La famille de Courcelles est une famille de noblesse d'extraction que l'on trouve établie au en Champagne au service des ducs de Bourgogne. À la fin du , elle hérita par alliance de la seigneurie de Saint-Liébault dans l'Aube et à la fin du de la coseigneurie de Tanlay dans l'Yonne qu'elle conserva jusqu'à son extinction en ligne légitime en 1534.
Elle est donnée habituellement comme originaire de Champagne, mais elle apparait reliée à un Pierre de Courcelles « garde de la forêt de Neuville » près d'Orléans en 1342, qui possédait en 1348 le fief de Courcelles à Courcelles-sur-Seine dans l'Eure.
Sa filiation certaine remonte à Jean de Courcelles († avant 1440)Les Dossiers bleus du cabinet des titres ne font pas remonter la filiation au-delà de Jean de Courcelles, chevalier, seigneur de Saint-Liébault, panetier en 1389 du duc de Bourgogne puis chambellan et conseiller du duc de Bourgogne et du roi de France, marié à Marguerite de Fontenay : Bibliothèque nationale de France. département des manuscrits français , dossiers bleus : famille de Courcelles.. Il était peut-être le fils de Pierre de Courcelles, enquêteur et maître des eaux et forêts de Champagne en 1375.
La famille de Courcelles s'éteignit en ligne légitime en 1534 avec Edme de Courcelles (arrière-petit-fils du précédent), mort sans postérité de son mariage avec Françoise Ysoré, mais une descendance naturelle « bâtarde » subsista au moins jusqu'en 1608.
Le nom « de Courcelles » fut pris à partir du par une famille « Guillaume » (éteinte au ) après une alliance avec une fille de la descendance naturelle de la famille de Courcelles.
Origine Les sources diffèrent sur l'origine de Jean de Courcelles (né vers 1370 et mort avant 1440), marié en 1395 à Marguerite de Fontenay, qui lui apporta entre autres la seigneurie de Saint-Liébault dans l'AubeT. Boutiot, Histoire de la ville de Troyes et de la Champagne Méridionale, 1872, page 405., fille de Nicolas de Fontenay († 1396), riche financier au service du duc de Bourgogne et du roi de France, originaire de Fontenay près de Troyes dans l’Aube où il possédait de nombreux biens.
On ne connait aucun acte attestant de la filiation de Jean de Courcelles, on ne connait pas non plus d’actes le reliant à une seigneurie avant son mariage en 1395 avec Marguerite de Fontenay.
Jean de Courcelles est identifié pour la première fois en 1386Recueil de Peincédé Tome 24 f.243 en Bourgogne comme écuyer et valet servant de l'écuelle du duc de Bourgogne Philippe Le Hardi puis en 1389 et 1391 comme panetier du duc. On le trouve ensuite en Champagne où il résigne le « l’office de la garde et gouvernement des château et terre de Beaufort en Champagne » que reprendra son beau-frère Pierre de FontenayBernard Prost, Inventaires mobiliers et extraits des comptes des ducs de Bourgogne, 1908, page 518..
Le le duc Philippe de Bourgogne reçut foi et hommage de son panetier Jean de Courcelles pour la moitié du château et de la terre de Saint-Liébault qu’il venait d’acquérir de son beau-frère Guillaume des Boves, écuyer tranchant du duc de Bourgogne et de sa belle-sœur Jeanne de FontenayInventaire sommaire des Archives départementales de l’Aube antérieures à 1790, 1884, page 139.. À cette date il est seigneur (du chef de sa femme) des terres de Saint-Liébault et de Pars-lès-Chavanges dans l’Aube.
