Abbassi Madani (en ), né le à Sidi Okba près de Biskra (Algérie) et mort le à Doha (Qatar), est un homme politique algérien qui fut le cofondateur et le président du Front islamique du salut en Algérie.

Biographie

Abbassi Madani est le fils d'un imam. Il commence ses études dans une école coranique puis entre en 1941Voir sur digitool.library.mcgill.ca. dans une école de l'association 'Ulamâ (d'Ibn Bâdis) et suit les cours dispensés à la Masjidia du cheikh Nuaïmi.

Il adhère au PPA-MTLD et participe à la lutte pour l'indépendance de l'Algérie dans les années 1950. Membre du groupe Marzougui, dans la nuit du au , il est chargé de poser des bombes à Radio-Alger. Arrêté le , il passe toute la durée de la guerre en prisonBenjamin Stora, Histoire de l'Algérie depuis l'indépendance, 107.. Incarcéré à la prison Maison Carrée et à Barberousse, il apprend l'anglais. Après 1962, il milite au sein du FLN jusqu'à la fin des années 1970http://www.crisisgroup.org/~/media/Files/Middle%20East%20North%20Africa/North%20Africa/Algeria/French%20translations/Islamism%20Violence%20and%20Reform%20in%20Algeria%20Turning%20the%20Page%20French.pdf. Il est élu de ce parti de 1969 à 1974http://storage.canalblog.com/32/89/220635/29678783.pdf.

En 1962, il s'inscrit en licence de philosophie à l'université d'Alger et y prépare une thèse de psychologie de l’éducation, dans laquelle il défend la supériorité d'un système éducatif enraciné dans l'islam.

En 1963, il crée l'association El Qiyam (les valeurs), fondée par le penseur Malek Bennabi, et qui milite pour l'instauration de la loi coranique et qui est interdite en 1970 par le président Boumédiène. Professeur de sociologie à la faculté des sciences humaines de Bouzareah (Alger), il séjourne de 1975 à 1978 à Londres pour préparer une thèse. Après ses études à Londres, où il obtient un doctorat, il revient en Algérie. Il enseigne alors la psychopédagogie à l'université d'Alger.

Le , dix jours après le meurtre de Kamel Amzal, il participe au grand rassemblement de islamistes venus écouter les chouyoukh Abdellatif Soltani et Ahmed Sahnoune.

Le , au terme d'une prière collective qui rassemble plusieurs milliers de personnes, Abbassi Madani présente une revendication en quatorze points, qui réclame notamment le respect de la charia, l'épuration de l’État des et la suppression de la mixité. Il est alors emprisonné jusqu'en ,

Le , Abbassi Madani annonce officiellement à la mosquée Elssouna de Bab El Oued avec son ami Ali Belhadj, la création d'un parti politique dénommé Front islamique du salut (FIS). Contrairement à ce dernier, tenant d'une ligne plus radicale et salafisteCherif Ouazani « Algérie : les islamistes entre djihadisme et quiétisme », Jeune Afrique, 24 décembre 2011., il prône alors un conservatisme religieux relativement modéré avec un attachement tiède à la démocratie, et plaçait la charia au-dessus de cette dernière.. À l'occasion des élections municipales de , le FIS remporte largement le scrutin et est majoritaire dans la plupart des grandes villes algériennes et plus particulièrement les municipalités du grand Alger. Le programme politique du FIS consiste à appliquer la charia en Algérie et islamiser la société algérienne.

Pendant la guerre du Golfe, sa position consiste initialement à exiger le retrait des troupes occidentales de la péninsule arabique tout en demandant à Saddam Hussein d'en faire de même du Koweït. Cependant après le déclenchement de l'opération Tempête du désert, il se range catégoriquement derrière Saddam Hussein et propose de lui envoyer des volontaires, avec à leur tête Ali Belhadj, ce qui prive le FIS du soutien financier saoudien.

Le , Abbassi Madani lance un appel à la désobéissance civile pour protester contre la nouvelle loi électorale « qui favoriserait » le FLN.

Emprisonnement Le , Abbassi Madani est arrêté sur ordre du général Khaled Nezzar, alors ministre de la Défense nationale, et incarcéré à la prison militaire de Blida. Le , le tribunal militaire de Blida le condamne, avec Ali Belhadj, à 12 ans de prison pour et ..

Le ., Abbassi Madani est libéré de prison, mais mis en résidence surveillée dans la maison de son père à Belouizdad. Lorsque l'on découvre qu'il soutient encore la lutte armée du GIA et de l'AIS, il est à nouveau emprisonné en . En , sa famille est autorisée à lui rendre visite.

Le , dans une lettre adressée au président Abdelaziz Bouteflika, il fait part de son à , chef de l'Armée islamique du salut (AIS), le bras armé du FIS, qui a annoncé un arrêt définitif de la lutte arméehttp://www.africatime.com/guinee/nouvelle.asp?UrlRecherche=archives.asp%3Frech%3D1%26no_pays%3D15%26no_categorie%3D1%26keyword%3D%26BtnGo.x%3D7%26IsPanafricain%3D0%26IsAfrique%3D&no_nouvelle=71696. Il sera libéré le , sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika..

Exil Abbassi Madani lance un appel à la fin de la lutte armée, le puis va en Arabie saoudite, en Malaisie et au Qatar.

Le , il commence une grève de la faim à Doha, pour soutenir la libération des otages français (Christian Chesnot et Georges Malbrunot) et italiennes () en Irak. Il déclare à plusieurs reprises, ces dernières années, que son organisation avait été infiltrée par l'armée et les services secrets algériens.

Mort Il meurt le à Doha. Des milliers de personnes participent à ses funérailles à Belouizdad, avant son inhumation le au cimetière Sidi M'Hamed.

Vie privée Marié, Abbassi Madani est le père de six enfants, cinq garçons et une filleVoir sur books.google.fr..

Notes et références

Liens externes

Son portrait par Al Jazeera

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