René Groebli, parfois orthographié René Gröbli, né le à Zurich (canton de Zurich, Suisse) et mort le dans la même ville, est un photographe et photojournaliste suisse, également actif dans la photographie industrielle et la photographie publicitaire.
Adepte de la photographie noir et blanc, il est considéré comme l'un des pionniers de la représentation du mouvement par la technique du flou. L'utilisation qu'il a fait de techniques novatrices, notamment du procédé dye-transfer et de la lithographie en couleurs, dont témoignent les ouvrages Variation (1965) et Variation 2 (1971), lui ont valu une renommée internationale.
Biographie Fils d'Emil Groebli, qui exerce la profession de fondé de pouvoirVoir « René Groebli », in Dictionnaire historique de la Suisse, René Groebli a grandi dans le quartier Enge à Zurich, où il effectue ses études secondaires au Langzeitgymnasium. Il entreprend ensuite des études à la Oberrealschule, un lycée à vocation scientifique, qu'il abandonne au bout de deux ans pour commencer un apprentissage de photographe avec Theo Vonow à Zurich en 1944. Lorsque son professeur retourne s'installer dans le canton des Grisons, il entre, au printemps 1945, en classe préparatoire de la Haute École d'art de Zurich, et s'inscrit par la suite dans la classe de photographie, dont il va suivre, jusqu'à l'été 1946, l'enseignement sous la direction de Hans Finsler René Groebli sur FotoCH, site de référence en ligne sur la photographie suisse et Alfred Willimann. Ernst Scheidegger et Anita Niesz étaient ses condisciples.
Cette même année il doit faire trois mois de service civique dans l'agriculture (il a 19 ans). Le fermier de Kemptthal le laisse prendre des photosSwissinfo, Daniele Muscionico, "Un maître du réalisme poétique", 2 juillet 2016. Avec reproduction d'une de ses photos de cette période. Figurent aussi d'autres clichés dont, pendant la période Zurich 1947-1952, un enfant courant avec ballon et voitures floues (roulant).
En , René Groebli commence une formation de directeur de la photographie et cameraman documentaire chez Central Film et Gloria Film Zürich. Il obtient son diplôme à la fin de 1948, mais il n'exerce plus, par la suite, sa profession de directeur de la photographie Georg Sütterlin, Groebli, René, in: Fotostiftung Schweiz, Index der Fotografinnen.
En 1947, il remporte le troisième prix d'un concours organisé par le magazine suisse Camera avec sa série « Karussell. » Il commence alors une carrière de photographe indépendant et collabore avec l'agence Victor-N. Cohen à Zurich. Il effectue son premier voyage à Paris en 1948 et achète son premier Leica en 1949.
À partir de 1949, René Groebli travaille comme photojournaliste et effectue des reportages pour l'hebdomadaire Züri-Woche, puis pour le bureau londonien de l'agence américaine , notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
Ses images sont régulièrement publiées dans les magazines Life et Picture Post, magazine hebdomadaire de photographie dédié au photojournalisme, publié en Grande-Bretagne.
En 1949, il publie un petit livre, auto-édité, « Magie der Schiene » (Magie du rail), comprenant 16 photographies, plus la couverture M. Gasser, From National Defence to human expression: Swiss photography 1939–49. History of Photography, 22(3), pages 229-236., pour lequel, bien que jeune et encore relativement inconnu, il a été capable de trouver suffisamment de moyens pour obtenir une impression de haute qualité. Techniquement, il s'agit plus d'un portfolio que d'un véritable livre, avec des pages non reliées et reliées, inspiré de la publication « Facile » (1935) de Man Ray et Paul Éluard, qu'il a achetée lors de son premier voyage à Paris en 1948. Réalisées avec un Rolleiflex de moyen format 6 × 6 et un appareil Leica à Paris et aux alentours, ainsi qu’en Suisse, les images — souvent floues et granuleuses — transmettent l'énergie qui se dégage de la vapeur et capturent la « magie » des voyages dans les trains à vapeur à la fin des années 1940 (en) Martin Parr, Gerry Badger, The photobook : a history, Phaidon, Londres, 2004, . Pendant la réalisation de ce reportage, il passe trois mois à Paris où il rencontre Brassaï et Robert Frank.
