Auguste Joseph Clergé, né à Troyes le et mort à Paris le , est un peintre, lithographe, illustrateur, décorateur de théâtre, acteur de théâtre, trapéziste, clown, fresquiste et graveur français.
Biographie De l'enfance à la Première Guerre mondiale thumb|left|100px|Fernand Cormon thumb|150px|Kiki de Montparnasse (photo de Man Ray) Fils d'un taxidermiste, il peint sa première toile à treize ans, âge où il déclare sa vocation d'artiste. La violente opposition paternelle le fera quitter le domicile familial en 1908 pour rejoindre un oncle brocanteur à Versailles, plus bienveillant. Les nécessités pécuniaires le font entrer dans un cirque comme trapéziste puis clown avant de son installation en 1910 à Paris où il s'inscrit à l'École des beaux-arts où il est élève de Fernand Cormon en même temps qu'il lit Friedrich Nietzsche, Maxime Gorki et Henrik Ibsen.
De son premier mariage en 1912 avec Jeanne Garnesson, jeune veuve de 25 ans, naît un fils prénommé Jean. Il combat de 1914 à 1916 dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, en même temps qu'il y peint, parfois avec une simple brosse à dents et du cirage : le tableau de 1914 titré Le retour du petit poste, conservé au musée Saint-Loup de Troyes, témoigne de cette période. Montparnasse Blessé à la jambe et démobilisé en 1916, il quitte son épouse Jeanne et se fait connaître à Montparnasse où il fréquente entre autres, Chaïm Soutine, Kees Van Dongen, Maurice Utrillo, Maurice Le Scouëzec et Kiki de Montparnasse et où il fonde la Compagnie des peintres et sculpteurs professionnels Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.3, . avant d'organiser, avec son ami Serge RomoffRachel Mazuy, « Serge Romoff », Le Maitron en 1921 au Café du Parnasse (futur cinéma UGC-Rotonde), les trois expositions Quarante-sept artistes au Café du Parnasse, puis Les Cent du Parnasse et Cent vingt artistes au Café du Parnasse qui, manifestant une intention d'indépendance vis-à-vis du monde des marchands, trouvent un large écho médiatique. s'enchante ainsi Gustave Kahn dans Le Mercure de France tandis que l'hebdomadaire Aux écoutes restitue : . Avec la troupe de Georges Pitoëff : théâtre et voyages Après la cité d'artistes du 9, rue Campagne-Première en 1918, Auguste Clergé s'installera successivement au 59, rue Notre-Dame-des-Champs en 1921, au 17, boulevard du Montparnasse en 1924, au 15bis rue du Moulin-Vert en 1928. thumb|left|100px|Georges Pitoëff thumb|100px|Jules Romains thumb|170px|Paris, la Porte des Lilas au temps des « fortifs » thumb|left|100px|8, rue de la Grande-Chaumière, Paris Par sa seconde épouse Alice Reichen (1895-1977), actrice genevoise de la troupe de Georges Pitoëff, il devient lui-même acteur, se lie d'amitié avec Luigi Pirandello et George Bernard Shaw et peint des décors de théâtre comme ceux de la pièce Jean Le Maufranc de Jules Romains créée en au Théâtre des Arts - Olivier Rony, Jules Romains ou l'appel au monde, collection « Biographies sans masque », Robert Laffont, Paris, 1993, . - dans laquelle Alice est entourée de Georges et Ludmilla Pitoëff, Marcel Herrand et Michel Simon Jacqueline Jomaron, Georges Pitoëff, metteur en scène, collection « Théâtre années vingt », L'Âge d'Homme, 1979, .. Sa peinture de paysages restitue son accompagnement des tournées de la compagnie Pitoëff en Europe entre 1920 et 1932.
En 1928, à Paris, il fonde le Salon des populistes. Membre du Salon des indépendants, il expose au Salon des Tuileries les toiles Montagnes du Tyrol et Pêcheurs au repos à Marseille en 1928Catalogue du Salon des Tuileries, 1928, n°591 à 596, , les toiles Hiver 1929 à Amsterdam et Rome, San Paole et San Giovanni en 1929René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, ..
