est une chanson écrite et interprétée par David Bowie. Elle a paru en single en au Royaume-Uni sur le label Deram Records.

Cette chanson humoristique est dominée par le son du basson et du hautbois. Ses paroles, pleines de calembours, racontent la rencontre entre le narrateur et un gnome hilare. Ce dernier est interprété par Bowie et l'ingénieur du son Gus Dudgeon, qui passent leurs voix en accéléré pour les rendre suraigües. Pour le reste de la chanson, Bowie imite l'accent et le phrasé d'Anthony Newley, l'une de ses principales influences à l'époque. À sa sortie, le single est un échec commercial.

devient par la suite une source d'embarras pour le chanteur. En 1973, alors que Bowie est devenu célèbre sous les traits de Ziggy Stardust, Deram relance la publicité autour du single et il se vend à plus de au Royaume-Uni. En 1990, l'hebdomadaire musical britannique tente en vain d'obtenir que Bowie intègre la chanson au répertoire de sa tournée . a depuis été réhabilitée par plusieurs biographes de Bowie qui saluent sa mélodie accrocheuse et son humour.

Histoire

Contexte

Le , David Bowie signe un contrat avec la maison de disques Decca Records. Cela fait alors deux ans qu'il tente de percer dans le monde de la musique, mais tous les 45 tours qu'il a publiés jusqu'alors sur divers labels ont été des échecs. Néanmoins, la qualité de ses compositions a séduit le directeur artistique de Decca Hugh Mendl et le producteur Mike Vernon. C'est ainsi que Bowie obtient un contrat pour un album entier, ce qui est inhabituel pour un artiste n'ayant pas encore fait ses preuves. Son premier single pour sa nouvelle maison de disques, , est édité le sur le label Deram. Le chanteur y adopte une voix qui ne fait pas l'unanimité chez les directeurs artistiques de Decca : il imite en effet l'accent londonien et les intonations d'Anthony Newley, un artiste aux talents variés qui a connu une grande popularité au Royaume-Uni au début des années 1960 comme chanteur, acteur et metteur en scène.

Enregistrement

vignette|redresse|gauche|David Bowie en 1967.|alt=Gros plan en noir et blanc sur le visage d'un jeune homme aux cheveux clairs

Les séances d'enregistrement des chansons et débutent le aux studios Decca du quartier londonien de West Hampstead. Bien que Bowie ait renvoyé The Buzz, le groupe qui l'accompagnait sur scène, quelques mois auparavant, il fait tout de même appel aux services de plusieurs de ses membres : Dek Fearnley à la basse, Derek Boyes aux claviers et John Eager à la batterie. Un ami de Fearnley, Pete Hampshire, assure les parties de guitare, tandis que l'orgue qui apparaît sur est joué par Bob Michaels, du groupe Dave Antony's Moods.

Des séances supplémentaires ont lieu les 7 et , pendant lesquelles Bowie se concentre sur l'enregistrement de la partie de chant avec l'ingénieur du son Gus Dudgeon. La version finale de est achevée le . Chris O'Leary remarque que Bowie consacre davantage de temps à cette seule chanson qu'à l'intégralité de son premier album studio.

Parution et accueil

Le 45 tours est publié le au Royaume-Uni par Deram. Malgré une bonne critique dans l'hebdomadaire , qui décrit la face A comme , c'est encore un échec commercial pour Bowie. Dans sa critique de l'album , sorti quelques semaines plus tard, le journaliste du William Mann se sert de comme point de comparaison pour souligner la qualité du disque des Beatles, décrivant la chanson de Bowie avec dédain comme .

Deram ne supprime jamais de son catalogue. En , alors que Bowie est devenu une vedette nationale sous les traits de Ziggy Stardust, l'ancienne maison de disques du chanteur commence à promouvoir de nouveau ce 45 tours. Bien que le single n'ait rien de commun musicalement avec le glam rock qui a rendu Bowie célèbre, il se vend alors à plus de et se classe des ventes au Royaume-Uni.. Il est également édité aux États-Unis pour la première fois par London Records, mais n'entre pas dans les hit-parades de ce pays.

Postérité

Dès le mois de paraît une reprise de par le crooner britannique Ronnie Hilton. Sa version figure en face B d'une autre reprise, . Elle présente des paroles légèrement différentes et un gnome dont la voix rappelle celle du Premier ministre Harold Wilson. Au même moment sort une version en français interprétée par la chanteuse Caroline avec des paroles traduites par Gilles Ginsbourg. Cette reprise, baptisée Mister à gogo, connaît un petit succès au Canada. Durant l'été 1968, alors que Bowie envisage brièvement de se reconvertir comme artiste de cabaret, il développe un numéro scénique autour de avec une marionnette. Pour Chris O'Leary, c'est en partie à cause de l'échec de cette chanson que Bowie se tourne vers des thématiques plus sombres sur les albums (1969) et (1970).

Par la suite, Bowie et Dudgeon considèrent avec un mélange d'amusement et d'embarras. Elle n'apparaît sur aucune des compilations officielles du chanteur avant , sortie en 1997. Elle est également reprise sur la réédition de luxe de son premier album éditée par Deram en 2010. Cette dernière inclut deux versions de : la première, en mono, correspond à la face A du single de 1967, tandis que la seconde est un mixage en stéréo inédit. Bowie travaille pour la dernière fois avec Dudgeon pour le single , en 1969, mais lorsque son ancien producteur trouve la mort dans un accident de la route en 2002, le chanteur fait envoyer des fleurs à son enterrement avec le message « Adieu au gnome hilare » ().

