Lart d'Urartu est un art relatif à l'histoire et à une région de l'Orient antique.
L'art du royaume d'Urartu a connu une influence très importante des artistes et artisans de la région voisine, l'Assyrie, principale puissance à l'époque de son épanouissement. L'apogée de l'art d'Urartu a été atteinte au Sont parvenus jusqu'à nous, datant de cette époque, des statuettes en bronze, des bijoux, des armes et d'autres objets de facture artisanale.
Généralités
La science dispose de relativement peu d'objets d'art du royaume d'Urartu. À la différence d'autres États du monde antique l'ensemble des objets d'art du royaume d'Urartu découverts peuvent être étudiés par un seul chercheur. L'art d'Urartu s'est réalisé sous une forte influence de sa voisine l'Assyrie et malgré les différences de style évidentes, pendant longtemps, cet art a été considéré comme une simple subdivision de l'art assyrien. Comme ce dernier, l'art d'Urartu était conçu comme un mode de glorification du roi et de l'état en impressionnant par sa richesse et sa splendeur . Les scientifiques et les historiens d'art remarquent les caractéristiques suivantes à propos de l'art d'Uratu : 1) l'observation de canons esthétiques est plus prononcée que dans d'autres cultures de l'antiquité en Orient; 2) la préférence y est donnée aux ornements, plutôt qu'à des scènes de la vie quotidienne ; 3) la tendance à copier des modèles anciens existant plutôt que d'améliorer des créations ultérieures. C'est ainsi que le style des artisans d'Uratu est resté inchangé durant plusieurs siècles et par conséquent s'est progressivement de plus en plus simplifié et primitivisé.
Histoire de l'étude de l'art d'Urartu
Au , l'intérêt des Européens pour les antiquités du Proche-Orient a inspiré les archéologues qui en ont rempli les musées européens. Cependant, à cette époque, l'existence d'Urartu n'avait pas encore été découverte par la science, et les ruines de Tushpa et Toprakkale en Turquie, à Van, étaient considérées comme les traces d'une lointaine province d'Assyrie présentant peu d'intérêt. Les découvertes lors des fouilles de Ninive, par Austen Henry Layard en Irak, ont éclipsé les découvertes le long des rives du lac de Van. Pendant longtemps les recherches des antiquités d'Urartu ont intéressé davantage les « chercheurs de trésors » que les archéologues.
C'est ainsi que dans le courant du , les musées européens (British Museum, musée du Louvre, musée de l'Ermitage et d'autres) ont commencé à présenter des objets d'art d'Urartu fournis par les collectionneurs privés. Cependant, au début, le niveau trop peu élevé des recherches, le manque de fouilles sur les sites d'Urartu, ont amené les historiens à classer les antiquités urartes comme étant d'origine assyrienne, ou encore sassanides. Ce n'est qu'au milieu du , quand les recherches sur Urartu ont progressé considérablement et que l'écriture cunéiforme a été déchiffrée que les objets d'art trouvés sur les sites archéologiques ont pu être classés correctement. Les fouilles systématiques des anciennes villes d'Urartu, Teishebani et Erebouni, réalisées durant l'époque soviétique sur le territoire de l'Arménie ont été particulièrement fructueuses et ont contribué à l'étude l'art de l'Urartu.
Catégories d'objets d'art d'Urartu
Statuettes de bronze Les artisans d'Urartu pouvaient réaliser des statues en bronze de belles dimensions. Ainsi lors du pillage de Musasir en Assyrie ils ont emporté des statues en bronze des rois d'Urartu et celle d', d'une masse de 60 talents (environ ). Cependant aucune œuvre en bronze ne nous est parvenue de taille comparable ou même des parties d'œuvres.
Les sculptures de bronze ont été réalisées au moyen d'un modèle de cire, puis ciselées ou recouvertes d'or .
