Les inégalités sociales de santé (ISS) désignent selon l'Organisation mondiale de la santé : et représente un enjeu en santé des populations et en santé publique. Les déterminants sociaux de santé ainsi qu'un gradient social de santé expliquent en grande partie ces inégalités sociales relatives à la santé.
Les inégalités sociales de santé sont principalement déterminées par des circonstances sociales (répartition des pouvoirs, politiques, accès à des ressources en tout genre, etc.), et les déterminants sociaux de santé sont la principale cause d'inégalités sociales en matière de santé.
Les recherches de Sir Michael Marmot ont influencé de façon majeure la recherche sur les inégalités sociales de santé, qui elles, influencent les politiques publiques nationales et internationales en matière de santé des populations.
Les inégalités sociales de santé (ISS) sont dans le domaine de la santé publique définies en France par l'INPES (en 2010) comme .
Problématique
L'inégalité sociale ou l'inégalité de revenu est un problème de santé publique, selon l'épidémiologiste britannique Richard Wilkinson, en 2019, notamment avec le constat d'une corrélation entre de fortes inégalités matérielles dans un pays et un plus fort taux de troubles de santé mentale dont l'anxiété et la dépression. Selon l'organisation mondiale de la santé
Selon l'OMS, les inégalités sociales de santé désignent et représente un enjeu en santé des populations. Les inégalités sociales en santé sont principalement déterminées par des circonstances sociales (répartition des pouvoirs, politiques, accès à des ressources en tout genre), et les déterminants sociaux de santé sont la principale cause d'inégalités sociales en matière de santé :
Gradient social de santé
Le gradient social de santé désigne le fait largement étudié que plus on est pauvre, moins on est en bonne santé, et ce partout dans le monde;
Le gradient social de santé est un phénomène mondial constaté dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ainsi que dans ceux à revenu élevé. Mesure universelle proportionnée
La mesure universelle proportionnée est développée à partir de 2010 par le groupe de travail sur les déterminants et les inégalités sociales de la santéMarmot : fair society healthy lives : Proportionate universalism, de l'OMS, dirigé par Sir Michael Marmot, afin de résoudre un dilemme en intervention : cibler une population dans le besoin ou développer une action qui profite à tous, même aux plus favorisésréseau villes santé OMS.
L'universalisme proportionné (UP) est une évolution de la discrimination positive (ou de l'affirmative action des anglosaxons)HFalcoff ISS. Il est même valorisé par AMELI en 2025, sur le Forfait Médecin Traitant qui fusionne avec la ROSP, pour l'accueil et le suivi des consultants AME et C2S.
Causes Selon l'OMS, ce sont les déterminants sociaux de santé qui sont la cause des inégalités sociales en matière de santé.
Elles sont toujours multiples, mais on y retrouve notammentJusot, F. (2011). Revenu et mortalité: analyse économique des inégalités sociales de santé en France (Doctoral dissertation, ANRT, Université de Lille 3). : les difficultés d'accès à un environnement sain et sécurisé le manque d'accès à une bonne alimentation le manque d'accès au travail le manque d'accès aux soins et à la prévention, souvent en outre aggravé par un recours au soin retardé (le médecin est vu trop tard) une exposition accrue aux drogues (dont alcool et tabac).
Indicateurs Les inégalités sociales de santé se traduisent d'abord par une inégalité devant le risque de mourirLeclerc, A., Lert, F., & Goldberg, M. (1984). Les inégalités sociales devant la mort en Grande-Bretagne et en France. Social Science & Medicine, 19(5), 479-487., qui existe pour toutes les causes de décèsJougla E. et al. (2000), “La mortalité”, in Les Inégalités Sociales de Santé, eds Leclerc A. et al, Paris : La Découverte / INSERM : 147-162.. Des grilles de lecturesGuichard A & Ridde V (2010) Une grille d’analyse des actions pour lutter contre les inégalités sociales de santé. Réduire les inégalités sociales de santé. Saint-Denis: INPES coll Santé en action. et des indicateurs plus spécifiques sont donc recherchés ou utilisés pour mesurer le degré d'inégalité sociale de santé dans une communauté, un pays ou le monde, ou encore. à évaluer le chemin à parcourir en termes de réduction des inégalités ; ces indicateurs peuvent être : des variables individuelles ; des indicateurs ad hoc de défavorisation ; des éléments de bases de données administratives (qui doivent alors gérer les données de santé conformément à la réglementation en vigueur, en particulier concernant l'anonymisation). À titre d'exemple une thèse a utilisé deux bases de données fiscales (Enquête Patrimoine au Décès en 1988 et Enquête sur Revenus Fiscaux des ménages de l'année 1990) pour évaluer dans quelle mesure le certains déterminants (niveau de richesse par exemple) pouvait être prédicteur du risque de mourir plus ou moins jeune.