En 1990, Bowie propose à ses fans de déterminer une partie du répertoire de sa prochaine tournée, le , conçue comme un dernier récital pour ses plus grandes chansons. Le magazine organise dans ses colonnes une campagne en faveur de avec pour slogan , incitant ses lecteurs à appeler en masse pour apporter leurs voix à cette chanson. Elle arrive ainsi en tête des suffrages, mais la tromperie est éventée et Bowie n'interprète pas durant cette tournée. Il déclare en plaisantant à avoir envisagé de la reprendre à la manière du Velvet Underground avant de découvrir la supercherie.

Au début des années 1980, Roy Carr et Charles Shaar Murray décrivent comme étant « indiscutablement le morceau de juvenilia le plus embarrassant de Bowie ». Plusieurs biographes ultérieurs du chanteur font cependant preuve d'un grand enthousiasme, parfois teinté d'ironie, vis-à-vis de cette chanson. Chris O'Leary la considère comme le meilleur single publié par Bowie dans les années 1960 après . Pour Paul Trynka, . David Buckley la décrit comme et n'hésite pas à parler de à son sujet. Pour Nicholas Pegg, « ce n'est pas Warszawa, mais elle a sans doute été jouée à davantage de fêtes et le monde serait plus ennuyeux sans elle ».

Caractéristiques artistiques

vignette|Le chanteur Anthony Newley sert de modèle à Bowie pour .|alt=Photo en noir et blanc d'un homme brun moustachu souriant qui désigne du bras une ville qui s'étend en contrebas

Les paroles de racontent la rencontre entre le narrateur et un gnome hilare qui prend ensuite ses aises chez lui. Il s'en débarrasse en l'envoyant à Eastbourne par le train, mais dès le lendemain, le gnome est de retour avec son frère Fred. En fin de compte, il les héberge dans sa cheminée et fait fortune grâce à eux : ils écrivent des blagues pour des émissions de radio. Le narrateur est régulièrement interrompu et pris à partie par la voix suraigüe du gnome, avec qui il échange de nombreux calembours sur le mot « gnome », dont une référence aux Rolling Stones et à la London School of Economics, qui deviennent respectivement et . Le musicien écossais Momus propose une interprétation des paroles selon laquelle les gnomes seraient des hallucinations n'existant que dans la tête d'un narrateur souffrant de schizophrénie ; Nicholas Pegg rebondit sur cette idée pour suggérer que le gnome hilare pourrait refléter le talent artistique de Bowie et son humeur volage.

Comme , est interprétée par Bowie avec une voix qui imite celle d'Anthony Newley. Les voix des gnomes sont celles de Bowie et de l'ingénieur du son Gus Dudgeon passées en accéléré, sur le même principe que les chansons d'Alvin et les Chipmunks. Il existe des versions alternatives de la chanson avec d'autres blagues et une entièrement interprétée avec des voix de gnomes, attribuée aux « Rolling Gnomes ». Deux de ces versions alternatives ont fait surface sur eBay.

L'accompagnement instrumental est quant à lui dominé par le basson et le hautbois. Le riff chromatique interprété par ces deux instruments est repris par Bowie pour plusieurs de ses compositions ultérieures, comme (1977), (1980), (1987) ou (1997). Les piaillements des gnomes trouvent quant à eux des échos plus sinistres dans les chansons (1970), (1971) ou (1973), sur lesquelles le chanteur utilise à nouveau l'astuce consistant à modifier la vitesse des bandes pour changer la hauteur de sa voix.

Le basson et le hautbois sont aussi le socle de , la face B de , que Chris O'Leary décrit comme « un blues à 10 mesures vaguement inspiré de Donovan ». Ces deux instruments jouent un bourdon par-dessus lequel Bowie et Derek Fearnley chantent d'un ton monocorde rappelant le phrasé de l'acteur Tony Hancock. Kevin Cann estime qu'il s'agit d'un curieux choix de face B pour une chanson pour enfants et suggère que aurait été plus appropriée.

Plusieurs éléments de sont fortement inspirés de chansons antérieures. L'idée de faire interagir le narrateur avec une créature à la voix suraigüe rappelle (1962), où c'est une souris qui tourmente le chanteur de jazz italo-américain Lou Monte. Le refrain est emprunté au standard de jazz Little Brown Jug, tandis que le rythme de base des couplets provient de du Velvet Underground. Bowie a découvert ce groupe en , en écoutant une version de test de l'album ramenée des États-Unis par son imprésario Kenneth Pitt. De manière plus générale, Chris O'Leary considère comme l'héritière d'une tradition britannique de la chanson comique remontant à Charles Penrose et ses « » des années 1920 en passant par les singles humoristiques publiés par Anthony Newley au début des années 1960 comme ou .

Fiche technique

Chansons

Interprètes

David Bowie : chant, voix Gus Dudgeon : voix sur Pete Hampshire : guitare Dek Fearnley : basse, chœurs sur Derek Boyes, Bob Michaels : claviers John Eager : batterie musiciens de studio inconnus : basson, hautbois

Équipe de production

Mike Vernon : producteur Gus Dudgeon : ingénieur du son David Bowie, Dek Fearnley : arrangements

Classements et certifications

+ Classements hebdomadaires Classement Meilleureposition Année (UK Singles Chart) 6 1973

+ Certifications Pays Certification Date Ventes certifiées (BPI).

Références

Bibliographie

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Liens externes

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