Antonio Ferrara dit " Nino " surnommé " le roi de la belle "., né le à Cassino en Italie, est une figure du grand banditisme français ayant réalisé des attaques de fourgons blindés à l'explosif. Fiché au grand banditisme depuis le milieu des années 1990, condamné pour une tentative de meurtre en 1996«Nino» devant les juges, Créteil sous tension, 20Minutes, 7 mai 2004 et des braquages, il est surtout connu pour sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes dans le Val-de-Marne, le .
Biographie
Origines Né dans une famille modeste le en Italie, à Cassino à au sud-est de Rome, ses parents émigrent en France avec ses six frères et sœurs en 1983 ; Antonio Ferrara a alors dix ans et il grandit à Choisy-le-Roi (Cité Gabriel) dans le Val-de-Marne, en banlieue parisienne. Comme le dira plus tard l'un de ses avocats, le jeune Antonio Ferrara bascule dans la délinquance vers l'âge de 18 ans par « manque de perspective(s) » pour l'avenir, par « manque de diplôme(s) », mais également parce qu'il a toujours des « difficultés à maîtriser la langue française » après son arrivée en FranceBrendan Kemmet, Matthieu Suc, « L'Affaire d'Antonio Ferrara », émission L'heure du crime sur RTL, 28 mars 2012.
Son père, qui travaillait comme carrossier chez Fiat en Italie puis à son compte, devient en France vendeur ambulant de sandwichs et de pizzas tandis que sa mère est femme de ménage. Le responsable de la section d'éducation spécialisée de son collège se souvient « d'un jeune souriant, poli, mais qui jouait déjà les petits caïds ». Antonio Ferrara quitte l'école à 16 ans et travaille comme plombier (pendant un mois), puis comme nettoyeur de trains (moins de deux mois) et enfin comme serveur (deux mois).
Membre du grand banditisme et première cavale En 1994 à 21 ans, il est condamné pour la première fois pour deux «outrages et rébellion». Il écope de quelques mois de prison avec sursis mais ne respecte pas les obligations assorties à son contrôle judiciaire.
Antonio Ferrara tombe relativement vite dans le grand banditisme. En 1998, il est arrêté mais s'évade pour la première fois, en profitant d'un transfert à l'hôpital de Corbeil-Essonnes. Sa cavale dure 4 ans jusqu'au et il est impliqué dans plusieurs affaires criminelles au cours de celle-ci.
Il est connu pour ses compétences en explosif et sa technique dite « de la parabole » au moyen d'un cadre supportant l'explosif, utilisée principalement sur les fourgons blindés.. Il est en relation avec le milieu corse (notamment avec Joseph Menconi) et peut-être avec les frères HornecOù se cache Ferrara ? La piste des manouches de Montreuil, L'investigateur, 14 mars 2003.
Évasion de Fresnes Le , Ferrara est incarcéré à la prison de Fresnes depuis le , date à laquelle il avait été arrêté après quatre années de cavalePlacé sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis en avril 1997 pour braquage, il avait profité d'un transfert médical à l'hôpital de Corbeil-Essonnes pour s'évader en août 1998, aidé par trois complices armés qui ont fait irruption dans la salle d'attente du service Vidéo de l'INA (1998) Vidéo de l'INA (2002). Dans la nuit, vers du matin, un commando d'une dizaine d'hommes portant blousons et brassards fluorescents de policier, cagoulés et lourdement armés (revolver, fusil d'assaut, Kalachnikov et lance-roquette) et très bien organisé attaque la maison d’arrêt de Fresnes à l’explosif pour le délivrer.. L'évasion de Ferrara est très bien préparée : ce dernier fait tout pour se retrouver au « mitard » de la prison, l'endroit le plus efficace pour l'opération d'évasion. Il refuse donc une fouille à la sortie d'un parloir, et de cette manière, se retrouve au quartier disciplinaire proche de la porte arrière de la maison d’arrêt. En milieu de nuit, ses complices incendient des voitures en banlieue pour occuper les pompiers et les forces de l'ordre. Lors de l'attaque, de nuit, les gardiens, dépassés, réagissent à peine depuis un mirador, attaqué au fusil d'assaut AK-47 et l’opération, qui a duré , est un succès. Le commando fait sauter deux portes blindées successives, à l'explosif et au lance-roquettes, tandis que Ferrara fait exploser lui-même les grilles de sa cellule grâce à des explosifs fournis par ses complices. Ferrara fuit pour le sud de la France tandis que dans les mois qui suivent, quatorze auteurs et complices sont arrêtés, dont des bandits corses, comme Dominique Battini.
