vignette|Hans Fredrik Gude--En Sognejakt--1866 Le commerce du bois de la Baltique était un enjeu stratégique, surtout du temps de la marine en bois.

Histoire La surexploitation de la forêt médiévale dans les zones densément peuplées de l'Europe conduisit à une déforestation et à la recherche de sources de bois plus lointaines. Le développement du commerce maritime et du trafic fluvial va relier de nouvelles sources de bois aux marchés d'Europe du Nord. L'ampleur massive des exportations de bois peut être vue dans l'évolution de la taille des cales des navires : trois cents tonnes au et mille tonnes au . La dendrochronologie, nous apprend que de grandes quantités de chêne de haute qualité nécessaires pour approvisionner l'Europe occidentale provinrent des régions de la Pologne, de la Lituanie et la Lettonie. Le bois de la Baltique provenant de sources intérieures, était flotté sur les rivières vers des ports tels que Gdansk, sur la Vistule. Il était ensuite chargé sur des navires vers les centres de commerce dans toute l'Europe du Nord et de l'Ouest, compris l'Espagne et le Portugal. Il était relativement peu coûteux de se procurer et de transporter du bois depuis les ports de la Baltique, et l'ensemble du processus - de la coupe dans les forêts aux centres de transactions sur les marchés de Londres, d'Anvers ou d'Amsterdam - pouvait prendre plusieurs mois. Par suite de l'épuisement des réserves forestières, l'industrie du bois se déplaça vers le nord et l'est et vit s'accroitre l'importance de Riga, comme centre d'exportation du bois. Plus tard, dans la première moitié du , la Norvège devint également un grand exportateur de bois. Bois de chêne, douves, goudron et poix, les mâts — matières premières indispensables aux constructions navales — était destinée surtout à la Hollande et à l'Angleterre et en outre, vers la fin du siècle, aux pays de la péninsule ibérique débouchés d'importance croissante. L'exportation du chanvre et du lin, indispensables à la confection des voiles et au gréement des bateaux était également liée à l'exportation des bois de construction. Gdansk, Koenigsberg et Riga avaient, aux une très grande importance pour le développement des flottes hollandaise, anglaise, espagnole et portugaiseMalowist Marian. Les produits des pays de la Baltique dans le commerce international au XVIe siècle. In: Revue du Nord, tome 42, n°166, Avril-juin 1960. pp. 175-206. Lire en ligne.

Le commerce de la baltique sera détenu par les vikings, puis la Hanse, puis les Hollandais. Ce qui plaçait souvent les pays européens dans une situation délicate quant à l'approvisionnement en bois de marine, et en goudron de pin. La route maritime en provenance de Norvège, présentait aussi un goulet d'étranglement, l'Øresund - le détroit étroit séparant le Danemark de la Suède - un passage facilement bloqué par les marines ennemies, en particulier les Hollandais qui étaient géographiquement bien placés pour faire obstacle au commerce à travers la Mer du Nord ; comme le pouvaient aussi, dans une moindre mesure, les Français.

La plupart des pays européens, mercantilisme oblige, ne juraient que par leur balance commerciale, et s'imposait pour eux le constat douloureux d'une balance défavorable vis-à-vis des pays scandinaves. Leurs efforts visaient à trouver d'autres sources d'approvisionnement.

Aujourd'hui l'Allemagne, la Russie, l'Autriche, la Pologne (pour la menuiserie), la Suède et la Finlande se placent toujours dans le top 10 des principaux exportateur de bois d'œuvre, bien qu'ils aient été supplantés par le Canada ou les États-Unis.

Forêts

Le transport du bois est tributaire des fleuves pour le flottage. Le bassin hydrographique de la mer Baltique donne une idée des forêts drainées par le commerce balte du bois. Plusieurs ports se dégagent partir des fleuves: Saint-Empire romain germanique L'Allemagne occidentale n'offrait probablement pas à la pénétration économique hollandaise au et au , mais l'arrière-pays riche en produits forestiers et céréaliers des ports de Brême et Hambourg intéressaient aussi le commerce hollandais.

