vignette|Les toits de la ville basse de Tonnay-Charente. vignette|Vue partielle du pont suspendu depuis les toits de la ville basse.
Tonnay-Charente est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime en région Nouvelle-Aquitaine. Ses habitants sont appelés les Tonnacquois et les Tonnacquoises..
Entièrement située sur la rive droite de la Charente, Tonnay-Charente doit en grande partie à son fleuve sa riche histoire et sa prospérité dont elle a partagé le destin commun avec sa grande voisine, Rochefort, à partir du .
Bien que son port fluvial demeure encore un peu actif sur l'estuaire, Tonnay-Charente n'est plus aujourd'hui un centre industriel mais, depuis le début du nouveau siècle, des activités commerciales et de services en assurent efficacement le relais. La tertiairisation de la ville a permis une remarquable transformation de son économie urbaine.
Cette reconversion économique et urbaine a fait de Tonnay-Charente une ville dynamique, la plaçant désormais au septième rang des villes de Charente-Maritime. Ville-satellite de Rochefort, faisant partie de sa banlieue Est, Tonnay-Charente est devenue un centre résidentiel relativement attractif, autant pour son cadre de vie diversifié que pour son site géographique dominé par un pont suspendu sur la Charente.
Géographie Le site géographique de la ville
La commune de Tonnay-Charente se situe dans le centre-ouest du département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine, à la limite des anciennes provinces de Saintonge et d'Aunis.
La ville de Tonnay-Charente est située dans la partie Sud-Ouest de la FranceCertains y voient une appartenance géographique au midi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - ainsi Tonnay-Charente comme l'ensemble de la Charente-Maritime peuvent être rattachés à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français, faisant partie du « midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984..
Comme la ville voisine de Rochefort, Tonnay-Charente est entièrement située sur la rive droite de la Charente où elle s'est développée sur les contours d'un large méandre du fleuve.
Un site escarpé dans la basse vallée de la Charente
vignette|redresse|Une vénelle dans le vieux centre-ville de Tonnay-Charente. Ces marches furent construites en 1891 pour relier la ville basse à la ville haute. La ville-centre de Tonnay-Charente est divisée en deux secteurs bien distincts, la ville haute et la ville basse, qui forment le noyau urbainM.A. Gautier, Le dictionnaire des communes de la Charente-Maritime, Les Chemins de la Mémoire Éditeur, . auquel se sont agglomérés de nombreux villages isolés au fur et à mesure du développement de l'urbanisation.
La « ville haute » s'est développée originellement autour d'un ancien château-fort sur l'escarpement rocheux et calcaire qui surplombe la rive droite du fleuve. Dominant de ses de hauteur la vallée de la Charente, le noyau originel s'est établi sur un site facile à défendre. L'expansion urbaine a privilégié en tout premier lieu les hauteurs de la ville dont l'altitude moyenne s'élève à une vingtaine de mètresObservation tirée de l'étude la carte IGN E - Tonnay-Charente - Source : IGN, carte topographique, série bleue.. Cette extension urbaine s'est faite le dos au fleuve en direction du Nord et de l'Ouest en suivant la ligne de crête sur laquelle s'étaient fixés de nombreux moulins à vent dès l'époque médiévale (le moulin Renoulleau, le moulin de la Traine, le moulin Bel Air) et des châteaux (château de la Perrière, château de l'Anglaiserie) ainsi que des villages alimentés originellement par des sources d'eau (Fontsèche, Les Fontenelles). vignette|gauche|redresse|La ville basse de Tonnay-Charente : une des rues commerçantes parallèles à l'ancienne rue Principale avec au fond le pont suspendu. La « ville basse » s'est étendue en fonction de l'essor de son port fluvial, établi primitivement au pied du site fortifié de la vieille ville. Le développement s'est fait plus tardivement, à partir de la période classique mais surtout pendant le , avec l'essor du négoce des eaux-de-vie et du cognac. Le front d'urbanisation résidentiel a été limité en bordure du fleuve laissant la place aux bâtiments dévolus au commerce fluvial, aux équipements portuaires et aux industries.
En dehors de la vieille ville, l'habitat urbain s'est développé à partir de la fin du et surtout après la Seconde Guerre mondiale. Cette urbanisation a progressé le long des axes de communications routiers et ferroviaires, notamment en direction de Rochefort, en soudant petit à petit d'anciens villages devenus aujourd'hui des quartiers urbains à part entière, même s'ils en ont gardé quelques aspects villageois (La Touche, La Coudre, Les Fontaines). Dans le même temps, la poussée urbaine s'est établie entre l'ancienne route nationale et la voie ferrée, loin de la bordure du fleuve, toujours en direction de Rochefort, et s'est effectuée dans la partie de la vallée où de grosses usines (ex usine Asturonia, ex usine Saint-Gobain) se sont implantées ainsi que des cités ouvrières (La Fraternité, Les Granges, Archiac). Enfin, la création de la rocade urbaine en 1964, formée par la RD 137 qui contourne la vieille ville par l'Est et le Nord, a permis d'étendre le front d'urbanisation qui a progressivement comblé les vides entre la ville-centre et la route départementale (les Varennes, la Touche).
Un finage urbain aux paysages diversifiés
En dehors de l'agglomération principale, le finage communal de Tonnay-Charente qui est le cinquième territoire urbain de la Charente-Maritime par sa superficieClassée commune urbaine par les services de l'INSEE, Tonnay-Charente se situe au cinquième rang des communes urbaines par sa superficie, se classant après Marans, La Tremblade, Saintes et Saint-Pierre-d'Oléron. est d'une remarquable diversité géophysique et présente des aspects naturels fort variés.
