Christopher Gygès, né le à Nouméa, est un homme politique français de Nouvelle-Calédonie.

Militant loyaliste (anti-indépendance), son engagement s'est d'abord manifesté par sa participation aux cabinets de membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, successivement Simon Loueckhote puis Sonia Backès. Il reste un fidèle de cette dernière dont il est l'un des principaux lieutenants au sein du parti qu'elle préside, Les Républicains calédoniens. Devenu lui-même un membre de l'exécutif local en 2017, il obtient son premier mandat électif lors des élections provinciales du , étant élu sous l'étiquette de la coalition L'Avenir en confiance au sein de l'Assemblée de la Province Sud et du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Le puis le et finalement le , il est reconduit au sein des , et . Il est vice-président du à partir du .

Origines, formation et carrière professionnelle Christopher Gygès est le fils de Michel Gygès, capitaine de la marine marchande qui a notamment dirigé le Mary DMSP, « Christophe Gyges, nouveau membre du gouvernement », DNC.nc, 14/12/2017 - qui assure la liaison entre Nouméa et l'îlot Amédée -, et d'une institutrice, Viviane Norbert (1955-2023)LReport, « Les nouveaux du gouvernement : Christopher Gygès au social », Strategic.nc, 22/01/2018, native d'Adélaïde en Australie et d'origine lettone.

Après une enfance et une scolarité passées dans sa ville natale, il obtient son baccalauréat économique et social (bac ES) en 2002 au lycée Lapérouse puis part en France métropolitaine pour son cursus supérieur. Il fait alors des études en sciences économiques à Montpellier puis à Paris où il termine avec un master en finance d'entreprise. De retour alors en Nouvelle-Calédonie en 2008, il entame un stage de six mois au bureau de Nouméa de l'Institut d'émission d'outre-mer (IEOM), prolongé par un contrat de cinq mois de chargé de mission. Mais, passionné par la politique depuis son enfance, il s'engage rapidement aux côtés d'élus non-indépendantistes.

Carrière politique Un homme de cabinet Des débuts aux côtés de Simon Loueckhote Il s'investit tout d'abord aux côtés du sénateur Simon Loueckhote, président depuis 2006 du Rassemblement pour la Calédonie (RPC), mouvement fondé alors pour regrouper les fidèles de l'ancien homme fort de la scène politique locale et du camp anti-indépendantiste, Jacques Lafleur. Christopher Gygès est ainsi candidat en sur la liste menée par Simon Loueckhote aux élections municipales des 9 et à Nouméa, baptisée « La Diversité en mouvement ». Arrivée troisième au premier tour avec soit des suffrages exprimés, elle contribue à mettre en ballotage le maire sortant, Jean Lèques, en place depuis 1986 et figure du Rassemblement-UMP. Après l'échec d'un projet de fusion avec la liste de la principale opposante à Jean Lèques, Sonia Lagarde de L'Avenir ensemble, la formation de Simon Loueckhote maintient sa troisième place au second tour avec () pour quatre élus sur 53Patricia Calonne, « Chronique d’une fusion avortée », Les Nouvelles Calédoniennes, 12/03/2008. Christopher Gygès n'est donc pas élu, mais confirme par la suite son ascension dans l'entourage du sénateur.

Ce dernier, fort de ce résultat et s'estimant peu soutenu par Jacques Lafleur lors de sa campagne, décide le , à partir de sa liste et d'autres personnalités essentiellement issues du RPC mais aussi nouvelles en politique, de créer un nouveau parti, le Mouvement de la diversité (LMD)Philippe Frédière, « Simon Loueckhote crée un nouveau parti », Les Nouvelles Calédoniennes, 10/04/2008. Christopher Gygès en devient le responsable du projet économique, il est ainsi à l'origine de l'une des propositions phares de son programme, à savoir la création d'un « Fonds d'action social calédonien (Fasc) » qui servirait essentiellement (à ) à financer les retraites, le reste pouvant ensuite être employé pour réduire les cotisations sociales et ainsi favoriser le pouvoir d'achat, en étant financé par des taxes sur les exportations du nickel, plafonnées à pour le minerai brut et à pour le semi-transformé« Le Mouvement de la diversité mise sur le nickel pour financer les retraites », Les Nouvelles calédoniennes, 07/08/2008« Le Mouvement de la diversité précise la forme du fonds », Les Nouvelles Calédoniennes, 28/08/2008.

Bien que non candidat, il fait campagne pour la liste d'union entre L'Avenir ensemble du président du Gouvernement sortant, Harold Martin, et le LMD pour les élections provinciales du dans le Sud. Elle arrive troisième sur dix, assez loin derrière deux autres formations non-indépendantistes, le Rassemblement-UMP de Pierre Frogier et Calédonie ensemble (créée l'année précédente par des dissidents de L'Avenir ensemble sous la conduite de Philippe Gomès), avec et des suffrages pour huit sièges sur 40 (dont deux au LMD), ainsi que six élus sur les 54 du Congrès. Personne n'ayant de majorité, les trois forces « loyalistes » décident de signer un « pacte républicain » afin de stabiliser les institutions et se répartir les postes stratégiques, Pierre Frogier prenant la présidence de l'Assemblée de la Province Sud, Philippe Gomès celle du Gouvernement et Harold Martin celle du Congrès« POLITIQUE. L’UMP propose un "rassemblement républicain" », RFO, 12/05/2009H. LEPOT, « Gomès dit oui à Frogier », Les Nouvelles Calédoniennes, 15/05/2009. Dans cette configuration, Simon Loueckhote obtient l'un des sièges de membre du Gouvernement Gomès, chargé de la Fonction publique, de la Qualité du Service public, des Simplifications administratives et du suivi du Schéma d'Aménagement et de Développement de Nouvelle-Calédonie. Christopher Gygès intègre alors son cabinet en tant que collaborateur.

