La sonate 206 (154/257) en mi majeur est une œuvre pour clavier du compositeur italien Domenico Scarlatti.

Présentation

La sonate en mi majeur 206 est notée Andante. Elle forme une paire avec la sonate suivante, plus rapide et virtuose. Elle est d'une remarquable richesse de par la diversité expressive, presque romantique, qui s'en dégage. Il s'agit de l'une des plus belles sonates, des plus libres et des plus personnelles du musicien. L'harmonie en est fascinante, particulièrement audacieuse, avec des ruptures et des modulations étranges. Elle est parfois sous-titrée « Les adieux ».

Son ouverture est calme et sereine, lumineuse et tendre. Après une autre idée en si majeur accompagnée d'accords, un troisième épisode inattendu interrompt brusquement en modulant dans le sombre mineur (), avec changement d'armure, et se poursuit pendant huit mesures. Il est fait d'un petit motif accompagné de tierces. Cette brisure tonale réapparaît dans la seconde partie, annonçant la conclusion. Un quatrième épisode au caractère andalou fait son apparition ; avant la conclusion Scarlatti ajoute un motif en forme de gammes partant du centre du clavier . Dans la seconde section, la sonate commence par un nouvel épisode qui de l' mineur se rend au mineur, où Scarlatti utilise notamment des quintes à vide. La sonate se termine en mi mineur.

Cette sonate, ouvrant le troisième manuscrit de Venise (copie de 1752), est la première à explorer toute une variété de climats, comme ses consœurs qui suivent, notamment des tempos plus lents, où l'on peut découvrir un Scarlatti lyrique et très expressif, où chaque sonate regorge de richesses, de surprises jointes à une grande veine mélodique. Ralph Kirkpatrick intitule cette période de sonates contenues dans , , puisqu'elle conduit aux sonates de maturité. .

Manuscrits Le manuscrit principal est le premier numéro du () de Venise (1753), copié pour Maria Barbara ; les autres sont Parme (Ms. A. ), Münster (Sant ), Vienne (VII ) et (VII ) et (). Une copie figure dans les manuscrits de Saragosse , , 123v. Datée de 1752 en haut de page, elle suggère l'existence de collections antérieures aux copies italiennes.

Interprètes

La sonate 206 est défendue au piano par Pietro Scarpini (1957, Rhine Classics), Murray Perahia (1997), Christian Zacharias (2002, MDG) Carlo Grante (Music & Arts, ), Angela Hewitt (2017) et Pascal Pascaleff (2020, Naxos, vol. 25) ; au clavecin , elle est enregistrée notamment par Blandine Verlet (1976), Rafael Puyana (1984), Kenneth Gilbert (1987, Novalis), Bob van Asperen (1991, EMI), John Gibbons (1995, Centaur Records), Skip Sempé (2007, Paradizo) et Diego Ares (2012, Pan Classics).

Teodoro Anzellotti l'interprète à l'accordéon (2001, Winter & Winter) parmi une quinzaine de sonates, ainsi qu'Andreas Nebl (2021, Castigo Classic Recordings). Leo Brouwer en a donné une transcription pour guitare qu'il a enregistrée pour le label Erato (1974), parmi une douzaine de sonates ; ainsi qu'Eduardo Fernández, pour Decca (1993). Charles Metz pour sa part, l'interprète sur un piano-forte carré, fabriqué en 1806 par Clementi (2023, Navona).

Notes et références

Sources

.

Liens externes

206 Catégorie:Œuvre en mi majeur Catégorie:Œuvre musicale composée en 1753