La création des paroisses de Paris a suivi le développement de la ville. Avant 1790, les frontières de certaines d'entre elles, particulièrement les plus anciennes dans les quartiers centraux, correspondaient aux limites de fiefs ecclésiastiques.

Les origines À Paris, comme dans la plupart des villes, la vie religieuse était concentrée sur la cathédrale et son baptistère où les fidèles devaient se rendre, les autres lieux de culte n'ayant pas de caractère paroissial. Le mouvement de fondation de paroisses, freiné par conservatisme ou par le souci de ne pas diviser les revenus ne prend naissance qu'au .

Les quatorze paroisses de la Cité Le siège épiscopal établi après 857 dans l’église Saint-Étienne après les dégradations de Notre-Dame lors des invasions normandes se fixe dans celle-ci après sa reconstruction.

Dans l’île de la Cité, à l’intérieur de l’ancienne enceinte gallo-romaine dont il restait des vestiges, il n’existait à la fin du qu’une seule paroisse, celle de la première cathédrale Notre-Dame à l’ouest de l’ancienne église Saint-Étienne, premier siège épiscopal, édifiée au à la place d’un temple païen. Les minuscules paroisses de la Cité se sont constituées au cours du à partir des nombreux oratoires, la plupart d’origine mérovingienne, qui dépendaient de divers établissements et s’élevaient dans les enclos qui parsemaient l’île. Ces paroisses ont pris la succession de l’église mère lors de la construction de la nouvelle cathédrale. La plus ancienne attestée est Sainte-Geneviève la Petite. Leur délimitation et l’organisation d’ensemble sont principalement l’œuvre de l’évêque Maurice de Sully et s’achèvent en 1183 par la fondation de l’église paroissiale Sainte-Madeleine de la Cité entre les paroisses Saint-Martial et Saint-Pierre aux Bœufs, à la suite de la consécration en 1182 du maître-autel dans l’abside achevée.

Rive droite Les deux plus anciennes paroisses de la rive droite à partir de sanctuaires sur des monceaux insubmersibles sont Saint-Gervais puis Saint-Germain l’Auxerrois. Saint-Gervais est le premier lieu de culte parisien hors de la Cité, fondé entre 387 et 576 à côté d’un cimetière gallo-romain à proximité du vieux pont romain et de l’embranchement des voies romaines vers Senlis (actuelle rue Saint-Martin) et vers Sens, et du centre commerçant du marché de Grève attesté à la fin du qui devient un quartier. La paroisse dont la fondation date probablement de la seconde moitié du est la plus ancienne de Paris en dehors de celle de la première cathédrale. Saint-Germain l’Auxerrois était le centre de la paroisse fondée à la fin du du bourg autour de l’église dont l’existence est attestée vers 656 à l’origine d’une collégiale. La très vaste circonscription de cette «fille de l’évêque» s’étendait sur le territoire de la censive de l’évêque au nord de la Seine de la rue Saint-Denis jusqu’en bas des collines de Montmartre et de Chailot. Trois autres paroisses dont la fondation paraît dater de la fin du étaient également au centre de bourgs situés sur des monceaux non inondables. Saint-Laurent qui était une paroisse suburbaine assez éloignée, Saint-Merry et Saint-Jacques de la Boucherie, celle-ci comportant une extension jusqu’à la rue de la Pelleterie dans la Cité à un emplacement extérieur au rempart gallo-romain qui entourait l’île jusqu’au début du .

Deux paroisses sont d’origine domaniale, Saint-Martin-des Champs monastère fondé en 1079 qui disposait à partir de 1119 d’une chapelle distincte de l’église conventuelle, Saint-Nicolas des Champs et la paroisse Saint-Paul desservant un bourg autour d’une chapelle à l'origine de l'église Saint-Paul des Champs dans une partie du fief du monastère Saint-Eloi ou Saint-Martial dans la Cité.

Rive gauche Les églises mérovingiennes Saint-Julien, Saint-Séverin, Saint-Benoît et Saint-Étienne des Grès ruinées par les Normands étaient des propriétés royales cédés par Henri en 1045 au chapitre de la cathédrale. À cette date, la rive gauche très peu habitée était couverte de vignes. Ces 4 églises furent cependant constituées en paroisses autonomes avant 1080. La paroisse Saint-Julien fut absorbée par Saint-Séverin avant la fin du et Saint-Étienne-des-Grès disparut également, englobée par Saint-Benoît. Notre-Dame-des-Champs, ancienne église mérovingienne éloignée de la ville, était à la tête d’une paroisse en 1085. Les bourgs de Saint-Marcel, Saint-Germain-des-Prés et Sainte-Geneviève étaient au centre de paroisses qui existaient au .

