Le Traité de défense mutuelle entre les États-Unis et la république des Philippines est un traité signé entre les États-Unis et les Philippines le à Washington en pleine guerre de Corée. Le traité prévoit que chacun des deux États vienne en aide à l'autre État signataire en cas d'attaque armée.
Contexte historique thumb|Base navale américaine à Subic Bay
Les Philippines sont devenues une colonie des États-Unis à l'issue de la guerre hispano-américaine de 1898 et de l'insurrection des Philippines qui suivit. En 1935, les États-Unis actent que les Philippines acquerront leur indépendance à l'issue d'un processus prévu pour durer dix ans. L'occupation japonaise des Philippines durant la Seconde Guerre mondiale retarde l'indépendance qui est finalement proclamée le .
Après l'indépendance, d'importants contingents de troupes américaines demeurent dans le pays. Le , les deux pays signent un accord qui octroie aux Américains l'usage de bases militaires aux Philippines (, en abrégé MBA). Un second accord, signé le , définit les termes de l'assistance militaire américaine aux Philippines (, en abrégé MAA). L'alliance entre les deux pays est scellée par le traité de défense mutuelle signé le par les représentants des États-Unis, notamment Dean Acheson et John Foster Dulles, et des Philippines, parmi lesquels Carlos Peña Rómulo et Diosdado Macapagal.
Ce traité bilatéral, et deux autres similaires signés par les États-Unis avec la Corée du Sud et le Japon, sont pour les États-Unis une étape sur la constitution d'une alliance régionale dans la zone Asie-Pacifique sur le modèle de l'OTAN. Cet objectif se concrétise par la signature du pacte de Manille le par huit pays dont les États-Unis et les Philippines, qui donne naissance à l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est (OTASE)Les huit pays signataires sont : États-Unis, France, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Philippines et Thaïlande..
Texte du traité Le traité comporte un préambule et huit articles.
Le préambule fait référence aux principes de la Charte des Nations unies et aux relations historiques entre les deux peuples. Il poursuit en affirmant la résolution commune des deux Parties et se conclut en resituant le présent traité dans la perspective de la conclusion .
Par l'article premier, les deux Parties .
Les Parties s'engagent à l'article II à accroître leurs capacités de défense.
L'article III prévoit que les Parties se concertent chaque fois que .
L'article IV stipule que .
L'article V précise qu'.
L'article VI stipule que .
L'article VII définit la procédure de ratification, et l'article VIII stipule que chacune des Parties peut mettre fin au traité moyennant un préavis d'un an.
Mise en œuvre du traité Le traité de 1951 est toujours en vigueur au début du . L'alignement des deux États en matière de défense varie cependant avec les hauts et les bas de leur relation politique et le ressenti de l'opinion publique philippine à l'égard de la présence militaire américaine.
Durant la guerre froide +Déploiement de forces américaines aux PhilippinesEffectif moyen par période1951-19601961-19701971-19801981-19851986-19901991-19951996-200073
Les bases américaines aux Philippines sont le principal point d'appui des forces américaines en Asie du Sud-est. Leur importance croît encore à partir de 1975 lorsque les États-Unis ne disposent plus de bases au Viêt Nam dont les dirigeants permettent l'accès aux forces aéronavales soviétiques.
L'empreinte de l'OTASE dans le Sud-Est asiatique est très limitée, puisque seules les Philippines et la Thaïlande y sont situés. De plus, contrairement à l'OTAN, l'OTASE ne dispose ni de commandements intégrés ni de forces mises à sa disposition par ses États membres. Handicapée par ses défauts structurels et par les intérêts divergents de ses autres membres, elle ne joue finalement pas son rôle de bouclier anticommuniste dans le Sud-Est asiatique. Elle est dissoute en 1977La dissolution de l'OTASE concerne ses comités, ses structures et toutes ses activités. Pour autant, le pacte de Manille qui en est à l'origine demeure en vigueur. Il est toujours au début du le fondement juridique de la relation des États-Unis et de la Thaïlande en matière de défense, celle-ci n'ayant pas signé de traité bilatéral avec les États-Unis contrairement aux Philippines..
Au fil des années, le gouvernement philippin revoit à la baisse le nombre de bases que les Américains peuvent utiliser ; en 1991, seules deux grandes bases américaines, la base navale de Subic Bay et la base aérienne de Clark sont encore en activité.
Depuis la guerre froide Les négociations de 1990-1991 relatives à un traité d'amitié, de coopération et de sécurité entre les deux pays se heurtent au refus du sénat des Philippines de le voter, obligeant les Américains à rendre aux Philippins leur dernière base fin 1992. Le traité de défense mutuelle de 1951 demeure en revanche en vigueur. Dans les années 1990, ni les États-Unis, ni les Philippines n'identifient de menace de sécurité en Asie du Sud-est qui nécessiterait de maintenir en permanence d'importantes forces militaires classiques. L'accent est davantage mis sur la coopération, l'entraînement et des visites périodiques de navires de l'U.S. Navy.
Toutefois, l'émergence de la Chine comme une grande puissance régionale, conduit les deux pays à réévaluer les modalités de leur alliance militaire. L'accord de 1999 sur les visites de forces américaines aux Philippines (, en abrégé VFA) permet de reprendre des relations militaires régulières et de réaliser d'importants exercices conjoints.
En réponse aux attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis entrent en guerre en Afghanistan. Les Philippines les autorisent à utiliser leurs anciennes bases et engagent avec eux des actions conjointes contre le terrorisme islamiste, présent également sur leur territoire. Pays à majorité catholique, les Philippines combattent le groupe Abou Sayyaf et le Front Moro islamique de libération dans les îles du sud avec l'aide forces américaines.
Élu en 2016, le président philippin Rodrigo Duterte mène une politique de rapprochement avec la Chine et affiche publiquement sa volonté de s'éloigner des États-Unis. Malgré tout, en , le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, en visite à Manille déclare que . Il précise que . C’est la première fois qu’un responsable américain indique publiquement l’intention de Washington de défendre son allié dans cette mer.
Notes
Sources Références
Bibliographie
. .
Compléments Articles connexes Traités internationaux de la guerre froide Traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon (1951) Traité de défense mutuelle entre les États-Unis et la république de Corée (1953) Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est (1954)
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