Al-Kabri (en ) était un village de Palestine mandataire situé à au nord-est de la ville d’ Acre. Il fut détruit lors de la guerre israélo-arabe de 1948.
Histoire
Croisades
Au , al-Kabri était connu sous le nom de « Le Quiebre » et appartenait au fief de Casal Imbert. En 1253, Henri Ier de Chypre accorda les terres de Casal Imbert, dont « Le Quiebre », à Jean d'Ibelin (1179-1236). Peu après, en 1256, Jean d’Ibelin loua pour dix ans Casal Imbert et ses dépendances, en particulier le village de « Le Quiebre » à l’ordre Teutonique. En 1261, Casal Imbert, Le Fierge et Le Quiebre, furent vendus à l’ordre teutonique, en échange pour une somme annuelle versée tant qu’Acre restait aux mains des chrétiens. En 1283, le village faisait encore partie du domaine des Croisés, car il est mentionné à ce titre, sous le nom d’« al-Kabrah », lors de la trève entre eux, basés à Acre et le sultan mamelouk Al-Mansûr Sayf ad-Dîn Qala'ûn al-Alfi.
Selon l’historien Ahmad al-Maqrîzî, le village était passé sous gouvernement mamelouk en 1291 : le sultan al-Ashraf Khalil attribue le revenu du village, indiqué alors sous le nom d'« al-Kabira » à un waqf au Caire.
Période ottomane
vignette|left|Carte française de la région en 1799, par Pierre Jacotin. On y remarque l’aqueduc entre Acre et al-Kabri, construit sous Djezzar Pacha.
Al-Kabri fut incorporé dans l'empire ottoman en 1517 et apparaît dans le defter (registre fiscal) de 1596, comme faisant partie de la nahié (sous-district) d'Acre dans le sandjak de Safed, avec une population composée de 10 ménages, tous musulmans. Les villageois payaient un impôt au taux fixe de 25% sur les produits agricoles, le blé, l’orge, les récoltes d’été, le coton, les chèvres et les ruches, ainsi que d’autres taxes occasionnelles, pour un total de . Les sept douzièmes étaient versés à un waqf.
En 1799, le village est désigné sous le nom de « Kabli » sur la carte de Pierre Jacotin, établie dans le cadre de la campagne d’Égypte. L’endroit est bien connu pour ces sources, Ayn Mafshuh, Ayn Fawwar, Ayn al-'Asal, et Ayn Kabri. Leur nombre élevé fait d’al-Kabri le principal pourvoyeur d’eau dans le sous-district d’Acre. D’anciens aqueducs fournissaient de l’eau à Acre à partir des sources et deux canaux additionnels furent construits sous Ahmad Pasha al-Jazzar en 1800, et en 1814.
En , l’explorateur et géographe français Victor Guérin visita la région. Il décrit le village comme étant . Guérin décrit aussi en détail le système de sources, le réservoir et l’aqueduc dans la région du village .
thumb|left|Partie de l'aqueduc construit sous Sulayman Pasha al-Adil entre al-Kabri et Acre.
En 1881, le Survey of Western Palestine du Fonds d’exploration de la Palestine le décrit comme situé au bord d’une plaine, construit en pierre et doté d’une population de 400 habitants. Il y note des jardins, des figuiers, des oliviers, des mûriers, des pommiers et des grenadiers, ainsi qu’une source abondante et un birket, un bassin à partir duquel l’aqueduc conduisait l’eau jusqu’à Acre.
Un recensement fait en 1887 environ indique qu'el-Kabry a alors environ 690 habitants, tous musulmans.
Palestine mandataire
En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d' al-Kabri est conquise fin 1918 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Au début de l'occupation britannique, la domination du nouvel empire étant encore mal assurée, les troupes ayant conquis le territoire sont affectées en garnison. La 7 brigade d'infanterie indienne de la était stationnée dans le nord de la Palestine avec un QG à Acre, un bataillon à Nazareth, un autre à Rosh Pina et le dernier à al-KabriGiora Goodman, 2021. « Between the Battles of Tel Hai and Samakh: Britain’s Security Policy in North-East Palestine in the Spring of 1920 », Journal of Israeli History, volume 39 1, 87–105. doi:10.1080/13531042.2021.1968525..
Lors du recensement de la Palestine mandataire de 1922, conduit par les autorités britanniques, al-Kabri a une population de , de religion musulmane, qui augmente à , toujours de religion musulmane, répartis en , lors du recensement de 1931. La population vivait de l'agriculture. Les maisons sont en pierre, en adobe et en béton armé ; le village dispose d’une mosquée et d’une école élémentaire pour garçons. L’agriculture forme la base de l’économie, les villageois cultivant des olives, des citrons et des bananes, ou élevant du bétail.
Dans les statistiques de Village établies en 1945, la population d’al-Kabri est estimée à , tous musulmans. Al-Kabri est comptabilisé avec la ville voisine de Tarshiha et, avec elle, occupe un total de de terres (soit ).
Les citrons et les bananes étaient cultivés sur , étaient utilisés pour les céréales, étaient irrigués ou plantés de vergers, et étaient occupés par des bâtiments et des maisons.
Guerre de 1948
Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Al-Kabri est attribué à l’État arabeSami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949..
Al-Kabri fut l’objet d’un raid de la Palmah dans la nuit du au , au cours duquel la maison de Fares Efendi Sirhan, un notable affilié à la famille al-Husseini, fut détruite partiellement par une explosion ; Sirhan et sa famille se réfugièrent ensuite au Liban. Le , un convoi formé de cinq camions et un véhicule blindé, apportant du ravitaillement au kibboutz Yehiam assiégé, fut attaqué en passant à al-Kabri et membres de la Haganah furent tués ; une autre source donne la date du , indiquant que le New York Times mentionne morts parmi les Juifs, six parmi les Arabes.
En avril, la Haganah prépara le plan initial d’une opération nommée Ehud, destiné à attaquer les villages d’al-Kabri, d'al-Nahr, d'al-Bassa et d’al-Zib afin de . Finalement, le village fut probablement occupé pendant la nuit du 20 au , pendant la deuxième phase de l’opération Ben-Ami ; à cette date, la plupart des habitants avaient fui le village, se dispersant en Galilée. Certains y furent tués lorsqu’on découvrit qu’ils venaient d’al-Kabri, en représailles pour l’attaque contre le convoi. Le village est annexé par Israël après la guerre.
Selon l’historien palestinien Walid Khalidi, ce qui restait sur les terres d’al-Kabri au début des années 1990 étaient des murs écroulés et des tas de pierres, envhis de ronces, d’herbes et de buissons.
Une communauté juive, formant le kibboutz , s’installa en 1949 sur les terres adjacentes au site du village d’al-Kabri, qui servent de pâturage et sont aussi utilisées aussi pour l’agriculture.
Références
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Lien externe .
Catégorie:Localité conquise par Israël durant la guerre israélo-arabe de 1948 Catégorie:Localité palestinienne dépeuplée Catégorie:Sous-district d'Acre Catégorie:1948 en Palestine