La bataille d'Aden se déroule du au lors de la guerre civile yéménite. Elle s'achève par la prise de la ville d'Aden par les séparatistes du Conseil de transition du Sud.

Contexte

Depuis la prise en 2014 par les Houthis de la capitale yéménite, Sanaa, le gouvernement yéménite dirigé par Abdrabbo Mansour Hadi a établi une capitale « provisoire » à AdenLe Yémen face au risque d'une "guerre civile dans la guerre civile", AFP, 10 août 2019.. Cependant son contrôle est partagé entre l'armée gouvernementale yéménite et les milices séparatistes du Conseil de transition du Sud (CTS). Aden a notamment été jusqu'en 1990, la capitale du Yémen du Sud. Au cours du conflit, les tensions entre les deux forces s'exacerbent, malgré leur alliance contre les Houthis. En , Aden est déchirée par une première bataille entre gouvernementaux et séparatistes sudistes, qui n'est interrompue que par une intervention concertée de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Le , les troupes du Cordon de sécurité, une force du CTS formée par les Émirats arabes unis, sont la cible de deux attaques à AdenPrès de 50 morts dans deux attaques contre des policiers à Aden, AFP, 2 août 2019.. L'une est menée dans le quartier central de Cheikh Othman, où une voiture piégée explose à l'entrée d'un QG des forces de l’ordre. L'autre a lieu à la caserne d'al-Jalaa, à la périphérie ouest d'Aden, où une parade militaire est frappée par un missile et un drone. La seconde attaque est revendiquée par les Houthis. Au total, elles font au moins 49 morts et 48 blessés, dont un haut gradé de la police, le général Mounir al-Yafyi.

Déroulement Le , des accrochages éclatent à Aden, près du palais présidentiel al-Maachiq, à Crater, dans le centre de la ville, après les funérailles de policiers tués dans les attaques du Yémen: deux morts après les funérailles de policiers à Aden, le Figaro avec AFP, 7 août 2019.. Deux membres du Cordon de sécurité sont tués. Les circonstances du déclenchement des hostilités apparaissent alors confuses. Plusieurs membres du Conseil de transition du Sud accusent le parti islamiste frériste Al-Islah d'avoir tué un commandant du Cordon de sécurité, de complicité avec les Houthis dans l'attaque du et plus généralement d'avoir le gouvernement de Hadi.

Le , de nouveaux affrontements font au moins neuf morts, dont cinq combattants pro-gouvernementaux, quatre membres du Cordon de sécurité et trois civilsYémen : 12 morts dans des accrochages à Aden, AFP, 8 août 2019..

Le , les séparatistes sudistes progressent rapidement : ils prennent trois casernes et repoussent les soldats gouvernementaux vers le palais présidentiel, qui est pris à son tour sans combat vers la fin de la journée. La prise du palais est surtout symbolique, car le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi réside en Arabie saoudite. Cependant la ville d'Aden est alors entièrement sous le contrôle des séparatistesYémen: les combats à Aden révèlent les divisions au sein de la coalition, RFI, 11 août 2019..

Le même jour, Mohammed al-Hadhrami, vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement Hadi, déclare : . Il accuse également les Émirats arabes unis : . Il demande aux Émirats de . Les Émirats arabes unis se déclarent pour leur part et affirment . Il ajoute que , celui contre les Houthis. La coalition menée par l'Arabie saoudite appelle à un cessez-le-feu « immédiat » à Aden et à une « réunion d'urgence » des parties en conflit dans cette ville : . Le ministère saoudien des Affaires étrangères déclare également : Le palais présidentiel capturé, le Yémen s'enfonce dans le chaos, Le Point avec AFP, 11 août 2019. Le matin du , le Conseil de transition du sud (CTS), déclare dans un communiqué et Yémen : le palais présidentiel pris par les séparatistes après plusieurs jours d'affrontements qui ont fait 40 morts et 260 blessés, Franceinfo avec AFP, 11 août 2019..

Cependant le , la coalition menée par l'Arabie saoudite mène une frappe aérienne pour contraindre les séparatistes à se retirer d'une position conquise la veilleLa coalition au Yémen frappe les séparatistes après la prise du palais présidentiel à Aden, Le Monde avec AFP, 11 août 2019.Les séparatistes prennent le contrôle du palais présidentiel à Aden, la coalition réplique, France 24 avec AFP, 11 août 2019.. La coalition appelle alors le Conseil de transition du Sud à sous peine de nouvelles frappes. Elle avertit : .

