L'Égalité est un quotidien socialiste français publié entre 1889 et 1891.

Histoire

En , le Cri du peuple traverse une crise profonde, avec le départ de Séverine et la faillite de la société anonyme qui publiait le journal. Il est racheté le pour seulement par un certain , qui n'est en réalité que l'homme de paille d'Ernest Vaughan, administrateur de L'Intransigeant, le journal du polémiste boulangiste Henri RochefortLe Parti ouvrier, 10 décembre 1888, .. En effet, Enchéry revend le titre à Vaughan moins de quinze jours plus tard. Les créanciers du Cri ayant été lésés par cette opération, la vente est annulée le par le tribunal de commerce de la Seine, qui ordonne la restitution des biens du journal au syndic de la failliteLa République française, 9 décembre 1888, ..

La rédaction du Cri, alors dominée par les blanquistes du Comité révolutionnaire central (avec Édouard Vaillant pour directeur politique et Ernest Granger pour rédacteur en chef), perd ainsi le droit de continuer l'exploitation du quotidien. Elle annonce donc le qu'elle fusionne avec la rédaction de L'Homme libre et qu'elle passe tout entière à un « journal de concentration socialiste » dirigé par Jules Roques, directeur du Courrier françaisLe Cri du peuple, 7 février 1889, ..

Le nouveau journal, baptisé L'Égalité, est lancé le . Son comité de rédaction représente la variété des courants socialistes non-possibilistes, car il comprend les blanquistes Vaillant et Granger, les marxistes Jules Guesde et Paul Lafargue, le socialiste indépendant Benoît Malon, le radical boulangiste Louis Fiaux ainsi que les conseillers municipaux radicaux-socialistes Daumas, Charles Longuet et Alfred Breuillé (secrétaire de la rédaction)Journal des débats, 8 février 1889, .. Ce comité démissionne cependant moins d'un moins plus tard, par protestation contre la gestion de Roques, qui a réalisé des économies d'impression en employant des femmes en dessous des tarifs établis par les ouvriers typographes syndiquésLa Cocarde, 4 mars 1889, .. Le départ du comité de rédaction est plus ou moins compensé par l'arrivée de collaborateurs réguliers du Courrier françaisLe Courrier français, 31 mars 1889.

Au cours de l'été 1889, le poste de secrétaire de la rédaction est confié à Michel Zévaco, qui impulse une ligne éditoriale proche de l'anarchisme. La rédaction comprend notamment Auguste Chirac, Emmanuel Chauvière, Lucien Perrin et Zéphirin CamélinatLe Parti ouvrier, 23 mai 1890, ..

En , Zévaco signe un texte outrancièrement agressif à l'encontre du ministre de l'Intérieur Ernest Constans et publie un article d’Émile Couret appelant le peuple à se débarrasser de ses oppresseurs à l'occasion du . Inculpé de « provocations au meurtre » et de « crime contre la sûreté de l’État », Zévaco est condamné le à quatre mois de prison et d'amende. Le gérant du journal, Cailhava, écope de la même amende et de trois mois de prison, tandis que Couret, qui a fait défaut, est condamné à quinze mois de détention et d'amendeLa Justice, 9 avril 1890, .. Le , après le rejet de son pourvoi en cassation, Zévaco est arrêté sans ménagement aux bureaux du journal, situés au de la rue Paul-LelongLe Petit Parisien, 26 avril 1890, ..

Le , Zévaco prétend avoir démasqué un agent de la Sûreté qui avait pour mission de corrompre L’Égalité et publie les aveux de cet agent, mentionnant les noms de plusieurs autres « mouchards ». Cet article vaudra à Zévaco et au gérant du journal, Émile-Nicolas Odin, une condamnation pour diffamationL'Intransigeant, 8 décembre 1891, ..

L’Égalité cesse de paraître en .

Notes et références

Voir aussi Liens externes

« Michel Zévaco, de l’anarchisme au roman-feuilleton », Centre International Michel Zévaco (consulté le ).

Catégorie:Titre de presse créé en 1889 Catégorie:Presse sous la Troisième République Catégorie:Presse quotidienne nationale disparue en France Catégorie:Presse socialiste en France Catégorie:Titre de presse disparu en 1891