Entre la rue de la Grande-Chaumière et les « fortifs » Vers 1942, Auguste et Alice Clergé s'installent au 8, rue de la Grande-Chaumière - une plaque murale rappelle que Paul Gauguin et Amedeo Modigliani les y précédèrent - où Colette Chasseigneaux (1925-2017), , s'immisce dans leur vie à partir de 1948, Auguste ne tardant pas à tisser avec elle - outre qu'elle pose pour lui, elle deviendra son élève, puis artiste peintre elle-même - des liens amoureux. Au terme de deux ou trois ans où l'atelier est partagé entre les répétitions de théâtre d'Alice et Colette posant pour Auguste, la situation conflictuelle entraînera le départ d'Alice Mathyeu Le Bal, 8, rue de la Grande-Chaumière - Les peintres du dernier atelier, éditions Galerie Les Montparnos, 2019] que l'on continuera de voir au théâtre jusqu'en 1971 dans des mises en scène de Sacha Pitoëff, Jean-Louis Barrault et Raymond Rouleau Andreas Kotte, « Alice Reichen », Dictionnaire du théâtre en Suisse, vol.3, Chronos Verlag, Zurich, 2005., ainsi que dans de nombreux seconds rôles au cinéma jusqu'à sa mort en 1977.
En 1948, Auguste Clergé décore à fresque les salons du parfumeur Roger & Gallet. Il ne va alors pas tarder à se partager entre sa vie à Montparnasse avec Colette et un second atelier qui n'est autre qu'une fort modeste cabane située dans cette part de « la Zone » que sont les « fortifs » de la Porte des Lilas, rue de Villegranges aux Lilas, .
Il meurt le à l'hôpital Laennec dans le de ParisArchives de Paris 7e, acte de décès , année 1963 (page 16/31). Colette Chasseigneaux se mariera en 1966 et sa peinture énoncera dès lors de nombreux voyages, avec un attachement particulier à la Polynésie. Elle demeurera dans l'atelier du 8, rue de la Grande-Chaumière jusqu'à sa mort en 2017.
Expositions thumb|170px|Château de Trévarez, 1991 Expositions personnelles Aquarelles par Auguste Clergé, Galerie Manuel Frères, Paris, - Gustave Kahn, « Auguste Clergé », Le Mercure de France, décembre 1927. André Warnod, « Clergé », Comœdia, 16 décembre 1927.. Galerie Paul-Cézanne, Paris, 1961. Auguste Clergé, centenaire de sa naissance - Rétrospective, château de Trévarez, Saint-Goazec, 1991. Auguste Clergé, le chevalier de la Zone, Galerie Les Montparnos, Paris, mars-Mathyeu Le Bal, Auguste Clergé, le chevalier de la Zone, présentation de l'exposition, Galerie Les Montparnos, 2016. Auguste Clergé et Colette Chasseigneaux, Galerie de Bretagne / site Armor-Lux, Quimper, juillet-Henry et Mathyeu Le Bal, Auguste Clergé et Colette Chasseigneaux entre Montparnasse et Quimper, France 3, 2019 (source : YouTube ; durée : 2'13")Éliane Faucon-Dumont, « Les œuvres d'Auguste Clergé et de Colette Chasseigneaux à Jerdroniou », Le Télégramme, 29 juillet 2019« Quimper : Une exposition parisienne chez Armor-Lux », Ouest-France, 20 juillet 2019.
