Al-Sarafand () est un ancien village arabe palestinien situé près de la côte méditerranéenne au sud de Haïfa. En 1945, il comptait Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, avril 1945. Cité dans Hadawi, 1970, p. 49. Il a été dépeuplé durant la Guerre israélo-arabe de 1948-1949.
Histoire Des restes de poterie datant de la fin de la période romaine et de la période byzantine ont été trouvés sur le siteOren, 2004, Es-Sarafand.
Al-Sarafand était connu des Croisés, mais on ignore la date à laquelle le village a été fondé et l'origine de son nom. Pendant les Croisades, une chapelle et une forteresse ont été construites à cet endroitGuérin, Galilée, II, 1880, -481. Cité dans Petersen, 2001, p. 272. Le site a été repris par les forces ayyubides en 1187-1188Abu Shama RHC (or.), IV, p. 303. Cité dans Petersen, 2001, . Le village apparaît dans le waqf de la tombe (turbe) et de la madrasa d’Amir Qurqamaz en ÉgypteMPF, 11 No. 31. Cité dans Petersen, 2001, p. 272.
Époque ottomane
En 1596 Sarafand, est, d'après le defter de cette année, un village de la Nahié (sous-district) de Shafa dans le liwa''' (district) de Lajjun. Onze familles, toutes musulmanes, y vivent, soit environ . Les villageois paient un impôt à taux fixe de 25% sur les produits agricoles, notamment le blé, l'orge, des cultures estivales telles le maïs, les haricots, les melons et les légumes, ainsi que l'élevage de chèvres, pour un total de 8500 akçeHütteroth, Abdulfattah, 1977, . Cité par Khalidi, 1992, .
Lors de la campagne d'Égypte et de Palestine du général Napoléon Bonaparte, Pierre Jacotin fait apparaître sur sa carte la localité sous le nom de SarfendKarmon, 1960, p. 163. En 1859, le village de Sarafand est décrit comme étant situé sur une éminence entre la plaine et la plage. Le consul Rogers estime que y vivent et y cultivent 16 feddansConder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 4. Cité dans Khalidi, 1992, Cité dans Petersen, 2001, pp. 272-3.. Quatre ans plus tard, Victor Guérin y estime la population à Guérin, 1880, , Cité dans Petersen, 2001, 273Guérin, 1875, 301-302.
L'enquête du Palestine Exploration Fund effectuée en 1873 rapporte qu'il existe un complexe de seize tombes taillées dans la roche au sud du village. Les structures comportent des loculi et des arcosoliaConder and Kitchener, 1882, SWP II, p. 33.
Une liste de population d’environ 1887 indique que Sarafand compte alors environ , tous musulmansSchumacher, 1888, 178.
Période du mandat britannique D'après le recensement de Palestine de 1922, mené à l'initiative des autorités du mandat britannique, Sarafand compte tous musulmansBarron, 1923, Table XI, Sub-district of Haifa, p. 34, ce chiffre n'est plus que de 188 en 1931, toujours tous musulmans, répartis en Mills, 1932, p. 95.
L'économie du village repose sur l'agriculture, l'élevage et la salicultureKhalidi, 1992, .
D'après les statistiques de Village de 1945, la population d‘As-Sarafand est estimée à et ses terres s'étendent sur dunams. La population est entièrement musulmaneVillage Statistics April 1945, The Palestine Government, p. 12. Au total, dounams de terres sont allouées à la céréaliculture ; les terres irriguées et les vergers occupent 22 dounamsGovernment of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, avril 1945. Cité dans Hadawi, 1970, p. 92 et le bâti 6Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, avril 1945. Cité dans Hadawi, 1970, p. 142.
1948 et suites
Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, al-Sarafand est attribué à l’État juifSami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949..
