L’élection présidentielle croate de 2019-2020 () se tient les et afin d'élire le président de la république de Croatie pour un mandat de cinq ans.
La présidente sortante Kolinda Grabar-Kitarović, élue en 2015, brigue un second mandat et bénéficie du soutien de l'Union démocratique croate (HDZ), dont elle a fait partie jusqu'à son accession à la présidence.
À l'issue du premier tour, marqué par une faible participation , l'ancien Premier ministre social-démocrate Zoran Milanović vire en tête, devant la cheffe de l'État : tous deux se qualifient pour le second tour, deux semaines plus tard. La droite radicale réalise une percée à l'occasion de ce scrutin, le national-populiste Miroslav Škoro talonnant la présidente sortante avec près d'un quart des suffrages exprimés. Milanović l'emporte deux semaines plus tard avec 52,7 % des suffrages exprimés et 55 % de participation, en baisse sensible par rapport à l’élection précédente.
Contexte Comme d’autres pays des Balkans, la Croatie est confrontée à une importante émigration, notamment depuis son adhésion à l’Union européenne, en 2013. La situation économique et sociale, ainsi que le niveau élevé de corruption dans le pays sont avancés pour expliquer ce phénomène..
La Croatie est également au cœur de la crise migratoire en Europe, étant un point de passage des migrants. Le premier tour de scrutin intervient quelques jours avant le début de la présidence croate du Conseil de l'Union européenne..
Système électoral Le président de la république de Croatie est élu directement par les citoyens selon une forme modifiée du scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Pour l’emporter dès le premier tour, un candidat doit réunir la majorité absolue de la totalité des votants, y compris les votes blancs et nuls. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu. Tout président élu doit immédiatement résilier son appartenance à un parti politique, s'il en avait une, et le notifier au Parlement. Officiellement, les présidents sortants sont ainsi nécessairement sans étiquette..
Le scrutin se tient dans les trente à soixante jours précédant l'expiration du mandat du chef de l’État sortant. Si un second tour est nécessaire, il est organisé quatorze jours après le premier. En cas de désistement d'un candidat qualifié pour le second tour, le candidat arrivé après lui au premier prend sa place.
Pour participer au scrutin, un candidat à la présidence doit réunir les signatures de soutien d'au moins inscrits sur les listes électorales, et ce dans les douze jours suivant l'officialisation de sa candidature. Les électeurs ne peuvent apporter leur soutien qu'à un seul candidat par élection présidentielle. Les soutiens sont vérifiés par la commission électorale à l'expiration du délai de douze jours pour chacun des candidats déclarés..
Campagne Les trois favoris du scrutin affichent leur patriotisme en revendiquant l’héritage du premier président du pays, Franjo Tuđman.
Dans un premier temps, Kolinda Grabar-Kitarović est donnée largement en tête, bénéficiant d'une cote de popularité plus élevée que celle de son parti d’origine, l’Union démocratique croate (HDZ).. Elle voit cependant les intentions de vote en sa faveur diminuer de façon continue, sa campagne étant marquée par une certaine improvisation et plusieurs « gaffes », et surtout par la concurrence du candidat soutenu par la droite radicale, Miroslav Škoro, chanteur connu depuis les années 1990 pour ses titres patriotiques.. Celui-ci promet d’avoir recours à l’armée pour empêcher les migrants en provenance du Moyen-Orient, d’Afrique ou d’Asie de passer la frontière croate via la Bosnie-Herzégovine.. Il souhaite également gracier Tomislav Mercep, condamné pour crimes de guerre lors de la guerre de 1990-1995.. Kolinda Grabar-Kitarović salue de son côté Slobodan Praljak, qui s’est suicidé après avoir été condamné pour crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
L’ancien Premier ministre Zoran Milanović, dont le passage à la tête du gouvernement avait déçu sur le plan économique et en matière de lutte contre la corruption , promet de faire de la Croatie un « pays normal » sur le plan judiciaire et sur le plan du respect des minorités. La campagne aborde par ailleurs relativement peu les sujets économiques.
Résultats Au niveau national +Résultats de la présidentielle croate de 2019-2020.Candidats PartisPremier tourSecond tour Voix % Voix %Zoran MilanovićSDP 29,55 52,66 Kolinda Grabar-Kitarović Indépendante 26,65 47,34Miroslav ŠkoroIndépendant 24,45 Mislav KolakušićIndépendant 5,88 Indépendant 4,61 Indépendante 2,90 2,31 Katarina Peović 1,12Dejan KovačHSLS 0,95 0,21 Nedjeljko Babić 0,16 Votes blancs, nuls et autres 1,20 Votes valides 98,83 95,65Votes blancs, nuls et autres 1,20 4,35 Total 100 100 Abstention 48,92 45,01 Inscrits / participation 51,18 54,99
Représentation des résultats du second tour : Zoran Milanović(52,66 %) Kolinda Grabar-Kitarović (47,34 %) ▲ Majorité absolue
Cartes Premier tour Les résultats de Miroslav Škoro sont représentés en violet dans les cartes ci-dessous pour une meilleure visibilité.
Second tour
Analyse
Un sondage de sortie des urnes effectué par l'institut Ipsos Puls après le premier tour indique les préférences suivantes :
+ Analyse sociologique du premier tour. Groupe Milanović Grabar-Kitarović ŠkoroTotal des voix 29,9 27,0 24,8 SexeHomme 27,2 24,7 26,5Femme 30,3 24,4 23,2 Age18–29 15,8 18,2 31,930–44 24,8 20,3 24,245–59 28,3 26,7 25,760+ 40,5 29,6 19,8 Niveau d'étudePrimaire 21,4 40,1 26,9Secondaire 28,4 24,3 27,2Universitaire 31,8 19,9 20,0 Parti politique.HDZ 3,1 63,0 26,8SDP 77,2 1,8 6,4 Le Pont 9,4 5,6 45,4ZZ 8,5 1,5 24,9BM 365 12,5 18,1 36,5Autres 12,0 5,8 38,8
Conséquences Pour la deuxième fois, et de manière consécutive, le chef de l'État sortant n'est pas reconduit pour un second mandat, Kolinda Grabar-Kitarović ayant elle-même battue Ivo Josipović au second tour cinq ans plus tôt. La candidate échoue ainsi à rallier les électeurs de Miroslav Škoro malgré une campagne axée sur son nationalisme. L'échec de la candidate soutenue par l'Union démocratique croate est jugé susceptible de fragiliser la coalition au pouvoir en vue des élections législatives prévues à l'automne..
Zoran Milanović prend ses fonctions le , devenant le cinquième président croate depuis l'indépendance en 1991.
Notes et références Notes
Références
2019-2020 Croatie Croatie Catégorie:2019 en Croatie Catégorie:2020 en Croatie Catégorie:Politique en décembre 2019 Catégorie:Politique en janvier 2020 Croatie Croatie