Camille de Farcy, comte de Pontfarcy (° 19 Mars 1792. — Baptême de Camille de Farcy de Pontfarcy né le 19 mars 1792 à 3 heures du soir fils de... parain Jean Baptiste de Farcy de Mué, conseiller au parlement de Bretagne, marraine Marthe M. C. de Farcy vicomtesse de la Rouairie., alias - † ), est un officier français, général des insurgés royalistes.

Biographie Origine Né le à JerseyHubert La Marle mentionne le ., Camille de Farcy passe sa jeunesse en émigration en Angleterre. Premier empire Après le retour de sa famille en France, il entre au 3e régiment de gardes d'honneur le , il est brigadier le , puis maréchal des logis le . Il participe à la Campagne d'Allemagne (1813), et à la Campagne de France (1814).

Engagement maçonnique Camille de Farcy est figure sur les tableaux de la Loge maçonnique « La Constance » de l'Orient de Laval à partir de 1813. Cette loge va disparaître sous la Seconde restauration vers 1819. Camille de Farcy tirera avantage de ses relations fraternelles pour avoir une tranquillité enviable après la chute de Charles X avant son rôle dans l'insurrection royaliste de 1832.

Cent-Jours Il prend les armes pour la cause royale, lieutenant de cavalerie le , il est mousquetaire noirL'Hermine : journal de la Bretagne et de la Vendée, Imprimerie de Hérault, 31 août 1850. dans la 2e compagnie de la Garde du corps du roi. Il est Chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur (). vignette|droite|upright=1|Vue de Sainte-Suzanne, depuis le Tertre Ganne. Pendant les Cent-Jours, et lors de la Guerre de Vendée et Chouannerie de 1815, il prend les armes dans l'armée royale de Louis d'Andigné. Il est breveté chef de la Légion dans le secteur de Vaiges et d'Évron le . Pendant les Cent-Jours, il avait organisé un bataillon de 8 à 900 chouans, avec lesquels il avait tenté sans succès de s'emparer de la petite ville de Sainte-Suzanne, qui n'était défendue que par 120 gardes nationaux de cette ville et d'Evron. Note de 1832 émanant de la Préfecture de la Mayenne. Louis XVIII fait son retour à Paris le Société d'archéologie et d'histoire de la Mayenne, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, Imprimerie de L. Moreau (Laval), 1905, p. 226-227.. Jacques-Ambroise Duchemin de Villiers, conseiller de préfecture, assure l’intérim du préfet dans un contexte de vide administratif et de tensions croissantes. De Villiers cherchait à retenir autant que possible l'ardeur de Camille de Farcy, lui défendant toute rencontre et même l'entrée dans Sainte-Suzanne en cas de reddition.

Les sympathies napoléoniennes de la cité de Sainte-Suzanne lui valent ensuite pendant les Cent-jours le surnom de l'Île d'Elbe. À la fin des Cent-jours, un détachement royaliste, commandé par Eugène Boullier, sous les ordres Camille de Farcy, vient le pour s'emparer de Sainte-Suzanne, et veut livrer l'assaut. La population, rejointe par des réfugiés, se barricade dans la cité, prête à résister. La ville de Sainte-Suzanne ayant déclaré le aux assiégeants qu'elle ne capitulerait que lorsque « les journaux annonceraient qu'on reconnaissait à Paris l'autorité du roi ». Mais il y a seulement quelques coups de fusil, et les royalistes se retirent à Évron sur ordre venu de Laval. Après avoir pris le commandement de la place de Sainte-Suzanne, suite au départ d'Eugène Boullier pour le Morbihan, il entre à Laval le , à la tête d'une bande armée de 500 à 600 hommesMarius Lepage, Histoire de la Franc-maçonnerie dans la Mayenne (1756-1951). Le Mans, Imprimerie Monnoyer, 1951. (avec la collaboration d'André Bouton) p. 192.

Seconde restauration Licencié le , il est placé le dans la Légion de la Mayenne qui deviendra le 12e régiment d'infanterie légère en 1820, avec le grade de capitaine. Le , il obtient le brevet de capitaine de cavalerie au régiment des chasseurs de l'Isère. Des considérations de famille lui font, à son grand regret, renoncer à la carrière militaire. Il donne sa démission en , pour prendre soin de son père âgé et maladeArchives administratives du Ministère de la Guerre..