Expositions collectives thumb|150px|Le 103, Boulevard du Montparnasse aujourd'hui Galerie du Luxembourg, Paris, 1918. Galerie Barbazanges, Paris, 1921. Café du Parnasse, 103 boulevard du Montparnasse, Paris, 1921 : Quarante-sept artistes exposent au café du Parnasse - Auguste Clergé, Pere Créixams, Adolphe Feder, Othon Friesz, Nathalie Gontcharova, Samuel Granowsky, Pinchus Krémègne, Michel Larionov, Maurice Le Scouëzec, Maurice Loutreuil, Maurice Mendjizky, Manuel Ortiz de Zarate, Chaïm Soutine, Maurice Utrillo, Kees Van Dongen…, café du Parnasse, 103 boulevard du Montparnasse, Paris, janvier- Serge Romoff, Quarante-sept artistes exposent au café du Parnasse, catalogue d'exposition, 1921. « Quarante-sept artistes au Parnasse », Maxime Brienne, L'Action française, 9 avril 1921 ; René-Jean, Comœdia, 16 avril 1921 ; Henri Éon, La Victoire, 19 avril 1921 ; A. Gybal, Le Journal du peuple, 19 avril 1921 ; Florent Fels, Information, 21 avril 1921 ; Jacques Mesnil, L'Humanité-Dimanche, 21 avril 1921 ; André Salmon, Sélection, n°9, 1 mai 1921 ; C. Aux Écoutes, 9 mai 1921 ; Gustave Kahn, Le Mercure de France, 15 mai 1921.Genia et Sylvie Courtade, Serge Romoff, Imprimerie Union, 2013. Les Cent du Parnasse (se joignent aux mêmes Henri Epstein, Charles Kvapil, Celso Lagar, Mela Muter…), Café du Parnasse, Les Cent du Parnasse, catalogue d'exposition, juin 1921Annabel Ruckdeschel, « "École de Paris" in and aout of Paris (1928-1930), a transregional perspective », Stedelijk Studies, 2019. Cent vingt artistes exposent au Café du Parnasse, - Cent vingt artistes exposent au Café du Parnasse, catalogue d'exposition, Imprimerie Union, Paris, 1921..
Salon des indépendants, Paris, à partir de 1922 Ouvrage collectif, Un siècle d'art moderne - L'histoire du Salon des indépendants, Denoël, 1984, .. Exposition d'art moderne national et étranger, Galerie Dalmau, Barcelone, 1929. Salon populiste, Galerie Barreiro, Paris, Charles Fegdal, « Le Salon populiste sous le signe des châtaignes », Une semaine à Paris, n°596, 20 octobre 1933. « Vernissage au Gaillac », Bec et ongles, n°69, 21 octobre 1933.Marc Landelout, « Céline et les châtaignes grillées », Le petit célinien, 17 octobre 2010. L'art fait son cirque, musée de Bourgoin-Jallieu, mai-Myriam Boutoulle, « En piste au musée de Bourgoin-Jallieu », Connaissance des arts, 11 juillet 2018. 8, rue de la Grande-Chaumière - Les peintures du dernier atelier, Galerie Les Montparnos, Paris, mars-Galerie Les Montparnos, 8, rue de la Grande-Chaumière - Les peintures du dernier atelier, dossier de presse, 2019. Montparnasse, les boulevards du destin, Galerie Les Montparnos, Paris, octobre-Galerie Les Montparnos, Montparnasse, les boulevards du destin, présentation de l'exposition, 2022.
Citations Dits d'Auguste Clergé - Auguste Clergé et Géo-Charles Sylvie Buisson, Léonard-Tsuguharu Foujita, ACR Édition, 2001, . Réception critique thumb|80px|Gustave Kahn thumb|80px|André Warnod - Gustave Kahn - André Warnod - Gérald Schurr Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, 1979, tome IV, . - Jean-Paul Crespelle Sylviane de La Bouillerie (préface de Jean-Paul Crespelle), Auguste Clergé, sa vie, son œuvre, Association Helios, 1991. - Dictionnaire Bénézit - Mathyeu Le Bal
Collections publiques
thumb|110px|La Coupole, Paris
Collections privées
Notes et références
Annexes Bibliographie René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, . Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, tome IV, Les Éditions de l'Amateur, 1979. Sylviane de La Bouillerie (préface de Jean-Paul Crespelle), Auguste Clergé - Sa vie, son œuvre, Association Helios, 1991. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, dessinateurs et graveurs, vol.3, Gründ, 1999. Jeanine Warnod, L'École de Paris : dans l'intimité de Chagall, Foujita, Pascin, Cendrars, Carco, Mac Orlan, à Montmartre et à Montparnasse, Arcadia, 2004, . Mathyeu Le Bal (préface de Sylviane de La Bouillerie), Auguste Clergé, éditions Galerie Les Montparnos, Paris, 2016 (consulter en ligne). Mathyeu Le Bal, 8, rue de la Grande-Chaumière - Les peintres du dernier atelier, éditions Galerie Les Montparnos, 2019 (consulter en ligne). Mathyeu Le Bal (préface de Jeanine Warnod), Montparnasse, quand Paris éclairait le monde, Albin Michel, 2022.
Liens externes
Voir certaines de ses œuvres sur galerielesmontparnos.com. Autres œuvres sur Artnet. Biographie détaillée sur Les Atamanes.
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