vignette|Drapeau du Parti du travail de Corée.

Le Parti du travail de Corée (PTC) (en , joseonlodongdang), également traduit en Parti des travailleurs de Corée, ou plus rarement Parti ouvrier de Corée, est le parti politique au pouvoir en Corée du Nord depuis 1949. Son idéologie officielle est le juche.

En Corée du Nord, deux autres partis politiques existent : le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u. Leur rôle demeure cependant largement symbolique. Jusqu’en , ces partis formaient, aux côtés du Parti du travail de Corée, le Front démocratique pour la réunification de la patrie, structure placée sous l’autorité directe du Parti du travail. Le symbole de ce dernier réunit un marteau, une faucille et un pinceau, représentant respectivement les ouvriers, les paysans et les intellectuels..

Histoire Voir aussi : Histoire du Parti du travail de Corée.

Création Le Parti du travail de Corée (PTC) est dirigé par Kim Il-sung de sa fondation le jusqu'à la mort de ce dernier en 1994. De 1994 à 1997, le parti n'a pas de secrétaire général officiel. De 1997 à 2011, le poste de secrétaire général est occupé par Kim Jong-il, fils de Kim Il-sung. Kim Jong-un, fils de Kim Jong-il, succède à ce dernier avec le titre de premier secrétaire (2012-2016) puis de président (2016-2021) et enfin de secrétaire général (depuis 2021).

La Constitution nord-coréenne précise que le pays ..

Selon le PTC, l'origine du parti est l'alliance anti-impérialiste, fondée par Kim Il-sung en 1926 ou 1930. Un groupe de communistes de la faction intérieure rétablit le Parti communiste coréen le . Aussitôt, l'Union soviétique reconnaît celui-ci, et établit le bureau de la Corée du Nord du parti communiste coréen (). Kim Il-sung qui est de retour en Corée le est élu président de ce bureau le suivant.

Le bureau du nord est rebaptisé le et déclare son indépendance vis-à-vis du régime de Séoul le .

Le quotidien Rodong Sinmun est l'organe officiel du Parti du travail de Corée..

Congrès Sept congrès du parti ont été tenus depuis 1945. Le dernier en date est celui de mai 2016, le plus important depuis les années 1980, où Kim Jong-un a été désigné et a affirmé sa nouvelle politique dite du byongjin (double poussée) sur les plans économique et de l'utilisation nucléaire, qui met en quelque sorte l'armée populaire de Corée sur la touche. Le jeune leader a, dans son discours, expliqué vouloir renouer les relations du pays avec ses voisins hostiles comme le Japon, et avec un monde qui, non seulement ne lui pardonne rien, mais ne comprend pas non plus la situation surréaliste de cette région d'Asie du Nord où la guerre froide n'est toujours pas terminée.

vignette|Palais des congrès de Pyongyang, décoré spécialement pour le congrès du parti en mai 2016.

Factions

Au moment de sa fondation, le parti comporte quatre factions : la faction , composée de communistes n'ayant jamais quitté le pays, et dont beaucoup ont été dans les prisons japonaises ; la faction , composée de Coréens nés ou élevés en Union soviétique, ou qui ont été membres de l'Armée rouge à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; la faction , ou , composé de Coréens réfugiés en Chine et liés au Parti communiste chinois (basé à Yenan jusqu'en 1948) ; la faction , dirigée par Kim Il-sung, composée de membres ayant combattu les Japonais en Mandchourie après 1931, puis ayant fui pour la plupart en Union soviétique.

La faction est liquidée dès la fin de la guerre de Corée, en 1953. La faction , à son tour menacée, tente sans succès de renverser Kim Il-sung en 1956. Le tombe en même temps, et les deux sont définitivement liquidés en 1958.

En 1961, sur un total de , le comité central du parti ne compte plus que trois membres de la faction domestique, deux de la faction pro-soviétiques et trois de la faction du groupe de Yenan, mais tous ont tissé de nombreux liens personnels avec Kim Il-sung, assurant la prééminence de ce dernier. Ils sont néanmoins presque tous éliminés à la faveur de diverses purges avant la fin des années 1960.

Idéologie Dans le contexte de la guerre froide, et avec l'appui de l'URSS de Staline, le Parti du travail est fondé comme un parti marxiste-léniniste. À partir des années 1950, toutefois, ces idéaux sont supplantés par un qui subsiste à ce jour. Lors d'un discours en 1955, Kim Il-sung met en avant le concept de Juche, insistant sur l'importance primordiale de la nation, la supériorité intrinsèque de la culture coréenne, et la nécessité de se méfier des apports de la tradition soviétique.. En 1972, le Juche devient l'idéologie officielle de l'État, inscrite comme telle dans la Constitution. Il est officiellement défini à ce stade comme , et Kim Il-sung est présenté comme le plus pur représentant du marxisme. Dans le même temps, toutefois, la lecture des écrits de Karl Marx, de Vladimir Ilitch Lénine et de est interdite au peuple, et réservée à l'élite du parti. En 1976, Kim Il-sung écrit que le Juche est une idéologie proprement coréenne, et sans rapport au marxisme-léninisme.

À partir des années 1990, à la suite de l'effondrement de l'URSS, toute référence au marxisme, au léninisme et plus généralement au communisme est purgée des textes nord-coréens, culminant avec le retrait de toute référence au communisme dans la Constitution en 2009. La Constitution remplace ainsi le communisme par la notion de songun (priorité à l'armée) comme visée de l'État, et renforce l'autorité du Kim Jong-il... Dès lors, seul est employé par le parti et par l'État comme . Lors de sa conférence de 2012, le Parti du travail adopte la motion indiquant que .

Bien que le PTC est officiellement un parti d'extrême gauche, notamment sur le plan économique, certaines de ces idéologies ont amené l'observateur B. R. Myers, professeur d'études internationales à l'université Dongseo, à suggérer que la Corée du Nord était un , d'essence fasciste, fondé sur un ... Le journaliste et écrivain britanico-américain Christopher Hitchens défend la même conclusion, suggérant que , remplacée par une idéologie de xénophobie, de pureté raciale, de nationalisme exacerbé et de suprématie des forces armées.. D'autres observateurs et politologues occidentaux et sud-coréens décrivent la Corée du Nord comme un État néo-staliniste Cependant, les références au communisme ont été réajoutées aux statuts du parti lors du Congrès du PTC en 2021.. L'idéologie du parti s'est récemment concentrée sur les ennemis impérialistes perçus du parti et de l'État ; et sur la légitimation de la domination de la famille Kim sur le système politique. Avant la montée du Juche et plus tard du Songun, le parti était également attaché à la pensée marxiste-léniniste, son importance diminuant considérablement au fil du temps.

Organisation interne

Notes et références

Notes

Références

Liens externes

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