se fait remarquer pour ses compétences de journaliste en participant à la rédaction du journal de son établissement d'enseignement secondaire, la Morgantown High School, puis comme rédactrice au sein du , journal des étudiants de l'Université de Virginie-Occidentale. Pendant ses études elle travaille pour le magazine universitaire Newsweek OnCampus, puis pour l'agence de presse Reuters.
Asra Nomani commence sa carrière de journaliste professionnelle comme correspondante du Wall Street Journal et comme rédactrice pour le Washington Post, le New York Times, le Slate, lAmerican Prospect et le Time. Elle est également correspondante du webzine Salon.com au Pakistan après les attentats du 11 septembre 2001, et ses travaux paraissent dans de nombreuses publications, notamment People, , Cosmopolitan et .
Asra Nomani est invitée à donner des conférences au Schuster Institute for Investigative Journalism (école de journalisme d'investigation) de l'Université Brandeis, et y anime des prières œcuméniques. Elle est une collaboratrice et correspondante du Poynter Institute auprès de l'université Yale.
Le Pearl Project .
La militante féministe Ne pouvant plus supporter la condition de la femme sous le régime de l'islam traditionnel, Asra Nomani écrit deux essais militants ayant pour thématique une nécessaire réforme de l'islam qui prendrait en compte les droits de la femme. : Standing Alone: An American Woman's Struggle for the Soul of Islam et Tantrika: Traveling the Road of Divine Love, et publie divers articles dans différents journaux et magazines ayant pour objet les droits des femmes, la tolérance, la lutte contre toutes les formes de discriminations (race, religions, genre, etc.). Elle lance le cycle de conférences Muslim Women's Freedom Tour, affirmant que Mohammed était un féministe, et participe comme membre fondateur à la création du ..
L'année 2005 Le à New York, Asra Nomani participe à l'organisation d'une prière musulmane dirigée par une femme, événement décrit comme « la première prière mixte de tous les temps jamais dirigée par une femme musulmane depuis ».
Certes, diverses prières mixtes avaient été conduites, mais en privé, comme une oraison funèbre de 1997 dirigée par une féministe sud-africaine, Shamima Shaikh..
En 2015, un groupe d'activistes, de politiciens et d'écrivains musulmans publie une Déclaration des musulmans réformistes (Declaration for Muslim Reform) qui soutient entre autres les droits des femmes, notamment dans son article B-3 : ..
2017 au Sénat Avec Ayaan Hirsi Ali, Asra Nomani est invitée à témoigner devant une commission du Sénat pour évaluer les menaces de l'islamisme et les avancées de l'islam réformiste, audition qui est sujet à polémique......
Les activités de Conseil Son expérience de journaliste d'opinion et de militante politique lui permettre de rejoindre des cabinets de conseil en stratégie politique.
Vie privée La famille d'Asra Omani la pousse à un mariage traditionnel. En 1992, Asra Nomani épouse un musulman pakistanais, Omar, qui travaille à la Banque mondiale de Washington (district de Columbia). À la suite de la cérémonie qui se tient à Islamabad, son beau père lui enjoint de ne parler que l'ourdu, elle se sent oppressée par son époux et sa belle-famille si bien qu'au bout de trois mois, elle quitte Omar pour retourner à Washington ; le divorce est prononcé en 1993
Le , elle donne naissance à fils issu d'une relation sans lendemain avec un jeune pakistanais, elle lui donne le nom de Shibli Daneel, Shibli en hommage à un des illustres ancêtres et Daneel en mémoire de Daniel Pearl. Mère célibataire, Asra Nomani vit à Morgantown, en Virginie-Occidentale, avec son fils. Son statut de mère célibataire fera l'objet de vives critiques de la part de musulmans conservateurs et d'islamistes afin de discréditer sa légitimité à promouvoir un Islam réformé.
Regards sur son œuvre et son action Repenser les représentations de l'Islam Asra Nomani plaide en faveur de programmes gouvernementaux de surveillance dans la lutte contre le terrorisme islamique, affirmant que . Elle affirme que la communauté musulmane ne fait pas un bon travail de maintien de l'ordre et que les lieux publics sont . Le dirigeant de l'AIFD (), , considéré par le Center for American Progress comme islamophobe et « validateur » du « réseau de l'islamophobie », soutient la position d'Asra Nomani sur la justification d'une telle tactique de surveillance. Asra Nomani plaide également en faveur du « profilage racial et religieux » expliquant que le « dénominateur commun » de nombreux terroristes aux vues anti-américaines est qu'ils sont musulmans. Elle répète que et qu'un profilage fondé sur est un .
Sa vision critique pour un islam réformé la font soupçonner par certains d'être une islamophobe cachée, voire perverse, entre autres pour ses positions envers le hijab.
