Le port de Nantes est un port de commerce aménagé au fond de l'estuaire de la Loire. On regroupe sous cette appellation les infrastructures du Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire situées à Nantes, dans le département français de la Loire-Atlantique, destinées à l'accueil des navires de commerce pour la réalisation d'opérations de manutention portuaire.

Présentation Les deux principaux sites du port de Nantes sont les terminaux de Cheviré (enclave nantaise sur la rive gauche de la Loire, au pied du pont éponyme) et ceux de Roche-Maurice, sur la rive droite, tous deux situés dans le quartier Bellevue - Chantenay - Sainte-Anne. Peu connues du grand public en raison de leur éloignement relatif du centre-ville de Nantes, ces zones industrialo-portuaires cumulent cependant 10% des trafics du Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, soit environ 3 millions de tonnes de marchandise manutentionnée par an (bois, tourbe, ferraille, sable, vin à Cheviré, céréales et engrais à Roche-Maurice notamment). Il comprend également le quai Émile-Cormerais sur la rive droite du fleuve à Saint-Herblain, utilisé pour l'importation de vracs liquides notamment (huiles, mélasse).

Conditions d'accès La desserte des installations portuaires est assurée par un chenal maritime de 60 km. Les tirants d'eau admissibles varient suivant les coefficients de marée. On obtient ainsi pour 98 % des marées, un tirant d'eau admissible de 8,40 m pour le chenal de Nantes. La zone d'évitage est de 230 mètres. Le tirant d'air du pont de Cheviré est de 52 mètres, suffisant pour permettre le passage des plus grands navires de commercePoint Histoire n°11, L'aménagement de la ZIP de Cheviré, Chenal +, journal de Nantes Saint-Nazaire Port, , mai 2023, .

Cheviré Le terminal est composé du quai de Cheviré amont, long de 305 mètres, et de Cheviré aval, long de 350 mètres. Il possède également deux postes sabliers et un ponton roulier.

Cheviré est la première place de négoce du bois d'œuvre importé en France et accueille la plus importante concentration d'équipements et de professionnels de la filière bois. D'autres trafics sont traités dans cette zone comme les produits de recyclage, notamment de métaux. Cheviré compte également un terminal sablierLes terminaux de Nantes, panneau de présentation réalisé par le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, consulté sur le site de Roche-Maurice le 07 août 2022.

Le terminal est également une plateforme de logistique urbaine, située au bord du périphérique nantais, proche de l'aéroport de Nantes Atlantique et directement connectée au réseau routier. Elle est reliée au réseau ferroviaire et, par le fleuve, aux terminaux portuaires de Montoir-de-Bretagne (transport par barges de tronçons d'avion Airbus notamment), grâce à un poste roulier en exploitation depuis 2002. Le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire est autorisé à exploiter en régie les outillages pour les opérations de manutention portuaire sur les sites de Cheviré à compter du 1 janvier 2023 relatif à l'entrée en vigueur d'un arrêté autorisant le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire à exploiter les outillages des sites portuaires de Cheviré.

Roche-Maurice Le terminal de Roche-Maurice fait face à celui de Cheviré, sur la rive droite de la Loire au pied du pont de Cheviré. Long de 750 mètres, il est un des principaux greniers à céréales de l'Ouest de la France. En moyenne, un peu plus d'un million de tonnes de céréales transitent chaque année par ses installations.

Cormerais Le site portuaire Émile-Cormerais compte deux postes à liquides qui permettent le déchargement et le stockage en arrière quai d'huile végétale, d'huile poisson et de mélasse. Il accueille également des activités tertiaires en lien avec le monde nautique (chantier naval).

Autres sites Le port de Nantes compte également des quais plus proches du centre-ville de nos jours fermés au trafic maritime en raison du glissement de l'activité vers Cheviré et Roche-Maurice. Certains continuent toutefois d'accueillir des bateaux pour des usages divers :

Rive droite, d'amont en aval quai de la Fosse : haut lieu de l'activité portuaire aux , le quai, long de dont les deux tiers restent bordés par la Loire, accueille en permanence l'escorteur d'escadre Maillé-Brézé, occasionnellement des bateaux de prestige en escale (le Belem, l'Hermione) ou des courses nautiques (départ de la Solitaire du Figaro)

Événements contemporains

quai Ernest-Renaud : le , le siège du Port autonome de Nantes Saint-Nazaire est transféré dans le centre des SalorgesAvant cette date, le siège social du port autonome était situé place de l'Edit de Nantes dans le bâtiment occupé depuis par la cour administrative d'appel de Nantes, résultant de la réhabilitation de l'ancien hangar 11, construit entre 1960 et 1962, qui reliait à l'origine les entrepôts du port par trois passerelles, dont une seule a été conservée. Le centre des Salorges reste de nos jours l'adresse du siège social du Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire. Le quai, long de 110 mètres, accueille également la gare maritime des Navibus, assurant la liaison fluviale de passagers notamment avec Trentemoult

quai Marquis-d'Aiguillon : long de 755 mètres, il n'accueille plus de navires de nos jours. À l'origine, la Ville de Nantes décide en 1763 de l'aménagement d'un chemin praticable en bord de Loire pour éviter la montée de la butte Sainte-Anne et lui donne le nom de quai Marquis d'Aiguillon. Temporairement rebaptisé « quai Palamède » sous la Révolution française, il est élargi en 1909 par une estacade en béton armé.