Le , René Groebli se marie avec Rita Dürmüller (1923-2013), qui achève avec succès ses études sous la direction d'Otto Morach à la Haute École d'art de Zurich. En collaboration avec son épouse et le graphiste Werner Zryd — qui a réalisé la mise en page — il publie en 1954 un second petit livre, également auto-édité, intitulé Das Auge der LiebeVoir la description des différentes éditions de Das Auge der Liebe sur le site Das Auge der Liebe (L'Œil de l'amour), qui rassemble les photographies prises en France au cours de sa lune de miel avec Rita, son épouse, pendant deux semaines à Paris en 1952, et l'année suivante pendant quelques jours à MarseilleUn cliché de 1953 Sans titre est reproduit dans l'article du Monde du 25 avril 2019 sur l'exposition à L'Isle-sur-Sorgue : De l'archive à l'histoire, au centre d'art Campredon, "très belle et délicate image" . La publication de ces photographies intimes, essentiellement prises dans des chambres d'hôtel — notamment à l'hôtel de la Gaîté, à Montparnasse — a suscité une certaine controverse, mais a toutefois attiré l'attention sur René Groebli, qui, tout au long de sa carrière, n'a jamais hésité à les présenter dans de nombreuses expositions. Le livre connaîtra par la suite plusieurs éditions dans d'autres langues et sera réédité en 2014 par l'éditeur zurichois Sturm & Drang Verlag, avec l'ajout de cinq photographies inédites, choisies par le photographe.
Après la mort du photojournaliste Paul Senn en 1953 et la tragique disparition de Werner Bischof dans un accident de voiture au Pérou en 1954, Kurt Blum, Robert Frank et René Groebli sont admis au Kollegium Schweizerischer PhotographenFondation Suisse pour la photographie (Hg.): La photographie en Suisse. 1840 à nos jours, Berne 1992. (Collège des photographes suisses). En 1955, il participe à la grande exposition collective organisée par le « Kollegium » présentée au Helmhaus, à Zurich, bien accueillie par la critique qui fait le constat qu'un nouveau « style suisseR. Hollis, The chemistry that created a winning swiss formula, in Eye : The International Review of Graphic Design, pp. 84-85, 2009 » s'oriente effectivement vers la photographie en tant qu'expression, selon le titre donné à l'exposition, et marque la fin de ce que la critique appellera plus tard la photographie concernée (en) M. Gasser, From National Defence to human expression: Swiss photography 1939–49, in History of Photography, 22(3), pages 229-236
Assez rapidement, cependant, l'association est dissoute en raison de profonds désaccords entre Gotthard Schuh et Jakob Tuggener. Groebli décide alors de renoncer au photojournalisme et il crée son propre studio pour se consacrer à la photographie publicitaire et à la photographie industrielle. Il se spécialise dans la photographie couleur et expérimente le procédé du « dye-transfer », dont il devient rapidement un spécialiste.
Cette même année 1955, quelques photographies de René Groebli figurent dans l'exposition « The Family of Man » organisée par Edward Steichen pour le Museum of Modern Art (MoMa) de New York, aux côtés de celles de trois autres photographes suisses, Werner Bischof, Robert Frank et Gotthard Schuh.
À partir des années 1970-1980, il se tourne de nouveau vers les essais artistiques en noir et blanc. En 1971-1972, il effectue un long voyage au Pérou où il photographie en noir et blanc (mais aussi en couleur) la vie quotidienne des habitants dans les campagnes et les paysages de la Cordillère des Andes, dans l'esprit de ce qu'avait fait vingt ans auparavant son compatriote Werner Bischof. À l'automne 1978, il séjourne longuement à New York pour explorer la ville pour lui-même, en toute liberté, sans être soumis aux contraintes d'une commande, exploitant les subtilités de la lumière automnale. Ce travail est publié en 2017 dans le livre New York 1978 (Sturm & Drang Verlag), avec des textes de Daniel Blochwitz.
