Elaine Mokhtefi, née Klein à New York le 10 décembre 1928 et morte dans la même ville le 11 septembre 2026, est une militante et autrice américaine naturalisée algérienne.
Biographie
Origines et jeunesse Elaine Klein naît en 1928 à New York (Hempstead) dans la famille Klein, d'origine juive non-pratiquantePaul Audinet, « Elaine Mokhtefi une Américaine à Alger », Orient XXI, 16 septembre 2026.. Sa famille de commerçants en textile est ruinée par la crise des années 1930 et déménage plusieurs fois. Elle subit durant son enfance le rejet antisémite. En 1945, elle part étudier au Wesleyann College, en Géorgie. Elle est frappée par l'intensité de la ségrégation raciale. Elle retourne à New York en 1946 et travaille comme traductrice au Latin American Institute. C'est également à cette époque qu'elle s'engage au sein des (UWF), qui militent pour un gouvernement mondial. Directrice de la section étudiante dès 1950, elle dénonce le racisme américain et commence à être surveillée par le FBI. L'UWF ramollisant ses positions, elle est exclue.
En 1951 ou 1952, à elle arrive à Paris, de New York, par bateau, après une traversée de . Elle y travaille comme interprète.
Engagement militant Elaine Mokhtefi est une militante antiraciste et anticoloniale de la première heure. En 1952, elle assiste au cortège du Premier mai à Paris, à l'occasion duquel elle rencontre les militants syndicaux ouvriers algériens (refusés par la CGT cette année-là). Elle participe à la conférence panafricaine des peuples d'Accra, au Ghana, en 1958. Elle y rencontre Frantz Fanon et Mohamed Sahnoun. Elaine Mokhtefi s'engage alors à leurs côtés au sein du FLN et ils déposent des motions en faveur de la Palestine, contre l'apartheid sud-africain et le colonialisme. Elle rejoint Mohamed Sahnoun à New York et s'y établit. En 1960, à son retour à New York, elle travaille pour le bureau local du GPRA et du FLN. Elle fait notamment circuler les films Yasmina et Djazaïrouna, l'objectif de la représentation algérienne étant de populariser sa lutte. Le déséquilibre des forces étant trop grand, le mouvement national algérien espère gagner grâce au soutien international. En 1961, lorsque Fanon est affaibli, pris en charge à l'hôpital à Béthesda, et y meurt, elle le visite régulièrement et soutient sa famille, notamment en prenant en charge son fils de , Olivier. À l'indépendance algérienne, en 1962, elle s'installe à Alger et y demeure . Elle y travaille dans plusieurs corps de l’État algérien, alors en pleine construction. On la nomme “bouée de sauvetage” car ses compétences linguistiques ont régulièrement aidé des rencontres entre chefs politiques de tous horizons. Après avoir côtoyé de nombreux dirigeants algériens à New-York, elle rencontre des militants anti-impérialistes du monde entier dans un Alger surnommé la notamment par Amilcar Cabral.
En 1969, elle est chargée de l'organisation du premier Festival panafricain d'Alger. Elle s'occupe de l'accueil de membres de mouvements de libération nationale africains (Mozambique, Angola, Afrique du Sud) et de la section internationale des Blacks Panthers. Elle organise notamment l'exil clandestin d'Eldridge Cleaver en Algérie après qu'il a fui les États-Unis, par Cuba. Elle rencontre de nombreuses figures révolutionnaires, anticoloniales et antiracistes, telle que Fidel Castro, Houari Boumédiène, Ahmed Ben Bella, Hô Chi Minh. Elle épouse l'écrivain et ancien membre de l'armée de libération nationale (ALN) Mokhtar Mokhtefi en 1972. Refusant de renseigner les services secrets sur son amie Zohra Sellami, épouse du président déchu Ben Bella, elle est contrainte de quitter l'Algérie en 1974.
Elle revient en Algérie en 2018, après 44 ans d'interdiction de séjour. En décembre 2025, elle est célébrée par de nombreuses invitations dans évènements publics, et reçoit une standing ovation au Théâtre national algérien. Le jour de son 96 anniversaire, la nationalité algérienne lui est accordée.
Carrière et œuvre Elaine Mokhtefi publie en 2019 le livre Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers en France aux éditions la fabrique, l'ayant traduit elle-même de l'anglais compte tenu de son succès aux États-Unis. Constitué de ses mémoires, il avait pour titre original Algiers, Third World Capital - Freedom Fighters, Revolutionaries, Black Panthers (Alger, capitale du tiers-monde - combattants de la liberté, révolutionnaires, Black Panthers).
Elle a été journaliste à l'Algérie Presse Service (APS), couvrant notamment les événements tiers-mondiste.
Postérité
La réalisatrice serbe Mila Turajlić lui consacre un documentaire, en cours de montage fin 2026.
Publications Algiers, Third World Capital - Freedom Fighters, Revolutionaries, Black Panthers, Verso, 2018. traduction française Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Black Panthers, éditions la fabrique édition algérienne : Alger, capitale de la révolution - De Fanon aux Black Panthers, éditions Barzakh, 2019
Notes et références
Liens externes
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