Approches pour réduire les inégalités sociales de santé Selon Dourgnon et al., (2001) l'assurance maladie est un des moyens de limiter la surmortalité des plus pauvresDourgnon P., Grignon M. & Jusot F. (2001), “L’assurance maladie réduit-elle les inégalités sociales de santé?”, Question d’économie de la santé , Synthèse , 43., mais, en France par exemple, ne gomme pas tous les effets des inégalités sociales et de santé.
Collectivement et individuellement, l'universalisme proportionné"HELP ASSS lanaudiere Quebec, évolution de la "discrimination positive" ou action positive, ( wp:affirmative action des anglosaxons) est une réponse.
Le Collège de la médecine générale (CMG) et l'INPES (Santé publique France) proposent des indicateurs pour les dossiers des médecins généralistes; prendre en compte systématique le statut face à l'emploi, la profession; la couverture sociale et la littéracie ou compréhension du langage écrit... La participation citoyenne et la recherche participative sont des approches qui valorisent l'expérience et le savoir des personnes en situation de défavorisation pour réduire les inégalités sociales de santé.
Inégalités sociales de santé, selon les pays
En France
La France est considérée comme l'un des pays où les inégalités sociales en matière de santé sont les plus fortes parmi les États membres de l'Union européenne .
À , l’espérance de vie d’un cadre français est supérieure de à celle d’un ouvrier. En dépit d'importants progrès depuis les années 1980, c'est en Région Hauts-de-France que l'espérance de vie est la plus faible : elle y reste de plus de inférieure à la moyenne nationale contre au tout début des années 1990 (fin de l'industrie du charbon, du textile). Ce sujet est notamment traité par la politique de la ville (Contrats Urbains de Cohésion Sociale (CUCS)...) Lang, T., Badeyan, G., Cases, C., Chauvin, P., Duriez, M., & Gremy, I. (2009). Les inégalités sociales de santé: sortir de la fatalité. Paris: Haut Conseil de la santé publique.. Un programme scientifique dénommé APPRIS (acronyme de Apprendre et Agir Pour Réduire les Inégalités Sociales de Santé) a eu lieu sur ce sujet en région Midi-Pyrénées.
En France, la corrélation entre revenu et mortalité reste très élevée : le revenu y est fortement prédictif du risque de mortalité, surtout avant l'âge de , mais il subsiste après . Il est aussi assez fortement corrélé à la profession et à la catégorie sociale qui comptent parmi les déterminants importants du statut socio-économique.
Une difficulté statistique et d'interprétation causale est qu'il est souvent difficile de savoir si quelqu'un est malade parce que pauvre, ou pauvre parce qu'en mauvaise santé.
Les chercheurs limitent généralement ce type de biais (biais d'endogénéité) en contrôlant l'état de santé initial, ce qui est difficile en raison du statut très protégé des données de santé. Certaines études ont contourné cette difficulté en se basant par exemple sur la perception de pensions et/ou de rentes avant (situation plus fréquente chez les personnes en mauvaise santé qui peuvent percevoir une pension d'invalidité ou avoir été mises en retraite anticipéeSaurel-Cubizolles M.J. et al. (2001). “État de santé perçu et perte d'emploi”, in Travail-Santé-Vieillissement : Relation et Évolution, ed Cassou B., Editions Octarès. (en France, la probabilité de décès augmente effectivement avec la perception de pensions et de rentes).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
A. Bommier, T. Magnac, B. Rapoport, M. Roger (2003), “Droits à la retraite et mortalité différentielle”, Document de travail LEA, 0303. . Couffinhal, A., Dourgnon, P., Geoffard, P. Y., Grignon, M., Juso, F., Lavis, J., ... & Polton, D. (2005). Politiques de réduction des inégalités de santé, quelle place pour le système de santé ? Un éclairage européen : Deuxième partie : quelques expériences européennes. Questions d'économie de la santé, (93), 1-8. . . . . . Henriet D., Rochet J.C. (1998), “Is Public Health Insurance an Appropriate Instrument for Redistribution? ”, Discussion paper, Université de Marseille et Université de Toulouse. .
. . . Lang T, Badeyan G, Cases C, Chauvin P, Duriez M & Gremy I (2009) Les inégalités sociales de santé: sortir de la fatalité. Paris: Haut Conseil de la santé publique. . Marmot M., Wilkinson R.G. eds (1999), Social Determinants of Health. Oxford University Press. Mesrine A (1999), “Les différences de mortalité par milieu social restent fortes”, La Société Française, Données Sociales : 228-35. . Schlesselman J.J. (1982). Case Control Studies : Design, control, analysis, Oxford University Press. Scitovsky A.A. (1994), “The high Cost of Dying revisited”, The Milbank Quaterly, 72, 4, 561-591. . . . Wilkinson R.G. (1996), Unhealthy Societies : the Afflictions of Inequality, London, England : Routledge. .
Liens externes Site de l'observatoire des inégalités Site de l'observatoire belge des inégalités Institute of health equity
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