Arrestation et vie en détention
Fin de cavale Il est, jusqu'à son arrestation, la priorité numéro 2, après Yvan Colonna, de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur.
En début de soirée du , il est localisé dans un bar du arrondissement (le Peanut's Café au 102 rue de Bercy) avec deux pointures du grand banditisme, Malek Bouabbas et Hamid Hakkar, qui est en cavale depuis 1998 après son évasion de la prison de Villepinte. Ferrara a changé son apparence physique : il est aminci, porte un fin filet de barbe « à la d'ArtagnanLe Monde, 12 juillet 2003. », a les cheveux décolorés et le nez refait. C'est l'OCRB (Office central pour la répression du banditisme) et la BRB (Brigade de répression du banditisme) qui mènent l'opération d'arrestation. Quarante policiers issus de ces deux services sont mobilisés pour cette arrestation. Ferrara, armé et détenteur de faux-papiers d'identité, est maîtrisé par deux enquêteurs avant d'avoir le temps de peut-être dégainerFerrara derrière les barreaux, L'investigateur, 12 juillet 2003..
Mis en examen pour « évasion avec usage d'armes et d'explosifs », « infraction à la législation sur les armes », « complicité de tentative d'homicides volontaires avec préméditation à la fois sur des surveillants pénitentiaires et sur des fonctionnaires de police », « destruction de biens avec explosifs en bande organisée », « association de malfaiteurs » et « détention de faux documents administratifs », il est incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis. Il est aussi mis en examen pour « port et transport d'armes de première catégorie », dans le cadre de son arrestation.
Après son arrestation, il est placé à l'isolement et est jugé à partir du début de l'année 2006. En prison, il est régulièrement changé de cellule.
Le temps des procès
Procès de sa première évasion En 2003, il est condamné en appel à 5 ans de prison pour son évasion de 1998.
Procès pour le braquage de l'agence de la Société Générale de Soisy sur Seine et du Crédit Mutuel de Yerres Antonio Ferrara comparaît le 21 et le devant la cour d'assises de l'Essonne pour deux attaques à main armée commises coup sur coup à la Société générale de Soisy-sur-Seine le , puis au Crédit mutuel de Yerres le 27 du même mois. Il est condamné à 8 ans de prison pour le braquage de l'agence de la Société Générale et acquitté pour l'autre.
Procès pour un règlement de comptes en 1996 En , il est jugé par la cour d'assises du Val-de-Marne pour une tentative de meurtre commise à l'hôtel Ibis de Créteil le . À la suite d'un différend concernant des stupéfiants, Ferrara, ivre, a agressé très violemment Fabrice Coly. Il lui a notamment tiré à l'abdomen au fusil à plomb. Il est reconnu coupable et est condamné à 12 ans de prison.
Jugé en appel en par la cour d'assises de Paris, Antonio Ferrara est finalement condamné à 8 ans de prison.
