Le Fani Maoré est un volcan sous-marin situé à cinquante kilomètres à l'est de l'île de Mayotte dans l'océan Indien, s'élevant de au-dessus du fond marin situé ici à sous le niveau de la mer. Son existence est révélée par la campagne scientifique à la suite d'un épisode de séismes en essaim frappant l'île de Mayotte depuis . Le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte est chargé de sa surveillance.
Toponymie Lors de sa découverte en 2019, le volcan ne porte encore aucun nom. Il est finalement appelé « Fani Maoré » par les sources officielles, scientifiques et journalistiques depuis 2022...
Histoire Découverte vignette|gauche|Coupe topographique de Mayotte montrant le Fani Maoré à la distance .
Depuis , l'île de Mayotte est frappée par un épisode de séismes en essaim., avec plus de secousses ressenties (de magnitude supérieure à 3,5).. Le , un séisme d'une magnitude de 5,8 est enregistré. : il s'agit du séisme le plus important jamais recensé dans l'archipel des Comores mais il ne provoque pas de dégâts majeurs. L'essaim de séismes atteint son paroxysme en juin avec des pics à plus de 80 séismes détectés en une journée. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a d'abord estimé que ce phénomène exceptionnel pourrait être d'origine tectonique (crustale plutôt que volcanique), avec un épicentre situé en mer à environ de Mayotte mais pour en savoir plus début 2019, le CNRS a lancé une campagne terrestre et marine d'observation sismique à Mayotte, avec l'aide du BRGM, de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), de l'Ifremer, de l’École et observatoire des sciences de la Terre (CNRS/Université de Strasbourg) et de l’Observatoire volcanologique du Karthala (CNDRSCentre national de documentation et recherche scientifique, Comores., Grande Comore) Le CNRS lance une campagne d’observation de l’activité sismique à Mayotte, communiqué du CNRS, 22 février 2019..
Selon les éléments disponibles au printemps 2019, plus de séismes, localisés à à l’est de Mayotte, ont été enregistrés, dont une trentaine de magnitude supérieure à 5, nettement ressentis sur l’archipel et ayant parfois affecté le bâti. En outre des ondes de basse fréquence (se propageant bien sur de longues distances) ont été repérées par le réseau mondial de sismographie, dont le , évoquant un phénomène de type tremor (séismes habituellement imperceptibles engendrés par des remontées de magma). L'IGN a aussi noté que l'île se déplaçait vers l’est à la vitesse de , tout en s'affaissant légèrement (environ , mais déjà en un an), ce qui évoque un phénomène sismo-volcanique. En complément, l’université de la Réunion et l’OVPF-IPGP ont monté des missions de terrain pour affiner ce qu'on sait de l’histoire tectonique et volcanique de Mayotte (structures tectoniques sous-jacentes, date de formation de diverses roches magmatiques, analyses des gaz du sol, pour notamment modéliser la géologie et les risques locaux).
Campagne MAYOBS Pour mieux comprendre et anticiper l'arrivée probable d'un « épisode magmatique d'une très grande ampleur » sans équivalent depuis 250 ans, le gouvernement français a mobilisé, en , le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER), l'université de la Réunion, l'Institut de physique du globe de Strasbourg (IPGS), l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), l'École normale supérieure (ENS), le Centre nationale d'études spatiales (CNES) et le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM). Depuis le début de la crise, cinq campagnes océanographiques (MAYOBS 1, 2, 3, 4 par le navire Marion Dufresne, et SHOM-MAYOBS 5 par le navire Beautemps-Beaupré) ont été menées.
En , la campagne scientifique révèle l'existence d'un volcan de de hauteur situé à à l'est de Mayotte, à de profondeur, formé en moins d'un an à partir d'une base de de diamètre.. Celui-ci n’est pas présent sur la cartographie des fonds marins réalisée par le Beautemps-Beaupré en 2016 dans cette même zone. Les sismomètres sous-marins ont révélé que les épicentres des séismes étaient en réalité plus proches de Mayotte mais aussi plus profonds, à à l'est de Mayotte (contre 50 selon les premières estimations) mais entre 20 et de profondeur, ce qui est étonnamment profond s'agissant d'une chambre magmatique. .
Le , à l'occasion d'une conférence de presse, il est annoncé qu'une coulée de lave a été localisée au sud du volcan sous-marin de Mayotte lors d’une nouvelle mission scientifique.. Cette coulée de lave s'étendant sur et représentant un volume de est, selon Marc Chaussidon, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris, .. En 2021, une étude des données récoltées par MAYOBS montre que l'éruption de 2018-2019 est l'éruption sous-marine la plus volumineuse jamais enregistrée (~), qu'elle s'est effectuée via des dykes traversant toute l'épaisseur de la lithosphère, et que le nouvel édifice volcanique se situe à l'extrémité d'une crête longue de , constituée de nombreux autres édifices et coulées de lave récents.. Une seconde étude, pétrologique et géochimique, permet de préciser le système magmatique alimentant l'éruption : de sa source située à de profondeur, le magma remonte et se stocke entre de profondeur dans une chambre magmatique de plus de , où il se cristallise d'environ 50 % avant de reprendre l'ascension par deux chemins différents (remontée directe la première année puis, à partir de , passage par un réservoir magmatique plus petit et plus différencié situé à moins de de la surface )...
Évolution et conséquences Le fond de la mer étant déjà parsemé de cônes volcaniques récents (moins d'un million d'années), les chances de voir émerger une nouvelle île demeurent sans doute faibles.
En , l'enfoncement constaté de l'île de Mayotte en raison du phénomène de vidange magmatique est de , ce qui provoque un début de submersion des résidences les plus proches du rivage et entrave l'évacuation des eaux usées et un début de réflexion sur l'opportunité de relocaliser plus en altitude certains quartiers.
Cette montée des eaux rapides ainsi que l'activité sismique et la montée des températures ont également des conséquences importantes sur la faune et flore de l'île, en particulier dans les régions côtières. Des études sont actuellement menées sur l'impact de ces phénomènes sur la nidification des tortues vertes. Les scientifiques considèrent l'île de Mayotte comme un microcosme accéléré du réchauffement climatique sur l'ensemble de la planète..
À la suite des travaux récents de l’IPGP sur l’aléa volcanique, une révision de cette cartographie à l’heure actuelle indiquerait que Mayotte est . . Toutefois, les mêmes experts ont rassuré l'Assemblée Nationale en ajoutant que . .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Articles connexes Kamaʻehuakanaloa
Liens externes Communiqué du BRGM juin 2019 Mayotte : La naissance d'un géant sous-marin | Des volcans et des hommes | ARTE
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