Au cours de la guerre israélo-arabe de 1948, les habitants s'enfuient en plusieurs étapes. La plupart d'entre eux fuient au début du mois de mai en direction d'At-Tira et, lorsque ce village est dépeuplé, ils partent pour Jénine. Certains reviennent ensuite et restent à al-Sarafand jusqu'à ce que les forces israéliennes - composées des brigades Carmeli et Alexandroni - occupent le village le . À l'époque, des volontaires de l'Armée de libération arabe et des milices locales défendent al-SarafandMorris, 2004, p. ?. La plupart des habitants se réfugient sur la ligne sud-est du Wadi Ara, où l'armée irakienne est stationnée. Plus tard, ils traversent le Jourdain et depuis lors, la majorité des réfugiés d'Al-Sarafand vit en Jordanie. Un seul ancien villageois d'Al-Sarafand est resté en Israël. Les maisons du village n'ont pas été immédiatement démolies par les Israéliens et sont restées vides pendant de nombreuses années. Lorsqu'elles ont finalement été détruites, le seul bâtiment épargné a été la mosquée du village.
Petersen a inspecté la mosquée du village et les voûtes adjacentes en 1994 et l'a décrite comme « un grand bâtiment rectangulaire ressemblant à un cube dressé sur une terrasse près du sommet de la crête sur laquelle il a été construit. L'entrée dans la mosquée s'effectue par une porte située au centre du mur nord. L'intérieur est divisé en deux longs segments à voûtes croisées reposant sur six grands piliers. Le mur ouest face à la mer est percé de quatre fenêtres. Le mihrab est situé au centre du mur sud et peut être vu à l'extérieur comme une projection rectangulaire. À l'ouest du mihrab se trouvent les restes d'un minbar (désormais détruit). Les sections inférieures du mur font environ . d'épaisseur, tandis que la partie supérieure des murs sud et nord est considérablement plus fine (). Bien que le bâtiment actuel ne semble pas être très ancien (fin du ou début du ), il semble incorporer une structure antérieure, apparente sur les murs extérieurs. Au sud de la mosquée se trouve une zone rectangulaire de ruines (environ sur ) contenant plusieurs salles voûtées. Trois d'entre elles sont toujours accessibles. L'une au nord, près de la mosquée, et deux au sud, près de la falaise de la carrière. Chaque voûte mesure environ de long ; l'une fait de large et l'autre de large. Une enquête plus intensive pourrait révéler un plan de base de cette structurePetersen, 2001, pp. 272-273. »
Restauration de la mosquée En 1999, l'Association Aqsa pour la préservation des lieux saints islamiques a pris l'initiative de restaurer la mosquée Al-Sarafand. En , alors que la restauration est sur le point d'être achevée, la mosquée est détruite dans la nuit par un bulldozer. L'auteur de cet acte n'a jamais été identifié. Les membres de l'association ont recouvert les ruines d'une grande tente et ont assuré une garde du site. L'enlèvement de la tente a été négocié avec les autorités israéliennes. Il était convenu que le site soit clôturé pour le protéger, mais cela n’a pas été le cas et les activistes ont alors construit une structure plus permanente. Celle-ci a été démolie par la police en , mais la mosquée en ruine continue d’être utilisée pour les prières du vendredi. Selon le rapport de la Commission Or, mise sur place pour faire la lumière sur les évènements d', au début de la Seconde Intifada au cours desquels 12 arabes israéliens sont morts, les autorités israéliennes n’ont pas accordé d'autorisation pour la reconstruction la mosquée après sa démolition; une décision qui a contribué à détériorer les relations entre les musulmans locaux et les autorités. Le rapport de la Commission Or affirme également que les organisations islamiques telles que l'association responsable de la reconstruction de la mosquée Al-Sarafand, peuvent utiliser des causes religieuses à des fins politiques. La commission souligne que ce type d'incidents constitue un facteur attisant les tensions entre la population musulmane israélienne et les autorités, et cite les incidents survenus lors de la reconstruction de la mosquée de Sarafand comme un exemple de l'évolution des dynamiques de la relation entre les musulmans et les autorités israéliennes.
Références
Bibliographie
Abu Shama (d.1267) (1969): Livre des deux jardins ("The Book of Two Gardens"). Recueil des historiens des croisades, Cité dans Petersen (2001).
(pp. 123, 100 124, 126)
MPF: Ipsirli and al-Tamimi (1982): The Muslim Pious Foundations and Real Estates in Palestine. Gazza, Al-Quds al-Sharif, Nablus and Ajlun Districts according to -Century Ottoman Tahrir Registers'', Organisation of Islamic Conference, Istanbul 1402/1982. Cité dans Petersen (2002).
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