Jean Léon, né à Pau (Pyrénées-Atlantiques) le et mort à Gourdon (Lot) le , est un peintre français.
Biographie Fils d’Alfred Léon, ingénieur civil, et de Cécile Lévy, Jean Léon naît le à PauArchives communautaires Pau Béarn Pyrénées, État civil : registre des naissances de 1893, cote : 1E310.. La famille Léon s’installe plus tard quai des Chartrons à Bordeaux. En 1910 Jean Léon s’inscrit à l’École des beaux-arts de BordeauxArchives Bordeaux Métropole, cotes : Bordeaux 1066 W 22 et W 34. et s’y lie entre autres avec Camille Liausu (1894-1975).
Il s’engage en août 1914. Blessé au Chemin des Dames, après d’hôpital, il est renvoyé sur le front. Fait prisonnier en 1916 sur le champ de la bataille de Verdun, il est interné à Friedrichsfeld (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Avec ses compagnons d’infortune, ils réussissent à créer un atelier de peinture dans le campCartes postales datées du 03/08/1916, 25/12/1916 et 19/03/1917 (archives privées).. Après trois ans de captivité, il est rapatrié et finalement démobilisé en Archives départementales de la Gironde, Registres matricules du recensement militaire (1867-1921), cote : 1 R 1498 2494..
Probablement dès 1920, il quitte Bordeaux pour Paris et s’installe à Montparnasse. Les années suivantes, il présente des toiles dans la plupart des salons parisiens. Certains critiques, comme HoffmannLa Revue des Beaux-Arts, 15 décembre 1921., André WarnodL’ Avenir, 27 janvier 1922., Gaston VarenneBonsoir, 8 février 1922., remarquent tout de suite ce jeune artiste, rejoints par ceux qui vont désormais le suivre de salon en salon (François Thiébault-SissonFrançois Thiébaut-Sisson, Le Temps, 4 février 1922, 8 novembre 1922, 16 février 1923, 31 octobre 1930., Jean-Louis VaudoyerVaudoyer rapporte les envois de Jean Léon dans une dizaine de comptes rendus de salons parus dans L’Écho de Paris et Le Crapouillot entre 1922 et 1927., Charles FegdalFegdal consacre un premier article à Jean Léon le dans Bonsoir et le suit jusqu'en 1925.…).
Jean Léon a alors pour compagne Laure Boffard-Coquat, alias Lolotte, alias Sibillesur Sibille et l’après-guerre voir Julien Dieudonné et Marianne Jakobi. Dubuffet, Paris, Perrin, 2007, , 242., qui possède un atelier de tissage à Montparnasse ; « autour d’elle tout un essaim d’artistes rêvent et dessinent […] Les deux ténors se nomment Desmeures et Jean Léon. Dans le chœur, Raphaël Delorme […], Bissière, Lewino (le peintre ; Walter Lewino est son fils), Aronson […]. Des modèles, Marie-Rose et Kiki, qu’on avait déjà anoblie ».
En 1926 et 1927, il fait partie du groupe de la galerie du Portique, où se tiendra sa première exposition personnelle (voir Expositions).
Dans les années 1920, Bissière entraîne dans le Lot ses amis dont certains vont s’attacher à la région. Dans la commune de Marminiac, à côté de Boissièrette, la propriété de Bissière, et de Benauge, le village où va s’installer le peintre Walter Lewino en 1925, Jean Léon achète Les Rigals en 1928.
Jean Léon travaille aussi comme graphiste et décorateur. Le joaillier Mauboussin et le parfumeur Isabey comptent parmi ses clients (voir Illustration, graphisme, décoration). En 1934 il participe au Salon des Artistes Décorateurs avec une sculpture métallique éditée par Siégel.
Au début des années 1930, il entreprend des recherches sur la couleur, dont le résultat sera exposé au Palais de la découverte lors de l’Exposition internationale de 1937Beaux-Arts, 18 juin 1937, ..
Parallèlement, avec son frère Joseph Léon, ingénieur, de quinze ans son cadet, ils mettent au point un nouveau système d’enregistrement sonore portatif le Monobloc VV3 avec lequel ils se rendent en Espagne en 1936 et réalisent un grand nombre d’enregistrements (voir Recherches acoustiques).
