Les feux de forêt de 2019 en Amazonie sont une série de milliers d'incendies qui se déroulèrent principalement dans la forêt amazonienne en 2019.

La majeure partie des feux de forêt se sont produits dans la partie de la forêt située au Brésil (plus de 60 % de celle-ci se trouve à l'intérieur de son territoireWith contributions by Mauro Toledo Rodrigues), mais des pays voisins comme la Bolivie, le Pérou et le Paraguay ont également signalé de nombreux départs de feux. Les incendies ont suscité une importante réaction de la communauté scientifique et internationale en juillet et à la suite des publications de l'Institut national de recherches spatiales (INPE) faisant état d'au moins décomptés en huit mois au Brésil, statistiques basées sur des observations satellitaires. De janvier au , plus de ont été décomptés dans la plus grande forêt tropicale au monde, considérée comme . Il s'agit du nombre le plus élevé depuis le début de la collecte des données en 2013..

À partir du , de nombreux incendies frappent quatre états brésiliens : Amazonas, Rondonia, Mato Grosso et Pará. Amazonas, qui est le plus grand état du pays, et qui a la dans le monde, déclare l'état d'urgence le ., suivi par l'État d'Acre, dans la Région Nord.

Les feux de forêt ont suscité des critiques vis-à-vis du gouvernement brésilien, en particulier des ONG environnementales. et de la France, qui borde le Brésil en Guyane.BFMTV - Incendies en Amazonie: Bolsonaro accuse Macron d'avoir une "mentalité colonialiste", l'Élysée répond - 23/08/2019 - « La France est légitime en s'exprimant sur l'Amazonie car c'est un pays amazonien »... « La Guyane a une frontière avec le Brésil et une partie de l’Amazonie est sur son territoire. »Le Monde - Emmanuel Macron assure le chef amazonien Raoni du soutien de la France - 16/5/2019 - « En tant que pays amazonien » avec la Guyane, « la France est naturellement engagée dans la lutte contre la déforestation » et « défend les droits des autochtones, notamment en tant qu’acteurs essentiels de la préservation des forêts et de la biodiversité, et par conséquent engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques ». Ces agences affirment que le système politique mis en place par le président brésilien nouvellement élu, Jair Bolsonaro, a affaibli la protection de la forêt tropicale.

Le gouvernement estime que la déforestation est nécessaire pour reconstruire l'économie brésilienne, et que les données de l'INPE ont été falsifiées dans le cadre d'une campagne de désinformation menée contre lui. Au début du mois d'août, Bolsonaro a limogé le directeur de l'INPE après la diffusion de statistiques par l'agence montrant une augmentation significative de la déforestation au Brésil.. Début 2020, l'analyse des données satellitaires montre que la superficie brûlée en 2019 s'établit finalement autour de la moyenne des années précédentesTemporal Anomalies in Burned Area Trends: Satellite Estimations of the Amazonian 2019 Fire Crisis. Joshua Lizundia-Loiola, M. Lucrecia Pettinari, Emilio Chuvieco. Remote Sens. 2020, 12(1), 151; https://doi.org/10.3390/rs12010151. Despite International Media Frenzy, 2019 Burned Area Trends in the Amazon Similar to Previous Years. ESA - European Space Agency March 6, 2020..

Contexte Le bassin de l'Amazone, qui fait à peu près la taille de l'Australie, est recouvert d'une végétation dense comprenant d'arbres. La forêt dense et humide . La forêt amazonienne , y compris les rivières atmosphériques, puisque 20 % de l'eau douce de la planète traverse des cycles dans cette forêt tropicale. Depuis les années 1970, le Brésil a déforesté environ 20 % de la forêt, ce qui représente (donnée de 2016), soit une surface quasiment aussi grande que la Turquie. Soixante pour cent de la forêt se situent en territoire brésilien, tandis que 13 % se trouvent au Pérou et 10 % en Colombie, et des portions moindres au Venezuela, en Équateur, en Bolivie, à Guyana, au Suriname et en Guyane.