Le , sur CNN, Asra Nomani révèle qu'elle a voté pour le candidat républicain Donald Trump non sans provoquer des polémiques, ajoutant que . Quand Donald Trump signe le décret 13769 limitant l'immigration musulmane, Asra Nomani soutient le décret et déclare que le qualifier de « Muslim Ban » est une visant à susciter la peur dans le public.
Elle se rapproche d'un autre grande figure du féminisme issue de l'Islam Ayaan Hirsi Ali et se dit proche des idées de Wafa Sultan autre figure de la critique de l'Islam.
Influence En , Asra Nomani est la première femme de sa mosquée de Virginie-Occidentale à exiger le droit de prier dans la salle principale réservée aux hommes. Le New York Times en fait sa une avec un article intitulé « Muslim Women Seeking a Place in the Mosque ».
, Les TaqwacoresBlue-Eyed Devil, : "" elle organise la première prière publique du vendredi dirigée par une femme, Amina Wadud, dans la Synod House de l'église épiscopalienne la Cathédrale Saint-Jean le Théologien de New York. Ce jour-là, le , elle déclare : Nous défendons nos droits en tant que femmes de l'Islam. Nous ne n'accepterons plus d'attendre dans l'ombre de la porte de service jusqu'à la fin de la journInspirée du roman punk deée, nous serons des leaders du monde musulman. Nous introduisons l'Islam dans le en reprenant la voix que le Prophète nous avait donnée il y a . Dans son livre Blue-Eyed Devil (), Knight rappelle l'événement comme suit : À l'intérieur de la chapelle, il y aurait peut-être eu autant de journalistes et d'équipes de caméras que de musulmans en prière. L’imam de la journée, Amina Wadud, était tellement distraite par les longues rangées de flash qu’au milieu de la prière, elle avait oublié ses mots. Lors de la première réunion du conseil d'administration du Progressive Muslim Union, Ahmed Nassef nous lisait un courrier électronique du Amina Wadud qui s'est dégagé de toute responsabilité. Même si elle croyait toujours en une prière dirigée par une femme, elle ne voulait rien avoir à faire avec la Progressive Muslim Union ou Asra Nomani. Wadud avait tracé une ligne de démarcation nette entre la vérité et les harpies des médias, et nous savions que la Progressive Muslim Union était du mauvais côté. Pour éviter les critiques du public, le site web de la Progressive Muslim Union n'a fait aucune mention du rôle d'Asra dans l'organisation de la prière. Cette dernière s'est plainte de l'exclusion provoquée par la Progressive Muslim Union. En plus de ses livres, Asra Nomani écrit sur ses expériences et ses idées de réforme dans des éditoriaux du New York Times et dans plusieurs autres publications et émissions. Elle est une amie et collègue du journaliste du Wall Street Journal, Daniel Pearl, qui l'accompagnait à Karachi avec sa femme, Mariane Pearl, lorsqu'il a été enlevé puis assassiné par des militants islamistes en .
Michael Winterbottom réalise le film Un cœur invaincu en 2007 sur base du livre de Mariane Pearl. Le rôle d'Asra Nomani y est joué par l'actrice britannique Archie Panjabi. Le Washington Post affirme dans une critique que .
Asra Nomani est interviewée par Zarqa Nawaz dans un film documentaire publié en 2005 par l'Office national du film du Canada au sujet des efforts des femmes musulmanes nord-américaines pour être acceptés dans les mosquées, intitulé Me and the Mosque.
Impact et réception du film documentaire La Mosquée de Morgantown En 2009, elle collabore avec Brittany Huckabee pour tourner La mosquée de Morgantown documentaire sur son combat pour faire évoluer les mœurs de la communauté musulmane de Morgantown, produit par le Women Makes Movies (WMM) documentaire qui après sa diffusion sur la chaine Public Broadcasting Service, le , recevra le Prix du jury décerné par le San Francisco International Asian American Film Festival de 2009.
En ce qui concerne la question du documentaire La Mosquée de Morgantown, la juriste américano-pakistanaise , auteur de Why I Am a Muslim: An American Odyssey, exprime son admiration pour Asra Nomani, tandis que Gamal Fahmy, professeur à la West Virginia University, ou la libérale turque Jane Louise Kandur la critiquent et remettent en question ses motivations. D'autres suggèrent que la prière dirigée par une femme en 2005 a conduit à une discussion et à un débat ouverts sur le rôle des femmes dans la société musulmane. Des représentants de certaines organisations islamiques critiquent Asra Nomani pour ses positions exprimées dans le documentaire La Mosquée de Morgantown, en partie parce qu'elle a ouvertement critiqué les pratiques communément acceptées dans la communauté américano-musulmane, mais aussi pour ne pas avoir suffisamment interagi avec les communautés musulmanes déjà implantées de longue date.
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Distinctions 2007 : déclarée « Woman of Distinction » par l'American Association of University Women 2007 : récipiendaire du « Journalism Awards », catégorie Presse d'opinion décerné par l'American Academy of Religion
Références
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