Dans le système éducatif burkinabè, en majorité public et laïc, l'enseignement primaire dure six ans, l'enseignement secondaire quatre ans et l'enseignement supérieur deux à huit ans. La scolarité est obligatoire pour les élèves âgés de six à seize ans.

Historique Période pré-coloniale Il ne nous est parvenu que peu de traces de l'environnement d'apprentissage à l'époque pré-coloniale au Burkina Faso. Nous pouvons développer ici que la base orale de la transmission du savoir contribue en grande partie au manque de ressources sur le sujet à présent.

En outre, le fait que le territoire ait été divisé en plusieurs royaumes (notamment Gurma, Mossi, Gwiriko et Liptako) avec des langues et des enseignements oraux différents d'un groupe à l'autre, a empêché un système éducatif unitaire de se construire dans ce territoire morcelé.

L'utilisation de contes à des fins éducatives sur le territoire peut être noté comme un des éléments importants de l'enseignement oral de toute la région du centre-ouest africain, dont le Burkina, à l'époque pré-coloniale.

Enfin, l'Islam, élément important de la culture de certains royaumes burkinabè (par exemple Mossi) à partir du , aurait pu tenir un rôle dans l'éducation écrite et orale d'une partie de la population, à travers les médersashttp://perso.numericable.fr/~pcastera/Burkina/BingerAOuaga.pdf. Là aussi, trop peu de sources existent pour confirmer cette hypothèse à une échelle suffisante.

Début du XXe siècle Des écoles ouvrirent à Léo et à Koury en 1900; à Dori en ; à Gaoua au début de l’année 1902 et à Tenkodogo en 1903. L’implantation de ces écoles était essentiellement le fait de militaires qui en assuraient la direction avec l’aide de quelques interprètes.

L’arrivée d’un personnel enseignant qualifié fit progressivement disparaître ces « écoles de poste » au profit d'écoles de village et d'écoles de région. Les écoles de Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Ouahigouya, Boromo et de Banfora reçurent ainsi leurs premiers instituteurs européens respectivement en 1904, 1907, 1911, 1913.

Les missionnaires (catholiques), quant à eux, s'étaient principalement installés sur le territoire de la Haute-Volta depuis les années 1900 et s'intéressaient à ce système éducatif comme moyen d’éducation mais surtout d’évangélisation. Le Dr Compaoré ajoute à ce sujet:

Après 1932 L’école primaire supérieure de Ouagadougou fut fermée à la suite de la dislocation de la colonie de Haute-Volta le . À la faveur de la réorganisation de l’enseignement au lendemain de la Conférence de Brazzaville, le système scolaire semble s’orienter vers des objectifs plus neutres visant à instruire plus généralement les jeunes gens et à leur procurer les bagages nécessaires pour participer au développement de leurs territoires.

À partir de 1945, la distinction entre les écoles préparatoires, élémentaires et régionales disparait et celles-ci prennent toutes l’appellation d’« écoles primaires » et conduisent au certificat d’études primaires élémentaires (CEPE).

À sa reconstitution en 1947, le territoire de Haute-Volta (quasi équivalent au Burkina Faso actuel) hérite donc d'établissements scolaires de Côte-d’Ivoire, du Soudan français et du Niger, soit: 79 écoles primaires mixtes dont 20 privées, 10 écoles de filles dont 7 privées, 3 collèges modernes et 2 cours normaux, dont un privé. Tous ces établissements réunissaient un total de 8 355 élèves représentant un taux de scolarisation de 2% et étaient organisées autour des circonscriptions de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.

En 1944 le cours normal privé catholique de Toussiana fut ouvert, puis en 1945, des cours normaux publics furent créés à Koudougou, puis à Ouahigouya (1948), Ouagadougou (1952) qui permirent de former sur place des maîtres d'école, réduisant la pénurie de personnel.

En 1948, la Haute Volta comptait 63 écoles publiques et 22 écoles privées.

