Taha Bouhafs , né le à Aïn Beïda (Algérie), est un journaliste et militant franco-algérien d'extrême gauche.

Il participe à plusieurs mobilisations sociales à partir de 2016, notamment en tant que militant au sein du comité Adama, puis est candidat aux élections législatives de 2017 sous l’étiquette La France insoumise (LFI). Il est l'auteur de la vidéo à l'origine de l'affaire Benalla en 2018. En tant que reporter, il couvre différents mouvements protestataires pour Là-bas si j'y suis puis pour Le Média et Blast.

Il est décrit par ses contradicteurs comme un ou un . Il est condamné en 2021 pour à l'encontre de la policière Linda Kebbab, condamnation confirmée en appel puis en cassation.

En 2022, il est publiquement accusé de harcèlement et de violences sexuelles, mais sans qu'aucune plainte ne soit déposée contre lui. Ces accusations l'empêchent d'être candidat aux élections législatives pour la France insoumise.

En 2023, une femme ayant accusé Taha Bouhafs de violences sexuelles auprès du comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise se rétracte, et l'autre accusatrice anonyme refuse de témoigner. Dans ce contexte, la France insoumise met un terme à la procédure à l'encontre de Taha Bouhafs et annonce être prête à le réintégrer. Taha Bouhafs indique ne pas vouloir réintégrer LFI.

Biographie

Taha Bouhafs naît à Aïn Beïda en Algérie. le et arrive en France à l'âge de quatre ans, en 2001. Sa famille s'installe à Échirolles, dans l'Isère. Ses parents, qui étaient professeurs en Algérie, sont pauvres et ne trouvent pas d'emploi stable en France.. Ses deux grands-pères, berbères, sont des anciens combattants du Front de libération nationale (FLN) lors de la guerre d'indépendance..

En , son père Zaim est élu au conseil municipal d'Échirolles, puis devient adjoint au maire (PCF) Renzo Sulli. Il milite à La France insoumise de 2016 à 2019..

S’orientant vers un baccalauréat professionnel en électronique, Taha Bouhafs arrête l'école dès la seconde, à l'âge de seize ans. Il enchaîne alors les petits postes..

Militantisme

Participation à des mouvements sociaux Taha Bouhafs rapporte dans un entretien publié en 2019 qu'au moment des révoltes urbaines de 2005, âgé de huit ans, il décide , affirmant : .

S'engageant jeune en politique, il la découvre , selon ses propres mots. Il milite d'abord pour la cause palestinienne. Puis, en 2016, il s'engage dans le mouvement d'opposition contre la loi Travail. La même année, il découvre Nuit debout, et au sein de ce mouvement le féminisme et l'écologisme. La plupart des autres participants , il crée une commission à Grenoble. En 2019, il est proche de Youcef Brakni du comité Adama et de Madjid Messaoudene, conseiller municipal de Saint-Denis.

Taha Bouhafs quitte sa famille durant le premier semestre de l'année 2018 pour s'installer à Paris et participer au mouvement universitaire en cours contre la loi sur l'accès à l'université. Il se rend très actif sur les réseaux sociaux., filmant toutes les mobilisations auquel il se rend. : mouvements étudiant et cheminot de 2018, révolte des quartiers nantais après le décès d'Aboubacar Fofana, tué par un CRS. Il diffuse son travail sur Twitter, pour , et donner une vision opposée à la reprise par les médias mainstream..

Durant le mouvement étudiant du campus de la rue de Tolbiac en , il est au centre d'une polémique, en diffusant une fausse information annonçant le décès d'un étudiant après une intervention des forces de l'ordre. Le , place de la Contrescarpe à Paris, Taha Bouhafs filme avec son téléphone Alexandre Benalla, adjoint au chef de cabinet du président de la République Emmanuel Macron, étranglant puis frappant à terre deux manifestants. Il poste sa vidéo sur Twitter., sans savoir qui est l'homme qu'il filme. Au mois de juillet, une journaliste du Monde, Ariane Chemin, reconnaît le chef de cabinet sur les vidéos, la publication de son article est alors à l'origine de l'affaire Benalla...