L'éminence grise de Sonia Backès C'est alors qu'il commence à côtoyer une autre membre du Gouvernement Gomès, Sonia Backès, figure montante du Rassemblement-UMP. Le « pacte républicain » volant en éclat en raison d'une opposition de plus en plus vive entre Calédonie ensemble et le Rassemblement-UMP, ce dernier se rapprochant de l'UC pour trouver un nouvel équilibre dans les institutions, le Gouvernement de Philippe Gomès chute le . Dans le nouvel exécutif mis en place, Christopher Gygès rejoint le cabinet de Sonia Backès, désormais porte-parole et membre chargée des secteurs clés du budget, des finances, de la fiscalité, de l'économie numérique, de l'énergie, des questions liées à la , à l'enseignement supérieur, à la recherche et au transfert de l'enseignement. Il rejoint également le Rassemblement-UMP, et devient un des cadres de son mouvement de jeunesse.

En tant que collaborateur de Sonia Backès, il est tout particulièrement chargé des dossiers liés à la fiscalité et à l'énergie, est membre de plusieurs conseils d'administration comme ceux d'Enercal ou de l'Office des postes et télécommunications (OPT), et est président du Comité territorial pour la maîtrise de l'énergie (CTMA). Il travaille ainsi sur les mesures adoptées alors par l'exécutif local pour développer la filière des énergies renouvelables dans l'archipel (subvention d'équilibre de de Francs CFP, soit , aux acteurs du secteur inscrite au budget 2012, revalorisation en 2013 du tarif du kWh de 11 à pour l'éolien et de 18 à pour le photovoltaïque, lancement de projets d'un parc éolien, de deux fermes solaires, d'un barrage hydroélectrique sur la Ouiné et de plusieurs petites centrales au fil de l'eau facilités par une nouvelle loi du pays sur l'hydroélectricité et financés, entre autres, grâce à une ouverture du capital aux épargnants, préparation d'un cadre légal permettant la vente d'électricité produite par des particuliers finalement mis en place en 2016, même si plusieurs de ces décisions vont être par la suite annulées par le tribunal administratif saisi par Calédonie ensemble)Christopher Albano, « La Calédonie se met au vert », DNC, No. 347, 26/07/2013, p. 18-19., « Le vent du "boulet(olien)" pour Backès », L'éveil calédonien, repris sur le site officiel de Calédonie ensemble, 08/04/2014. Concernant la fiscalité, il participe à la préparation d'un projet de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) locale à taux unique, baptisée « Taxe générale sur les activités » (TGA), voté par le Congrès le mais dont la mise en place, initialement prévue au , est plusieurs fois reportée puis définitivement abandonnée lors d'un nouveau vote de l'assemblée néo-calédonienne le « Gouvernement - Simplifier le système », Made In.nc, 26/11/2011« La révolution TGA aura bien lieu », Les Nouvelles Calédoniennes, 10/01/2012Angela Palmiéri, Angélique Souche, Sylvain Duchampt, « Congrès: la TGA dans les oubliettes », nouvellecaledonie.la1ere.fr, 14/11/2012« La TGA retoquée au Congrès », DNC.nc, 23/01/2014.

Devenu l'un des plus fidèles soutiens de Sonia Backès, il décide de la suivre lorsque, avec plusieurs trentenaires ou quadragénaires de plus en plus critiques à l'égard de la direction du Rassemblement-UMP et de son président Pierre Frogier à la suite de l'échec électoral des législatives de 2012, elle fait dissidence pour participer à la création du Mouvement populaire calédonien (MPC) le (elle en devient la secrétaire générale et la numéro deux après son président, l'ancien député Gaël Yanno). Puis, le 17 octobre suivant, le MPC s'associe au RPC (désormais dirigé par la fille de Jacques Lafleur, Isabelle Lafleur) et au Mouvement républicain calédonien (MRC) de Philippe Blaise pour fonder une coalition électorale baptisée Union pour la Calédonie dans la France (UCF). C'est sous cette étiquette que Christopher Gygès participe une nouvelle fois aux élections municipales des 23 et à Nouméa, en sur la liste « Union pour Nouméa » menée par Gaël Yanno au premier tour qui obtient le deuxième meilleur score avec des voix, talonnant « Avec nous, ça va changer » de la nouvelle députée Calédonie ensemble-UDI Sonia Lagarde () et devançant largement le Rassemblement et ses alliés de Jean-Claude Briault (). Au second tour, cette dernière fusionne avec la formation de Gaël Yanno, et Christopher Gygès se retrouve désormais à la . La liste est alors battue par celle de Sonia Lagarde, qui met fin à 37 ans de domination du Rassemblement et devient la première femme élue maire à Nouméa, avec des suffrages et 13 élus sur 53 : Christopher Gygès n'obtient donc pas de mandat de conseiller municipal. Pour les élections provinciales du 11 mai suivant, il n'est pas présent sur la liste UCF en Province Sud, désormais emmenée par Sonia Backès, mais fait activement campagne, notamment sur les réseaux sociaux. Après le scrutin, lors duquel l'UCF arrive troisième (derrière Calédonie ensemble de Philippe Gomès et le Front pour l'unité ou FPU, une alliance formée autour du Rassemblement) et obtient six sièges sur les 54 du Congrès, Sonia Backès retrouve sa place au gouvernement, en étant désormais chargée de la protection sociale, de la solidarité, du handicap, de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche et de la politique de la famille, et elle conserve Christopher Gygès à ses côtés en tant que chef de cabinet.