Françoise de Saint-Omer, (1581-1642), est une religieuse du , née et morte à Saint-Omer, province de l'Artois, actuel département du Pas-de-Calais. Elle fonde un monastère, appartenant à la famille franciscaine, inspiré de l'ordre des frères mineurs capucins, dans la maison familiale à Bourbourg en Flandre maritime puis crée un ordre religieux actif en Flandre française, en Belgique, jusqu'en Allemagne : les Sœurs de la pénitence du Tiers-Ordre réformé de Saint-François ou Pénitentes dites Capucines.

Biographie Françoise Taffin nait à Saint-Omer le . Elle est la fille de Pierre TaffinArmes de la famille Taffin « D'argent à trois têtes de more, de sable ayant un bandeau d'argent, tournées à dextre et posées 2 et 1 ». Devise « Pense à ta fin Taffin ». Abbé Harrau, cité dans la bibliographie, p. 267, écuyer, seigneur du Hocquet, qui a servi le roi d'Espagne Philippe II sous les ordres de Valentin de Pardieu, gouverneur de Gravelines, ce qui lui valut d'être cité dans des lettres du souverain en 1579 pour sa valeur et sa fidélitéAbbé Harrau, cité dans la bibliographie, p. 267., inhumé dans l'église des capucines de Saint-Omer, fondée par sa fille, et de Marguerite PépinT de Morembert, cité dans la bibliographieGeorges Dupas, cité dans la bibliographie, p. 51; soit deux anciennes, nobles, honorables et pieuses familles de la villeMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 3.

Françoise Taffin aurait été remarquée très jeune, du fait de sa « vertu », le jour de sa confirmation par l'évêque de Saint-Omer Jean de VernoisMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 4.. Ses parents l'élèvent dans la foi chrétienne et la confient, à l'âge de douze ans à l'abbaye des bénédictines de Bourbourg. Elle y reste deux ans, et se montre ensuite très pieuseAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 14-15, visitant les églises de Saint-Omer et l'abbaye de Saint-BertinMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 7..

Son père la donne en mariage en 1596 à Saint-Omer, elle a quinze ans, à Alexandre MaesArmes de la famille Maes « De sable, à 3 roses d'argent posées 1 et 2, au franc quartier d'or, chargé d'un hocquet de gueules ». Abbé Harrau, , p. 267, qu'il a pu apprécier, lorsqu'il étudiait les humanités au collège des jésuites de Saint-OmerMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 12.. Alexandre Maes est licencié es lois, conseiller pensionnaire (conseiller juridique) de la ville et châtellenie de Bourbourg, fils de Baudouin Maes, grand bailli de Bourbourg. Le couple s'installe à Bourbourg. Deux filles naissent, Antoinette Florence, († Saint-Omer 1651), et Barbe, († Saint-Omer 1673)Georges Dupas, cité dans la bibliographie, p. 53.. La jeune mère concilie ferveur religieuse, rôle d'épouse et de mère, représentation sociale liée à la profession de son mari, malgré, déjà, une attirance pour une vie retirée consacrée à sa foiAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 18-20..

Maes-Taffin guide ses enfants dans la foi, les emmène en pèlerinage à Notre Dame de Bollezeele pour les offrir à Marie, mère de JésusMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 48.. À l'âge de treize ans, sa fille aînée déclare souhaiter devenir religieuse : on la conduit à l'abbaye Notre-Dame de la Paix à Douai, elle y demeure élève pensionnaire deux ans, tombe malade au moment de prendre le voile, ce qui conduit les médecins à prescrire le retour dans la famille. Maes-Taffin entretient dans de mêmes dispositions ses domestiques, trois d'entre elles deviendront religieuses. Elle tente de remettre dans le droit chemin les personnes de la ville écartées de la foi, intempérantes ou à la vie dissolue, sans oublier de soulager les misères des pauvres. Son attitude, sa réputation font qu'on lui demande souvent de devenir la marraine des nouveau-nésMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 63..