En 1939, Jean Léon quitte Paris pour se réfugier dans le Lot. Pendant la débâcle des amis et anciens élèves de Bissière à l’Académie Ranson y trouvent également refuge : Alfred Manessier, la famille de Rylsky, Charlotte Henschel, puis Nicolas Wacker... Grâce à l’aide précieuse des paysans voisins, ils arrivent à survivre avec un peu de culture, d’élevage et la coupe de bois. En 1943 Jean Léon rejoint le maquis et les FFIServices historiques de la Défense, cote : GR 16 P 362870..
À la Libération, il épouse à Paris Marie-Antoinette Meynard, dite Mimi, originaire de Salviac et institutrice, de 20 ans plus jeune dont il aura deux enfants, Jean-Marie et Cécile. Il reçoit cette année-là la confirmation de la mort de sa sœur Sarah, dite Lollyse, déportée en à Sobibor.
Installé à Choisy-le-Roi où réside, Joseph Léon, les deux frères poursuivent un temps leur collaboration pour le compte de la société Multimoteur – futur Elipson – dont Joseph Léon sera le directeur général (voir Recherches acoustiques).
Au Salon des Tuileries, qui se tient en 1946 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, il envoie une nature morte. Au cours des années 1950-1960, il participera à nouveau au Salon d’Automne et plusieurs fois au jeune Salon de Montrouge (voir Salons).
En 1957 la famille emménage à Sceaux. Jean Léon fait alors la connaissance du critique d’art et écrivain Jean Bouret qui l’encourage à exposer à nouveau. En 1961, il expose chez Jeanne Castel, l’année suivante à la Galerie du , en 1963 à la Galerie Famar (voir Expositions personnelles).
Dans les années 1970, il passe de plus en plus de temps dans sa maison des Rigals et se tourne vers la peinture de paysages et de sous-bois. Le pinceau à la main, Jean Léon s’éteint en 1985 à l’âge de .
Œuvre Autoportrait (1917), mahJ (inv. 2021.21.001) Portrait de Philippe de Rothschild (1922), mahJ (inv. 2021.21.002) Nu dans l’atelier (salon 1923Présentée au Salon des Indépendants et reproduite dans Le Crapouillot le 16 février 1923.), œuvre non localisée Nu (salon 1923Présentée au Salon des Tuileries et reproduite dans La Meuse le 4 juin 1923, illustrant le compte rendu de Stanislas Fumet : « […] un remarquable nu ingriste de Jean Léon témoigne des aspirations de la plus rare énergie. C’est un des plus intéressants envois de ce Salon, encore que cette figure se tourne trop visiblement vers le musée […] »), œuvre non localisée Portrait d’Hélène Vialatte (1924)lot 5 de la vente Millon Jutheau (Paris) du 13/02/1990., collection privée Portrait de Madame Hussenet (salon 1925Envoyé au Salon des Indépendants et reproduite dans le compte rendu de Stanislas Fumet : « Parmi les portraits les plus intéressants du Salon, il convient de citer celui de Hussenet, par Jean-Léon, d’écriture classique et d’accent singulièrement vif », La Meuse le 4 avril 1925.), œuvre non localisée Lecture dans la chambre (1926 ?)lot 3 de la vente Millon Jutheau (Paris) du 13/02/1990., collection privée s.t. (exposition 1927Reproduite dans la brochure de l’exposition éditée par Le Portique (Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky, cote : RLM 753)), œuvre non localisée Coteaux de Bagneux (s.d.), Musée du Domaine départemental de Sceaux (inv. 61.3.3) paysages de bois et sous bois, 1963
Réception critique « Le succès qu’a obtenu au Salon des Indépendants le Nu dans l’atelier, par Jean Léon, m’a incité à rendre visite à ce jeune peintre. […] C’est une belle entente des lumières, d’un exact rapport des couleurs, d’une juste observation des valeurs […] rien ne semble avoir été laissé au hasard, et la mise en page apparaît là comme un don particulier possédé par M. Jean Léon. […] Dans les portraits, Jean Léon sait trouver l’attitude et l’expression pas encore banalisées ; il donne du caractère, il a du style, de l’expression, de la vie, et cela m’apparaît avec sa Mona Doll [sic…] Jean Léon est curieux de toutes les choses de l’art ; il est curieux, méthodique, consciencieux, sincère […] » Charles Fegdal, Bonsoir, « Comme Courbet dans son Jura natal, Jean Léon vit l’expérience des forêts. Ce peintre d’avant-garde est revenu depuis des années aux sources du grand mythe sylvestre et en a cherché le secret. […] Mais la forêt n’est qu’un prétexte au fond ! […] Ce qu’il nous crie dans ses paysages et dans ses natures mortes, c’est qu’il est temps de se ressaisir, de revenir à la vie profonde, d’écouter le battement des grands secrets naturels […] » Jean Bouret, préface pour l’exposition de 1961 chez Jeanne Castel
