est une ville du Japon située dans la préfecture de Tochigi.

Distante d'environ de Tokyo vers le nord, Nikkō se situe au pied des montagnes, au milieu de forêts de cryptomerias, de cèdres et de pins du parc national de Nikkō. Les sanctuaires et temples de Nikkō sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1999. Géographie Localisation La ville de Nikkō se situe sur l'île de Honshū, à environ , à vol d'oiseau, au nord de Tokyo. Elle s'étend sur du nord au sud et sur d'ouest en est, dans le nord-ouest de la préfecture de Tochigi, au nord-ouest d'Utsunomiya, capitale de la préfecture.. Sa limite nord jouxte le sud-est de la préfecture de Fukushima et sa limite ouest le nord-est de la préfecture de Gunma.

Municipalités limitrophes

Géologie et relief Étendue, dans le nord de la région du Kantō, sur une superficie de ., la ville de Nikkō est divisée en deux parties : à l'ouest, le massif des monts Nikkō, un complexe volcanique dominé par le mont Nantai et le mont Nikkō-Shirane, son plus haut sommet à et, dans l'est, la vallée de la rivière Kinu, un affluent du fleuve Tone.

De son centre urbain au plus haut sommet des monts Nikkō, l'altitude de la ville varie de à plus de .

Le long de la rivière Kinu et de ses affluents, dans l'est de Nikkō, le sol est constitué de roches sédimentaires ; dans la partie montagneuse, la terre est faite de roches volcaniques constitutives des volcans formant le groupe volcanique Nikkō dans l'ouest de la ville..

Hydrographie La ville de Nikkō comprend le cours supérieur de la rivière Kinu. Longue de ., elle prend sa source sur le flanc sud-est du mont Kinunuma, sis à cheval sur les deux préfectures de Tochigi et Gunma, dans le nord-ouest de la ville. Son cours s'oriente plein est jusqu'au lac artificiel Kawamata puis jusqu'au barrage Kawaki dans le nord-est de Nikkō. Il traverse ensuite l'est de Nikkō et entre dans le sud du bourg voisin de Shioya.

Les rivières Ojika et Yunishi, deux affluents de la rivière Kinu, ont leur bassin-versant dans le nord de la ville. Un troisième cours d'eau, la rivière Daiya, prend sa source au lac Chūzenji, dans le sud-ouest de Nikkō, alimente les chutes de Kegon et rejoint la rivière Kinu à la limite est de la ville.

La rivière Watarase, un autre affluent du fleuve Tone, prend sa source au mont Sukai dans le sud-ouest de Nikkō.

À part celles de Kegon, Nikkô possède deux autres chutes d'eau renommées : les chutes Ryūzu et la cascade Yu, le long de la Yu-kawa qui coule du lac Yu vers celui de Chūzenji..

Occupation des sols vignette|260px|Occupation des sols ()..Superficie en km (%).|alt=Carte en couleur de l'occupation des sols sous la forme d'un camembert ; la couleur verte représentant les forêts recouvre plus de 85 % de la surface totale du camembert. En 2010, près de 87 % de la superficie de la ville de Nikkō sont recouverts de forêts.

Les espaces boisés de Nikkō s'étendent principalement sur le relief montagneux, dans l'ouest de la ville. Ressource naturelle abondante, le bois est exploité à des fins économiques et, par endroits, à flanc de montagne, la forêt est entretenue pour prévenir les glissements de terrain.

Dans le domaine agricole, 66 % des terres cultivées sont consacrées à la riziculture et 8 % à l'élevage de bétail..

Climat Le climat de Nikkō est du type tempéré chaud. La température annuelle moyenne est d'environ et les précipitations annuelles sont de . L'hiver, le mercure peut descendre jusqu'à et grimper jusqu'à en été.

Voies de communication et transports Le centre de Nikkō est desservi par la ligne Nikkō de la JR East et la ligne Tōbu Nikkō de la Tōbu. Les gares de Nikkō et Tōbu-Nikkō sont les principales gares de la ville. Le reste de la ville est desservi par les lignes Tōbu Kinugawa, Aizu Kinugawa et Watarase Keikoku.

