, aussi connu sous le nom hindi de Kālā Pānī (, ), est une prison coloniale de l'Inde britannique située à Port Blair, aux îles Andaman-et-Nicobar. Cette prison était particulièrement utilisée par les Britanniques pour exiler leurs prisonniers politiques. De nombreux militants indépendantistes comme et y furent emprisonnés au cours de la lutte pour l'indépendance de l'Inde. Aujourd'hui, le complexe est devenu un monument national History of Andaman Cellular Jail: Recapture of Andaman Islands to keep Political Prisoners . AndamanCellularJail.org. Retrieved 6 August 2010..
Histoire Bien que la prison elle-même ait été construite entre 1896 et 1906, les Britanniques utilisaient déjà les îles Andaman comme prison depuis la fin de la révolte des cipayes (1857-1859).
vignette|gauche|Le siège du , à l'est de Port Blair (gravure publiée dans en février 1872).
Dès la fin de l'insurrection, les Britanniques ont exécuté de nombreux rebelles. Les survivants ont été exilés à vie aux îles Andaman pour les empêcher de récidiver. Deux cent rebelles ont été transférés dans les îles sous la garde du geôlier David Barry et du Major , un docteur militaire qui avait été gardien de la prison d'Agra. 733 autres sont arrivés de Karachi en . En 1863, le révérend Henry Fisher Corbyn, du , avait aussi été envoyé là pour créer le , qui était également une institution répressive, quoique dissimulée sous des apparences charitables George Weber, Pioneer Biographies of the British Period to 1947, np, nd, Appendix A. Le révérend Corbyn fut nommé en 1866 vicaire de à Abbottabad, où il est mort et a été enterré dans le . D'autres prisonniers sont arrivés d'Inde et de Birmanie à mesure que le complexe pénitentiaire grandissait Source: The Hindu, 21 December 2005.. Quiconque appartenait à la famille royale moghole ou avait envoyé une pétition à Bahadur Shah Zafar au cours de la révolte était susceptible d'être déporté aux îles.
vignette|La nouvelle prison en cours de construction à Port Blair. Ces îles reculées étaient considérées comme pratiques pour punir les militants indépendantistes. Non seulement elles étaient isolées du continent, mais la traversée océanique nécessaire pour les atteindre menaçait les prisonniers de la perte de leur statut de caste (et donc d'exclusion sociale) du fait du tabou du Kala Pani. Les détenus pouvaient aussi être enchaînés pour construire des prisons, des bâtiments et des installations portuaires pour les Britanniques. Beaucoup moururent durant cette entreprise.
À la fin du le mouvement pour l'indépendance avait pris de l'ampleur. Le nombre de prisonniers envoyés aux îles Andaman a augmenté en conséquence et la nécessité d'une nouvelle prison de haute sécurité s'est fait sentir. , Secrétaire à l'Intérieur du gouvernement du Raj à partir d', a été chargé d'une étude de la colonie pénitentiaire de Port Blair. Avec A. S. Lethbridge, chirurgien dans l'administration britannique, il a conclu que la déportation aux îles Andaman n'atteignait pas son but et que les criminels préféraient aller là plutôt que d'être incarcérés dans les prisons indiennes. Lyall et Lethbridge ont recommandé qu'une soit ajoutée à la sentence de déportation, les prisonniers subissant une période de traitement sévère à leur arrivée. Le résultat a été la construction de , décrite comme .
Architecture
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La construction de la prison a commencé en 1896 et s'est achevée en 1906. Le bâtiment d'origine était en brique de couleur brun-rouge. Ces briques étaient importées de Birmanie.
Le bâtiment comportait sept ailes, à l'intersection desquelles se trouvait une tour utilisée par les gardiens pour surveiller les détenus ; ce système était inspiré de l'idée du panoptique de Jeremy Bentham. Les ailes partaient de la tour en lignes droites, un peu comme les rayons d'une roue de bicyclette. vignette|Une des sept ailes
Une fois terminée, chacune des ailes avait trois étages. Il n'y avait pas de dortoirs, mais 696 cellules. Chaque cellule faisait 4,5 sur 2,7 m, avec un ventilateur fixé à de haut. Le nom « » était lié aux cellules individuelles qui empêchaient les prisonniers de communiquer entre eux. Les rayons étaient aussi conçus de manière que l'avant de chaque cellule faisait face à l'arrière de celles du rayon suivant. Cela empêchait toute communication entre les prisonniers, ainsi réduits à l'isolement.
Détenus vignette|gauche|Intérieur d'une cellule.
On estime que sur un total de détenus à , fort peu ont survécu.
La plupart des prisonniers étaient des militants indépendantistes comme Fazl-e-Haq Khairabadi, , , , Vinayak Damodar Savarkar, , , , et Freedom Fighters Deported to Andamans . AndamanCellularJail.org.. Plusieurs révolutionnaires jugés en 1908 pour la y furent transférés, comme (frère de Sri Aurobindo).
Dans les archives du secrétariat à l'Intérieur du gouvernement Indien se trouve une réponse de l'Empire aux gouverneurs provinciaux et commissaires en chef :
La grève de la faim des détenus en attira l'attention des autorités pénitentiaires. 33 prisonniers protestaient contre leur traitement et refusaient de s'alimenter. Parmi eux se trouvaient , complice de Bhagat Singh dans l'attentat de Lahore, et . Tous trois furent nourris de force et en moururent.
Le gouvernement décida de rapatrier les prisonniers politiques de en 1937-1938.
Occupation par l'armée nationale indienne L'empire du Japon a envahi les îles Andaman en , capturant la petite garnison britannique. a alors accueilli des Britanniques, des habitants suspectés d'être partisans des Britanniques et plus tard même des membres de l'Indian Independence League, dont beaucoup y ont été torturés et tués N. Iqbal Singh The Andaman Story (Delhi: Vikas Publ.) 1978 p249 . Durant cette période, le contrôle des îles a été officiellement passé à Subhas Chandra Bose, qui y a hissé pour la première fois le drapeau national indien sur le champ de courses de Port Blair le , a nommé le général de l'armée nationale indienne gouverneur des îles et annoncé que le Gouvernement provisoire de l'Inde libre n'était plus simplement un gouvernement en exil et qu'il avait libéré le territoire du joug britannique.
Les Britanniques ont repris le contrôle de l'île et de la prison le , un mois après la capitulation du Japon et la fin de la Seconde Guerre mondiale. À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment est relativement dégradé par les bombardements et les utilisations faites du lieu à cette période. Les japonais en ont fait abattre notamment deux ailes, dont les matériaux récupérés servent à ériger des bunkers.
Depuis l'indépendance
Deux autres ailes de la prison ont été détruites après l'indépendance de l'Inde, ce qui a suscité les protestations de plusieurs anciens prisonniers et responsables politiques considérant cette action comme une façon d'effacer un témoignage matériel de leur histoire. Ces ailes manquantes s'étendaient sur le terrain occupé aujourd'hui par l'hôpital , principal centre hospitalier de l'archipel, fondé sur le site en 1963. En 2004, il comptait 500 lits, avec environ 40 médecins au service de la population locale.
Le centenaire de la construction de la prison a été célébré le . De nombreux prisonniers ont été honorés à cette occasion par le gouvernement de l'Inde.
Notes et références
Catégorie:Édifice construit en 1906 Catégorie:Îles Andaman-et-Nicobar Catégorie:Ancienne prison en Inde Catégorie:Bagne Catégorie:Liste indicative du patrimoine mondial en Inde