À partir de 1611, et pour une durée de trois ans, Augustin de Béthune dirige le monastère des frères mineurs capucins de Saint-Omer. Les bénédictines de l'abbaye de Bourbourg font appel à lui en tant que prédicateur. Lors de ces déplacements à cette fin, la famille Maes-Taffin l'hébergeNotes sur le P. Augustin de Béthune († 1643) et les premières capucines flamandes, cité dans la bibliographie, p. 6.. Il devient le directeur spirituel de Maes-Taffin et tient ce rôle pendant plus de trente ans. Il dirige également son mari, dont le frère est capucin, et dont il fait un modèle de piétéNotes sur le P. Augustin de Béthune († 1643) et les premières capucines flamandes, p. 6.. Alexandre Maes accepte, connaissant l'attirance de son épouse pour une vie religieuse, de faire vœu de chastetéMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 22..

Le mari décède le Abbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 27.. Il laisse à son épouse, âgée de trente-trois ans, des biens importants. Elle décide la même année d'ouvrir un monastère dans son habitation, devenue ensuite base de la création d'un ordre religieux.

Françoise de Saint-Omer, appelée « Vénérable Mère», «Très Vénérable Mère » « grande servante de Dieu », par Mathias de Saint-OmerMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, meurt le , à Saint-Omer, à l'âge de soixante et un ans.

Entrée en religion En 1614, veuve depuis quelques mois, vêtue de vêtements de deuil d'une simplicité extrême, trop même selon certains pour son statut socialAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 28., Françoise Maes-Taffin bénéficie du soutien de son directeur spirituel dans l'épreuve rencontrée, puis suit son penchant ancien et songe à transformer la maison familiale en un couvent de capucines.

Elle fonde d'abord un oratoire où elle se retire très fréquemment avec sa fille aînée, toujours désireuse d'une vie contemplative. L'autorisation de l'évêque de Saint-Omer, Jacques Blaes n'est accordée qu'après un long délai de réflexion, ou de mise à l'épreuve de l'intéresséeAbbé Harrau, cité dans la bibliographie, p. 269., et il faut l'intervention d'Augustin de Béthune pour la négocier et l'obtenir. Le magistrat de Bourbourg donne son accord, les transformations nécessaires de l'habitation sont réalisées, Les premières pierres de la chapelle du nouveau couvent sont posées le , en présence de l'archidiacre de l'archevêque de Cambrai et futur évêque Paul Boudot, qui bénit le sanctuaire dédié à Marie, (mère de Jésus) et à saint François d'AssiseGeorges Dupas, cité dans la bibliographie, p. 52.. Dès le mois d', le lieu accueille deux béguines provenant du béguinage d'Aire-sur-la Lys; le couvent des Capucines de Bourbourg est officiellement inauguré ce mois-là. Il compte rapidement trois novices supplémentaires dont la fille cadette de Françoise Maes-TaffinAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 30-38..

Le monastère adopte un mode de vie directement inspiré de celui des sœurs capucines, sans en faire officiellement partie, l'ordre des capucines établi à Paris ayant refusé d'accueillir des postulantes étrangères (à cette époque et jusqu'en 1659, le traité des Pyrénées, Bourbourg appartient à l'Espagne)Notes sur le P. Augustin de Béthune († 1643) et les premières capucines flamandes, p. 7. Maes-Taffin forme les novices à la piété, à la prière, à la pénitence et à la pauvreté, elle-même ayant donné tout ce qu'elle considérait comme superflu dans sa maison. Elle obtient de l'évêque de pouvoir porter le voile et le vêtement religieux, le doyen de Bourbourg la nomme supérieure et elle prend le nom de Françoise de Saint-Omer, sa fille aînée devenant sœur Agnès de BourbourgAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 38-39..