La coalition contre les Houthis semble alors fragiliséeHélène Sallon, Yémen : des fissures dans le front antihouthistes, Le Monde, 12 août 2019.Delphine Minoui, le front anti-Houthis vole en éclats, Le Figaro, 12 août 2019.Célian Macé, Yémen : la bataille d'Aden, une brèche dans la coalition émirato-saoudienne ?, Libération, 12 août 2019.. Le gouvernement yéménite d'Abdrabbo Mansour Hadi reste soutenu par l'Arabie saoudite, mais il accuse les Émirats arabes unis de soutenir les séparatistes du Conseil de transition du Sud. L'Arabie saoudite soutient aussi fermement l'unité du pays. L'International Crisis Group (ICG) affirme alors redouter .

Suites Cependant la situation semble se calmer après le Yémen: le prince héritier d'Abou Dhabi à Riyad pour résoudre les différends, RFI, 12 août 2019.. Aucun combat n'est signalé dans les 24 heures qui suivent.

Le soir du , Aïdarous al-Zoubaïdi, le président du Conseil de transition du Sud, prononce un discours télévisé, dans lequel il se montre conciliantYémen: les séparatistes du sud adoptent un ton conciliant après des combats meurtriers, AFP, 12 août 2019.. Il affirme que les violences ont été par les forces gouvernementales qui voulait . Cependant il se déclare à avec les autorités saoudiennes pour . Il renouvelle des séparatistes à maintenir le cessez-le-feu annoncé la veille et indique que le CTS est prêt à .

Le , Mohammed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier et ministre de la Défense des Émirats arabes unis, se rend en Arabie saoudite, à La Mecque, où il rencontre le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben SalmaneYémen: Les Emirats tentent d'apaiser leur différend avec Ryad, Reuters, 12 août 2019.. Il soutient alors l'appel de Riyad à une réunion d'urgence et appelle au dialogue.

Le , le gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi déclare cependant qu'il exige que les séparatistes se retirent des positions conquises les jours précédents avant d'engager tout dialogue politique avec le CTSYémen: pas de négociation sans retrait des séparatistes à Aden, Le Figaro avec AFP, 14 août 2019..

Le , des dizaines de milliers de manifestants sortent dans les rues en soutien aux séparatistes. Une déclaration adoptée à l'occasion de cette manifestation proclame : . Le même jour, une délégation militaire saoudo-émiratie arrive à Aden.

Le , après avoir accepté l'invitation au dialogue et remercié l'Arabie saoudite pour ses , le CTS retire ses troupes du palais présidentiel, mais celles-ci conservent le contrôle des camps militaires qu'ils ont capturéYémen: Les séparatistes à Aden disent être prêts à dialoguer, Reuters, 16 août 2019..

Le , les séparatistes se retirent des sièges du gouvernement, du Conseil suprême de la justice et de la banque centrale, ainsi que de l'hôpital de la ville, au profit des forces saoudiennes et émiratiesYémen : la tension décroît à Aden avec le retrait des séparatistes, Le Monde avec AFP, 18 août 2019.. La remise du siège du ministère de l’intérieur et de la raffinerie d’Aden est également prévue. Les séparatistes conservent cependant toujours les positions militaires conquisesYémen: les séparatistes encerclent des forces gouvernementales dans le sud, Le Figaro avec AFP, 20 août 2019..

Pertes Le , l'AFP indique que les combats à Aden ont fait au moins 18 morts, combattants et civils, selon des médecins et des sources de sécurité.

Le , le Bureau de la coordination des affaires humanitaires annonce que les combats ont fait au moins 40 morts et 260 blessés, tant combattants que civils.

Médecins sans frontières (MSF) affirme pour sa part avoir apporté des soins à 119 blessés dans un de ses hôpitaux à Aden.

Conséquences Selon Franck Mermier, directeur de recherche au CNRS : .

Pour François Burgat, de l'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman : .

Vidéographie Les séparatistes prennent le contrôle du palais présidentiel à Aden, la coalition réplique, France 24, .

Notes et références

Aden Aden Aden Catégorie:2019 au Yémen Catégorie:Août 2019