Le comité autrichien est une police secrète créée sous l’égide de Louis XVI en 1791..
Objectifs Le « comité autrichien » était une police secrète, dont le rôle principal était de corrompre et de surveiller les démarches des partisans de la révolution, de procurer à la cour un peu plus d’influence sur la garde nationale, et les habitants de Paris les plus politisés.
Composition Ce conseil privé était formé par l’ancien Principal ministre d'État Montmorin, à sa sortie du ministère le , avec Pierre-Victor Malouët, et Bertrand de Molleville et quelques autres. Contre-révolutionnaire modéré convaincu de la nécessité d’accepter certaines réformes pour sauver la monarchie, comptait ainsi continuer la tâche qu’il avait entamée avec le « fameux atelier de police » qu’il avait mis sur pied avec Mirabeau, et dont Danton était l’un des agents..
Menées Molleville, avec Rivarol et Arnaud de La Porte, coordonnaient l’effort des royalistes pour étouffer la révolution et sauver le roi. Nommé intendant de sa liste civile par Louis XVI, en 1790, La Porte était devenu l’un des conseillers intimes de la reine, qui lui a confié les missions les plus secrètes. Il a combiné avec Rivarol un plan pour renverser l’opinion publique grâce à des auteurs, des journalistes, des chanteurs publics, des affidés à l’intérieur de l’Assemblée nationale, chez les Jacobins, dans toutes les sociétés politiques ; des applaudisseurs dans chaque section de Paris ; des orateurs et des écrivains pour composer leurs discours ; des motionneurs dans les groupes ; des lecteurs dans les places publiques ; des ouvriers dans les principaux ateliers du faubourg Saint-Antoine pour s’emparer des tribunes, comme le font les révolutionnairesHistoire de la responsabilité criminelle…, . ; des distributeurs, des observateurs, un chef et plusieurs sous-chefs..
Les auteurs de ce plan, où près de quinze cents personnes étaient employées, estimaient que la dépense pourrait s’élever à livres par mois. Ce plan, modifié par Moleville, adopté, le ministère a dépensé rien que pour les tribunes plus de livres. La Porte a, de plus, créé, dans une maison du Carrousel, un « club National », dont les sociétaires, pour mieux tromper les patriotes, devaient être armés de piques et coiffés de bonnets rouges. Les frais d’établissement de ce club ont se sont élevés à environ livres et ceux de son entretien livres par mois. Les appartements de La Porte au Louvre étaient le centre stratégique d’où le roi et ses fidèles discutaient et lançaient leurs efforts contrerévolutionnairesAdolphe Thiers, Histoire de la révolution française.. Après la journée des Poignards, du , La Porte a été chargé de tenter de gagner Mirabeau à la cause royale.
Le « comité autrichien » a permis de peser dans les délibérations des comités révolutionnaires, de rallier certains gens de plume au roi et de faire retarder le vote du décret de déchéance. Ce qu’on appelait encore les « conciliabules de la Cour » fut avéré par de nombreuses pièces originales découvertes dans l’armoire de fer. Ces pièces mettaient en cause un certain nombre d’individus qui avaient effectivement reçu de l’argent de la Cour et qui se sont sentis soudain menacés par des témoins tels que La Porte ou la princesse de LamballeOlivier Blanc, Les Espions de la Révolution et de l’Empire, Paris, Perrin, 1995..
Dénonciations Deux mois après sa création, le marquis de Molleville a été dénoncé aux jacobins comme un des principaux membres du comité autrichien. Claude Basire, Chabot et Merlin ayant dénoncé l’existence d’un « comité autrichien » à la Législative, les médias se sont emparés de l’affaire avec la dénonciation, par Jean-Louis Carra dans les Annales patriotiques et littéraires.. Montmorin a alors porté plainte pour diffamation contre Carra, au tribunal de police correctionnelle. Le juge de paix Larivière avait admis la plainte contre Basire, Chabot et Merlin en décrétant un mandat d’amener contre eux, la dénonciation reposant sur de faux témoignages. L'Assemblée préfère décréter d'accusation le magistrat (qui sera massacré) et lever la poursuite contre les trois députés.
Dans la séance du , c’est au tour de Brissot de prendre la parole pour dénoncer l’existence du « comité autrichien » décrit comme
Le même jour, Armand Gensonné intervient à son tour dans le même sens que Brissot.. Dans les Révolutions de Paris, Camille Desmoulins a violemment dénoncé le comité autrichien :
Épilogue La Place sera la deuxième personnalité politique de La Révolution à être guillotinée, après Collenot d'Angremont, autre agent contrerévolutionnaire.. Un mois plus tard, Montmorin et la princesse de Lamballe seront sommairement exécutés dans leur prison de l'Abbaye, lors des massacres de Septembre.. Ramené à Paris, après les massacres de Septembre, le juge de paix Larivière, décrété d’accusation et jeté en prison pour avoir décerné un mandat d’arrêt contre Basire, Chabot et Merlin, a été égorgé, avec les autres prisonniers d’Orléans, dans les rues de Versailles, le .. Molleville va se consacrer à organiser l’émigration des officiers en masse. Devenu chef de la police secrète royaliste, il essaie en vain de faire évader le roi, avant de se résoudre à fuir en Angleterre. Malouët sera contraint à la fuite lors de l’insurrection du 10 août 1792, qui signe la chute de la monarchie constitutionnelle. Parvenu à quitter Paris, il va rejoindre les proscrits en exil en Angleterre..
Notes et références
Catégorie:Complot politique en France Catégorie:Événement de la Révolution française Catégorie:1791 en France Catégorie:1792 en France