Les ports d'exportation du saint empire sont les villes hanséatiques de : Rostock, sur le Warnow ; Stetin, sur l'Oder.

Pologne et confédération livonienne (Lettonie et Estonie) Les ports d'exportation polonais sont Gdansk et Koenigsberg (actuelle Kaliningrad) voir Toruń sur la Vistule.

Au , Gdansk et la Livonie étaient sources d'approvisionnement en bois pour la Hollande ; pour la première depuis l'arrière-pays polono-lituanien, et pour la seconde depuis les ressources forestières illimitées de la Russie. La Mazovie était fort riche en forêts. Les habitants de ces petites villes flottaient toutes les espèces de bois jusqu'à Danzig, ainsi que du goudron, du cirage, de la cendre et d'autres produits analogues, favorisant l'essor économique de Wyszogród, Czersk, Pułtusk, Plock, Varsovie, Wizna et autres bourgades situées au bord de la Vistule et ses affluents de droite dont la Narew. Les Prussiens se rendaient fréquemment eux-mêmes en Mazovie pour les emporter à Danzig. Des entrepôts de bois sont construits à Danzig sur la Motlava. Des bourgades reculées comme Nowy Sącz faisaient du commerce de bois d'if du moins jusqu'à Toruń.

Le commerce du bois avec la Lituanie se faisait via la Curisches haffe.

Le sciage en Pologne était entre les mains des paysans qui, dans les domaines importants, assuraient aussi le fonctionnement de scies hydrauliques. Le paiement dans les grands centres de vente se faisait souvent en nature, notamment de draps des Pays-Bas très répandus depuis la fin du . Au les principaux destinataires des bois polonais sont la Hollande, puis l'Angleterre, tandis qu'augmente l'importance du marché ibérique.

Seconde moitié du on constate un fléchissement de l'exportation du bois et de ses dérivés à Gdansk attribuable à l'extension rapide de l'agriculture en Pologne. On peut présumer que l'exportation massive des bois, ancienne de deux siècles a contribué au déboisement des régions riveraines des voies fluviales, et aussi que le développement de la sidérurgie des industries minières et de la verrerie avait fait reculer la forêt. L'importance des territoires lituano-russes augmente sensiblement en tant que sources de l'exportation des bois, et surtout du goudron de pin, de la poix et des cendres destinés aux marchés occidentaux ; ce qui influença fortement les exportations à Koenigsberg (Kaliningrad) et à Riga. Le lieu de production le plus important du bois (destiné aux constructions navales) devient la Norvège.

Les premières législations forestières sont mises en place en Pologne par Grigori wolowicz en 1558, pour compte de Sigismond IIMichel Devèze. Contribution à l'histoire de la forêt russe (Des origines à 1914). In: Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 5, n°3, Juillet-septembre 1964. pp. 302-319. Lire en ligne.

De la confédération livonienne, on trouve successivement : Klaipėda (Memel) sur le Niémen ; Riga, capitale de la Confédération livonienne sur la Daugava ; Reval (actuelle Talinn), sur la Pirita ; Narva, sur la Narva; Pskov, (actuel Oblast de Pskov, Russie), sur la Velikaïa affluant de la Narva ; Novgorod, (actuel Oblast de Novgorod, Russie), sur la Volkhov. Finlande (Suède), République de Novgorod, puis Russie Aux et , le monde russe accuse une balance commerciale favorable par rapport au reste de l'Europe. Elle pourvoit nombre de matières premières indispensables à l'économie occidentale : bois, lin et chanvre, peaux, suif, goudron de pin, potasse et quelques produits de luxe comme fourrures et cuirs fins. Le payement de tous ces produits ne s’effectue qu'en partie sous forme de marchandises : draps de laine, soieries, quincaillerie les Russes demandent surtout or et argent, monnayés ou non. Les puissances bordières de la Baltique qui barrent à la Russie un accès la mer, ont chacune intérêt à devenir l'unique intermédiaire entre le marché russe et le reste du mondeMarie-Louise Pelus. Artur Attman, The struggle for Baltic markets. Powers in conflict, 1558-1618. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. année, N. 2, 1981. pp. 309-310. Lire en ligne. Après le déclin du comptoir de Novgorod, Reval, Tallinn et Riga s'arrogent ce privilège interdisant à tous les marchands étrangers et même les autres Hanséates le commerce direct avec les Russes, si bien que le mécontentement est général vers le milieu du . Ivan le Terrible parvient à établir les comptoirs de Narva en 1558 qui connait un boom économique en 1559 ; Reval la rivale flouée se place sous la protection de la Suède ; et Riga sous la protection de la Pologne. Ces trois États se font la guerre et le centre du commerce Russe oscille de Pskov, à Riga, Arkhangelsk fondée en 1584, Reval, et Viborg. La côte norvégienne du Finmark est d'un nouvel intérêt stratégique pour le commerce vers Arkhangelsk.