Les premiers démembrements Saint-Germain l’Auxerrois Au cours du , les paroisses Sainte-Opportune, des Saints-Innocents et Saint-Leufroy près du Châtelet (qui disparut au ) rattachée à la paroisse Saint-Jacques-la-Boucherie, sont créées en un premier démembrement de la paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois, à la suite de la création de l’installation du marché des Champeaux déplacé du marché de la place de la Grève. Saint-Eustache est créé en 1223 à partir d’une chapelle Saint-Agnès succursale de Saint-Germain. Son territoire au nord de la rue Saint-Honoré s’étendait au-delà du mur à l’ouest de la rue Montorgueil (rue Nicolas Arrode). En 1214 une chapelle de la Tour est créée au nord de la nouvelle enceinte. Cette chapelle qui devint la paroisse Saint-Sauveur avant 1284 s’étendait entre la rue Saint-Denis et la rue Montorgueil.

La petite paroisse Saint-Josse Les maisons entre les rues Aubry-le-Boucher, Saint-Merry, Saint-Jacques la Boucherie qui dépendaient de la paroisse St-Laurent furent isolées de cette église par le mur ce qui entraina la construction d’une annexe en 1235 qui fut érigée en paroisse canonique en 1260 par l’évêque de Paris Renaud de Corbeil.

Nouvelles chapelles d’origine domaniale Le monastère Saint-Magloire dans la cité se transporta en 1138 sur le domaine au bord de la rue Saint-Denis sur la rive droite où une chapelle dédiée à Saint-Gilles avait été restaurée en 1117. Cette chapelle est à l’origine de la paroisse Saint-Leu des habitants de ce domaine.

Les chapelles du bourg Sainte-Geneviève Trois chapelains mentionnés dans une bulle du pape Alexandre III de 1171 assuraient le service des chapelles de Saint-Jean-du Mont dans l’église de l’abbaye, Saint-Médard pour un bourg assez éloigné et Sainte-Geneviève la Petite dans la Cité depuis le . L’église Saint-Étienne du Mont autorisée par une bulle du pape Honorius III du , construite vers 1225, remplaça la chapelle Saint-Jean devenue insuffisante pour le service d’une paroisse qui s’était développée.

Saint-Marcel La paroisse du bourg possédait une église Saint-Martin dès 1229 et une chapelle Saint-Hippolyte desservant une paroisse en 1225. L’église Saint-Hilaire du Mont était au centre d’une petite paroisse enclavée à l’intérieur du domaine de Sainte-Geneviève.

Saint-Germain-des-Prés Saint-Sulpice était l’unique paroisse du bourg Saint-Germain sous la juridiction de l’Abbaye de Saint-Germain indépendante de celle de l’évêque. Son territoire s’étendait avant la construction de l’enceinte de Philippe-Auguste à l’ensemble du fief de l’abbaye jusqu’à la rue de la Harpe et au-delà au sud de Saint-Séverin jusqu’à la rue Saint-Jacques incluant le clos de Laas planté en vignes qui fut loti à partir de 1179. La construction de l’enceinte de Philippe-Auguste amena l’amputation de son territoire à l’intérieur du rempart par une transaction de confirmant par ailleurs l’exclusion de la paroisse de la juridiction de l’évêque. Les paroisses Saint-André-des-Arts et Saint-Côme furent créées avec des églises édifiées dans les suivant l’accord et le territoire de la paroisse Saint-Séverin étendu à l’ouest jusqu’à la rue Hautefeuille. L’abbaye de Saint-Germain accensa en 125 à Eudes cuisinier le terrain compris entre la rue Gît-le Cœur et la rue Saint-Jacques.

Saint-Nicolas-du Chardonnet La paroisse fut constituée sur des terrains cédés par l’Abbaye de Saint-Victor à l’évêque de Paris en 1230. La paroisse fut constituée en 1243 à l’initiative de l’évêque Guillaume d’Auvergne dans la censive de Saint-Victor. Son territoire s’étendit au clos de Tiron acquis par Saint-Victor en 1246.

