Le traité sur le stationnement des forces soviétiques en Tchécoslovaquie est un traité conclu entre la République socialiste tchécoslovaque et l'Union soviétique le à Prague.
Ce traité s'inscrit dans le processus de normalisation en Tchécoslovaquie imposé par l'Union soviétique à la suite des évènements du Printemps de Prague et de l'invasion du pays par les forces militaires du pacte de Varsovie. Contexte historique
Les Soviétiques s'attachent à donner des bases juridiques internationales à leurs relations avec les autres États socialistes et aux relations entre ces États. En Europe, l'URSS signe des traités avec tous les États satellites d'Europe de l'Est. Avec la Tchécoslovaquie, Moscou signe un premier Traité d'amitié, d'assistance mutuelle et de coopération après-guerre dès 1943 avec Edvard Beneš, leader du gouvernement provisoire tchécoslovaque en exil. Ce traité est prolongé pour une durée de vingt ans par un protocole signé en 1963.
Le Printemps de Prague et l'invasion de la Tchécoslovaquie en par les forces de cinq pays du Pacte de Varsovie conduisent à un durcissement de la politique de Moscou à l'égard de ses États satellites d'Europe de l'Est. Élaborée dans ce contexte, la doctrine Brejnev part du principe que l'intérêt général des pays socialistes l'emporte sur le droit de chaque pays à choisir sa voie.
La normalisation en Tchécoslovaquie est menée sur les bases du protocole de Moscou signé le , moins d'une semaine après l'entrée des troupes du pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie. Jusqu'à cet évènement, les Soviétiques ne stationnent pas de façon permanente de forces en Tchécoslovaquie, alors qu'elles sont présentes en Hongrie, Pologne et RDA depuis la Seconde guerre mondiale. Les Soviétiques qui demeurent inquiets de l'évolution de la situation en Tchécoslovaquie décident d'y maintenir une partie de leurs troupes d'invasion. Moscou veut légaliser la présence de ses forces par la signature d'un traité.
Dans cet objectif, des pourparlers ont lieu à Moscou les 3 et entre les dirigeants de plus haut niveau des deux pays. Du côté soviétique, Brejnev, Kossyguine et Podgorny mènent les discussions. La délégation tchécoslovaque est conduite par Alexander Dubček qui est demeuré à son poste de Secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque, Oldřich Černík et Gustáv Husák. Le communiqué publié à l'issue de ces deux jours de discussions fait état de ce que l'Union soviétique et la Tchécoslovaquie et que .
Dans un article publié dans Le Monde, Michel Tatu considère que ce .
Signature et ratification La signature du traité a lieu à Prague le . Dans l'allocution qu'il prononce après sa signature, Kossyguine déclare d'une part que son but essentiel est de et d'autre part que . Cet accent mis sur la défense des intérêts de toute la communauté socialiste, principe de base de la doctrine Brejnev, constitue un nouveau rappel à l'adresse des dirigeants tchécoslovaques de l'interdiction qui leur est faite de s'écarter de l'orthodoxie communiste telle que définie par Moscou.
Le , le traité est ratifié, après l'approbation du gouvernement, par l'Assemblée nationale de la République socialiste de Tchécoslovaquie.
Ainsi le rideau tomba sur l'un des actes du drame qu'un communiqué du gouvernement tchécoslovaque, en date du , avait qualifié d'" acte d'agression perpétré pour la première fois dans l'histoire du mouvement communiste international par les armées alliées des pays socialistes contre un État dirigé par le parti communiste ".
Termes du traité
Le traité ne définit pas de limite de durée et ne contient pas de clause de révision à l'initiative des Tchécoslovaques. Il comporte un préambule et quinze articles.
Le préambule replace le traité dans le contexte des précédents accords intervenus entre les deux parties. Il rappelle d'abord que les deux pays se sont engagés lors de la conférence de Bratislava du à poursuivre leurs efforts . Il fait ensuite référence au traité d'amitié soviéto-tchécoslovaque du 12 décembre 1943. Enfin, le préambule fait référence aux accords intervenus durant les négociations qui ont eu lieu à Moscou du 23 au puis du 3 au .
L'article 1 stipule
L'article 1 précise aussi que .
Les autres articles du traité définissent les modalités du stationnement des forces soviétiques en Tchécoslovaquie.
Groupe Note « alpha »
Sources Références
Bibliographie
. .
Compléments Articles connexes Traités internationaux de la guerre froide Protocole de Moscou (1968) Traité d'amitié soviéto-tchécoslovaque (1970) Traité concernant les relations entre l'URSS et la RDA (1955)
Liens externes
publié sur le site .
Catégorie:Traité signé en 1968 Catégorie:Traité de la guerre froide Catégorie:1968 en Tchécoslovaquie Catégorie:1968 en Union soviétique Catégorie:Relations entre la Tchécoslovaquie et l'Union soviétique Catégorie:Traité signé par la Tchécoslovaquie Catégorie:Traité signé par l'Union soviétique Catégorie:Traité signé à Prague