Urbanisme Morphologie urbaine vignette|Les quartiers historiques de Nikkō.|alt=Carte en couleur des cinqs quartiers historiques de la ville Nikkō.

La ville de Nikkō est découpée en cinq quartiers, un découpage qui correspond aux cinq municipalités historiques fusionnées en 2006 pour former la ville.

Nikkō Cœur historique de Nikkō, le quartier de Nikkō est situé au sud-ouest de la ville. Il comprend le cours de la rivière Daiya, le lac Chūzenji, les principaux sommets des monts Nikkō, le temple Rinnō et le sanctuaire Tōshō.

Imaichi Carrefour stratégique à l'époque d'Edo où se croisaient les grandes routes Nikkō Reiheishi et Nikkō, le relais routier d'Imaichi devient officiellement un village en 1954, avant son intégration dans la ville voisine de Nikkō..

Situé dans le sud-est de la ville, au point de confluence des rivières Daiya et Kinu, le quartier d'Imaichi concentre environ 70 % de la population.

Ashio La cité d'Ashio est fondée la première année de l'ère Taika (645-650) dans l'est de la province de Shimotsuke. Elle connaît un essor économique important lorsqu'une mine de cuivre commence à être exploitée au début du . En 1878, au cours de la mise en place du nouveau système d'administration des municipalités élaboré par le gouvernement de Meiji, la cité d'Ashio est intégrée au district de Kamitsuga. Onze ans plus tard, le village d'Ashio acquiert le statut de bourg..

Le quartier d'Ashio est un symbole national des premières pollutions industrielles à fort impact écologique et des premières luttes ouvrières liées au développement économique de la fin de l'ère Meiji.

Fujihara Fondée en 1889, le village de Fujihara devient un bourg en 1935. Terre d'élection du bouddhisme depuis la fin du , il se transforme, au fil des siècles, en onsen (ville d'eaux) à la suite de la découverture de plusieurs sources chaudes le long des rivières Ojika et Kinu..

Kuriyama À la fin de l'époque de Heian (794-1185), le clan Taira, défait à l'issue de la guerre de Genpei, trouve refuge dans le nord-ouest de la province de Shimotsuke.. La zone d'habitations qu'il crée est à l'origine des quelques villages qui sont réunis en 1889 dans le cadre de la réorganisation administrative du pays planifiée par le gouvernement de Meiji, pour former le village de Kuriyama. Ce dernier devient un quartier de Nikkō en 2006.

Le quartier de Kuriyama est une zone montagneuse dans laquelle serpentent les rivières Yunishi et Kinu. Des lieux de mémoire rappelant la présence passée du clan Taira y sont entretenus, notamment des onsen (stations thermales).

Répartition de la population par quartiers La population de Nikkō est concentrée dans la plaine alluviale formée par les rivières Daiya et Kinu : le quartier d'Imaichi, zone urbaine dans laquelle 70 % de la population occupent moins de 20 % du territoire de la ville. Par contraste, le quartier de Kuriyama, zone montagneuse, rassemble moins de 2 % de la population sur près de 30 % du territoire.

+Répartition de la population (.) Quartier Nombre d'habitants % Superficie (km) % Densité (/km) Ashio 2,5 185,79. 12,8 11,5 Fujihara 10,4 272,27. 18,8 33 Imaichi 69,9 243,54. 16,8 246,5 Kuriyama 1,5 427,37. 29,5 3,1 Nikkō 15,7 320,90. 22,1 41,9 - - 59,2

Risques naturels Du fait de sa situation géographique et de sa constitution géologique, la ville de Nikkō est exposée à divers risques naturels : inondations, séismes, glissements de terrain et volcanisme. La ville entretient, à l'intérieur de bâtiments publics, une centaine d'abris répartis dans toute la ville et pouvant accueillir près de ..

Glissements de terrain et inondations Située dans le nord de la plaine de Kantō, la ville de Nikkō est exposée, en été, aux fortes pluies, tombant en trombes dans l'intérieur des terres et, en automne, aux typhons venus de l'océan Pacifique. Ces périodes pluvieuses entretiennent des zones sujettes aux catastrophes naturelles telles que les glissements de terrain et les inondations..

