Le cri de la carotte (également appelé ) est une métaphore du raisonnement selon lequel les végétaux seraient des êtres sensibles au point de pouvoir souffrir tout autant que les animaux. Plusieurs sources de sensibilité végane rapportent que cette expression est mise en avant par des consommateurs de viande, afin de relativiser la souffrance et les cruautés subies par les animaux dans les élevages et dans les abattoirs et, de manière générale, de discréditer la défense des animaux d'élevage..

Description La métaphore du cri de la carotte se décrit ainsi :

Le cri de la carotte est fréquemment mentionné par des promoteurs du véganisme ou de l'alimentation végétarienne, pour décrire un argument qu'ils attribuent aux . Ainsi, Daphnée Leportois considère-t-elle que c'est le point Godwin de tout débat entre végétarien et carniste, alors que Yves Bonnardel rapporte que lorsqu'il aborde le thème de la domination des humains sur les animaux, et plus précisément le sujet de l'alimentation carnée, ... Thomas Lepeltier note que l'argument sert à pointer du doigt les végétaliens pour leur incohérence dans la prise en compte de la souffrance non humaine, reconnaissant celle des animaux d'élevage et écartant celle des plantes..

Dans un mémoire consacré principalement aux stratégies de résilience des associations de défense de l'élevage face aux avancées du mouvement végane, Pauline Di Nicolantonio range l'argument du cri de la carotte au nombre des attaques ressenties par les promoteurs d'une alimentation non carnée, à côté de l'évocation de carences nutritionnelles ou de risques de perte de la masculinité.. Cette auteur souligne l'usage du mot véganphobie pour qualifier ces attaques attribuées notamment aux promoteurs de l'alimentation carnée.

Variantes Végan France considère que le cri de la carotte doit être compris comme un terme générique renvoyant à plusieurs variantes, tels le « hurlement de la carotte » attribué au magazine Voici ou le « cri de la laitue » attribué à Arnaud Viviant lors d'une émission Le Masque et la Plume consacrée au livre de Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?

Origine de l'expression L'évocation d'une prétendue « souffrance végétale » pour justifier une absence de prise en considération de la souffrance des animaux d'élevage est très ancienne. Ainsi Jean-Baptiste Jeangène Vilmer considère-t-il que Porphyre, au , y répondait déjà :

L'une des plus anciennes mentions du cri de la carotte proviendrait d'un livret d'une pantomime du écrite par Champfleury et Albert Monnier. Dans ce spectacle mimé de ayant pour nom La Reine des carottes, dont la première représentation eut lieu le au théâtre des Funambules, à Paris., il est question des aventures de Pierrot, un jardinier se souciant de la situation et du devenir des légumes de son jardin : Le cri de la carotte est confirmé quand Champfleury atteste quelques années plus tard dans son ouvrage Contes d'Automne de que cette pièce mimée faisant allusion à la « souffrance des carottes » fut réalisée en partie pour se moquer des végétariens, notamment Jean-Antoine Gleizes et sa Thalysie...

Quant à l'expression communément utilisée du « cri de la carotte », elle tirerait son origine de l'ouvrage de Michel Serrault édité en , Le Cri de la carotte ; de réponses aux lecteurs, Ramsay, , , ; (), , ., dans lequel l'auteur évoque son enfance et son œuvre en relatant différents faits qui ont été décisifs dans sa carrière. Le titre de l'ouvrage s'explique ainsi :

Le Cri de la carotte est également le titre d'un ouvrage collectif de l'association Passerelle Éco rassemblant les réponses à une enquête réalisée en sur le thème de l'alimentation..

Analyses sociologique et scientifique Selon les sources véganes, cette expression tend à mettre sur le même plan les végétaux et les animaux, s'agissant de la question de la sensibilité et donc de la souffrance... Les véganes considèrent que cette notion est étroitement liée à la mentaphobie, concept qui consiste à refuser de croire en l'existence de conscience chez les animaux (en particulier les animaux d'élevage), toujours dans le but final de justifier leur consommation.. Dans un débat, ils dénoncent le cri de la carotte comme étant un argument fallacieux, qu'ils mettent sur le même plan que l'argument des Inuits, du Lion et de la Gazelle, des hommes préhistoriques, des canines ou tout simplement de l'appel à la nature..

Si les véganes préconisent de mobiliser le contre-argument selon lequel un consommateur de viande participe bien plus à la « souffrance végétale » qu'un non-consommateur de viande car, pour créer une calorie animale, il faut utiliser entre 4 et 10 calories végétales (selon l'animal), ils soulignent comme encore plus important de mentionner que, si la recherche d'une forme de souffrance chez les végétaux est tout à fait légitime scientifiquement, l'idée de la souffrance végétale demeure sophistique et relève du cri de la carotte dès lors qu'elle est mobilisée dans le but de banaliser le sort des animaux (notamment l'utilisation qu'on fait d'eux, leur consommation...)..

À ce jour, aucune étude scientifique sérieuse, qui ne relève pas du poisson d'avril, n'a prouvé que les végétaux sont dotés des mêmes caractéristiques causant la souffrance que les animaux (absence de récepteurs nociceptifs et de système nerveux central, ressentiment physique et psychologiques très peu développé, voire inexistant). Toutefois, les recherches scientifiques sur la sensibilité des végétaux et des plantes ont permis d'établir que les végétaux sont capables de communiquer entre eux, d'interagir, de réagir aux variations climatiques voire sonores, tout comme les acariens, les bactéries et les protozoaires, d'ailleurs...

Bibliographie ; poche, , 236 . . ; , . ..

Références

Voir aussi Articles connexes Éthologie cognitive Antispécisme Véganisme Sensibilité des plantes Paradoxe de la viande Fruitarisme Jaïnisme Végétarisme jaïn

Liens externes .

Catégorie:Antispécisme Catégorie:Expression française Catégorie:Expression ou néologisme politique