Paroisse Sainte-Geneviève Son étendue au bourg fut fixée par un accord de 1202 entre l’évêque et l’abbé de Sainte-Geneviève et correspondait à peu près à la censive.

Évolution liée au développement de la ville au Le développement de la ville dont la population passe de 50 à au entraine la création de nouvelles paroisses et la construction des églises Saint-Étienne du Mont, Saint-Hilaire, Saint-Séverin, Saint-Gervais, Saint-Paul, Saint-Merry et Sainte-Opportune. La paroisse Saint-Jean en Grève est créée en 1213 par démembrement de celle de Saint-Gervais qui conserve la partie entre la place de Grève et la rue Saint-Martin. La limite de la paroisse Saint-Jean en Grève est fixée rue Vieille-du-Temple et rue du Chantier (actuelle rue des Archives). Saint-Gervais s’étend au à l’est du bourg Tibourg, celui-ci qui faisait partie de la censive de Saint-Eloi entrant dans la paroisse Saint-Paul. La limite entre les paroisses Saint-Paul et Saint-Gervais correspond à la première enceinte médiévale. La paroisse Saint-Paul s’étend jusqu’à l’angle de l'actuel boulevard Beaumarchais et de la rue du Pont-aux-Choux Territoires et population des paroisses vers 1300 La topographie des paroisses de Paris est décrite dans les rôles de la taille de 1292 qui permet, en appliquant un coefficient de 14 aux rôles, d’évaluer leur population à âmes en rive droite (13 paroisses), dans l’île de la Cité (12 paroisses) et dans l’Université (rive gauche) comprenant 7 paroisses, au total . Ce recensement excluant la partie de la paroisse Saint-Laurent au nord, les paroisses périphériques sur la rive gauche, Saint-Marcel, Saint-Médard, Notre-Dame-des-Champs et Saint-Germain-des-Prés, dans l’île de la Cité le cloître canonial et le Palais du Roi, permet d’évaluer la population à un peu plus de habitants autour de 1300. Cet ordre de grandeur est généralement admis par les historiens contemporains. Rive droite Saint-Germain l’Auxerrois : habitants. À l’ouest de la rue Saint-Denis, le territoire compris entre la rue Saint-Honoré et la Seine y compris la prison du Grand-Châtelet et les maisons du grand pont, comprenant à l'est l'ensemble de la zone urbanisée qui s'étendait jusqu’à l’hôpital des quinze-vingts (à proximité de l’emplacement de l’actuelle place du Palais-Royal) .

Saint-Eustache : habitants, démembrement de Saint-Germain l’Auxerrois quartier des Halles entre rue Saint-Denis et rue Saint-Honoré et au-delà du mur. Sa population était concentrée sur les rues au départ de la rue Saint-Denis.

Saint-Sauveur : habitants, démembrement de Saint-Eustache, entre la rue Saint-Denis et la rue Nicolas Arode (Montorgueil) jusqu’aux Filles-Dieu. Son territoire comprenait l'hôpital de la Trinité fondé en 1202 .

Saint-Leu-Saint-Gilles, succursale de Saint-Barthélémy dans la Cité : habitants le long de la rue Saint-Denis entre les rues Aubry-le-Boucher et Greneta.

Saints-Innocents : 700 habitants, rue de la Charronnerie et rue aux Fers disparues entre la rue Saint-Denis et la rue de la Lingerie sur le cimetière des Innocents

Sainte-Opportune : 2090 habitants. Cloître de la collégiale et ses abords rue Saint-Denis et rue Sainte-Opportune .

Saint-Laurent : habitants, partie est de la rue Saint-Martin, rue Greneta et rue Guérin-Boisseau.

Saint-Josse : habitants, rue Quincampoix, rue Aubry-le-Boucher, rue des Ménestriers.

Saint-Nicolas-des-Champs :11 750 habitants. Territoire correspondant à la censive Saint-Martin, moitié à l’intérieur du mur, Beaubourg, rues Saint-Martin, Simon-le-Franc, des Jongleurs et partie de la couture du Temple entre le mur de Philippe-Auguste et l'enclos du Temple

Saint-Merry : habitants entre la rue Saint-Martin et la rue du Temple correspondant à la censive Saint-Merry.