En 1960, soit seulement douze ans plus tard, le territoire possédait 224 écoles publiques et 130 écoles privées.

Après 1966 Depuis l'indépendance du pays, le système scolaire n'a cessé de se construire avec une certaine stabilité, mais aussi avec une lenteur et des sous-investissements notables.

Le , dans son appel de Gaoua, le président Sankara relève:

alt=Master students were interested in ecosan - Les étudiants en Master etaient intéressés par ecosan2|vignette|Des étudiants en Master

Depuis 2000 L'enseignement au Burkina est maintenant régi par la loi 013-2007-AN du portant loi d'orientation de l'éducation.. Elle stipule notamment que: .

Le décret n° 2008-681/ PRES/ PMlMESSRS/ MEBAlMASSN/ MJE du portant adoption de la lettre de politique éducative fut ajouté pour mieux structurer et encadrer légalement le système éducatif, notamment en ce qui concerne les types d'éducation non-formelle (traditionnelle, péri-scolaire et extra-scolaire).

En 2017 cependant, l'absence de prise en compte des revendications du professorat par le gouvernement a provoqué un mouvement général de grève d'une partie du corps enseignant (arrêt des planifications d'examens et des corrections pendant 3 mois).. Entraînant par là une contre-manifestation de certains étudiants, par crainte d'une « année blanche », sans résultats scolaires.

Préscolaire

Enseignement primaire

Le taux de scolarisation dans le primaire est passé de 60% au début des années 2000 à 88% en 2019..

Depuis les années 2000, des multinationales s'intéressent à la prise d'intérêt dans le système éducatif au Burkina.

Ainsi, Nestlé a bâti un programme pilote « d'éducation nutritionnelle, d'hygiène et d'activité physique » dans trois écoles primaires, en partenariat avec le Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA) et avec la collaboration du Centre de recherche en sciences biologiques, alimentaires et nutritionnel (CRSBAN) de l’Université de Ouagadougou. Dans ce cadre, des infrastructures réalisées par la firme ont fait l’objet d’une remise officielle le . Notamment dans l’école primaire d’Arbollé dans la province du Passoré.. Ce type de partenariat venant souvent combler un manque d'investissement public sur l'enseignement, la pratique sportive ou l'hygiène, la multiplication de programmes d'intérêt privé comme celui-ci peut poser certaines questions quant aux intentions réelles de ces multinationales; en effet, un système scolaire faiblement doté par la puissance publique pourrait donner, à terme, un pouvoir d'influence à des compagnies sur le contenu même du programme scolaire public à l'échelle nationale..

Enseignement secondaire

thumb|Collège de Dourtenga Un des problèmes majeurs au Burkina est l'accès à l'enseignement secondaire et supérieur. Ainsi, seulement 10% des élèves ayant obtenu leur Certificat d'étude (du Primaire) avaient la possibilité de passer dans le secondaire en 2013. Malgré les investissements énormes de l'État (16% du budget national) par rapport à des pays voisins, le fossé tarde à se résorber en partie à cause du taux de natalité élevé dans le pays.. Il existe plusieurs emplois au secondaire au Burkina Faso. Parmi lesquels nous avons :

Les Attachés et Conseillers d'éducation

Conseillers d’éducation (CE) : ce sont des fonctionnaires de catégorie A1 lorsque recrutés par concours direct et professionnel. Les recrutements externes se font sous contrat à durée indéterminée (CDI) en catégorie A. Ils rédigent un mémoire à la fin de leur formation à l'Ecole normale supérieure. Ils sont indispensables pour le système éducatif Burkinabè. Ils exercent leurs missions principalement dans les collèges et lycées, accompagnés par des Attachés et Assistants d'éducation .