Pourtant sceptique au début, il appelle les quartiers populaires à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes en avec le collectif Vérité pour Adama, ainsi que la mise en place d'une grève générale. Il souhaite une convergence des luttes entre banlieues et milieux ruraux, tout en évitant une récupération par l'extrême droite.

Parcours au sein de La France insoumise La première campagne électorale à laquelle participe Taha Bouhafs est l'élection présidentielle de 2017, où il milite pour le candidat de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon. Il rencontre à cette occasion plusieurs cadres du parti, notamment les futurs députés Danièle Obono et Éric Coquerel. En , à l'âge de vingt ans, il se présente sous l'étiquette de LFI aux élections législatives dans la deuxième circonscription de l'Isère : il obtient , soit 11,1 % des suffrages, et est éliminé au premier tour...

Il quitte LFI dans les deux années qui suivent ; en , interrogé, il déclare s'être éloigné du parti. Le , au colloque de rentrée du parti , le philosophe Henri Peña-Ruiz déclare : .. Taha Bouhafs relaye alors sur Twitter une citation tronquée des propos de Peña-Ruiz . Aux AmFis, un cadre Insoumis, Benoît Schneckenburger, l'interpelle sèchement en lui reprochant ce tweet, le ton monte et le service d'ordre doit intervenir. Taha Bouhafs dénonce une , tandis que les dirigeants du parti parlent d'une , d'une regrettable..

Taha Bouhafs confirme alors sa prise de distance à l'égard de La France insoumise en ces termes : Libération relève qu'il ne faisait pas l'unanimité dans le mouvement, suscitant la désapprobation de nombreux dirigeants.

Taha Bouhafs est progressivement réintégré au sein de LFI (La France insoumise), où il bénéficie du soutien d'Éric Coquerel et de Jean-Luc Mélenchon.. Le , il officialise sa candidature aux élections législatives dans la quatorzième circonscription du Rhône, dans le cadre de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). Jean-Luc Mélenchon y a obtenu 49 % des suffrages au premier tour de la présidentielle... Sa candidature génère rapidement une polémique nationale, liée aux polémiques dans lesquelles il est impliqué et à sa condamnation passée pour injures raciales. Il est en outre victime de nombreuses injures racistes. Face à lui, les partis d’extrême droite investissent deux policiers : le CRS Damien Monchau pour le Rassemblement national, et le secrétaire national du syndicat France Police – Policiers en Colère, Bruno Attal, pour le parti Reconquête d'Éric Zemmour. Sa candidature crée également une tension au sein de la NUPES, la maire communiste de Vénissieux Michèle Picard maintenant sa candidature face à lui. avec le soutien du secrétaire national du PCF Fabien Roussel, qui refuse la candidature d'un homme .

En interne, LFI confronte Taha Bouhafs après avoir reçu deux témoignages l'accusant de harcèlement sexuel et de violences sexuelles le . Parallèlement, le parti soutient publiquement Taha Bouhafs jusqu’à ce que ce dernier retire sa candidature le 2022, ce qu’il justifie par le fait qu’il soit victime d'une , déclarant avoir .. Les témoignages sont révélés publiquement le . La NUPES investit Idir Boumertit, le quatrième adjoint de Michèle Picard, en lieu et place de Taha Bouhafs, malgré la dissidence du PCF.. Celui-ci est finalement élu député.

En 2023, une accusatrice de Taha Bouhafs se rétractant, et l'autre refusant de témoigner, la France insoumise annonce être prête à réintégrer Taha Bouhafs, qui refuse.

Engagement dans les mouvements antiracistes Engagé dans les mouvements antiracistes et contre les violences policières, Taha Bouhafs est membre du comité Vérité pour Adama d'Assa Traoré, né après la mort d'Adama Traoré lors d'une interpellation policière en 2016.