À l'Ouest et au Nord de la ville-centre, de très petits villages, plutôt des écarts nommés localement des cabanes, se sont établis en bordure du marais de la Petite Flandre qui s'étend sur , soit le quart du finage communal de Tonnay-Charente. Cet espace qui a échappé à l'urbanisation est fortement individualisé par la présence de vastes marais aménagés depuis le début du , striés par les canaux reliés à La Charente et les levées, et à l'écart des grands axes de communication, dont la ligne d'horizon est brisée par les petits monticules que représentent l'Île de la Mazarine, à l'Ouest, et l'Île de la Rabotellerie, au Nord. Les contraintes de ce milieu aquifère demeurent peu propices à l'urbanisation et constituent à la fois des terres agricoles pour l'élevage et de grandes réserves naturelles. Cette zone de marais est délimitée au Nord-Ouest par le canal de Saint-Louis et au Nord par le canal de Genouillé, ces deux importants collecteurs servent également de limites administratives dans une très grande partie de leur tracé séparant Tonnay-Charente de Muron, à l'Ouest, et de Genouillé, au Nord. vignette|Topographie de Tonnay-Charente. Au Sud, la commune est limitée par la basse vallée de la Charente où commence son estuaire. Cette partie basse de la commune est très peu urbanisée, cependant quelques usines se sont implantées en bordure du fleuve. Des zones marécageuses, certes drainées, mais impropres à toute forme d'urbanisation s'y étendent et sont bordées au Nord par la ligne de chemin de fer Nantes-Bordeaux. Tout à l'Ouest de la commune, le canal de Saint-Louis que rejoint le canal de Genouillé confluent avec la Charente et servent de limite communale séparant Tonnay-Charente de Rochefort au lieu-dit Le Pont Rouge. En amont de ce lieu de confluence, des espaces marécageux entrecoupés de sablières bordent le fleuve jusqu'au site du silo et les quais du port fluvial. Ce dernier, aménagé dès les années 1840, s'étend sur et, ce, jusqu'au Pont suspendu dont le tablier central culmine à de hauteur et offre un vaste panorama sur la cité, la basse vallée et les marais alentour. Entre le port et le pont s'est développée la « ville basse ». Un kilomètre en amont du pont suspendu, le petit ruisseau du Chasserat qui se jette dans la Charente sert de limite communale séparant Tonnay-Charente de Cabariot.
Enfin, au Nord et à l'Est de la ville-centre s'étendent les confins du plateau saintongeais représentant "la pointe de Tonnay-Charente"Julien François-Labruyère, À la découverte de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, ., autrefois bocagère et aujourd'hui dénudée. Les villages du plateau qui se distinguent par de nombreux toponymes sylvicoles ou arboricoles sont les plus nombreux et leur présence est liée originellement aux grands défrichements de la période médiévale. Le plateau calcaire s'élève doucement en direction de l'Est, dominant le marais de la Petite Flandre par une ligne de falaises mortes et son altitude moyenne se situe autour de . C'est dans cette partie de la commune de Tonnay-Charente que se trouve le point culminant, au lieu-dit Le Moulin de Montalet, correspondant à un coteau calcaire de de hauteur, près de la commune voisine de Moragne.
Un site fluvial à l'origine de son développement vignette|left|La rive gauche de la Charente est une zone inondable lors des crues hivernales qui épargnent la rive droite sur laquelle est bâtie la ville de Tonnay-Charente dont le pont suspendu relie les deux rives. Si la ville n'a plus qu'un rôle de transit, elle l'a cependant de très longue date exercé sur le fleuve Charente étant idéalement placée au lieu de rupture de charge entre le trafic maritime et le trafic fluvial où la marée se fait fortement sentir. Le port fluvial est situé à de l'embouchure de la Charente et peut recevoir des navires de haute mer jaugeant de port en lourdJulien François-Labruyère, À la découverte de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980, ..
Tonnay-Charente doit en effet en grande partie son expansion urbaine grâce à sa position géographique sur la rive droite du fleuve où la vallée présente toutes les caractéristiques d'une vallée dissymétrique.
Sur la rive gauche, appartenant à la commune de Saint-Hippolyte, la vallée formée de prairies est inondable et marécageuse, impropre à toute forme d'urbanisation, tandis que sur la rive droite, le flanc escarpé d'un coteau calcaire a permis par le passé l'établissement de la ville et de ses nombreuses activités (portuaires, résidentielles, commerciales et industrielles).
Un site géologique varié
Le territoire communal de Tonnay-Charente, l'un des plus étendus de la Charente-MaritimeLa commune de Tonnay-Charente avec se situe au des communes de la Charente-Maritime par sa superficie. Elle vient après les communes suivantes du département dont le classement est le suivant : 1 - Marans (); 2 - La Tremblade () ; 3 - Saint-Just-Luzac () ; 4 - Saint-Savinien () ; 5 - Benon () ; 6 - Saint-Georges-d'Oléron () ; 7 - Saintes () ; 8 - Clérac () ; 9 - Cercoux () ; 10 - Saint-Jean-de-Liversay () ; 11 - Sainte-Gemme () ; 12 - Saint-Pierre-d'Oléron () ; 13 - Bedenac () ; 14 - Muron () ; 15 - Charron () ; 16 - La Genétouze () ; 17 - Le Gua () ; 18 - Bussac-Forêt () ; 19 - Genouillé ()., se caractérise par des assises géologiques variées à l'origine de la diversité de ses paysages naturels.