est une chanson écrite et interprétée par David Bowie. Elle a paru en sur l'album , puis en single au mois de juin de la même année.

Inspirée par la catastrophe de Tchernobyl, elle décrit avec résignation les conséquences des retombées radioactives sur l'environnement. Elle constitue le deuxième single tiré de l'album, après , mais le succès commercial n'est pas au rendez-vous. Elle ne dépasse pas la du hit-parade britannique, ce qui entraîne l'annulation du passage prévu de Bowie dans pour la promouvoir.

Avec le recul, les critiques considèrent comme l'une des meilleures chansons publiées par Bowie dans les années 1980, une opinion que partage le chanteur. En 2008, il fait appel au producteur Mario J. McNulty pour en réaliser une nouvelle version où la boîte à rythmes et les synthétiseurs sont remplacés par une batterie et un quatuor à cordes.

Histoire

Composition et enregistrement

vignette|gauche|La centrale nucléaire de Tchernobyl vue depuis la ville fantôme de Prypiat.|alt=Photo d'un paysage d'immeubles inoccupés avec des bâtiments industriels à l'horizon

En , David Bowie se trouve à Montreux, en Suisse, où il travaille avec quelques musiciens sur l'album d'Iggy Pop Blah Blah Blah, dont il est le producteur. C'est dans ce contexte qu'il apprend la nouvelle de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et il est frappé par le contraste entre le cadre paisible où il se trouve, un petit chalet au cœur des Alpes, et la perspective des retombées radioactives apportées par le vent d'est. Au cours des mois qui suivent, les conséquences de cet événement lui inspirent l'écriture de , rebaptisée par la suite .

Comme les autres chansons de l'album , est enregistrée dans un premier temps aux studios Mountain de Montreux entre septembre et . Bowie, accompagné du producteur David Richards et du multi-instrumentiste Erdal Kızılçay, enregistre d'abord la base de la chanson avant que Carlos Alomar et Peter Frampton n'arrivent en Suisse par avion pour ajouter les parties de guitare. C'est ensuite au studio new-yorkais Power Station que les instruments supplémentaires sont intégrés, dont la guitare solo de Sid McGinnis et les cuivres du trio des Borneo Horns mené par Lenny Pickett.

Parution et accueil

vignette|redresse|David Bowie sur scène pendant le .|alt=Photo d'un homme souriant aux cheveux orange, vêtu d'un costume rouge, assis dans un siège suspendu à des câbles

voit le jour en sur l'album où elle figure en deuxième position, entre et . Elle est éditée en 45 tours deux mois plus tard avec en face B , une chanson écrite par Bowie et Kızılçay pour Tina Turner, dont la version est sortie en single l'année précédente. EMI publie également deux versions remixées de en maxi 45 tours : le , remixé par , et le , remixé par David Richards...

Le single connaît des ventes médiocres : il ne dépasse pas la place du hit-parade britannique, où il ne figure que pendant quatre semaines. Bowie aurait dû promouvoir la chanson dans , mais sa prestation sur le plateau de l'émission, enregistrée le , n'est jamais diffusée, car le single sort du Top 40 la semaine où elle aurait dû l'être.

fait partie de la setlist des concerts du , la tournée mondiale de promotion de , qui prend place de mai à . Durant ces performances, c'est Peter Frampton qui interprète le solo de guitare. Bowie ne rejoue jamais sur scène après cette tournée.

Postérité

est généralement considérée comme l'un des meilleurs morceaux de et l'une des meilleures chansons enregistrées par David Bowie dans les années 1980, période où son profil artistique connaît un net déclin. David Buckley considère qu'elle est la seule chanson de qui soutienne la comparaison avec ses productions des années 1970. Pour Marc Spitz, elle fait partie des « rares vrais points forts » de l'album, « Bowie donnant pour une fois l'impression de vraiment faire attention à ce qui sort de sa bouche et à la manière dont ça sort ».

En 2008, Bowie fait appel au producteur Mario J. McNulty pour retravailler afin de la débarrasser des tics de production typiques des années 1980. Cette nouvelle version de la chanson, sous-titrée , apparaît sur la compilation , offerte aux lecteurs du du . Dans le livret de , Bowie écrit : « si seulement je pouvais refaire le reste de cet album ». Ce vœu est réalisé après sa mort : le coffret , sorti en 2018, comprend une version retravaillée de tout , toujours sous la houlette de Mario J. McNulty.