Les petites statuettes de bronze d'Urartu peuvent être divisées en trois groupes : les ornements du trône de rois de la Liste des rois d'Urartu, les ornements de cuivre de chaudrons et de rares statuettes représentant des dieux. Pratiquement toutes les statuettes sont de l'art appliqué, des objets utilitaires luxueux de courtisans. Le trône des rois d'Urartu À la fin du , les chasseurs de trésors ont vendu aux musées européens plusieurs petites parties de bronze qui à l'examen se sont avérés être des parties d'un même trône, celui des rois de la liste des rois d'Urartu.
Les parties conservées de ce trône étaient toutes en bronze (par coulage et cire fondue). Cette technique implique que chaque pièce doit être créée séparément puis enveloppée dans un moule réfractaire et remplie de cire fondue. Le métal est versé dans le moule, la cire fond et le moule réfractaire conserve les formes prévues par l'artisan. Chaque pièce est fabriquée séparément et n'est jamais absolument identique à une autre. La pièce obtenue est ensuite dorée par l'application de minces couches de feuilles d'or.
+ Fragments en bronze; trône; Liste des rois d'Urartu Fragments rassemblés par les habitants de la région de Van à la fin du et vendus à divers musées européens entre 1877 et 1885. Les fragments du trône se sont retrouvés au British Museum, au musée de l'Ermitage, au musée du Louvre, au Metropolitan Museum of Art à New York et dans des collections privées à Paris et à Bruxelles.Figurines en bronze, parties du trône conservé à Saint-Pétersbourg au musée de l'Ermitage, Russie. Les figurines en bronze ont conservé des traces de dorure. Les visages des bêtes sauvages et de la divinité sa trouvant à droite étaient en pierre, probablement incrustés de pierres précieuses, de sorte que tous les visages ont été brisés et non conservés. Les parties symétriques supérieures du trône : à gauche, partie provenant de l'Ermitage, à droite une partie provenant du British Museum. Sur base des similitudes, les scientifiques ont pu déterminer qu'il s'agissait du même objet. En outre, les figurines ont comme caractéristiques des rainures conçues pour fixer la partie horizontale et verticale. Chaque élément a été marqué de signes hiéroglyphes correspondants.
Vaisselle décorée Les figurines en bronze qui décorent les chaudrons sont parmi les objets les plus nombreux d'Urartu à avoir été conservés. Selon les scientifiques ce sont eux qui ont permis à l'origine d'identifier le style Urartu dans les ustensiles trouvés au .
Les chaudrons en cuivre décorés, semblent être principalement servir pour les sacrifices rituels. Les annales assyriennes du roi , par exemple, mentionnent un tel récipient remplis de vin lors de libations destinées au dieu Haldi. Les figurines accolées aux chaudrons ont été réalisées séparément, puis fixées sur eux.
Parmi ces figurines décoratives de chaudrons on voit des têtes de taureaux et aussi des divinités ailées plus souvent féminines que masculines. Une hypothèse a été émise suivant laquelle ces divinités représentaient le dieu Chivini et son épouse la déesse Tushpuea. La technique de moulage des pièces de bronze des chaudrons provient en Urartu des pays voisins d'Asie Mineure, en particulier de Phrygie, et est une forme d'art du Proche-Orient qui a pénétré par la suite en Europe. On a trouvé des décorations de chaudrons en Grèce, en Italie, à Rhodes, Athènes, en Béotie, à Delphes, à Olympie, en dans les tombes d'Etrurie. Au début des recherches, de nombreux ornements d'Urartu ont été classés par les chercheurs comme des objets antiques en général, mais depuis le milieu du , après un examen détaillé, ils sont classés comme spécifiquement originaires de l'art d'Urartu. Les scientifiques ont même noté que des figures de bronze d'Urartu utilisées sur des chaudrons avaient été utilisées par d'autres peuples pour décorer leurs bateaux.
Les tasses et les plats étaient plus souvent décorés de scènes de batailles, d'images de cavaliers et de chars.