A la Seconde Restauration, il devient maire d'Arquenay (1821-1830). Il est nommé au Conseil d'Arrondissement le , et est alors déclaré comme capitaine au 20e régiment de chasseurs à chevalSes revenus étaient évalués à 18 000 francs.. Payant 3 300 francs de cens en 1830, il est alors un des plus grands propriétaires fonciers de la Mayenne.

Lors de son voyage dans l'Ouest de la France en 1828, la Dauphine Marie-Thérèse de France désigne Camille de Farcy pour commander la Mayenne en cas de besoinMichel Denis, Les royalistes de la Mayenne et le monde moderne, 1977, p. 204.. vignette|La Liberté guidant le peuple par Eugène Delacroix. Le Camille de Farcy envoie une lettre à Marie Louis de Vaujuas-Langan lui apprenant que l'on se bat à Paris (Trois Glorieuses). Camille de Farcy se préparait à accueillir Charles X et à lutter aux côtés des Chouans, au sein de l'armée loyaleJacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendee Militaire, Volume 4, 1842, p. 387-388.. Il avait déjà rassemblé plusieurs Royalistes, mais face à ces démonstrations de force, les Révolutionnaires de Laval, craignant une confrontation, entamèrent des négociations avec lui. Un compromis fut en partie conclu : ils acceptèrent une suspension des hostilités jusqu’à la résolution du conflit, quel qu’il soit. Profitant de cet armistice, Camille de Farcy donna ses ordres, tout en attendant l’arrivée de Charles X, car il ne pouvait imaginer qu’un Bourbon se laisserait exiler sans tenter de se défendre. Son attente sera vaine.

Monarchie de Juillet Son dévouement aux royalistes est sans bornes: Camille de Farcy regarde comme un devoir de mettre sa fortune et son existence au service d'une cause à laquelle il croyait lié le bonheur de sa patrie. Depuis 1830 et la chute de Charles X, il voue fidélité au roi légitime, et déplore son exil. De Farcy est le carliste le plus endiablé de la région : son Château de Champfleury est le lieu de rendez-vous de nombreux émissaires, et tous les nobles légitimistes de la région en connaissent bien le chemin.

Préparation de l'insurrection thumb|right|200px|La duchesse de Berry, huile sur toile de Thomas Lawrence, 1825. Lorsqu'Amédée de Pérusse des Cars vient dans la région, il y trouva des esprits plus fervents, notamment chez le général Antoine Clouet, De Farcy, Bordigné, Henri de Tilly, Pierre Gaullier, Clinchamp, Rivault, Rousseau de Monfrand, Caqueray, Solerac, Montesson et Jacques Bouteloup, qui maintenaient une forte détermination militaireJacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendee Militaire, Volume 4, 1842, p. 427-428.. Le , il arriva chez Camille de Pontfarcy, qui, grâce à la confiance qu’il inspirait aux Royalistes, avait reçu le commandement. Sa mission officielle était d’étudier, pour le compte de la duchesse de Berry, les forces et les moyens dans la Sarthe et la Mayenne.

Camille de Farcy est dénoncé au Ministère de l'Intérieur, pour détention d'armes, mais il est protégé par le maçon et sous-préfet de Château-Gontier Defermon qui assure que De Farcy ne tentera jamais rien contre le gouvernement de Louis Philippe Ier. Camille de Farcy se garde bien de réintégrer une nouvelle loge maçonniqueElle sera crée en 1833 par Maurice Rubillard, les carlistes restant des anciens maçons de l'époque impériale.

Après 1830, il correspond avec la duchesse de Berry en exil. Il est breveté maréchal de camp par la duchesse de Berry le .

