La libération de Strasbourg dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale a lieu le pendant la campagne d'Alsace ( - ). Après la libération de Mulhouse, le par la 1re DB, le général Philippe Leclerc de Hauteclocque et la DB pénètrent dans Strasbourg après avoir libéré Sarrebourg et La Petite-Pierre, qui lui ouvrent les routes vers la ville de Strasbourg.

Percée des Vosges En , le 15e corps américain, auquel appartient la DB, se heurte à deux positions successives, que les Allemands organisent depuis septembre en utilisant Alsaciens mis en travail forcé... La « Vorvogesen Stellung » (première ligne de défense) et la « Vogesen Stellung » (ligne de défense principale) couvre le massif Vosgien et ses cols.

L'offensive débute le . Le , la DB prend Badonviller (Meurthe-et-Moselle) et ouvre une brèche dans le dispositif d'arrêt allemand. Au cours de l'engagement, le lieutenant-colonel de La Horie est tué.

Le général Leclerc peut maintenant lancer sa charge sur Strasbourg. Il a reçu du chef des FFI Alsace, Marcel Kibler (commandant Marceau), l'assurance de trouver plusieurs milliers de FFI organisés à son arrivée en Alsace pour pallier son manque d'infanterie.. Il donne à sa division des ordres sans ambigüité : déborder systématiquement toute résistance sans se faire fixer, pousser de l'avant sans souci d'alignement ou de liaison avec l'arrière et trouver le « trou »..

Par la Petite-Pierre, la DB déborde Sarrebourg et Saverne, fortement fortifiés. Guidée par les FFI, elle recherche un passage même s'il ne s'agit que d'un chemin forestier. Le groupement Massu trouve une piste au Dabo coupé par un abattis ni battu par des feux, ni miné. Il le déblaye facilement. Le général Leclerc a trouvé le « trou » qu'il recherchait. Le , la totalité de la DB a franchi la crête des Vosges par Dabo. Elle surprend l’ennemi en débouchant sur ses arrières dans la plaine d'Alsace.

La charge de la 2e DB

Dans la nuit du 22 au , la DB reçoit l'ordre de prendre Strasbourg à la place du 6e Corps d'armée américain s'il n'est pas prêt.. Le général Leclerc donne ses ordres pour la charge de la division : ..

Le à , la DB charge sur Strasbourg en cinq colonnes guidées par les FFI alsaciens. Vers , les faubourgs et la ceinture Ouest des forts de la ville sont atteints (forts Foch, Pétain et Kléber). Ils sont bien défendus et renforcés par des fossés antichars et des tranchées que la population strasbourgeoise a dû creuser. Ils stoppent la progression des colonnes. Mais guidée par le FFI Robert Fleig, la colonne venant par le Nord le long du canal de la Marne au Rhin perce la ligne de défense et entre dans Strasbourg. Le lieutenant-colonel Rouvillois qui la commande transmet le message « Tissu est dans iode » qui informe le général Leclerc que la DB est dans Strasbourg et qu'il fonce vers le pont de Kehl en suivant l'un des deux itinéraires proposés par son guide FFI Robert Fleig. Les autres colonnes modifient leur axe de progression pour se rabattre sur son itinéraire.

La surprise est totale. Les tramways, bondés de voyageurs, circulent normalement. Les Allemands vaquent à leurs affaires quand les chars passent dans les rues. Le gauleiter Wagner a juste le temps de s'enfuir de l'autre côté du Rhin. Mais civils allemands sont faits prisonniers, la proximité de la frontière en sauve beaucoup. Le chef d’état-major du général Vaterrodt, commandant la place de Strasbourg, est capturé à cheval, surpris lors de sa promenade matinale quotidienne, par un peloton de cinq Sherman.

La Kommandantur et une partie de l'état-major du général Vaterrodt sont capturées au palais du Rhin. Le général réussit à se retrancher avec hommes dans le fort Ney au nord de Strasbourg dans la forêt de la Robertsau.

