230px|vignette|Les sept sacrements.

Un sacrement est, dans la théologie catholique, un geste qu'une parole accompagne dans lequel Dieu agit par l’intermédiaire d'un ministre ordonné (évêque, prêtre ou diacre) pour le salut des hommes..

Définition

L'Église catholique distingue sept sacrements qui forment une liste dite septénaire. Ces sacrements sont :

le baptême ; l'Eucharistie ; la confirmation ; le sacrement de réconciliation (appelé aussi sacrement de pénitence) ; l'onction des malades (aussi appelée sacrement des malades, anciennement extrême-onction) ; vignette|440px|Les sept sacrements de l'Église catholique (et les sacramentaux). le mariage ; l'ordination.

Ces sept actes sacramentels sont à distinguer des actes appelés les sacramentaux parmi lesquels les bénédictions occupent une place importante. ..

Le paragraphe 1127 du Catéchisme de l'Église catholique affirme que .. Le paragraphe 1129 : ..

Les Sacrements ont été institués par Jésus-Christ et leur nombre de sept a été fixé définitivement en 1274 par le deuxième concile de Lyon. Quand on dit qu'ils agissent , il ne faut pas comprendre qu'ils ont une efficacité automatique, mais bien qu'ils sont d'abord un acte de Dieu, acte qui obtient son effet dans la mesure où les dispositions humaines d'accueil sont présentes..

Les sacrements sont célébrés à divers moments de la vie du catholique depuis les trois sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie) jusqu'à l'onction des malades.

Histoire vignette|240px|Triptyque des Sept Sacrements de Rogier van der Weyden, musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, Belgique.

Au , dans le droit romain, le mot sacramentum était l'engagement juridique d'une personne qui acceptait de perdre son gage s'il venait à rompre sa foi jurée..

Au , Tertullien (160–220) applique le sacramentum aux rites chrétiens, à commencer par le baptême comme sacrement de la foi (sacramentum fidei), et avec le baptême on entre dans la Militia Christi ;.

Aux , les débats permettent d'affiner la compréhension des sacrements. Saint Augustin (354-430) tente une première théologie des sacrements...

Au , sacramentum a remplacé mysterium pour désigner l'acte sacramentel. Pierre Lombard (1100-1160) affirme que le sacrement est un signe visible de la grâce de Dieu et en même temps la cause de la grâce. Il distingue les sacrements majeurs (qui signifient et produisent la grâce) et les sacrements mineurs ou sacramentaux (qui signifient seulement la grâce sans la produire)..

Ce n'est qu'avec le goût de la scolastique naissante pour la systématique qu'apparaissent les premiers traités sacramentaires, et avec leurs essais de définition, la fixation du Septénaire.. Le premier ouvrage connu à avoir établi la liste de sept sacrements qui allaient devenir canoniques a été publié par un auteur anonyme aux environs de 1145 et s'intitulait « Sentences de la théologie ». La liste comprenait les cinq sacrements communs à tous les chrétiens et deux autres que tous ne partageaient pas. Cette distinction, ainsi que le chiffre sept, fut acceptée en une vingtaine d'années.

Les choses suivantes ne furent pas acceptées comme sacrements : la consécration monastique, l'onction royale, la consécration d'une église. D'où l'idée actuelle des « sacramentaux ». Le concept de sacrement, large et sans fixation précise, de l’Église ancienne, a cours jusqu'au douzième siècle. Au temps de la préscolastique, circulent encore des conceptions très variées sur le nombre des sacrements. Les évêques Fulbert de Chartres et Brunon de Wurtzbourg n'en comptent que deux, le baptême et l'Eucharistie. Bernard de Clairvaux, quant à lui, en voit dix (dont le lavement des pieds), le cardinal Pierre Damien douze (y compris l'onction royale), et d'autres varient entre ces grandeurs. Ce n'est qu'avec le goût de la scolastique naissante pour la systématique qu'apparaissent les premiers traités sacramentaires, et avec leurs essais de définition, la fixation du Septénaire (vers le milieu du douzième siècle).

Au , les controverses avec les protestants portaient sur de nombreuses questions, notamment sur le rôle de la papauté, du sacerdoce ministériel et, plus généralement sur le rapport entre l'Écriture et la Tradition, ce qui amenait à s'interroger sur l'origine et la nature des sacrements. Le concile de Trente fut convoqué pour répondre à ces interrogations et promouvoir des réformes dans l'Église.

Aujourd'hui Le concile Vatican II a défini l’Église comme . (Constitution dogmatique Lumen gentium, 1)..

Pour qu'un sacrement soit valide, la célébration du rite doit répondre à des conditions précises et en utilisant les formules sacramentelles fixées par les livres liturgiques..

Notes et références

Bibliographie Henri Bourgeois, Bernard Sesboüé, Paul Tihon, Les Signes du salut : les sacrements, l’Église, la Vierge Marie, Paris 1995 (coll. Histoire des dogmes 3). Louis-Marie Chauvet, Symbole et sacrement. Une relecture sacramentelle de l'existence chrétienne. Paris, Cerf, 1987 (Cogitatio fidei 144). Louis-Marie Chauvet, « Sacrements », in encyclopédie Catholicisme volume 13 (1993) 326-361. Louis-Marie Chauvet, « Sacrement », in Jean-Yves Lacoste (dir.), Dictionnaire critique de théologie, Puf/Quadrige, 2022 André Duval, Des sacrements au concile de Trente. Paris 1985 (coll. Rites et symboles 16). Arnaud Join-Lambert, Célébrer les sacrements : action et langage prophétique, in : Précis de théologie pratique. Éd. Gilles Routhier – Marcel Viau. Bruxelles – Québec – Paris, 2e éd. augmentée, 2007 (coll. Théologies pratiques) p. 551-562. Pierre Jounel, La célébration des sacrements. Paris 1983. Jean-Philippe Revel, Traité des sacrements. I. Baptême et sacramentalité. Vol. 1. Origine et signification du baptême. Paris 2004 (Théologies) ; Vol. 2. Don et réception de la grâce baptismale. Paris 2005 ; II. La confirmation. Paris 2006. Michel Scouarnec, Les symboles chrétiens. Les sacrements ne sont pas étranges, Paris, 1998 (coll. Vivre – Croire – Célébrer). .

Articles connexes Validité et licéité Communion des saints Pleine communion Communicatio in sacris In persona Christi