Kenneth Robert Livingstone, dit Ken Livingstone, né le à Lambeth (Londres), est un homme politique britannique.

Ancien élu à la Chambre des communes, dernier chef du conseil du Grand Londres de 1981 à sa dissolution par Margaret Thatcher en 1986, il devient en 2000 le premier maire de Londres après son élection comme candidat dissident du Parti travailliste. Réélu en 2004 avec le soutien de son parti, il est ensuite battu en 2008 par Boris Johnson du Parti conservateur.

Ken Livingstone est surnommé (Red Ken) en raison de son passé trotskiste.

Études Après avoir étudié à la Tulse Hill Comprehensive School, il travaille pendant huit ans comme technicien de recherche sur le cancer, puis devient professeur qualifié en 1973.

Vie personnelle Ken Livingstone a également travaillé comme critique gastronomique. Il est aussi connu pour être amateur de tritons, dont il fait l'élevage.

En 1973, il se marie avec Christine Pamela Chapman, dont il divorce en 1982.

Il est ensuite en couple avec Emma Beal, sa directrice de cabinet avec qui il a deux enfants, Thomas et Mia.

Vie politique En 1971, Ken Livingstone est élu dans le borough londonien de Lambeth. Deux ans plus tard, il devient membre du Parti travailliste au Greater London Council, puis devient le chef de cet organe en mai 1981, jusqu'à sa dissolution en 1986.

Se voulant socialiste, son administration est violemment combattue par les tabloïds et par la droite du parti travailliste. Son équipe représente selon lui l’« accession au pouvoir de la génération post-68 », une nouvelle gauche anti-impérialiste et anti-sexiste engagée dans la défense des minorités raciales et sur les questions sexuelles, mais aussi une gauche qui préfère miser sur les petites coopératives et l’habitat communautaire plutôt que sur les grandes nationalisations qui n'ont souvent fait qu'accompagner le déclin industriel sans jamais l'enrayer. Il parvient cependant à construire des passerelles avec la gauche syndicale traditionnelle.

De 1987 à 2001, il représente le borough londonien de Brent à la Chambre des communes. En 2000, il devient le premier candidat indépendant élu maire de Londres. Il conserve son poste pendant huit ans, mais est battu en mai 2008 par le conservateur Boris Johnson. Il échoue à reconquérir son poste de maire en .

Mesures en tant que chef du Great London Council

Mesures économiques Après avoir créé le comité des entreprises du Grand Londres (GLEB), Ken Livingstone engage des grands chantiers économiques visant à réindustrialiser la ville, alors en déclin. Plusieurs zones industrielles désertifiées se voient alors offrir une seconde jeunesse grâce à l’établissement de coopératives et de petites entreprises, d'anciens sites industriels font l'objet de campagnes de réhabilitation, à l’image des Royal Docks à Newham.

Sa politique des transports et de la mobilité, portée par diverses incitations, encourage fortement les londoniens à se déplacer en bus et en métro.

Interventions politiques Il intervient beaucoup dans le débat public national, s'opposant frontalement à la politique de Margaret Thatcher (il fait par exemple afficher en permanence les chiffres du chômage sur de grandes bannières en face du Parlement), soutenant la grève des mineurs de 1984-1985, les luttes antiracistes, les droits des homosexuels, la réunification de l'Irlande et le combat contre l’apartheid en Afrique du Sud. En , il scandalise la presse britannique de droite lors des émeutes de Brixton contre les violences policières, apparaissant aux côtés des manifestants.

Dissolution du GLC Le gouvernement de Margaret Thatcher, en conflit ouvert avec Ken Livingstone, fait dissoudre le Great London Council en 1986, l'année du « Big Bang » (série de mesures qui déréglementent la place financière de Londres).

Mesures et faits en tant que maire de Londres En 2000, le Premier ministre Tony Blair et le chancelier de l'Échiquier Gordon Brown font en sorte d'empêcher Ken Livingstone, très critique à l'égard du New Labour, de se présenter sous la bannière travailliste aux élections municipales de Londres, le faisant exclure du parti. Candidat indépendant, Livingstone est élu avec 58% des voix au second tour.

Transports et logement Maire de Londres, il s'engage en particulier sur la question des transports. Sa décision d'instaurer un péage urbain pour accéder au centre-ville, qui a eu pour effet immédiat de réduire la circulation de plus de 10%, a été très controversée et vivement combattue par la presse. Parallèlement, les pistes cyclables sont étendues, le prix du ticket de bus plafonné et les lignes prolongées, entraînant une nette augmentation de la fréquentation des transports en commun. Un nouvel organisme, Transport for London, commence à réintégrer le réseau ferroviaire privé dans le giron public. De fait, la politique de Ken Livingstone en matière de transports entre en contradiction avec celle du gouvernement, lequel lance au contraire un plan de privatisation partielle du métro.