Le plus ancien acte connu où Jean de Courcelles est désigné « seigneur de Courcelles » est un certificat du de « Pierre Chemin, escuier, lieutenant de Jean, seigneur de Courcelles et de Saint-Liébault, gruier du duc en ses terres de Champagne »Recueil de Peincédé Tome 24 f.104 puis en 1399 dans une quittance au receveur des terres de Beaufort « Jean de Courcelles, escuier, seigneur dudit Courcelles et gouverneur desdites terres pour le duc »Recueil de Peincédé Tome 24 f.686. Les actes ne précisent pas quelle est la seigneurie de Courcelles, ce n'est que le Alain Noël Des seigneurs de Tanlay aux truffiers des forêts de Paisson et de Maulne., que sa localisation nous parvient, le chambellan du roi nomme trois procureurs chargés de rendre en son nom foi et hommage de la terre et fief de Courcelles à l'archevêque de Rouen, l'édit de Pierre des Essarts, prévôt de Paris qui accompagne l'aveu mentionne qu'il est question de la terre de « Courcelles Lez Andelys sur Saine » soit Courcelles-sur-Seine dans l'Eure, ce que confirme un second aveu rendu en 1434 où cette fois « Jehan de Courcelles, seigneur dudit Courcelles, de Saint-Liébault » délimite sa terre de Courcelles « entre la rivière de Saine d'un costé et la forest du roy et d'un bout le dismage de Pormor et d'autre le dismage de Bouafle » tout en précisant qu'il demeure en son manoir de Courcelles.
Selon certaines sources, Jean de Courcelles est d'origine champenoiseMarie Angélique Depardieu, Un homme de finances dans la moitié du , Nicolas de Fontenay dans Annales de Bourgogne : revue historique trimestrielle publiée sous le patronage de l'Université de Dijon et de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, 2001, page 416. et tire son nom du bourg de Courcelles à Neuvy-Sautour dans l'YonneEugène Lambert, Recherches historiques sur Tanlay, 1886, page 117 : notice sur la maison de Courcelles. ou de la terre de Courcelles près de Brienne-le-Château dans l'Aube où, en 1393, son beau-père Nicolas de Fontenay avait acquis les droits appartenant à Pierre de ChaumesnilBibliothèque de l'École des chartes, Librairie Droz, 1922, page 312..
Dès le on trouve des porteurs du nom de Courcelles dans l'Aube : En 1202, Anseau de Courcelles, neveu de Geoffroy de Villehardouin, né à Courcelles, canton de Brienne-le-Château, prit part à la croisadeÉmile Socard, Biographie des personnages de Troyes et du département de l'Aube, 1882, page 14.. En 1302, Pierre de Courcelles est bourgeois d’Ervy-le-ChâtelAuguste Petel, Templiers et hospitaliers dans le diocèse de Troyes, 1905, page 28.. En 1353, le seigneur Jean de Courcelles agrandit l’ermitage Notre-Dame-du-Hayer à ChennegyJean-Baptiste-Louis de Gonzague Fontaine, Le cardinal Pierre de Bérulle, 1847, page 178..
Eugène Lambert, auteur de Recherches historiques sur Tanlay écrit « L’alliance du nouveau seigneur de Tanlay [Philippe de Courcelles] avec les Chamigny s'explique facilement par les rapports de voisinage (...) En effet, la terre dont Philippe portait le nom, située à la base de la colline où est bâti le bourg de Neuvy, se trouvait à une faible distance du château de Sautour. Comme les Chamigny, les Courcelles étaient donc originaires de la Champagne, et leurs biens situés en grande partie dans le bailliage de Troyes. Ils passèrent au service des ducs de Bourgogne en 1328, date à laquelle Philippe de Valois assigna à Jeanne de France, fille de Louis-le-Hutin et femme du duc Eudes IV, la châtellenie de Chaource, en compensation de ses droits sur le comté de Champagne. L'un d'eux, Jean de Courcelles, fut nommé, en 1397, gruyer de Philippe-le-Hardi, en remplacement de Jean de Mussy, décédé. C'était le père du seigneur de Tanlay ».
Selon ces mêmes sources Jean de Courcelles « était peut-être fils de Pierre de Courcelles, enquêteur et maître des eaux et forêts de Champagne en 1375 » (le père Anselme indique que Pierre de Courcelles, chevalier, est qualifié maître et enquêteur des eaux et forêts du roi, dans des mandements du ; et )Anselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, tome VIII, 1733, pages 875-876..
