vignette|Forêt dans le Parc national suisse.
L environnement en Suisse se caractérise par l'importance du relief montagneux et des ressources hydriques, mais aussi par des pressions importantes liées à l'urbanisation, à l'agriculture, aux transports et au changement climatique. La biodiversité demeure particulièrement menacée (35 % des espèces étudiées), malgré la recolonisation de certains territoires par certaines espèces emblématiques et l’amélioration de plusieurs écosystèmes. Les politiques environnementales ont permis des progrès dans la qualité de l'air et de l'eau ainsi que dans la réduction de certaines émissions agricoles, mais les micropolluants, les gaz à effet de serre et l'artificialisation des sols restent des enjeux majeurs. La Suisse est par ailleurs exposée à de nombreux risques naturels liés à sa situation géologique, notamment les crues, les avalanches et les glissements de terrain. La politique environnementale repose sur un ensemble de mesures fédérales, cantonales et communales, complétées par des initiatives populaires et un droit de recours accordé aux associations de protection de l'environnement.
Géographie physique et climat
La Suisse, située au cœur de l'Europe, se divise en trois grandes régions géographiques : les Alpes (58 % du territoire), le Plateau (31 %) et le Jura (11 %). Les montagnes occupent environ 70 % du pays mais ne concentrent qu'un quart de sa population. Le Plateau, qui accueille l'essentiel des zones urbaines et de la population, est également la principale région agricole, tandis que le Jura et les Alpes sont davantage couverts de forêts et de surfaces agricoles extensives. La Suisse possède environ lacs et d’abondantes ressources en eau, qui lui valent le surnom de « château d’eau de l’Europe ». Le Rhône, le Rhin, la Reuss et le Tessin prennent notamment leur source dans les Alpes suisses. Le pays partage de frontières avec cinq États et compte 48 sommets de plus de , dont la pointe Dufour, culminant à . Les surfaces d’habitat et d’infrastructure représentent environ 8 % du territoire, contre 36 % pour les surfaces agricoles et 30 % pour les forêts et autres surfaces boisées. Les glaciers, qui couvrent encore environ , constituent un autre élément majeur du paysage alpin, notamment avec le glacier d'Aletsch, long d’environ .. Le lac Léman, d'origine glaciaire, situé en Suisse et en France, est, par sa superficie, le plus grand lac alpin et subalpin d'Europe.
Le climat de la Suisse est influencé par les Alpes, l’océan Atlantique et, au sud des Alpes, par les influences méditerranéennes. Il se caractérise par quatre saisons distinctes et de forts contrastes régionaux liés notamment à l’altitude. La température moyenne nationale sur la période 1991-2020 est de , avec des moyennes annuelles comprises entre et sur le Plateau, les valeurs les plus élevées étant observées autour du Léman, dans la région bâloise et dans certaines vallées soumises au foehn. Les régions de basse altitude du Sud des Alpes et du Plateau connaissent les températures estivales les plus élevées, avec en moyenne 10 à 20 jours par an dépassant 30 °C au sud des Alpes, tandis que les jours de canicule sont rares au-dessus de d’altitude. Depuis environ 1980, les périodes de forte chaleur sont devenues nettement plus fréquentes et plus intenses sous l’effet du changement climatique. Les précipitations varient fortement selon les régions : elles atteignent environ par an dans les Alpes, les Préalpes et le sud du pays, contre à sur le Plateau, tandis que les vallées intra-alpines comme le Valais ( à ) et l’Engadine ( à ) comptent parmi les zones les plus sèches en raison de l’effet protecteur des Alpes..
Un tiers du territoire suisse est couvert par la forêt. Les régions les plus boisées sont le*Jura (41 % du territoire) et le sud des Alpes (52 %). La surface forestière suisse continue globalement d’augmenter, avec une progression particulièrement marquée dans les Alpes et au sud des Alpes, tandis qu’elle reste stable sur le Plateau.
Biodiversité thumb|Fuligule milouin et Fuligule morillon en hivernage et quelques canards colvert, cygnes tuberculés, foulques macroules et mouettes rieuses sur le Léman, à Morges.
La biodiversité suisse est en mauvais état malgré des mesures de protection produisant des effets localement : 35 % des espèces étudiées sur les connues sont menacées selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).. Le déclin résulte principalement de la diminution et du morcellement des habitats, de l’imperméabilisation et de l’exploitation intensive des sols, notamment en plaine. Dans les régions alpines, les apports de pesticides et d’azote par l'agriculture intensive ; ainsi que les infrastructures aquatiques et de loisirs sont principalement en cause.
La moitié des types de milieux naturels sont également menacés. Les milieux aquatiques et les surfaces agricoles connaissent un appauvrissement important (90 % des marais ont disparu en deux siècles, 20 % des cours d'eau sont à l'état naturel), tandis que les forêts présentent une évolution plus favorable. Les biotopes d’importance nationale connaissent des évolutions contrastées, avec une amélioration partielle des prairies et pâturages secs mais une dégradation persistante des marais et des zones alluviales..
L'érosion de la biodiversité remonte à l’industrialisation et aux grands travaux d’aménagement jusqu’au boom économique de l’après-guerre, même si certains groupes et habitats se sont depuis stabilisés ou reconstitués. L’évolution observée dépend toutefois de la période de référence, les tendances apparaissant plus favorables lorsque l’on part des niveaux historiquement bas des années 1970-1980. Depuis le début des suivis systématiques, certaines forêts, cours d’eau et zones humides ont gagné en diversité, tandis que plusieurs grandes espèces autrefois persécutées, comme le lynx, le castor, le bouquetin ou le gypaète barbu, ont recolonisé la Suisse. Les populations de plusieurs oiseaux nicheurs sont également en hausse depuis 1990, tandis que certains papillons et invertébrés aquatiques présentent des tendances stables ou positives. À l’inverse, les espèces spécialisées et dépendantes de conditions écologiques particulières, notamment celles liées aux milieux pauvres en nutriments ou au froid, sont davantage menacées. Les espèces généralistes et compétitives, comme le renard, la corneille ou le pissenlit, tendent au contraire à progresser en profitant de leur capacité d’adaptation aux milieux transformés..