Enseignement supérieur et universitaire

Trois universités burkinabè font partie du réseau interndirect et professionnel d'enseignement supérieur de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), parmi plus de nls sont formés à l'ENS. Ils rédigent un mémoire professionnel à la fin de leur formation. Ils sont vus comme les architectes de l'éducation au secondaire Ieuf cents autres centres universitaires à travers le monde.: l'université Nazi-Boni à Bobo-Dioulasso l'université Norbert-Zongo à Koudougou l'université Saint-Thomas-d'Aquin à Ouagadougou

Ce partenariat leur permet de proposer à leurs étudiants des échanges et des équivalences avec d'autres membres prestigieux du réseau de l'AUF, tels que l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Côte-d'Ivoire, l'Université Senghor d'Égypte, ainsi que des dizaines d'Universités et instituts supérieurs dans le reste de l'Afrique, en Europe, au Canada et en Asie.

Éducation spécialisée

Médersas L'enseignement islamique (ou coranique) tient le rôle de système éducatif pour certaines minorités du pays depuis le XVIe siècle. Ainsi, ce système parallèle coexiste parfois avec l'enseignement public dans certaines provinces.. Au Burkina, les premières écoles coraniques ont été créées par des Yarse musulmans au XVIe siècle alors que la première medersa n’y a été fondée qu’en 2001.

Historique L’islam a probablement pénétré dans la zone du royaume de Kõnkustẽnga (Burkina Faso) au pendant le règne de Naaba KõnkusOuedraogo, 2006. C’est pendant cette période que les Yarse de Poese et de Sarana allèrent au Mali apprendre les « sciences islamiques », notamment le Coran, le fiqh et le Tafsir.

Des écoles coraniques ont ensuite vu le jour, d’abord dans les villages où habitaient les Yarse comme Poese, Sarana, Sommassi ou Zerkoum, puis dans d'autres localités où résident les Moose, par exemple dans le département de Soaw. L’école coranique était alors le seul système éducatif islamique au Moogo jusqu’en 1958. La même année apparu une branche de l’Union Culturelle Musulmane, fondée à Dakar (Sénégal) en 1957 (Guy, 1957) et qui a établi les medersas de Bobo Dioulasso et de Nouna (Audouin et Raymond, 1978).

Enseignement Dans certains cas, cet enseignement peut être donné de manière complémentaire à l'enseignement officiel. L’éducation religieuse dans les cours des maisons peut être à l’initiative personnelle d’un membre d’une famille: l’enseignant peut être soit un parent soit un étranger. L’objectif étant de faire apprendre aux membres de la famille les préceptes de la religion, les élèves sont en général issus du foyer familial sans distinction d’âge. Les cours sont généralement assurés tous les jours dans l’après-midi ou la nuit, au moment où les enfants sont de retour de l’école française ou du marché (s’ils mènent des activités commerciales).

Numérique Depuis les années 2010, l'éducation s'ouvre également au domaine du numérique avec la création d'outils pour une meilleure accessibilité aux connaissances, principalement en dehors du programme scolaire officiel..

En 2018, la plateforme E-éducation est lancée par l'organisme privé Planète Schools. E-Education offre des services à tous les niveaux de l'apprentissage, de la maternelle jusqu’aux grandes écoles et universités.

Des plateformes en ligne de formation supérieure se sont aussi créées dans le pays, regroupant les formations de Bac+2, BTS, DTS Licence, Bachelor, Maîtrise (Master), MBA et Doctorat, Certificats d’Expertise, de Spécialisation, de qualification d'universités et de grandes écoles en Afrique et en Europe..

L’Organisation pour la Promotion de l’Education Nationale (Open Education) fut créée en 2011 à l’initiative de jeunes burkinabés. Cette plateforme dispose d’une base de données numérique incluant: des cours, des devoirs, des livres et exercices de toutes les matières du CP1 à la terminale pour l’enseignement général et technique. En outre OPEN dispose du Wiktionnaire et de Wikipédia hors ligne en français, anglais et allemand (utilisables sans connexion internet). Cette base de données développée en collaboration avec le Ministère chargé de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales est en fonctionnement..