vignette|Cérémonie zār sur l'île d'Ormuz.
Le zar est à la fois un démon, un rite, et un genre musical du Moyen-Orient et de la Corne de l'Afrique.
Dans les cultures de la Corne de l'Afrique et des régions adjacentes du Moyen-Orient, le zār (en arabe, , en guèze, ) désigne un démon, un esprit, qui prend possession d'un individu, la plupart du temps une femme, et qui cause maladie ou malaise. Le zār désigne aussi le rituel destiné à exorciser la personne possédée.
Le zār est aussi devenu une pratique musicale, populaire dans la culture urbaine contemporaine du Caire et des autres grandes villes du monde islamique et réservé aux femmes. Le cérémonial implique l'usage de produits alimentaires et des performances musicales, et il culmine par une danse extatique pouvant durer de trois à sept nuits. La lyre à six cordes, appelée tanbūra, est fréquemment utilisée ainsi que d'autres instruments, tels le , une ceinture en cuir faite de sabots de chèvres, et divers instruments à percussion.
Origine Au début du , les universitaires attribuent une origine éthiopienne (d'Abyssinie) à cette croyance, comme l'Encyclopédie de l'Islam de 1934. Un voyageur du début du , William Cornwallis Harris, décrit le rituel abyssinien du sár, destiné à éliminer la maladie chez une personne, à l'occasion duquel une poule ou une chèvre est sacrifiée et son sang mélangé à de la graisse et du beurre ; la préparation est cachée sous une allée et ceux qui passent au-dessus sont censés aider à faire régresser la maladie. Messing (1958) établit que le culte est particulièrement bien développé dans le nord de l'Éthiopie, la région Amhara, autour de la ville de Gondar. Son expansion au-delà de la Corne de l'Afrique daterait ainsi du ou du début du , lorsqu'elle est introduite par les esclaves éthiopiens employés dans les harems ottomans de la province d'Égypte.
D'autres auteurs comme Frobenius suggèrent que le zār (mais aussi le culte bori, un culte comparable pratiqué par les peuples Haoussas) provient de Perse. Walker (1935) avance que son origine pourrait être liée à la cité de Zara, en Iran, ou une racine arabe , qui signifie « visiter », en allusion à la « visite » de l'esprit dans la personne du possédé. Modarressi (1986) suggère une étymologie perse. Mirzai Asl (2002) suggère que l'expansion depuis l'Iran se serait produite au , à l'époque de la dynastie Kadjar, par le truchement d'Africains arrivés en Iran via la traite arabe. Natvig (1988) rapporte que le culte zār sert de refuge aux femmes et aux hommes « efféminés » dans la région soudanaise (sud du Sahel) soumise à la loi islamique.
Variantes Il existe des variantes du zār, telles que celle de la région de Suakin, un port soudanais (zār sawāknī), celle du peuple Zandé (zār Nyamānyam, en référence à Nyame, le Dieu des Akan chez les Zandé), ou encore celle des Babinga et des Nakurma (zār nugāra). On le rencontre aussi chez les Shilluk et les Dinka et, sous la forme du dinia, chez les Nouba.
Esprits En Éthiopie, zār est le terme qui désigne les démons ou les esprits maléfiques. Dans le même temps, beaucoup d'Éthiopiens croient en des esprits bénéfiques et protecteurs, nommés abdar. La croyance en ces esprits est aussi répandue chez les musulmans et chez les chrétiens.
Comme il est habituel dans les religions traditionnelles, les maladies psychiatriques, au sens moderne du terme, sont attribuées à des cas de possession par des esprits. Ĥēṭ, est un terme utilisé pour les esprits possessifs, à l'instar de tumbura.
Une légende rapporte qu'il existe quatre-vingt-huit sároch, émissaires maléfiques au service d'un esprit nommé Warobal Mama, lesquels résident dans le lac Alobar dans la région de Menz, en Éthiopie.
Le zār fait partie des croyances communes parmi les émigrants éthiopiens en Amérique du Nord, en Europe ou en Israël. Par exemple, les Falashas conjuguent fréquemment la croyance juive avec celle du zār.
Dans le sud de l'Iran, le zār est compris comme un « vent mauvais », causant malaise et maladie. Il existe plusieurs de ces vents : Maturi, Šayḵ Šangar, Dingemāru, Omagāre, Bumaryom, Pepe, Bābur, Bibi, Namrud.
En Égypte, le zār est une cérémonie rituelle destinée à guérir de la possession au rythme de la musique et surtout du tambour, dont le rythme au fur et à mesure plus rapide et plus saccadé plonge les possédé(e)s dans une sorte de transe jusqu'à l'épuisement de leurs forces, c'est alors que l'esprit qui s'était emparé de leur corps sort enfin.
Musique Le zar est devenu une musique traditionnelle dans plusieurs pays de la région, associée à des rites de guérison d'exorcisme. Il est aussi devenu un art à part entière, prisé par les touristes.
En 2011, l' sort un album intitulé Zār, en collaboration avec le trio du musicien de jazz Matthieu Donarier.
Bibliographie . . . . . . .
Éthiopie
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Soudan
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Égypte
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Somalie
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Iran
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Filmographie
Le film The African-Baluchi Trance Dance de 2012 dépeint une variété d'activités liées au zar dans le sud-est de l'Iran.
Notes et références
Liens externes
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