À partir des années 2000, René Groebli se plonge dans son passé et entreprend de revisiter ses archives accumulées au cours de soixante années d'une vie entièrement consacrée à la photographie. Il numérise les photographies qu'il considère comme les plus importantes dans son œuvre et les rassemble en vue de la publication de livres. Dans les années 2010, Sturm & Drang Verlag publie plusieurs livres issus de cette exploration de ses archives : Beryl Chen, a Jamaican girl (2015), Frühe Arbeit - Fotos 1945-1955 (2015), London 1949 (2016), Nudes (2016), New York 1978 (2017), Color Work (2018) et Werkverzeichnis (2019).
Il meurt le à Zurich, à l'âge de ..
Distinctions 1951 : Bourse fédérale 1953 : Prix d’encouragement 1960 : Prix et médaille pour Beispielhafte Anzeigengestaltung für Bayer attribué par la Werbefachverbandes Schweiz (Association de publicité suisse) 1966 : Grafiker Preis der Deutschen Gebrauchs-Graphiker 1974 : Award for Excellence in Typography, Directors Club, New York (É-U) 1983 : Honorary member, Schweizerischer Photographenverband 2006 : Photo 06, Lifetime Award
Expositions individuelles
Expositions collectives
1954 : Weltausstellung der Fotografie (Salon mondial de la photographie) Lucerne, Suisse 1954-1955 : , Staatliche Schule für Kunst und Handwerk, Sarrebruck, Allemagne 1955 : The Family of Man, Musée d'art moderne de New York (MoMa), New York, États-Unis 1955 : Kollegium Schweizerischer Photographen (Collège des photographes suisses) avec Werner Bischof , Walter Läubli, Gotthard Schuh, Paul Senn, Jakob Tuggener, Kurt Blum , Robert Frank, Peter Moeschlin et Christian Staub, Helmhaus, Zurich, Suisse 1974 : Photographie in der Schweiz von 1840 bis heute (La photographie en Suisse: 1840 à nos jours), Kunsthaus, Zurich, Suisse 1976 : La photographie fantastique en Europe, Canon Photo Gallery, Amsterdam, Pays-Bas 1978 : La photographie fantastique en Europe (II), Canon Photo Gallery, Amsterdam, Pays-Bas 1981 : Collection des musées eutopéens, Kunsthaus, Zurich, Suisse 1981 : Collection Otto Steinert, Musée Folkwang, Essen, Allemagne 1984-1986 : , États-Unis, Allemagne, Belgique, Suisse 1990 : Le Train, Centre national de la photographie, Paris, France 1990 : Collection Fontana, Centro Maestri Stranieri, Italie 2002 : New York après New York, Musée de l'Élysée, Lausanne, Suisse 2011 : Eyes on Paris, Deichtorhallen, Hambourg, Allemagne 2011 : Die Schweiz im Fotobuch, Fotomuseum Winterthur, Winterthour, Suisse 2018 : So beautiful, Galerie infocus, Cologne, Allemagne 2018 : Amoureux, Galerie photographique La Belle Juliette, Paris, France 2018 : Eros, Le nu dans tous ses états, avec Jean-Jacques Dicker, Rafael Navarro et Nicolas Tucker, Galerie ArtDynasty, Genève, Suisse 2019 : Fil Noir - Exposition de la collection de la MEP, Maison européenne de la photographie, Paris, France 2019 : De l'archive à l'Histoire - Howard Greenberg Gallery, Campredon centre d'art, L'Isle-sur-la-Sorgue, France 2019 : Winter in Swiss Photography, avec Albert Steiner, Sabine Weiss, Guido Baselgia, René Burri, Werner Bischof, Arnold Odermatt, ... galerie Bildhalle, Paracelsus Forum, Saint-Moritz 2019 : Magie der Stille, avec Nomi Baumgartl, Lennart Durehed, Thomas Hoepker, Monique Jacot, Herbert List, Barbara Klemm, Robert Lebeck, Ulrike Ottinger, Karin Székessy, etc ... Galerie Johanna Breede Photokunst, Berlin, Allemagne 2019 : The Family of Man - UNESCO Memory of the World, Steichen Collections, Château de Clervaux, Luxembourg
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