Dircé chrétienne dans le cirque de Néron ou Dircé chrétienne (en ; ) est un tableau de grand format réalisé en 1897 par le peintre et académicien polonais, sujet de l'Empire russe Henryk Siemiradzki (1843-1902). Le tableau fait partie des collections privées du Musée national de Varsovie à Varsovie en Pologne. Les dimensions du tableau sont de .
Sujet Le sujet du tableau provient du livre l'Antéchrist de l'écrivain et historien français Ernest Renan qui a lui-même utilisé les témoignages des auteurs latins. Historiquement l'époque du sujet correspond aux années 60 du premier siècle de notre ère, durant la seconde moitié du règne de l'empereur Néron, quand ont commencé les persécutions contre les disciples du christianisme. Ceux qui professaient cette religion ont été condamnés à mort pour trouble de l'ordre public. L'un des modes de théâtralisation de l'exécution des condamnés consistait à les attacher à un taureau féroce, que des gladiateurs faisaient ensuite courir dans l'arène du cirque jusqu'à ce que mort s'ensuive pour la victime et pour le taureau.
Cette méthode brutale d'exécution était inspirée d'un mythe ancien dont il existe plusieurs varianteswikisource:ru:ЭСБЕ/Antiopa, fille de Niktea , Encyclopédie Brockhaus et Efron Wikiteke. La nymphe Antiope, l'épouse thébaine du roi Lycos, a été séduite par Zeus (dans la version romaine ancienne par Jupiter) et donne naissance à deux fils Zéthos et Amphion. Pour cette infidélité, Antiope est rejetée par le roi Licos et placée en garde à vue. Zéthos et Amphion sont jetés au hasard, mais des bergers les trouvent puis les élèvent. Le roi Licos épouse alors Dircé, qui commencé pour sa part à traiter brutalement Antiope. Lors d'une fête, pour offrir un sacrifice à Dionysos, Dircé veut attacher Antiope aux cornes d'un taureau féroce et laisser l'animal s'enfuir en la traînant. Les fils Zéthos et Amphion apprennent ce qu'il advient à leur mère et réussissent à la libérer. Ils attachent alors Dircé au taureau et elle subit alors la mort qu'elle avait préparée pour Antiope.
Nikolaï Mikhaïlovski dans son article Quatre expositions artistiques (1898) donne une description de ce tableau qui figure au catalogue VI de l'exposition de la Société des artistes de Saint-Pétersbourg :
Description Au premier plan, au centre du tableau, un taureau mort et gisant à ses côtés la Dircé chrétienne, une belle femme dénudée aux cheveux blonds, attachée au taureau par des cordes ornées de fleurs. À gauche des victimes, en toge couleur mauve, brodée d'or, l'empereur Néron est descendu des tribunes pour mieux examiner sa victime. À sa gauche, tourné de côté, le préfet Tigellin et derrière lui, apparemment, des collaborateurs de l'empereur.
Sur le bord droit du tableau sont représentés des ouvriers du cirque avec des fourches, qui s'apprêtent à emporter les cadavres. À l'arrière-plan, contre le mur, se tiennent des joueurs de buccin et un gladiateur. Des esclaves numides se tiennent à l'entrée de l'arène avec le palanquin de Néron. Les détails de l'architecture du cirque sont décrits soigneusement par le peintre. En haut, dans les tribunes d'autres spectateurs se penchent pour voir ce qui se passe dans l'arène.
Histoire
Le travail du peintre s'est terminé pour ce tableau durant la première moitié de l'année 1897. En Dircé chrétienne est présentée à l'exposition universelle de Venise au département russe et, selon les commentateurs, est devenu le « clou de l'exposition » en même temps que le tableau d'Ilia Répine intitulé Duel. Bien que l'exposition elle-même n'ait pas été un succès ces deux toiles ont attiré une foule de spectateurs.
En , le tableau Dircé chrétienne dans le cirque de Néron a été exposé à Saint-Pétersbourg, à la IV exposition de la Société des artistes de Saint-Pétersbourg. Semiradzki avait été élu peu de temps auparavant membre de cette société.
L'historien d'art Wjatscheslaw Leonidowitsch Glasytschew dans son ouvrage La Russie au croisement du modernisme écrit en 1989 observe. :
Siemiradzki lui-même était habitué aux critiques agressives contre sa peinture. Mais il a été fasciné du fait que son tableau Dircé chrétienne ait été choisi pour illustrer le roman historique d'Henryk Sienkiewicz Quo vadis ?, qui était également consacré au règne de Néron et à la persécution des chrétiens. Les premières variantes de la toile de Siemiradzki sont apparues avant la parution du roman de Sienkiewicz (écrit dans les années 1894-1896), et le peintre les a partagées avec le romancier quand il lui a rendu visite.
Dircé chrétienne est la dernière grande toile de Siemiradzki qui est mort en .
Articles connexes
Références
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