Après plusieurs polémiques sur le hijab et une attaque contre la mosquée de Bayonne, il lance, avec Madjid Messaoudene et plusieurs organisations et partis, soit le Comité Adama, le Collectif contre l'islamophobie en France, le Nouveau Parti anticapitaliste, l'Union communiste libertaire), un appel à une « Marche contre l'islamophobie » le à Paris, qui fait controverse jusqu'à gauche en raison de liens entre certains organisateurs et l'islamisme...

Taha Bouhafs est accusé de défendre un antiracisme communautariste ; selon Hadrien Mathoux de Marianne, il aurait tenu des propos agressifs envers les Hadrien Mathoux, « Psychodrame sur “l’islamophobie” à l’université d’été de LFI : Henri Peña-Ruiz injustement ciblé », marianne.net, 26 août 2019.Hadrien Mathoux, « Drague des écolos, municipalisme, polémique sur l'islamophobie : on était aux amphis d'été de la France insoumise », marianne.net, 26 août 2019..

Journalisme Affaire Benalla (2018) Taha Bouhafs assiste et filme la scène qui permettra d'identifier Alexandre Benalla et qui marque le début de l'affaire Benalla ; il la diffuse le jour même cette vidéo sur les réseaux sociaux... Elle est alors visionnée quelques dizaines de milliers de fois. Il publie ensuite le des photos d'Alexandre Benalla dans d'autres manifestations en émettant l'hypothèse qu'il s'agit d'un policier.. On voit sur la vidéo des CRS qui maintiennent au sol un jeune homme. Vincent Crase est à côté d'eux. Alexandre Benalla arrive alors dans le champ de la vidéo, il relève le jeune homme et le frappe « à plusieurs reprises » .. Son pied heurte le ventre du manifestant (ou le thorax, selon certains médias) sans qu'il soit possible, selon Europe 1, de déterminer si cela est volontaire (sur ces images, ni brassard ni talkie-walkie ne sont visibles). C'est cette vidéo dont les services de l'État ont eu connaissance les et . Cette vidéo est alors peu relayée par les médias. Elle est toutefois transmise par voie anonyme le , à , sur une plateforme de signalement de l'IGPN. Elle est visionnée par trois agents du service d'inspection, lesquels ne jugent cependant pas nécessaire d'y donner suite.. Selon Éric Morvan, directeur général de la Police nationale, cette vidéo est prise sous un angle ne permettant pas de mettre en évidence des violences avérées. Pour la directrice de l'IGPN, Marie-France Monéger-Guyimarc'h, la vidéo ne fait pas apparaître de violences illégitimes (bien qu'il soit noté des gestes ), partant de l'hypothèse que les actes sont effectués par un représentant des forces de l'ordre (ce que n'est pas Alexandre Benalla).

Reporter pour Là-bas si j'y suis Bouhafs est embauché par Là-bas si j'y suis en , un site web d'information dirigé par Daniel Mermet.. Reporter., il suit et filme avec son téléphone manifestations et protestations des quartiers populaires., de Gilets jaunes, d'étudiants, de syndicalistes ou d'Algériens anti-Bouteflika. En , il compte environ publiées sur le compte Twitter de Là-bas si j'y suis, qui atteignent parfois le million de vues. Il signe aussi des enquêtes, dont l'une mettant en cause le conseiller du président Ismaël Emelien à propos de sa gestion de la cellule de riposte de l'Élysée durant l'affaire Benalla.

En , deux jeunes de moins de vingt ans meurent à l'issue d'une course-poursuite avec la police à Grenoble. Taha Bouhafs couvre les nuits d'émeutes qui suivent. Un mois après, il est poursuivi pour , après avoir déclaré sur le réseau que .. Il est aussi accusé par le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure de :

En , il est recruté par Le MédiaMaurice Midena, Le féminisme du "Média" contredit par sa gestion (de crise), arretsurimages.net, 26 janvier 2022...

Arrestation de juin 2019