Camille de Farcy reçoit le commandement avec le grade de général, commandant en chef de la LégionAurélien de Courson, L'insurrection de 1832 en Bretagne et dans le Bas-Maine : d'après des documents inédits, E. Paul (Paris), 1910., pour les départements de la Mayenne et de la Sarthe, lors de la préparation de l'Insurrection royaliste dans l'Ouest de la France en 1832 dans l'armée légitimiste de la rive droite de la Loire, sous les ordres du général Antoine Clouet. Camille de Farcy et ses amis se jettent avec hâte dans cette aventure qui va être un échec. On trouve à la proximité de Camille de Farcy, des Chouans de sa compagnie au parcours douteux : Julien Mathurin Broul, alias Broul-Petit-Boi, assassin de Perrine Dugué, François Serrebourse.

Echec de l'insurrection thumb|Officier royaliste, huile sur toile anonyme, . Le , Pierre Gaullier, reçut de Farcy l'instruction de lever sa division durant la nuit du 23 au 24. Bernoulli, qui avait transmis cet ordre, souligna que, selon le général, il n'y aurait pas lieu de craindre un contrordre, car cela pourrait enflammer des prises d'armes partielles. Cependant, Pierre Gaullier attendit jusqu'au 22 pour prévenir ses chefs de bataillon, leur ordonnant de ne pas en informer leurs capitaines de paroisse avant le . Le soulèvement royaliste est initialement décidé pour le ., avant d'être reporté à la nuit du 3 au .. Cependant le contrordre, signé par Bourmont avait mis le désarroi dans les troupes déjà réunies.

L'examen des rapports officiels démontre que, après avoir promis à Defermon de ne rien tenter contre le régime, De Farcy n’a pas agi en traître volontairement. Il est décrit comme ayant « un caractère faible et facilement influençable ». Ses amis lui ont fait croire qu’il était déjà visé par un mandat d’amener, avant même que le soulèvement ne soit officiellement connu. Sur la foi de cette information, qu'il ne vérifie pas, il se lance alors en campagne. Quelques personnes prétendent qu'il résista longtemps aux investigations de Clouet qui connaissait la considération dont il jouissait dans le pays, et assurent qu'il ne se laissa entraîner que lorsque Guays vont lui dire, le 26 mai, qu'il était, ainsi que lui, sous le coup d'un mandat d'amener, ce qui était faux quant à de Pontfarcy. Quoi qu'il en soit, le 26, il rassembla quelques hommes à son château de Champfleury, commune d'Arquenay, et le lendemain matin, il se mit en campagne avec Guays, bourgeois de Laval dont on vient de parler, et avec Leroyer, ancien quartier-maître au 12e léger, à la tête de 80 hommes, ses domestiques ou ceux de ses métayers. Il commença ses exploits par le désarmement de la brigade de Bazouges. De là, il se rendit successivement, en ramassant tout ce qu'il pouvait sur son passage, d'hommes et de fusils bons ou mauvais, à Louvigné, à Soulgé, à La Chapelle-du-Bourg-Rainsouin et Château de Montecler où il coucha...C'est de là qu'il somma le maire et le commandant de la garde nationale de Montsûrs de mettre bas les armes et de rendre la place, menaçant en cas de résistance du pillage et de l'incendie. Le lendemain, 28, il envoya faire la même sommation à la ville d'Évron, vint à Saint-Céneré vers 4 heures du soir, coucha à Louvigné et retourna à Champfleury, le 29 au matin. Sa bande était alors d'environ 400, et se trouva un instant réunie à celle de Pignerolle et de Gaullier... Le soir même elles se séparèrent et déjà, selon toute vraisemblance, les chefs voyant leurs affaires dans un état désespéré, avaient pris la résolution de congédier leurs bandes, résolution qu'ils effectuèrent le lendemain. De Pontfarcy se rendit au domaine de Parneau commune de Parné où il donna congé à sa bande.. Note de 1832 émanant de la Préfecture de la Mayenne.

A la suite des premières défaites des royalistes, les autorités responsables constituent un petit conseil secret, composé majoritairement de maçons de la loge fréquentée par De Farcy lors du Premier Empire, et qui cherchent à être indulgent avec lui. De Farcy manœuvre mal, et ruine tous les efforts pour le sauver alors que les royalistes sont en déroute, en envoyant une missive éloquente pour la ville de Montsûrs, qui est portant foncièrement anti-carliste.