Le pont de Kehl est rapidement atteint mais il est bien défendu par des ouvrages et un feu nourri. Il n'est pas franchi. L'espoir d'une tête de pont en Allemagne s'évanouit malgré de furieux combats au cours desquels le guide FFI Robert Fleig est tué. Près du pont, le maréchal-des-logis-chef Albert Zimmer, de La Wantzenau, est tué à bord du char « Cherbourg ». Il meurt à quelques kilomètres de chez ses parents qu'il a quittés en en s'évadant d'Alsace.

À , le drapeau français flotte sur la cathédrale. Strasbourg est pris mais les combats ne sont pas terminés. Durant plusieurs jours, la DB et les FFI du commandant François (Georges Kiefer) nettoient les poches de résistance. Le quartier de l'Esplanade où se trouvent les casernes est un des plus difficiles à réduire avec celui du port. Les FFI guident les chars, fournissent une infanterie précieuse pour les combats de rues, gardent les prisonniers, servent de traducteurs pour le service de renseignement de la DB. Grâce au résistant Robert Kleffer, chef des FFI de La Wantzenau, une grosse partie de la garnison allemande ne peut franchir le Rhin. alt=Colonne de prisonniers allemands capturés à Strasbourg.|vignette|Colonne de prisonniers allemands capturés à Strasbourg. Le , le général Vaterrodt capitule avec la garnison du fort Ney ( hommes) ce qui porte le nombre de prisonniers à environ militaires. La ville est soumise à de violents tirs d'artillerie. Dans la nuit du 27 au les derniers Allemands se replient de l'autre côté du Rhin et font sauter les ponts de Kehl.

Le , l'ancien maire Charles Frey reprend ses fonctions. Le général de Gaulle nomme Charles Blondel commissaire de la République puis Gaston Haelling préfet..

Strasbourg est libérée mais pas sauvée. Pour consolider cette victoire, il faut attendre le mois de et les terribles batailles menées à Kilstett, Kaltenhouse, Schweighouse, Ohlungen et à Gambsheim, lors de l'opération « Nordwind (vent du nord) » mené par les généraux Johannes Blaskowitz Hans von Obstfelder et Siegfried Rasp. La ville reste exposée aux tirs d'artillerie jusqu’en .

Le serment de Koufra est tenu vignette|alt=Citation du serment|Monument dédié au serment de Koufra Après la bataille de Koufra, le , le colonel Leclerc avait prêté avec ses hommes le « serment de Koufra » : ..

Le à , Émilienne Lorentz, tient, avec son mari, une boucherie place Saint-Étienne. Elle coud, à la demande des soldats, un drapeau dans un morceau de drap blanc partiellement teint en bleu de méthylène et y ajoute un bout de l’étendard nazi rouge. Ce drapeau improvisé est ensuite hissé au sommet de la cathédrale par Maurice Lebrun, pilote de char du de marche des spahis marocains. Le général Leclerc et ses hommes de la viennent de réaliser le serment qu’ils ont prêté à Koufra, en ..

Hommages

Un monument, place Broglie, dédié au maréchal Leclerc (statue en bronze et obélisque en grès des Vosges), commémore le serment de Koufra et la libération de Strasbourg. Il est réalisé par Georges Saupique. Il est inauguré le . Dans le quartier du Port du Rhin, le char Sherman « Cherbourg » de la DB rappelle les violents combats pour la prise du pont de Kehl. Il rend hommage au maréchal-des-logis-chef Albert Zimmer, originaire de La Wantzenau au nord de Strasbourg. Il est tué le à bord du « Cherbourg » dont il est le chef de char.. À côté du char une plaque commémore la mort, lors du même engagement, de l'aumônier capitaine Jean-Baptiste Houchet tombé en portant secours à un blessé. Place Saint-Étienne, une plaque commémorant la fabrication par Émilienne Lorentz du drapeau hissé sur la cathédrale. Des rues du « 23-novembre » dans certaines des agglomérations libérées ce jour-là : Geispolsheim, Ostwald, Wasselonne Hochfelden, Illkirch-Graffenstaden, Phalsbourg.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

DVD pédagogique

Articles connexes

Bataille d'Alsace division blindée (France) Bataille de Koufra armée (France 1944-1945) Albert Zimmer

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