Les montagnes dans l'ouest de la ville sont constituées de roches fragiles d'origine volcanique dont l'érosion par les intempéries et les cours d'eau provoquent de fréquents glissements de terrain. De même, les débordements des rivières Daiya et Kinu peuvent entraîner l'effondrement des berges faites de roches sédimentaires.

Tout au long du , le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme a fait construire des barrages de rétention de débris rocheux et de sable, spécialement conçus pour contrôler les flux de matières minérales produites par l'érosion des pentes des monts Nikkō sous l'effet des pluies annuelles abondantes et de la fonte des glaces.. Ces travaux d'aménagement du système d'eau de la ville doivent assurer la protection des personnes et aussi la préservation des nombreux biens culturels de la ville.

Catastrophe de l'ère Edo Fin , des pluies torrentielles sous orage s'abattent sur la ville de Nikkō, provoquant un glissement de terrain sur les pentes du mont Akanagi, un volcan situé à l'est du mont Nyohō. Au pied de la montagne, la rivière Inari déborde et fait sortir de son lit la rivière Daiya dont elle est un affluent de rive gauche. Les inondations subséquentes ont causé des dégâts importants ; plus de sont mortes et 140 autres sont portées disparues..

Toutes les victimes de cette catastrophe sont enterrées dans le cimetière du temple Ryūzō.

Catastrophe de l'ère Meiji vignette|Le Shinkyō détruit en 1902.|alt=Deux photos noir et blanc montrant l'une un pont au-dessus d'un cours d'eau, l'autre la même scène sans le pont. Le , le passage du typhon Ashio sur la région de Kantō donne naissance à des pluies torrentielles qui font sortir les rivières Kinu et Watarase de leur lit. Des inondations et glissements de terrain, notamment dans la cité d'Ashio, font ; sont portées disparues et sont totalement détruites. Des biens culturels importants nationaux sont emportés par les flots, comme le Shinkyō, un pont en bois laqué enjambant la rivière Daiya.

Catastrophes post-Meiji En , les dégâts causés par le passage du typhon Kathleen et, en , ceux engendrés par le typhon Kitty sont limités à Nikkō grâce aux divers systèmes de prévention des inondations et des glissements de terrain mis en place par le gouvernement japonais..

Activité sismique La préfecture de Tochigi est soumise à un risque sismique du fait de la présence de failles dans la partie ouest de son territoire. Des documents historiques décrivent les destructions matérielles causées par une série de tremblements de terre survenue en 1683 dans la cité de Nikkō..

Séisme d'Imaichi La préfecture de Tochigi est peu touchée par le séisme de Kantō de 1923. En revanche, le , la terre tremble pendant à Imaichi, dans le sud-est de Nikkō. Quelque sont détruits, sont tuées et sont blessées.

Séisme de mars 2011 En , dans la préfecture de Tochigi, le séisme de la côte Pacifique du Tōhoku fait quatre morts et détruit . La ville de Nikkō est cependant peu touchée par la catastrophe.

Activité volcanique En 2016, parmi les volcans du complexe volcanique formé par les monts Nikkō, seul le mont Nikkō-Shirane est classé actif par l'Agence météorologique du Japon. Il présente un faible risque éruptif ; sa dernière éruption a été enregistrée en 1952..

Toponymie Le mont Nantai, montagne sacrée de l'est de l'ancienne province de Shimotsuke, est aussi appelé , nom dont les deux premiers sinogrammes, suivant une lecture chinoise, se prononcent aussi , prononciation très proche de celle de l'expression signifiant . C'est ainsi que, par un jeu de mots, la cité, fondée au au pied du Nantai-san, est baptisée Nikkō..

Le terme est un raccourci pour , expression qui désigne un vent catabatique qui souffle dans la préfecture de Tochigi deux fois par an, au printemps et à la fin de l'automne (ou en début d'hiver). À l'époque de Shōdō Shōnin (), fondateur de la cité de Nikkō, ces vents saisonniers venus du nord et dont la force s'amplifiait au pied du mont Nantai, constituaient des calamités climatiques pour Nikkō et au-delà..