Au Brésil, l'Institut national de recherches spatiales (INPE, ou Institut national pour la recherche spatiale) publie les chiffres de la déforestation chaque année. En 2015 est créé le système DETER (« Système de détection de la déforestation en temps réel »), qui provoque une alerte automatique pour tout défrichement de plus de trois hectares} détecté en forêt amazonienne, avec une mise à jour hebdomadaire des données. Le système est doublé par le système de « surveillance par satellites de la déforestation en Amazonie (PRODES) » qui permet de déterminer les taux de déforestation annuels officiels du Brésil, calculés sur système d'information géographique via des images en haute résolution prises par différents satellites..

En 2018, incendies ont eu lieu dans la même région.

Néanmoins, les incendies historiques de 2016 et 2017 furent plus importants. En 2017, incendies furent recensés s'approchant du record historique de 2004 ( incendies).

Causes droite|vignette|Image satellite INPE prise le le long de la rivière Purus, entre Canutama et Lábrea, dans l'état d'Amazonas, montrant plusieurs panaches de fumée de feux de forêt, y compris dans des zones déboisées. De nombreuses hypothèses ont été avancées pour expliquer l’ampleur des flammes qui ont ravagé la forêt amazonienne. La sécheresse, le réchauffement climatique, la déforestation, l’agriculture intensive ou encore le défrichement au brûlis sont autant de scénarios qui se pourraient en être à l'origine.

Cause naturelle Les incendies se produisent naturellement pendant la saison sèche en juillet et août. Selon Euronews, les incendies de forêt se sont multipliés du fait que l'activité agricole .

Incendies volontaires Certains agriculteurs provoquent des incendies afin de défricher légalement ou illégalement des terres à des fins d'élevage. En août, des agriculteurs de l’état amazonien de Pará ont publié une annonce dans le journal local concernant une queimada ou « journée de feu » en août. Peu de temps après, le nombre d'incendies a considérablement augmenté. Illégalement, ces dernières années, des (grileiros) ont pénétré profondément les forêts des .

Les autorités brésiliennes ont notamment été accusées de ne pas avoir empêché un incendie criminel organisé par des agriculteurs pro-Bolsonaro alors qu’elles étaient au courant.

Selon des scientifiques et des défenseurs de l'environnement, depuis que le président Jair Bolsonaro, élu en octobre, a pris ses fonctions en , il est accusé d'avoir , ce qui a entraîné un regain de la déforestation de la forêt amazonienne, soit une augmentation de 88 % en juin par rapport à , selon l’INPE..

Feux de forêt droite|vignette|Feux de forêt en Amazonie le . Au Brésil Le mois d' connait une forte croissance du nombre d'incendies de forêt. Le , l'État d'Amazonas déclare l'état d'urgence. La NASA a publié des images deux jours plus tard, montrant la fumée des feux visible depuis l'espace. Cependant, selon la NASA, en raison d'une activité des incendies de forêt inférieure à la moyenne à Mato Grosso et à Pará, l'activité totale des incendies en Amazonie est proche de la moyenne des 15 dernières années.

Le , l'INPE a signalé la détection de depuis janvier. Cela représente une augmentation de 77 % du nombre d'incendies par rapport à la même période en 2018. La NASA a quant à elle signalé une augmentation des incendies de forêt dans l'Amazonas et le Rondonia et une diminution au Mato Grosso et dans le Pará.. Au moins incendies ont été détectés dans tout le Brésil ce qui représente une augmentation de 84 % par rapport à la même période en 2018. Entre le 19 et le , nouveaux départs de feux ont été enregistrés..

Incendies dans les pays voisins Les incendies s'étendent également aux pays limitrophes. Des pompiers boliviens ont été déployés à la frontière avec le Brésil pour lutter contre les flammes et surveiller la région. L'avancée des feux reste pour l'heure difficile à évaluer, compte tenu de la superficie de la plus vaste forêt tropicale de la planète..

En effet, la Bolivie et le Paraguay sont eux aussi confrontés à d’importants feux de forêt. En Bolivie, environ sont partis en fumée dans le département de Santa Cruz depuis le mois de mai, avec une forte recrudescence des feux en août. , les pompiers boliviens font face à des incendies devenus hors de contrôle. Le (2019), le président Evo Morales a déployé un avion bombardier d'eau Boeing 747 Supertanker au-dessus de l'Amazonie bolivienne..

