Ahmad Badreddin Hassoun, né le à Alep, est un homme politique et religieux syrien. De 2005 à 2021, il est le grand Mufti de Syrie.
Fervent défenseur de Bachar el-Assad, il participe tout d'abord au dialogue interconfessionnel avant de cesser d'être invité par diverses organisations, notamment à la suite de sa menace de déclencher des attentats terroristes en Europe, proférée en 2011.
Alors qu'il tombe dans la clandestinité après la chute du régime Assad en , il est arrêté en alors qu'il tente de quitter le pays. Jugé à Damas, il est condamné à la prison à vie le .
Biographie Ahmad Badreddin Hassoun naît à Alep, en Syrie. Son père, Muhammad Adeeb Hassoun, était également un cheikh. Il a cinq enfants et dix petits-enfants. Ahmad Badreddin Hassoun a étudié à l'Université des études islamiques, où il a obtenu son diplôme de docteur.
Il est député de l'Assemblée du peuple de 1990 à 1998..
Il prend ses fonctions de Grand Mufti de Syrie en après la mort d'Ahmed Kuftaro.
Sariya, le fils de Hassoun, âgé de 22 ans, est assassiné le dans une embuscade sur la route reliant Idleb à Alep.
En 2021, sa fonction de Grand Mufti est supprimée par Bachar el-Assad. Selon RFI : Syrie: l'ancien grand mufti Ahmed Badreddine Hassoun, proche de Bachar el-Assad, condamné à la prison à perpétuité, RFI, 24 août 2026..
Dialogue interconfessionnel Ahmad Badreddin Hassoun participe tout d'abord régulièrement à des événements interreligieux et interculturels et ses vues pluralistes sur le dialogue interconfessionnel (entre différentes religions ou entre différentes confessions islamiques) ont suscité les critiques d'une vision plus stricte de l'islam. Le , il rencontre le ministre des Affaires étrangères arménien pour discuter des relations entre les deux nations, et les religions, entre autres questions. Dans le même voyage, il rencontre également le Catholicos de tous les Arméniens, chef de l'Église apostolique arménienne.
Le , Ahmad Badreddin Hassoun s'adresse au Parlement européen sur le thème du dialogue interculturel, en soulignant la valeur unificatrice de la culture plutôt que divisante, dans le cadre d'une série de visites d'éminents leaders religieux et culturels en 2008, proclamée Année européenne du dialogue interculturel. Il déclare : , donc ; plus tard, il ajoute qu'il est mauvais d'utiliser la religion pour justifier le meurtre.
Guerre civile syrienne Ahmad Badreddin Hassoun est considéré comme un fervent partisan du président syrien Bachar el-Assad.
Menace d'attentats suicides Dans une allocution publique diffusée sur Syrian News Channel et postée sur Internet le , Ahmad Badreddin Hassoun menace d’activer des kamikazes en Europe et aux États-Unis si la Syrie est attaquée par des puissances extérieures, affirmant que : . Hassoun ajoute : .
À la suite de la retransmission de ce discours, la Fondation pour la paix au Moyen-Orient retire son invitation à Ahmad Baddredin Hassoun qui devait prendre la parole lors de la conférence « Coexistence et dialogue ». Le président de la fondation, Philip Wilcox, déclare : « Nous n'étions pas au courant de son discours, qui est en contradiction avec le thème de l'événement. »
Sa rencontre en 2016 avec des députés français, parmi lesquels François Fillon, Thierry Mariani, Valérie Boyer, Michel Voisin et Nicolas Dhuicq, fait polémique, notamment en raison de sa menace d'attentats visant l'Europe.
Exécutions de prisonniers En 2016, Amnesty International écrit dans son rapport qu'Ahmad Baddredin Hassoun est l'un des trois hommes habilités par le président syrien Bachar el-Assad à signer les mandats d'exécution prononcés par milliers contre les prisonniers de la prison de Saidnaya, décrite comme un « centre d'extermination » ou un « abattoir humain » par l'ONG .
Arrestation et procès Il tombe dans la clandestinité et se retrouve recherché après la chute du régime Assad en . En , il est repéré dans la région d'Alep.. Faisant face à la foule qui lui reproche sa collaboration avec le régime, il nie être le et affirme avoir été arrêté trois fois sous le régime Assad..
Le , il est arrêté à l'aéroport international de Damas alors qu'il tente de quitter le pays pour subir une intervention chirurgicale à Oman via une escale en Jordanie. Son passeport a été tamponné avant son arrestation.. Il fait alors l'objet d'un mandat d'arrêt émis par le ministère public..
Ahmed Hassoun est alors déféré devant un tribunal syrien, jugé avec deux autres hauts responsables durant la présidence de Bachar el-Assad, Atef Najib et Wassim el-Assad, désignés comme responsables d'exactions, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Le , la justice syrienne le condamne à l'emprisonnement à perpétuité pour . Références
Voir aussi Prison de Saidnaya
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