En 2021, un rapport de l'Académie suisse des sciences naturelles évalue le nombre d'espèces d'insectes en Suisse à , dont la environ la moitié est cataloguée. Sur l'ensemble des espèces d’insectes étudiées, 16 % sont potentiellement menacées et 43 % sont menacées...
Impacts sur les milieux naturels
Activités humaines Agriculture
L'impact environnemental de l’agriculture suisse a diminué au cours des dernières décennies, selon le monitoring agro-environnemental mené depuis 1990 par Agroscope et l'Office fédéral de l'agriculture. Les émissions d’ammoniac ont baissé de 23 % depuis 1990 et les excédents de phosphore de 74 %, notamment grâce aux paiements directs favorisant des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Des progrès ont également été réalisés dans la réduction des produits phytosanitaires, avec en 2023 une part croissante d’exploitations renonçant aux herbicides, fongicides et insecticides (un total de 19 % de la surface totale des terres arables, des vignes et des vergers épargnées). Malgré ces évolutions positives, l’agriculture suisse doit encore réduire ses pertes d’azote et ses émissions de gaz à effet de serre, tout en s’adaptant au changement climatique et aux contraintes économiques..
Chasse, pêche et braconnage La politique de chasse vise à préserver la biodiversité, protéger les espèces menacées et maintenir un équilibre entre les populations de gibier, les forêts et les activités agricoles. La gestion de la chasse relève des cantons et repose principalement sur deux systèmes : la chasse à patente, où les chasseurs obtiennent une autorisation cantonale, et la chasse affermée, où les communes louent le droit de chasse à des sociétés. Le canton de Genève constitue une exception, la chasse y étant interdite depuis 1974 et la régulation des populations étant assurée par les gardes-faune. Toute pratique de la chasse nécessite une formation et la réussite d’examens organisés par les cantons..
Transports vignette|Un train de la Bernina Express entre Lagalb et Ospizio Bernina, dans le canton des Grisons.
En 2024, les transports représentaient 38 % de la consommation d’énergie finale en Suisse, dont 92 % provenaient des produits pétroliers, principalement l'essence, le diesel et les carburants d'aviation. Les transports ont émis de tonnes de dioxyde de carbone, hors trafic aérien international, soit 42 % des émissions suisses, malgré une baisse de 9 % depuis 1990. Les progrès techniques ont fortement réduit les émissions de polluants atmosphériques, mais les valeurs limites d'oxyde d'azote et de particules fines (PM10 et PM2,5) sont encore parfois dépassées le long des axes routiers très fréquentés..
En 2022, chaque habitant de la Suisse a pris le train en moyenne 61 fois et a parcouru au total kilomètres. En comparaison avec les autres pays européens, la Suisse reste toujours le premier pays en termes d'utilisation du train..
La Suisse comprend trois aéroports de dimension internationale.
Énergie
La consommation d’énergie en Suisse repose encore largement sur les énergies fossiles qui représentent près de 60 % de l’énergie consommée en 2026 et sont principalement utilisées pour les transports, le chauffage et l’industrie. Après une forte hausse depuis les années 1950, la consommation énergétique s’est stabilisée après 2000 et diminue depuis 2010 malgré la croissance démographique et économique. En 2024, les transports constituent le principal secteur consommateur d’énergie (38 %), devant les ménages (plus de 27 %), l’industrie (18 %) et les services (16 %). L’électricité représente environ un quart de la consommation énergétique et est principalement produite par l’hydroélectricité et le nucléaire, avec une progression des énergies renouvelables, notamment du photovoltaïque. Pour atteindre la neutralité climatique en 2050, la Suisse prévoit une électrification accrue de ses usages et un développement des sources d’électricité renouvelables..
Pollutions Émissions de gaz à effet de serre
En , pour atténuer le dérèglement climatique, le gouvernement annonce l'objectif de neutralité carbone en 2050... En , l'Office fédéral de l'environnement écrit que « l'objectif de zéro émission nette peut et doit être atteint principalement en abandonnant les combustibles fossiles (en particulier le pétrole, le gaz, l'essence et le diesel) »..
En , l'Office fédéral de l'environnement annonce que la température moyenne a déjà augmenté de 2 degrés depuis l’ère préindustrielle ; que le dérèglement climatique a déjà un impact sur la santé humaine, les autres animaux, les végétaux et les glaciers ; et que, sans nouvelles mesures, la température moyenne pourrait augmenter de 5 à 7 degrés d'ici 2100...
Pollution de l'air La qualité de l'air en Suisse s'est nettement améliorée entre les années 1980 er 2020 grâce à la réduction des émissions de nombreux polluants, mais les valeurs limites d'immission pour l'ozone sont encore dépassées sur l'ensemble du territoire en 2024, tandis que certaines stations enregistrent toujours des dépassements pour le dioxyde d'azote et les particules fines. ..
Pollution de l'eau
Depuis les années 1970, la qualité des cours d’eau suisses s’est fortement améliorée grâce à la réduction des apports en nutriments, mais les micropolluants représentent désormais le principal enjeu pour la protection des milieux aquatiques..