+ Échantillons de décoration de chaudrons en cuivre.Conservés au Musée des civilisations anatoliennes à Ankara.À gauche, un chaudron avec des figures de taureaux, découvert dans le raïon de Vana. Au-dessus, un chaudron découvert dans des fouilles en Phrygie en Turquie occidentale, mais qui est classé malgré tout parmi les découvertes dans l'art Urartu. Cette figurine qui décore le chaudron est probablement une représentation du dieu d'Urartu du soleil appelé Chivini.
Statues de dieux À la fin du ont été découvertes trois statuettes de bronze représentant des dieux de la liste des dieux d'Urartu. Il semble que les divinités n'étaient représentées en bronze que pour servir dans les cérémonies religieuses. Une des statuettes est sans doute le dieu Haldi, conservé au British Museum, les deux autres au musée d'histoire de l'Arménie (une copie se trouve au musée Erebouni). + Statuettes de bronze des divinités d'Urartuconservées au musée d'histoire de l'Arménie (copie au musée Erebouni)) à Erevan. À gauche : Statuette du dieu d'Urartu de la guerre Teisheba. Elle a été découverte en 1941 dans les fouilles de Karmir-Blour dans les ruines de la forteresse de Teishebani, appelée par ce nom en l'honneur de ce dieu.À droite: Statuette de la déesse Arubani, épouse du dieu Haldi achetée à plusieurs reprises par des collectionneurs particuliers d'antiquités avant de rentrer dans les collections du musée d'histoire de l'Arménie en 1936. Il est possible que cette statuette ait été découverte sur les berges du lac de Van. Armes Il existe une catégorie distincte de l'art d'Urartu qui concerne les armes ayant appartenu à des rois d'Urartu. Ces armes d'apparat comprennent des casques de combat, des épées, des carquois, des boucliers et des cottes de mailles. Sur ces armes sont représentés des motifs typiques du Moyen-Orient : lions et taureaux, serpents, divinités ailées, vénération de l'arbre de vie. Casques Les scientifiques ne connaissent suffisamment à propos des casques de combat que depuis les fouilles de Teishebani où ils en ont découvert plus d'une vingtaine. Les casques d'apparat ne se différencient guère des casques de combats de guerriers d'Urartu que parce qu'ils sont décorés artistiquement. + Casque de combat d'apparat;Liste des rois d'Urartu;Découverts lors des fouilles de la ville de Teishebani sur la colline de Karmir Blur. Ils sont conservés au Musée d'histoire de l'Arménie à Erevan L'inscription sur le casque dit: Au dieu Haldi, seigneur, ce casque de , fils d', est consacré pour toute la vieTraduction de Boris Piotrovski du livre: B. Piotrovski. Karmir-Blur II, Résultats des fouilles 1949—1950, Édition АН Arménie URS, Erevan, 1952. Fragment sur un casque avec le motif de l'Arbre de vie. Boucliers Les scientifiques disposent de plusieurs boucliers d'apparat en bronze. Tous ces boucliers d'apparat étaient décorés de cercles concentriques garnis de lions et de taureaux. De tels boucliers n'étaient pas prévus pour les combats : l'épaisseur de la plaque de bronze, la nature des attaches à l'arrière indiquent qu'ils étaient utilisés pour les offrandes (par exemple dans les temples), où ils étaient suspendus aux murs. Le diamètre de ces boucliers variait de à un mètre. Les images étaient étampées sur la surface du bouclier puis décapées avec plusieurs outils. La composition des figures est organisée de telle manière qu'aucune de celles-ci ne semble être à l'envers. Plusieurs de ces boucliers ont été découverts dans le raïon de Van, d'où ils se sont retrouvés ensuite au British Museum et dans des musées de Berlin. 14 de ceux-ci ont été découverts lors de fouilles à Teishebani sur la colline de Karmir-Blour.
On sait également qu'il existe des boucliers d'Urartu en or qui n'ont pas été conservé. En Assyrie, le tsar , décrivant la richesse des objets du pillage de Musasir, dit qu'il comprenait six boucliers en or d'Urartu qui pesaient chacun .