Procès de l'attaque du bureau de poste de Joinville-le-Pont Le s'ouvre le procès de Antonio Ferrara devant la cour d'assises du Val-de-Marne. Il est poursuivi pour l'attaque à main armée du bureau de poste de Joinville-le-Pont en avec son complice Bilel Moujdin. Lors du procès, son avocat estime pourtant qu'« il n'y a rien dans ce dossier ». Il fait valoir qu'aucune confrontation n'a été réalisée et que les 25 agents de la poste séquestrés n'ont pas reconnu son client. Le , ceux-ci expliquent que les agresseurs sont la plupart du temps cagoulés. Les deux automobilistes pris ensuite en otage par Ferrara ne l'ont pas non plus reconnu à l'audience. « Vous n'avez absolument aucune preuve contre Ferrara, le plus petit doute que vous avez doit bénéficier à l'accusé », conclut l'avocat devant la Cour. Le , Antonio Ferrara est reconnu coupable de « vol avec arme », « séquestrations », « prises d'otages » et de trois des quatre « tentatives d'homicides volontaires sur policiers », dont il est accusé. Il est donc condamné à 15 années de réclusion criminelle. Ferrara, à l'énoncé du verdict, se montre détendu et souriant. Au moins 20 années de réclusion criminelle avaient été requises à son encontre. « Ils ont bâclé un dossier (…) je ne suis pas coupable dans cette affaire » avait-il déclaré à l'issue de la plaidoirie de la défense.. Antonio Ferrara a été acquitté le en appel par la cour d'assises de Paris.
Procès de l'attaque d'un fourgon de la Brink's à Paris - Porte de Gentilly Condamné en première instance aux côtés de Joseph Menconi à onze années de réclusion criminelle pour avoir participé au braquage d'un fourgon de la Brink's le à Gentilly (Val-de-Marne), Antonio Ferrara est acquitté en appel par la cour d'assises de l'Essonne le . Les deux hommes ont toujours nié leur participation aux faitsVerdict clément dans l'attaque du fourgon Brink's, Libération, 23 décembre 2006Braquage de Gentilly : Ferrara et Menconi acquittés en appel.
Procès de son évasion de la prison de Fresnes Le procès en cour d’assises de son évasion de Fresnes s'ouvre sous haute surveillance le . Il est marqué par un incident le : une explosion de violence secoue le box des accusés qui tentent par ce stratagème de faire renvoyer le procès. Dans la nuit du 14 au , Antonio Ferrara, 35 ans, est condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes du . Vingt années de réclusion criminelle avaient été requises contre Ferrara, qui n'était pas présent au verdictAntonio Ferrara condamné à 17 années de réclusion criminelle pour son évasion , Le Nouvel Observateur, 15 décembre 2008. Plusieurs complices sont également condamnés dont un ancien surveillant de la prison de Fresnes, reconnu coupable de complicité dans l’évasion qui est condamné à 12 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Paris et placé en détention..
Quant à Karim Achoui, ancien avocat de Ferrara, il est condamné à sept ans d'emprisonnement pour complicité et son placement en détention a été ordonnéFerrara condamné à 17 ans, Me Achoui à 7 ans, Le Parisien, 15 décembre 2008Un verdict scandaleux» pour l'avocat d'Achoui, Le Parisien, 15 décembre 2008. En appel, Karim Achoui est relaxé tandis que Ferrara est condamné à une peine de 12 ans..
Procès du braquage d'un fourgon de la Valiance à Toulouse
Le , un fourgon blindé de transport de fonds de la société Valiance avait été attaqué à Toulouse, dans le quartier des Minimes, par un commando de huit à dix personnes équipées de Kalachnikov et de Famas, des armes de guerre, alors qu'il revenait de la Banque de France. L'un des assaillants avait été blessé tandis que le chauffeur du fourgon était parvenu à se défaire des cales installées par les agresseurs pour prendre la fuite. Le , la cour d'assises de Paris a acquitté Antonio Ferrara et huit de ses coaccusés, qui étaient jugés pour la tentative d'attaque contre le fourgon blindé de transport de fonds à Toulouse. Lors de sa dernière prise de parole au procès, celui qui est surnommé El niño à cause de sa petite taille (), avait clamé son innocence. « Je suis évidemment coupable d'avoir fait un certain nombre de choses dans ma vie et je les ai toujours reconnues. Dans cette affaire, je n'y suis pour rien et je ne paiera pas pour ça. Le dossier est vide, on l'a rempli de fantaisie », avait-il lancé aux jurés.