Filiation supposée Selon Alain Noël, auteur d'un ouvrage sur la famille de Courcelles, les deux générations qui précèdent Jean de Courcelles, marié à Marguerite de Fontenay (dite sa veuve en 1440) seraient: Pierre de Courcelles « garde de la forêt de Neuville » près d'Orléans, dont le sceau sur une quittance de sur les exploits de la forêt de Neuville délivrée le au receveur du bailliage d'Orléans est un écu à « Trois croissants, supporté par deux oiseaux dans un quadrilobe »Germain Demay, Inventaire des sceaux de la collection Clairambault à la Bibliothèque nationale, Tome 1, 1885, page 304, : sceau de Pierre de Courcelles (1342), garde de la forêt de Neuville : écu à « Trois croissants, supporté par deux oiseaux dans un quadrilobe ». En 1348, est établi un vidimus du privilège accordé par Jean duc de Normandie à « Pierre de Courcelles, écuyer, maître de la garde de Neuville en la forêt d’Orléans et à ses successeurs dans la seigneurie de Courcelles » à Courcelles-sur-Seine dans l'Eure, pour « le pasnage et pasturage en nostre forest d'Andeli (Les Andelys) jusques au nombre de vint bestes, buefs, vaches ou pors »Inventaire sommaire des archives départementales de l’Eure antérieures à 1790, 1893, page 213.. Il serait le père de : Pierre de Courcelles, seigneur de Courcelles et de la Baguelande en 1376, maître et enquêteur des eaux et forêts, cité en 1366 à Rouen en Normandie avec un écu à « Trois croissants, penché, timbré d’un heaume, cimé d’une tête de cerf, supporté par deux lions »Germain Demay, Inventaire des sceaux de la collection Clairambault à la Bibliothèque nationale, Tome 1, 1885, page 304, : sceau de Pierre de Courcelles (1366) maître et enquêteur des eaux et forêts : écu à « Trois croissants, penché, timbré d’un heaume, cimé d’une tête de cerf, supporté par deux lions ». (Selon certaines sources, il s'agit du même que Pierre de Courcelles « garde de la forêt de Neuville » près d'Orléans en 1342).
Charpillon dans son Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure écrit : « Dans une enquête de 1330, sur les fiefs de l'archevêque, tenus dans le Vexin, on trouve Pierre de Courcelles, autrement d'Ecos, escuyer, qui peut-être tenait à Écos le fief relevant de l’Isle à Gisors, propriété de l'archevêque. Il est possible qu’il fut seigneur de Courcelles-sur-Seine (aussi dans l'Eure) qui relevait de Fresnes, autre propriété des archevêques »Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, volume 2, 1879, page 12..
Le plus ancien auteur connu de la filiation supposée serait donc Pierre de Courcelles que l'on trouve « garde de la forêt de Neuville » en Orlénais en 1342Armorial historique & monumental européen, ID 1240 famille de Courcelles..
L'auteur retient cette origine car par deux fois en et septembre 1434, Jean de Courcelles, seigneur de Saint-Liébault, chevalier, conseiller et chambellan du roi rendit aveu à l'archevêque de Rouen d'un quart de fief de haubert, du manoir de Courcelles et de treize masures à Courcelles-sur-Seine dans l'Eure, son sceau comprend alors le même écu aux trois croissants que les précédents seigneurs de Courcelles à savoir « Trois croissants sur un champ de rinceaux, penché, timbré d'un heaume, cimé d'un croissant dans un vol, supporté par deux lions »Germain Demay, Inventaire des sceaux de Normandie, 1881, page 25, : sceau de Pierre de Courcelles (1434) écu à « Trois croissants sur un champ de rinceaux, penché, timbré d'un heaume, cimé d'un croissant dans un vol, supporté par deux lions ». Dix-huit ans plus tard, le , son fils, Pierre de Courcelles, chevalier, rendit aussi aveu à l'archevêque de Rouen d'un quart de fief de haubert « dit de Courcelles sur la paroisse du même nom et à Port-mort et aux environs »Alexandre Théodore Barabé, Recherches historiques sur le tabellionage royal principalement en Normandie, 1863, pages 345-346., avec un sceau aux armes identiquesGermain Demay, Inventaire des sceaux de Normandie, 1881, page 25, : sceau de Pierre de Courcelles (1452) : écu à « Trois croissants, penché, timbré d'un heaume, cimé d'un croissant dans un vol, supporté par deux lions ».