Expositions Expositions personnelles 1926 : galerie Le Portiquedirigée par Marcelle Berr de Turique. (99 boulevard Raspail, Paris )Jean Léon : Peintures : Le Portique [Paris], du jeudi 18 février au jeudi 4 mars 1926. [Paris] : Le Portique, 1926 (Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky, cote : RLM 745). 1961 : Galerie Jeanne Castel (3 rue du Cirque, Paris ) 1962 : La Galerie du VIème (12 rue des Canettes, Paris ) 1963 : Galerie Famar (126 boulevard Raspail, Paris )voir les 6 plaques de verre prises par Marc Vaux reproduisant les œuvres de Jean Léon ainsi que l’une des affiches de l’exposition (Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky, cote : MV 8375)., avec les sculptures de Renée Vautier
Expositions collectives 1920 : Galerie Montaigne, concours de l’Affiche Isadora Duncan (« Le jury composé de MM. Bourdelle, Maurice Denis, Van Dongen, Dunoyer de Segonzac et Steichen […] a partagé le prix de 3.000 fr. aux maquettes de MM. Deshérault, Jean Léon et Ségès »)L’Intransigeant, 23 juin 1920, . 1923 : Galerie Charpentier, « Les Dames d’Aujourd’hui » avec Maurice Denis, Marie Laurencin, et al.L’Écho de Paris, 14 juin 1923, . 1924 : Le Caméléoncafé littéraire situé boulevard du Montparnasse, puis boulevard Raspail et animé par Alexandre Mercereau., avec Stéphanie Van Parys, Georges Barrière, André Favory, et al.Paris-midi, 24 novembre 1924, . 1926 : galerie Le Portique, avec Roland Goujon, Fernand Labat, J.-F. Thomas, Roland Oudot, André Vigneau ; Jean Chaboseau, Walter Lewino invitésLe Groupe du Portique. [...] du 27 avril... au 11 mai inclus / [Avant-propos de Paul Fierens.. [S.l.] : impr. de Compiègne, 1926. 1926 : Galerie Carmine, avec Roland Oudot, Roland Goujon, Leleu-Bourgoin, Fernand Labat, J.-F. Thomas, Vigneau, Tzanck, Marcel Gimond…Journal des débats politiques et littéraires, 19 juillet 1926, . 1927 : galerie Le Portique, avec Roland Goujon, Fernand Labat, J.-F. Thomas, Roland Oudot, André Vigneau ; J. Adler, Bissière, Brianchon, Latapie, Legueult, Liausu invités 1969 : Biennale de Villeneuve-sur-Lot « Bissière et ses amis », avec Roger Bissière, Louttre, Vieira da Silva, Lhote, Braque, Reichel, Bertholle, Le Moal, Jeanneret, Calgani, Fiorini, Charlotte Henschel, Manessier, Nallard, Wacker, Hans Seiler, Vera Pagava
Salons Salon des Indépendants : 1922, 1923, 1924, 1925, 1927Journal des débats politiques et littéraires, 21 janvier 1927, . Salon d’Automne : 1921, 1922, 1930, 1957, 1960 Salon de la Société nationale des beaux-arts : 1923 Salon des Tuileries : 1923, 1946 Salon de Pau : 1925L’Indépendant, 28 mars 1925. Salon des Artistes Décorateurs : 1934, 1935, 1936 Salon de Montrouge : 1958 ?, 1960, 1967
Activités connexes Études chromatiques De 1930 à 1939, Jean Léon se consacre à des études chromatiques. En 1937, l’Exposition internationale organisée à Paris a pour thème « Art et Technique dans la Vie moderne ». Le Palais de la découverte créé pour cette occasion présente l’exposition « L’Art et la Science ». Proposée par René Huygue, conservateur des Peintures au Musée du Louvre, elle est organisée par Michel Florisoone qui fait appel à Jacques Lassaigne ainsi qu’aux peintres Jean Léon et Nicolas Wacker. Dans la salle consacrée aux inventions modernes et leur importance dans l’art impressionniste et cubiste, une construction mobile de Jean Léon permet la représentation et le classement de toutes les couleurs franches perceptibles.
Recherches acoustiques