Anglais et Hollandais sont intéressés au maintien de la paix sur la Baltique.

La montée en puissance de la Suède devient menaçante. L'empire suédois doit son existence à l'ambition mal calculée de contrôler le commerce russe de Riga à Arkhangelsk, enfin réaliser le Dominium maris balticiLindberg Folke. La Baltique dans l'historiographie scandinave, problèmes et perspectives. In: Annales. Économies, sociétés, civilisations. année, N. 3, 1961. pp. 425-440. Lire en ligne.

La Suède est également un puissant protectionniste du commerce et impose des droits élevés aux importations britanniques. À partir des Guerres anglo-néerlandaises de la fin du , des hommes d'État et des marchands britanniques vont chercher les autres sources d'approvisionnement mentionnées plus haut.

Pierre I le Grand fonde Saint-Pétersbourg en 1703.

La grande guerre du Nord voit la défaite de la Suède, et le traité de Nystad de 1721 fait de la Russie la nouvelle puissance principale de la mer Baltique. vignette|Flottage devant le monument sur le canal Novo-Mariinsky. Système Mariinsky. District de Vytegorsky de la province d'Olonets. Photo par Sergueï Prokoudine-Gorski vers 1909. Fin , la Russie exporte vers la Baltique via Riga, Saint-Pétersbourg, et son avant-port de Kronstadt, Narva et Libau. Saint-Pétersbourg était alimentée par la Neva, du bois provenant du bassin du lac Ladoga. Le canal Mariinsky relie le bassin du lac Ladoga à la Volga (bassin aralo-caspien).

Au , l’Angleterre supplante la Hollande comme principal acheteur des produits forestiers du Nord. Des entreprises comme J. Thomson, T. Bonar & co, ayant leur siège à Londres et à Saint-Pétersbourg, à partir du feront fortune dans le commerce du bois de la Baltique.

Le commerce du bois russe reposait sur une main-d'œuvre qui restait dans la Russie impériale très peu payée, si on compare ses salaires à ceux de l'Europe occidentale. Les conditions du travail dans les forêts, étaient restées très primitives avant 1914. Lénine, dans son ouvrage, Développement du capitalisme en Russie caractérisent l'économie forestière de la Russie tsariste au tournant du siècle comme des plus primitives. Dans cette branche de l'activité règne dans une large mesure la servitude. L'abolition du servage de 1861 provoqua une grosse augmentation des prix du bois qui quadruplèrent ente 1865 et 1890Michel Devèze. Contribution à l'histoire de la forêt russe (suite). In: Cahiers du monde russe et soviétique, vol. 5, n°4, Octobre-décembre 1964. pp. 461-478. Lire en ligne.vignette|RMS Wanheim dans le canal de Saimaa à Lappeenranta, Finlande. Vyborg, en 1856 connecté par le canal de Saimaa, au Saimaa ; le canal est creusé à partir de 845 et inauguré le . Il relie Lappeenranta et Viipuri (actuellement Vyborg en Russie), villes appartenant à l'époque au grand-duché autonome de Finlande rattaché à la Russie impériale, sa fonction première était le flottage des grumes. Oulu sur l'Oulujoki

Suède