Françoise de Saint-Omer rédige la règle de la nouvelle communauté, règle retouchée par l'évêque Jacques Blaes et approuvée par le pape Paul V dans un bref pontifical de 1619. En 1615, la supérieure et les premières novices, prononcent leurs vœux et donnent leurs biens à l'établissement, Françoise de Saint-Omer prenant le titre, en tant que supérieure, de mère ancelle. Dès 1616, le cloître accueille vingt-quatre religieuses venant des environs, malgré des règles de vie strictes (vie en silence, conditions matérielles rigoureuses, jeûnes, pénitences, etc.)Abbé Parenty, cité dans la bibliographie, p.44-45., la fille cadette entre également en religion sous le nom de sœur Ignace de BourbourgAbbé Harrau, cité dans la bibliographie, p. 271..

Le couvent accueille encore Maes, belle-mère de Françoise de Saint-Omer. Maes partage auparavant ses biens entre la nouvelle institution et la création à Bourbourg d'une abbaye de capucins, dont son fils fut le premier supérieurAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 46..

Création d'un ordre religieux La maison religieuse fondée par Françoise de Saint-Omer acquiert rapidement une grande réputation. Plusieurs établissements lui demandent de bien vouloir agréger leur monastère à la maison qu'elle a fondée.

Dans un premier temps, jusqu'au bref pontifical de 1619, estimant les religieuses de sa maison encore inexpérimentées, Françoise de Saint-Omer refuse de donner suite. Puis elle l'accepte, la première « filiale » étant l'établissement de Bergues. Le nouvel évêque de Saint-Omer Paul Boudot y consent à condition que la fondatrice reste dans son diocèse, (Bergues dépendait du diocèse d'Ypres) afin de fonder avec lui un monastère du même ordre à Saint-OmerAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 47-50..

Elle donne ainsi naissance à l'ordre religieux des Sœurs de la pénitence du Tiers-Ordre réformé de Saint-François ou ordre des Pénitentes dites capucines.

Françoise de Saint-Omer fonde elle-même des cloîtres, suivant la même règle, à Bergues et Saint-Omer en 1620, Aire-sur-la-Lys en 1625, Liège en 1626, Lille en 1627, Courtrai en 1629-1630, puis DouaiLouise de Lorraine-Chaligny devenue veuve va entrer en ce couvent en 1637, avant d'aller fonder celui de Mons sous le nom de Claire Françoise de Nancy; Mathias de Saint-Omer, , p. 214-215 en 1630, confiée à sa fille Ignace de BourbourgAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p.86.. Elle prend la direction de celui de Saint-Omer lors de sa création, et laisse la maison de Bourbourg sous la direction de sa fille aînée. Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche en visite à Saint-Omer en 1625 demande à la rencontrerAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 66-67.. Puis, ardemment sollicitée en ce sens par l'évêque de Tournai, Jacob Maximilien Villain de Gand, Françoise de Saint-Omer va prendre la direction de l'établissement de LilleAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 71. jusqu'en 1630 où elle gagne Douai pour y créer un nouveau monastèreAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 83., y reste six ans pour revenir à Saint-OmerAbbé Parenty, cité dans la bibliographie, p. 88-89. dont le couvent comptait alors quarante-huit religieusesMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 205..

Ses filles vont seconder leur mère en dirigeant certaines de ces institutions et en fondent à leur tour : Agnès crée les maisons de Mons, Anvers, Bruges, et Ignace fonde les couvents de Ypres, Bruxelles et Maastricht.

L'ordre religieux est consolidé par un acte pris en 1625 par le roi d'Espagne Philippe IV, autorisant les couvents à acquérir les biens meubles et immeubles nécessaires à leur entretienMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 181. et par un bref apostolique émis en 1630 par Urbain confirmant à tous les couvents de l'ordre, présents et futurs, les privilèges et grâces précédemment accordésMathias de Saint-Omer, cité dans la bibliographie, p. 196..

En 1627, étant à Saint-Omer, Françoise de Saint-Omer, toujours conseillée par Augustin de Béthune, rédige des Constitutions régulières pour l'ensemble des couvents constituant son ordre et envoie ses instructions aux religieuses de la congrégation.