La version originale de figure sur les compilations (2002), (2006) et (2007). Le remix de McNulty est quant à lui repris sur la compilation rétrospective (2014) où il est l'unique représentant de , « comme le seul rescapé d'un accident aérien » selon l'expression de Chris O'Leary.

Caractéristiques artistiques

Paroles et musique

vignette|redresse|gauche|Neil Young, inspiration de Bowie pour .|alt=Photo en noir et blanc d'un homme aux cheveux longs

Les paroles de sont constituées d'une succession non-linéaire d'images apocalyptiques. Dépourvues de rimes, elles adoptent une structure d'accumulation qui accentue l'horreur de ce qu'elles décrivent. Ce n'est pas la première fois que Bowie aborde le sujet de la fin du monde : en 1972, annonçait qu'il ne restait plus que cinq ans au monde, mais c'était une apocalypse enjouée, « la fin du monde comme une chanson de bar ». adopte un point de vue plus sombre et résigné, avec la description clinique des effets de la catastrophe nucléaire : rivières mortes, cadavres bouffis, cachets contre les radiations. Avec et , elle fait partie des titres de qui abordent des sujets d'actualité, chose rare pour Bowie. Au-delà des conséquences de Tchernobyl, le chanteur affirme que la chanson a pour autre thème « l'idée qu'un membre de notre propre communauté puisse devenir le responsable de la destruction du monde », ce qui apparaît surtout dans le dernier couplet.

Musicalement, se distingue du reste de avec une production moins élaborée. Son solo de guitare est concis afin de laisser place à un solo de trompette selon Nicholas Pegg. Bowie n'adopte pas la voix de chanteur de charme qui est la sienne sur la plupart de ses tubes des années 1980 et reprend ses accents cockneys naturels. Matthieu Thibault salue la mélancolie des harmonies, de la trompette et du chant, mais regrette l'effet négatif de la section rythmique et des chœurs et considère que le refrain . Plusieurs des chansons de sont conçues comme des hommages à d'autres artistes et s'inspire en partie du phrasé de Neil Young. Bowie décrit sa version de 2008 comme en référence à un quartier de Bromley, le borough londonien dont il est originaire.

Sur cette version retravaillée par Mario J. McNulty, la boîte à rythmes est remplacée par le batteur Sterling Campbell, tandis que les synthétiseurs laissent place à un quatuor à cordes composé de Martha Mooke, Krista Bennion Feeney, Robert Chausow et Matthew Goeke. Les arrangements sont réalisés par Gregor Kitzis, qui a travaillé sur l'album de Bowie , sorti en 2002.

Clip

Le clip de est réalisé par Tim Pope. C'est la première fois que Pope, qui s'est fait connaître pour son travail avec The Cure, collabore avec David Bowie. Il se présente comme un aperçu des répétitions du et présente le chanteur en train d'apprendre les chorégraphies conçues par Toni Basil pour les chansons , et avec ses danseurs (Melissa Hurley, Constance Marie, Viktor Manoel, Stephen Nichols et Craig Allen Rothwell). Les guitaristes Carlos Alomar et Peter Frampton font également de brèves apparitions.

Fiche technique

Titres

Interprètes

David Bowie : chant, chœurs, claviers Sid McGinnis : guitare solo Carlos Alomar : guitare rythmique Peter Frampton : guitare Erdal Kızılçay : basse, boîte à rythmes, claviers, trompette ? Philippe Saisse : claviers Errol « Crusher » Bennett : percussions Laurie Frink : trompette ? The Borneo Horns : : saxophone alto Steve Elson : saxophone baryton Lenny Pickett : saxophone ténor , Loni Groves, Diva Gray, Gordon Grody : chœurs

Équipe de production

David Bowie : producteur David Richards : producteur, ingénieur du son Malcolm Pollack : ingénieur du son : design : photographie

Classements

+ Classements hebdomadaires Classement Meilleureposition (Media Control AG). 57

Références

Bibliographie

. . . . .

Liens externes

Catégorie:Chanson écrite par David Bowie Catégorie:Chanson interprétée par David Bowie Catégorie:Single musical sorti en 1987 Catégorie:Single publié par EMI Group Catégorie:Catastrophe nucléaire de Tchernobyl