quai Saint-Louis : long de 380 mètres, il n'accueille plus de bateau. Il porte initialement le nom de quai de la Sécherie, en référence à un magasin situé en ces lieux destiné à étuver les farines et les légumes secs. En 1781 la minoterie de M. Beconnais y est implantée puis en 1818, c'est au tour d'une raffinerie de sucre de canne . Celle-ci est reprise par la société Louis Say et Compagnie entre 1825 et 1830. En 1895, la minoterie est remplacée par les Grands Moulins de la Loire, approvisionnant en farine la biscuiterie LU et les nombreuses boulangeries avoisinantes. Le quai devient également à cette époque un lieu d'accostage de paquebots annexes de la Compagnie générale transatlantique.

quai du Cordon Bleu : il est long de 180 mètres. Un appontement de Navibus, un site de réparation navale et un autre site d'hivernage de bateaux de plaisance se situent à proximité.

Île de Nantes quai des Antilles : le site, long de 755 mètres, n'accueille plus de bateau mais un ancien bâtiment d'exploitation portuaire, le hangar à bananes, est reconverti en lieu de sortie

quai Wilson : situé sur l'île de Nantes, il est construit à partir de 1913 et agrandi en 1928. Long de 930 mètres, il s'est spécialisé entre 2002 et 2016 dans l'accueil de paquebots de croisière.

Histoire Âge du bronze L'histoire du port de Nantes précède celle de la ville. Elle commence avec l'apparition de la métallurgie du bronze, alliage de cuivre et d'étain. L'étain (cassitérite) extrait du gisement de Nozay ou de la mine d'Abbaretz est transporté par barges sur l'Erdre vers sa confluence avec la Loire, où un port primitif naît. Pendant plus d'un millénaire, le minerai ainsi acheminé, auquel s'ajoute celui du filon jadis situé sous l'actuelle rue François-Bruneau, dans le centre-ville, fait l'objet d'échanges commerciaux par la Loire. Vers la fin de l'âge du bronze, vers 900 av. J.-C., une industrie du bronze apparaît localement, comme l'attestent les traces de trois fonderies retrouvées dans la plaine de Mauves, au jardins des Plantes et à la Croix-Bonneau. Le cuivre nécessaire à la production est quant à lui importé d'Espagne. A ces trafics s'ajoutent ceux du sel, des salaisons, du cuir et des céréales. Le port primitif se présente alors sous la forme de grèves d'échouage ou d'appontements de bois aménagés entre le jardin des Plantes en amont et la Chézine en aval. On ignore quel nom le port reçoit alors. Il s'agit possiblement de Corbilo, nom d'un port gaulois que la tradition géographique grecque situe sur le cours de la Loire, mais cette hypothèse n'est pas attestée de façon certaine.

Antiquité Les premiers groupes celtiques arrivent en Gaule à la fin de l'âge du Bronze et s'organisent localement en tribus entre 500 et 100 av.J.-C. Les Namnètes occupent la rive droite de la Loire côté Nord (actuelle Nantes) tandis que les Pictons occupent la rive gauche côté Sud (actuelle Rezé). Ces derniers soutiennent l'occupant romain pendant la guerre des Gaules. La bataille finale a lieu au mois d'août de l'an 56 av. J.-C. et se conclut par la victoire de l'armée romaine. Ceci profite aux Pictons et favorise le développement du port de Ratiatum, qui avait servi d'escadre à l'armée victorieuse.

L'influence de la culture romaine s'affirme. Nantes, latinisée en Condevincum puis Portus Namnetum, devient la capitale du territoire des Namnètes. Durant la période romaine, deux ports d'importance se font ainsi face sur la Loire : Nantes, en territoires nanmète, et Rezé, en territoire piction. Situés à la confluence de l'Erdre au nord et de la Sèvre Nantaise au sud, ils sont des lieux de rupture de charge sur les routes commerciales reliant les îles britanniques au reste de la Gaule de marchandises telles que l'étain, marbre, poteries, sel, céréales, vins d'Italie, huiles de la péninsule Ibérique. Il existe également des chantiers navals sur a Chézine et un port de pêche. La marchandise transportée sur le fleuve est en partie déchargée, le reste est transbordé sur des gabarres pour être acheminé par batellerie vers d'autres ports sur la Loire, comme celui d'AncenisLoire-Atlantique, le magazine du Département, juin - juillet 2019, numéro 161. Les limites du port gallo-romain se situent entre la rue de Richebourg (au nord de l'actuelle gare de Nantes) en amont et Port-Maillard (entre l'actuel château des ducs de Bretagne et la Loire) en aval. L'arrivée de la civilisation romaine favorise la naissance d'une ville autour du port et à partir de 276, l'enceinte gallo-romaine de Nantes est érigée pour protéger la cité et son port des invasions barbaresRené Sanquer, « Nantes antique », dans Histoire de Nantes, dir. Paul Bois (1977), .. Il s'ensuit une succession d'invasions et de guerres civiles du plongeant la cité dans des temps obscurs et entraînant la ruine du port.

Moyen Âge