Sa politique des mobilités est un succès pour Linvingstone, mais l’amélioration des transports publics londoniens a aussi pour effet de provoquer une hausse des prix de l'immobilier, et donc de favoriser la gentrification du centre-ville. La flambée des prix du logement est ainsi perçue comme l'échec le plus important de Ken Livingstone à la mairie de Londres.

Minorités Connu pour ses prises de position anti-racistes et anti-impérialistes, son opposition farouche au régime d'apartheid en Afrique du Sud ou la défense des travailleurs immigrés, une fois élu, Ken Livingstone déploie sa politique municipale en faveur des minorités. Acte symbolique fort de cette volonté, la statue de Nelson Mandela inaugurée sur Parliament Square, au sujet de laquelle Livingstone déclare : "There can be no better place than our greatest square to place a statue of Nelson Mandela so that every generation can remind the next of the fight against racism.".

En décembre 2005, Livingstone organise Hannukah (fête juive des lumières) à la mairie de Londres, et informe que cet événement sera désormais annuel.

International En 2003, Ken Livingstone s'oppose à l'invasion de l'Irak et participe régulièrement aux manifestations pacifistes, qualifiant George W. Bush de « criminel de guerre ».

thumb|Affiche mettant en valeur les origines multiples des londoniens, installée à la suite des attentats en 2005.

Attentats du 7 juillet 2005 Quelques heures après les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, Livingstone s'exprime depuis Singapour, où il représentait Londres pour sa candidature aux Jeux olympiques d'été de 2012. Visiblement sous le choc, sa voix trahit sa colère contre les atrocités perpétrées dans sa villeLe maire de Londres condamne cette attaque lâche, article de la BBC.

Le , Livingstone s'exprime à nouveau sur la BBC à propos des attentats, cette fois sur le rôle de la politique étrangère britannique dans ces attentatsLe maire de Londres dénonce la politique britannique au Moyen-Orient, BBC.

Polémiques thumb|Livingstone en 2012. Livingstone est critiqué par les médias pour avoir soutenu Hugo Chavez et séjourné à Cuba.

En , le journaliste Oliver Finegold tente d’interviewer Ken Levingstone dans la rue alors qu'il sortait d'une réception privée au City Hall. Face à son insistance, Livingstone lui répond alors que c'est et le compare à un , entre autrestranscript de la conversation entre K. Livingstone et O. Finegold, The Guardian. À la suite de la violence du propos, l' porte plainte auprès de l'organisme indépendant , qui saisit à son tour l'. L'affaire soulève une importante indignation médiatique et politique parmi la diaspora juive. et chez des personnalités comme Tony Blair. Ken Livingstone est finalement suspendu de ses fonctions le par une décision controversée de l'Adjucation panel..

Au terme de plusieurs procédures en appel, la décision de l'Adjudication Panel est finalement cassée. Bien que réhabilité, Livingstone s'excuse, lors de l'inauguration du , le , auprès des membres de la communauté juive qui se seraient sentis offensés par ses propos.

En , il est accusé d’antisémitisme à l'issue d'une réunion avec des représentants de la communauté juive, certains participants l'accusant d'avoir déclaré que les juifs ne le soutenaient pas car ceux-ci étaient généralement riches. Il nie avoir fait de tels commentaires mais accepte de signer une lettre d'excuses.

En 2016, il est suspendu du Parti travailliste pour avoir affirmé, faisant allusion à l'accord Haavara, que Hitler avait encouragé le sionisme avant de devenir fou et de tuer six millions de JuifsRainer Schulze, « Hitler and Zionism: Why the Haavara Agreement does not mean the Nazis were Zionists », Independent, 3 mai 2016, en ligne.. Ce commentaire suscite une vive indignation y compris dans son propre parti. Les propos de Livingstone sont critiqués par la plupart des historiens.. Ainsi, pour l'historien Roger Moorhouse, dire que Hitler a soutenu le sionisme .

À la suite de ces polémiques, il démissionne du Parti travailliste le , déclarant : « Je n’accepte pas les allégations selon lesquelles j’ai jeté le discrédit sur le Labour ni celles selon lesquelles je serais coupable d'antisémitisme. J’abhorre l’antisémitisme, je l’ai combattu toute ma vie et continuerai de le faire »« Antisémitisme. L’ex-maire de Londres Ken Livingstone démissionne du Labour », ouest-france.fr, 21 mai 2018..

Notes et références

Annexes Articles connexes Péage urbain de Londres Attentats du 7 juillet 2005 à Londres

Liens externes

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