Au Pérou, la région de Madre de Dios a signalé des niveaux de dioxyde de carbone supérieurs à la normale en raison des incendies au Brésil et en Bolivie, ce qui a suscité des inquiétudes pour la santé de la population. Des incendies isolés ont également été signalés à Madre de Dios, mais les autorités régionales ont indiqué qu'ils n'avaient aucun lien avec ceux du Brésil.

Au Paraguay, des incendies sont localisés dans le district d'Alto Paraguay et dans la région du Pantanal, protégée par l'UNESCO. Le président paraguayen, Mario Abdo, travaille en étroite collaboration avec le président bolivien afin de coordonner les interventions.. Aucune donnée officielle n’est pour l’heure disponible... alt=Feux de forets de 2019 Brésil|vignette|Feux de forets de 2019 Brésil alt=Pourcentage de feux de forêt en 2019 par rapport à 2018-2010|vignette|Pourcentage de feux de forêt en 2019 par rapport à 2018-2010

Nombre d'incendies de forêt par année et par État +Nombre d'incendies de forêt détectés par l'INPE du janvier au 22 août.2013Diff%2014Diff%2015Diff%2016Diff%2017Diff%2018Diff%2019Acre70010 %7754 %806134 %-58 %7917 %851197 %Alagoas128-9 %11669 %196-60 %785 %82-25 %6119 %73Amazonas99 %21 %26 %8 %-42 %151 %Amapá2777 %48-8 %44-13 %38-55 %17111 %36-52 %17Bahia-28 %11 %45 %-38 %-22 %90 %Ceará2744 %28522 %34829 %450-56 %19465 %321-4 %306District fédéral52134 %122-60 %48231 %159-30 %110-64 %3951 %59Espírito Santo179-35 %115119 %25244 %365-76 %871 %88160 %229Goiás41 %-19 %57 %-25 %-24 %22 %Maranhão81 %7 %-16 %-31 %-11 %23 %Minas Gerais24 %-37 %90 %-31 %-20 %75 %Mato Grosso do Sul-27 %954109 %7 %9 %-54 %278 %Mato Grosso34 %-15 %50 %-33 %-14 %91 %Pará170 %-4 %-3 %24 %-65 %198 %Paraïba7167 %119-34 %78-6 %73-45 %4060 %6420 %77Pernambouc173-5 %16448 %244-63 %9036 %123-22 %9536 %130Piauí123 %-19 %-7 %-34 %85 %-25 %Paraná-23 %99220 %44 %-10 %-1 %12 %Rio de Janeiro173101 %348-1 %3430 %346-30 %241-41 %140182 %396Rio Grande do Norte69-17 %5736 %78-28 %5623 %6921 %84-31 %58Rondônia693210 %46 %-2 %-12 %-29 %203 %Roraima95084 %-14 %136 %-82 %616221 %132 %Rio Grande do Sul89033 %-25 %894150 %-37 %-27 %80 %Santa Catarina958-49 %48132 %635112 %-23 %-15 %87313 %988Sergipe155-56 %68122 %151-53 %70-2 %688 %74-16 %62São Paulo46 %-42 %104 %-29 %38 %-30 %Tocantins36 %-12 %50 %-32 %-23 %54 %Total50 %-3 %29 %-24 %-22 %84 %

Impacts Environnementaux droite|vignette|Série temporelle du sondeur infrarouge atmosphérique représentant le monoxyde de carbone causé par des incendies dans la région amazonienne du 8 au . Le panache de fumée des incendies à Rondônia et à Amazonas (à plus de au nord-est) a assombri le ciel sur la plus grande ville du Brésil, São Paulo. Les épaisses fumées sont entrées en contact avec des masses d'air froid et les cendres ont été transportées jusqu'à la côte.

L'imagerie satellite a également détecté de grandes quantités de dioxyde de carbone libérées par les incendies et se propageant dans les pays voisins, où normalement la forêt amazonienne stocke et convertit le dioxyde de carbone en oxygène.. Le service Copernicus de lutte contre le changement climatique de l'Union européenne a également fait état d'un d'émissions de monoxyde et de dioxyde de carbone générées par les incendies.

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré : .